Michel Collon

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Michel Collon
Nationalité Belgique
Profession

Michel Collon est un militant communiste, journaliste, essayiste belge, fondateur du collectif indépendant Investig’Action, relayé par un site Internet qu'il gère avec une équipe de bénévoles. Il se présente sur son site comme « spécialiste de la désinformation »[1]. Il évoque dans plusieurs de ses livres le concept de « médiamensonge » en dénonçant la propagande servant à justifier l'entrée en guerre d'un pays contre un autre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Collon a commencé sa carrière à l'hebdomadaire belge Solidaire, journal officiel du Parti du travail de Belgique[2],[3], dont il fut longtemps membre de la direction[4].

Il a poursuivi son travail de manière indépendante à travers livres, films, un site Internet (Investig'Action) qu'il gère avec une équipe de bénévoles, et une lettre d'information hebdomadaire diffusée à 100 000 abonnés. Au premier semestre 2011, le site enregistre entre 6 000 et 20 000 visites quotidiennes.

Il est membre du Conseil consultatif de la chaîne de télévision vénézuelienne Tele Sur.

Engagements[modifier | modifier le code]

Michel Collon s'est élevé contre l'intervention de l'OTAN durant la guerre du Kosovo en 1999[5],[6].

Il a organisé des déploiements d'observateurs civils en Yougoslavie et en Irak (en 2002)[7].

Il a participé à la conférence anti-impérialiste Axis for Peace, organisée en 2005 par le Réseau Voltaire[8].

Il a dénoncé l'usage d'une photo laissant croire que des soldats chinois s'étaient déguisés en moines bouddhistes et avaient provoqué les émeutes du printemps 2008 au Tibet[9],[10]. Cet usage avait été dénoncé dès le 1er avril par le site Tibet-info, lui-même abusé quelques heures le 30 mars[11]. Selon le Los Angeles Times, cette photo provient du tournage à Lhassa en 2001-2002 du film Le Talisman de Peter Pau[12].

En 2008, il a déclaré qu'Israël est « l’État le plus raciste au monde »[13]. L'année suivante, il fait partie des signataires d'un appel initié par l'ancienne secrétaire générale du PTB, Nadine Rosa-Rosso, et adressé à tous les candidats au Parlement européen demandant « le retrait immédiat et inconditionnel du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes[14] ».

En 2012, il s'est rendu en Libye[15]. Lors de ce voyage, il a posté une vidéo où il accusait Nicolas Sarkozy de tuer des enfants[16] (intervention militaire de 2011 en Libye).

Lors d'une conférence organisée à Roubaix par le « Front uni des immigrations et des quartiers populaires », proche de Saïd Bouamama, et consacrée à l'attentat contre Charlie Hebdo, il affirme, d'après un article de Nord Éclair, que « les frères Kouachi ont en réalité été formés et armés par Fabius et consorts pour aller faire la guerre à un gouvernement qui dérangeait les multinationales des États-Unis et d’ailleurs »[N 1]. Le journaliste conclut que Collon verse finalement dans une thèse paranoïaque de complot médiatique, économique et géopolitique[17].

Documentaires[modifier | modifier le code]

Il est coauteur du film documentaire Les Damnés du Kosovo sur la guerre menée par l’Otan en Yougoslavie.

Il a produit le documentaire de Vanessa Stojilkovic, Bruxelles–Caracas, sur l’expérience du Venezuela.

Médiamensonges[modifier | modifier le code]

Le concept de « médiamensonge » a été créé par le journaliste Gérard de Sélys dans le dossier Médiamensonges[18], paru en 1991. Y sont décortiquées des techniques de manipulation idéologique mises en pratique dans les médias. Le même thème est abordé par l'historienne Anne Morelli dans Principes élémentaires de propagande de guerre, publié en 2010.

Le concept a été repris dans plusieurs de ses ouvrages par Michel Collon[19],[20], qui l'applique à ce qu'il dénonce comme une propagande servant à justifier l'entrée en guerre d'un pays aux yeux de son opinion publique. Plus précisément, il identifie, en particulier dans Libye, Otan et médiamensonges, publié en 2011, cinq principes qui seraient systématiquement utilisés :

  1. Occulter le contexte historique ou géographique nécessaire à la compréhension des enjeux, afin d'imposer une version biaisée ou tronquée. Ainsi, le conflit en Irlande est présenté comme une guerre de religion et non comme une guerre coloniale britannique.
  2. Occulter les intérêts économiques des grosses multinationales et des gouvernements sous une présentation noble et désintéressée (arrêter une menace terroriste, imposer la paix, etc.). Ainsi, la nationalisation du pétrole vénézuélien et sa soustraction de facto aux appétits des multinationales occidentales seraient les véritables « crimes » de Chavez aux yeux de l'Occident.
  3. Diaboliser l'adversaire pour faire peur aux gens et court-circuiter leur réflexion. La diabolisation qui a suivi le 11 septembre 2001 en est un exemple (terrorisme islamique et choc des civilisations).
  4. Attaquer le dirigeant et non son peuple (parfois même, pour défendre celui-ci contre son dirigeant, comme Saddam Hussein en Irak). Mais ce sont souvent ces mêmes peuples qui font les frais de la guerre (les fameux « dommages collatéraux »).
  5. Monopoliser l'information et éviter tout véritable débat, les médias devant être contrôlés pour ne pas laisser les autres points de vue s'exprimer.

Critiques[modifier | modifier le code]

Guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Analysant l'ouvrage de Collon intitulé Attention, médias ! Médiamensonges du Golfe - Manuel Anti-manipulation consacré au traitement médiatique de la guerre du Golfe, le journaliste Baudouin Loos explique que l'auteur « utilise avec un aplomb stupéfiant les mêmes procédés grossiers - amalgames, omissions, etc. - qu'il reproche aux médias » et constate qu'il ne sélectionne parmi les articles que ceux susceptibles de corroborer sa thèse en oubliant tout le reste et le taxe au passage de « mauvaise foi[21] »

OTAN[modifier | modifier le code]

Amené à traiter d'un ouvrage de Michel Collon – Monopoly. L’Otan à la conquête du monde, EPO, Bruxelles, 2000 –, Henri Maler, membre fondateur d'Acrimed, écrivait ceci : « Son démontage de la propagande de l’OTAN et des déformations, voire des falsifications, de l’information véhiculées par la majeure partie de la presse est éloquent. Mais à trop accumuler de silences derrière tant de dénonciations , la critique de Michel Collon perd vite la crédibilité qu’elle a cru gagner à grand renfort de précisions, notamment quand elle ne trouve à reprocher à Milosevic que d’avoir - pour préserver les acquis du socialisme ? - cédé à la tentation d’un nationalisme un tantinet criminel[22]. »

Syrie[modifier | modifier le code]

Dans un article du journal Le Monde daté du 6 juin 2012 sur le conflit syrien, le journaliste Christophe Ayad voit dans Michel Collon, « militant belge de la gauche radicale », un des membres de « la galaxie hétéroclite des soutiens au régime de Bachar Al-Assad » qui « va de l'extrême gauche à l'extrême droite ». Christophe Ayad considère que les positions de Michel Collon « rejoignent celles de Thierry Meyssan, fondateur du Réseau Voltaire et auteur de L'Effroyable Imposture »[5].

En raison d'un article du journaliste Jean-Paul Marthoz qui, sans le nommer explicitement, semblait bel et bien le viser, ainsi que son collectif, pour leur prétendue « proximité avec un régime assassin », Michel Collon est amené, en avril 2012, à rédiger une lettre ouverte au quotidien Le Soir, dénonçant les lacunes de l'article : « […] pas de citation correcte, pas de sources, pas de confrontation des points de vue et une déformation systématique de la position réelle en vue de nuire[23] ».

Autres critiques[modifier | modifier le code]

En novembre 2011, à la suite de pressions de syndicalistes se réclamant de l'antifascisme[24], la CGT refuse à Michel Collon l'accès à la Bourse du travail de Paris. Celui-ci répond à cette attaque[25] mais aussi l'universitaire Annie Lacroix-Riz, laquelle dénonce l’atteinte portée à la liberté d’expression du journaliste belge[26].

En mars 2012, la journaliste Caroline Fourest le qualifie de « roi des complotistes belges »[27]. Elle renouvelle ce type de critique dans un documentaire, intitulé Les obsédés du complot, diffusé sur France 5 en février 2013[28]. Cette diffusion à une heure de grande écoute fait réagir d'une part Michel Collon, qui dénonce les rumeurs et calomnies répandues par Caroline Fourest[29], d'autre part, ses collaborateurs, notamment Jean Bricmont, lequel demande à Fourest quel est le degré de naïveté dont il faut faire preuve à l'égard du discours du pouvoir pour ne pas être « conspirationniste »[30].

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Reportage avec Carlos Fittoria : Sous les bombes de l'Otan, 45 min, Bruxelles, 1999
  • Avec Vanessa Stojilkovic : Les Damnés du Kosovo ; documentaire, 78 min, Bruxelles, 2002
  • Avec Vanessa Stojilkovic : Bruxelles - Caracas ; documentaire, 78 min, Bruxelles, 2007

Conférences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le site Investig'action publie un article en réponse aux propos qui lui sont attribués par le journaliste de Nord éclair. Si l'on se réfère à la vidéo de la conférence mise en ligne sur le site de Michel Collon, il aurait déclaré : « Les frères Kouachi ont l'air de tomber du ciel. En réalité, ils ont été armés, formés militairement, endoctrinés, par M. Fabius et ses amis… qui ont envoyé pendant trois ans des milliers, des dizaines de milliers de frères Kouachi faire encore pire qu'à Charlie en Syrie et en Libye. […] Les frères Kouachi ont été formés par nos gouvernements, avec vos taxes entre parenthèses, pour aller faire la guerre contre un gouvernement qui dérangeait les multinationales des États-Unis, de France et d'ailleurs. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hala Kodmani, Des réseaux français au service de la Syrie, Libération du 9 février 2012 : « le Belge Michel Collon, « spécialiste de la désinformation » comme il se présente lui-même sur son blog. »
  2. Interview : Le journaliste Michel Collon sur les évènements de Gaza - Julien Versteegh, PVDA, 9 janvier 2009 : « Spécialiste des médias et des conflits, il a longtemps travaillé pour le Solidaire. »
  3. (en) The Middle East Abstracts and Index Part 1, Library Information and Research Service, 2001, p. 316 : « Michel Collon, correspondent of Solidaire, the weekly newspaper of the Workers' Party of Belgium. »
  4. Pascal Delwit, PTB : Nouvelle gauche, vieille recette, ed. Luc Pire, 2014 (ISBN 978-2-8754-2095-4), 384 pages
  5. a et b Christophe Ayad Le petit monde composite des soutiens au régime syrien, Le Monde, 6 juin 2012 (reproduit sur le site Conspiracy Watch).
  6. Annie Lacroix-Riz, Sur l'affaire Collon, sur le site du FSC, 21 novembre 2011 : « Je rappelle que ce journaliste, de gauche, vraiment à gauche, a été tabassé par la police belge en 1999 alors qu’il manifestait contre le bombardement de la Yougoslavie (et tabassé au point qu’on l’a cru mort). »
  7. Julien Versteegh, op. cit. : « Avec Stop USA!, il a […] a organisé une délégation de 120 « inspecteurs de la paix » de 17 pays en Irak en avril 2002. »
  8. Le colloque pour la paix dans le monde, les 17 et 18 novembre 2005, sur le site www.axisforpeace.net (page « Les participants »).
  9. Critique notamment publiée dans Le Quotidien du peuple du 3 avril 2008 : « Enquête sur une photo manipulée ».
  10. Voir aussi sur son site internet, 3 avril 2008.
  11. Comité de soutien au peuple tibétain, « Une photo à ne pas diffuser », 1er avril 2008 : « Malgré nos vérifications, nous avons nous-mêmes été abusés quelques heures le 30 mars ».
  12. (en) Photo of Chinese forces with monks' robes proves illusory, Los Angeles Times, 30 avril 2008.
  13. Dans l'émission Ce soir ou jamais du 3 décembre 2008 sur France 3 : « Israël, qui est l’État le plus raciste au monde, qui a chassé les Palestiniens de leurs terres, qui viole toutes les résolutions des Nations unies. »
  14. Claude Demelenne, Un "parti iranien" en Belgique ?, La Libre Belgique, 22 avril 2009.
  15. Selon le journal Le Monde, ce voyage s'est déroulé « à l'invitation du régime ».
  16. Vidéo : Sarkozy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit ?, sur le site Investig'Action, 28 juillet 2011.
  17. Julian Gilman, « Roubaix : Charlie, prétexte à développer la théorie du complot », Nord Éclair, 28 mai 2015.
  18. Bernard Cassan, compte rendu de Médiamensonges (Gérard de Selys (dir.)), in Le Monde diplomatique, février 1991.
  19. Sélection d'ouvrages, dont Attention, médias ! Médiamensonges du Golfe, Le Monde, février 2003.
  20. Serge Halimi, compte rendu de Poker Menteur de Michel Collon, in Le Monde diplomatique, juillet 1998.
  21. Livres : la guerre du golfe en question, Baudouin Loos, Le Soir, 11 août 1992
  22. Des fleurs moralisantes au bout du fusil - Henri Maler, Acrimed, 1er juin 2000 (version initiale d’un article paru dans Le Monde diplomatique)
  23. Lettre ouverte au journal Le Soir - Michel Collon, Investig'Action, 20 avril 2012.
  24. Collectif Missak et Mélinée, Michel Collon chassé de la bourse du travail : Ce n'est qu'un début !, missaketmelinee.wordpress.com, 19 février 2012.
  25. Michel Collon interdit de conférence à la bourse du travail de Paris 9 novembre 2011.
  26. Annie Lacroix-Riz, Sur l'affaire Collon, frontsyndical-classe.org, 21 novembre 2011.
  27. Caroline Fourest, Les "Y'a bon Awards" déshonorent l'antiracisme, le blog de Caroline Fourest, 20 mars 2012.
  28. Caroline Fourest, Les réseaux de l'extrême, telerama.fr, 2 février 2013.
  29. Michel Collon, Pourquoi Caroline Fourest attaque-t-elle Michel Collon ?, michelcollon.info, 5 février 2013.
  30. Jean Bricmont, Ma réaction suite au « documentaire » de Caroline Fourest, michelcollon.info, 6 février 2013.
  31. Voir sur presses.ulg.ac.be.
  32. Voir sur michelcollon.info.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]