Le Gorafi

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Ne doit pas être confondu avec Le Figaro ou Le Gora.
Le Gorafi
Logo de Le Gorafi

Adresse www.legorafi.fr
Description Site d'information pastiche
Slogan « Toute l'information selon des sources contradictoires »
Commercial Non
Type de site Pure player
Langue Français
Créé par Pablo Mira et Sébastien Liebus[1]
Lancement 2012
État actuel En activité

Le Gorafi (anagramme de Le Figaro) est un site d'information parodique, créé en mai 2012 durant la campagne présidentielle française sur le modèle de The Onion, un journal satirique de fausses informations[2]. Il a aussi été comparé à Infos du Monde[3] et à L'Examineur[4]. La dimension interactive du site permet aux lecteurs de réagir, comme dans les sites d'information, eux-mêmes agissant de façon parodique : langage SMS, utilisation inappropriée des majuscules, faux trolls ou militants politiques.

L'identité des rédacteurs était inconnue[5] jusqu'en janvier 2014, date à laquelle les deux créateurs — Pablo Mira et Sébastien Liebus — se font connaître dans les médias[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les articles du Gorafi commentent des évènements réels ou imaginaires d'une manière satirique et décalée, reprenant la plupart des codes de la presse[6].

Le Gorafi a d'abord été un simple fil Twitter débuté en février 2012, pendant la campagne présidentielle française, avant d'être transposé sous la forme d'un blog en mai, puis de subir une refonte en septembre 2012 en devenant un site web[6],[7]. Depuis, plusieurs de ses articles ont été relayés dans la presse, notamment celui portant sur un supposé nouveau défi relevé par Félix Baumgartner, qui aurait décidé d'effectuer la traversée en solitaire de l'Île-de-France en RER B[2], ou encore celui concernant la démission de l'écharpe de Christophe Barbier, article démenti ensuite de manière humoristique par l'intéressé[8].

Le site présente le journal comme datant de 1826, issu d'une scission après un conflit d'intérêt au sein de la rédaction du Figaro et nommé Gorafi du fait de la dyslexie de son fondateur Jean-René Buissière. Les contenus sont comparés à la « Page Pute » de Brain Magazine, au site humoristique Bilboquet magazine[9],[10], ou à un autre collectif satirique présent sur Twitter et Facebook, l'Humour de droite. Le Gorafi revendiquait plus de 400 000 visiteurs uniques en février 2013[7] et dépasse régulièrement les 900 000 visiteurs uniques par mois en juin 2013 d'après Les Inrocks[3].

En janvier 2014, L'année du Gorafi 2013 est publiée aux éditions Denoël[11].

En novembre 2014, paraît L'année du Gorafi 2. Les auteurs sont invités dans l'émission radio de critique des médias L'instant M de France inter, où, durant un quart d'heure, ils se dévoilent[12].

Le , vers 9 heures, Le Gorafi a créé un « faux bad buzz » en affichant une redirection temporaire avec un message « Le Gorafi, c'est fini, merci de votre fidélité »[13]. Il s'agissait d'un « coup de pub pour sa nouvelle plateforme »[14],[15].

Télévision[modifier | modifier le code]

Passage dans Le Grand Journal[modifier | modifier le code]

À compter du printemps 2014, Le Gorafi anime une chronique du Grand Journal, de deux à trois fois par semaine, le plus souvent le lundi (« le lundi, c'est Gorafi », dixit Antoine de Caunes), le mercredi et le vendredi. Les émissions se basent sur une ou deux chroniques développées autour d'une thématique chacune. La première thématique fait l'objet d'un traitement d'une actualité détournée ou décalée présentée sur un ton satirique par l'un des deux co-fondateurs du Gorafi : Pablo Mira, d'une durée allant de deux à quatre minutes. Ce dernier rebondit parfois sur un deuxième sujet qui, celui-ci, est augmenté d'une enquête sous forme de reportage avec des images vidéo, illustrée par des micro-trottoirs ou des avis d'experts.

En septembre 2015, la chronique du Gorafi n'est pas reconduite dans la nouvelle formule du Grand Journal par Maitena Biraben.

L'année du Gorafi[modifier | modifier le code]

Le , Le Gorafi anime une émission parodique rétrospective de l'actualité de l'année écoulée. Présenté par Pablo Mira, le programme est une caricature de journal télévisé de chaine d'information en continu, alternant faux reportages et lancements en plateau[16].

Faits notables[modifier | modifier le code]

Relais d'articles par des personnalités et dans la presse[modifier | modifier le code]

Plusieurs articles du Gorafi ont été pris au sérieux par des lecteurs crédules, et certains ont même eu un écho dans la presse traditionnelle[7],[10].

Outre l'article très relayé sur Baumgartner, un autre article s'est retrouvé au centre des attentions, celui sur un homme qui aurait été placé en garde à vue à la suite d'une attitude trop polie dans le métro parisien, L'Indépendant relaie ainsi que « quelques sites nationaux parmi les plus réputés ont ainsi été pris dans le piège tendu par Le Gorafi » soulignant que peu de monde semblent lire les avertissements du site et reprennent les articles comme de véritables informations[5].

En mars 2013, un faux reportage du Gorafi sur une boulangère toulousaine qui aurait fusillé un client lui demandant un pain au chocolat[17] crée une polémique parmi des lecteurs ayant cru la nouvelle véridique, et suscite alors des commentaires dans la presse régionale sur la montée de la délinquance à Toulouse et des condamnations des supposés agissements de la boulangère[18],[19].

Malgré ces reprises, les rédacteurs du Gorafi interrogés par Télérama ont expliqué « ne pas se sentir responsables de la crédulité des gens »[7]. Le caractère humoristique des articles est indiqué dans la page « À propos » du site[5].

En septembre 2013, l'agence de presse italienne de la ANSA, reprend un faux sondage du Gorafi qui stipule que « 89 % des hommes [français] pensent que le clitoris est un modèle de Toyota »[20]. Cette fausse information est relayée par plusieurs journaux italiens comme le Corriere della Sera[21] ou L'Unione Sarda[22].

Le 3 février 2014, Christine Boutin a cité — très sérieusement — à la télévision un tweet publié ce même jour par le Gorafi. Interrogée sur le report de la loi sur la Famille, la présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate a justifié ses propos par un « petit papier » expliquant que le gouvernement parle de « Stratégie provisoire d'avancement à potentialité différée », un élément de langage inventé par le site parodique. Le « président du Directoire du Gorafi News Network » s'en est d'ailleurs amusé en lui offrant un exemplaire de l'année du Gorafi 2013[23].

Le 14 février 2017, le quotidien généraliste algérien El Hayat reprend en Une un article du Gorafi titrant : "Lepen : Je vais construire un mur entre nous et l'Algérie et cette dernière va le financer"[24].

Traitement des attentats terroristes en France[modifier | modifier le code]

Au lendemain des attentats de janvier 2015, plusieurs chroniqueurs utilisent leur temps d'antenne pour partager un hommage avec leur public. Mais s'appuyant sur une analyse de l'activité du Gorafi et du Petit journal, la rédaction Big Browser du journal Le Monde souligne la présence d'un humour disséminé « par bribes », et dont le « cynisme n'est pas absent », dans les jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015 en France[25],[26].

Livre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Benoît Daragon, « "Le Grand Journal" piège des députés pour sa spéciale "Le Gorafi" » sur PureMédias, 21 janvier 2014
  2. a et b Agence France-Presse, « Un défi à Felix Baumgartner de prendre le RER fait un tabac sur internet », sur Le Point.fr,
  3. a et b David Doucet, « Le Gorafi, le faux site d'info qui cartonne », sur Les Inrocks,
  4. http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/legorafi-plonge-dans-fort-boyard sur Hoaxbuster le 11 juin 2013
  5. a, b et c « Trop souriant dans le métro, il finit en garde à vue : Gare au Gorafi », sur L'Indépendant.fr,
  6. a et b « Les sites parodiques comme le Gorafi sont-ils si inoffensifs ? », sur 20 minutes.fr,
  7. a, b, c et d Caroline Besse, « Le Gorafi, site d'info potache parfois pris au sérieux », sur telerama.fr,
  8. Christophe Barbier, « Mon écharpe rouge de honte », sur L'Express.fr - blog de Christophe Barbier,
  9. Alain Gerlache, « MédiaTIC : The Onion, Le Gorafi, satire de partout sur le web », sur rtbf.be,
  10. a et b Christophe Greuet, « Le Gorafi, Veux Jidéo, AFPresque… : les sites d'"infaux" parodiques font un carton sur le net », sur midilibre.fr,
  11. Le site satirique Le Gorafi sort son premier livre-bilan sur Le Midi libre, 16 janvier 2014
  12. Le Gorafi : l'esprit peut-il rester fidèle à la lettre ?. L'instant M, France inter, 21 novembre 2014
  13. « La fermeture du Gorafi était bien un canular », sur 20 minutes
  14. « Le Gorafi, c'est pas fini ! Buzz autour du soi-disant arrêt du site satirique », sur rts.ch, (consulté le 1er septembre 2015).
  15. Nicolas Vanderbiest, « « Le Gorafi, c’est fini » ? : quand la presse se gave sur du vent », sur Rue 89, (consulté le 1er septembre 2015).
  16. « La vidéo de l'émission », sur canalplus.fr, (consulté le 9 octobre 2016).
  17. « Il se fait abattre de 46 balles dans le corps pour avoir demandé un pain au chocolat », sur Le Gorafi.fr, (consulté le 30 avril 2013)
  18. « Abattu par une boulangère à Toulouse pour un pain au chocolat : le canular qui affole le net », sur La Dépêche du Midi.fr, (consulté le 30 avril 2013)
  19. « Mort pour une « chocolatine » à Toulouse : le faux article crée un vrai trouble », sur France 3 Midi Pyrénées, (consulté le 30 avril 2013)
  20. Faux nez – Clitoris et Toyota : quand Le Gorafi piège la presse italienne sur Le Monde, 28 septembre 2013
  21. (it) Francia: 89% uomini, clitoride è Toyota sur Corriere della Sera, 24 septembre 2013
  22. (it)Il clitoride? Per nove francesi su dieci è un'automobile prodotta in Giappone sur L'Unione Sarda, 24 septembre 2013
  23. Delphine Legouté, « Loi Famille : quand Christine Boutin cite (très sérieusement) une "information" du Gorafi sur BFMTV », sur Lelab, Europe 1, (consulté le 4 février 2014)
  24. Big Browser, « Le Gorafi repris par un journal algérien, ou le bon vieux canular à l’ère des « fake news » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  25. « Face aux attentats : l’humour, arme massive contre la morosité », sur Big Browser (consulté le 28 février 2017)
  26. « Sophia Aram, Louis C.K., Jon Stewart... Les hommages d'humoristes aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo », Slate.fr,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]