Kharâj

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’islam
Cet article est une ébauche concernant l’islam.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Le kharâj (en arabe ḫarāj, خراج, haraç en turc) est un impôt foncier sur la terre, initialement levé sur les terres que les dhimmis possédaient. Cet impôt n'était basé ni sur le Coran, ni sur un hadith, mais sur l'ijma, consensus des théologiens-juristes spécialistes de droit musulman. Progressivement le mot a acquis la signification générale d'impôt.

Origine du kharâj[modifier | modifier le code]

Après les premières conquêtes islamiques au VIIe siècle, le kharâj désignait généralement un impôt forfaitaire levé dans les provinces conquises et collecté par les officiels des défunts empires byzantins et sassanides ou, plus généralement, toute taxe levée par les vainqueurs musulmans sur leurs sujets non-musulmans (dhimmis). Le kharâj était alors synonyme de djizîa, qui désigna plus tard l'impôt de capitation payé par les dhimmis. Les propriétaires musulmans, quant à eux, payent l'ushr, une dîme supportant un taux d'imposition inférieur.

Nouvelles règles d'Umar II (719)[modifier | modifier le code]

Cependant, suite aux conversions en masse des chrétiens et des zoroastriens à l'Islam, la base taxable du Califat commençait à sérieusement s'éroder, alors même que le calife omeyyade Suleiman ruinait le califat dans une grande expédition contre l'empire byzantin. Afin de renflouer les caisses de l'État, Umar II décréta en 719 que les terres sur lesquelles le kharâj était payé ne pouvait pas être transmises à des musulmans, qui pouvaient louer ces terres mais devaient alors payer le kharâj dessus. Cette réforme eut pour conséquence qu'avec le temps, le kharâj était payé sur la plupart des terres, quelle que soit la religion du cultivateur.

Les réformes de Umar II furent finalisées par les Abbassides et fondèrent les principes généraux du régime fiscal des pays musulmans. Kharâj devint un terme générique utilisé pour désigner toutes sortes de taxes. Ainsi, le traité fiscal d'Abou Yûsûf (VIIIe siècle), Kitab al-kharâj, signifie Le livre de la taxation.

Critique historique[modifier | modifier le code]

Pour l'historienne Françoise Micheau, contrairement à ce qu'affirme Tabari, le Kharaj fut institué en 760 date à laquelle ce mot apparaît pour la première fois sur les papyrus arabes[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Cooper, Richard S. "The Assessment and Collection of Kharaj Tax in Medieval Egypt" (Journal of the American Oriental Society, Vol. 96, No. 3. (Jul. – Sep., 1976), p. 365–382.
  • Cummings, John Thomas; Askari, Hossein; Mustafa, Ahmad. "Islam and Modern Economic Change" in Esposito, 1980, p. 25–47
  • Esposito, John L. (ed.). Islam and Development: Religion and Sociopolitical Change (Syracuse, NY, Syracuse University Press, 1980)
  • Gaudefroy-Demombynes, Maurice (tr. John P. MacGregor). Muslim Institutions (London, Allen & Unwin, 1950)
  • Hourani, Albert, A History of the Arab Peoples (Cambridge, MA : Belknap-Harvard University Press, 1991)
  • Hawting, G. R. The First Dynasty of Islam: The Umayyad Caliphate AD 661-750 (London, Routledge, 2000)
  • Lambton, Ann K. S. Landlord and Peasant in Persia: A Study of Land Tenure and Land Revenue Administration (London, Oxford University Press, 1953)
  • Poliak, A. N. "Classification of Lands in the Islamic Law and Its Technical Terms". The American Journal of Semitic Languages and Literatures, Vol. 57, No. 1. (Jan., 1940), p. 50–62.
  • Watt, W. Montgomery. Islamic Political Thought: The Basic Concepts (Edinburgh, Edinburgh University Press, 1980)

Références[modifier | modifier le code]