La Bastide-Puylaurent

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La Bastide-Puylaurent
La Bastide-Puylaurent
Le monument aux morts.
Blason de La Bastide-Puylaurent
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Lozère
Arrondissement Mende
Intercommunalité Communauté de communes Mont Lozère
Maire
Mandat
Michel Teissier
2020-2026
Code postal 48250
Code commune 48021
Démographie
Gentilé Bastidois
Population
municipale
155 hab. (2018 en diminution de 13,41 % par rapport à 2013)
Densité 6,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 35′ 36″ nord, 3° 54′ 22″ est
Altitude Min. 751 m
Max. 1 328 m
Superficie 24,19 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Saint-Étienne-du-Valdonnez
Législatives Circonscription de la Lozère
Localisation
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La Bastide-Puylaurent est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le centre du village.

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est limitrophe du département de l'Ardèche. Le chef-lieu de La Bastide-Puylaurent est le village de La Bastide se situant entre Villefort, localité située 24 kilomètres au sud ; et Langogne, cité sise 20 kilomètres au nord.

La commune s'étend sur 24,2 km2.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Une partie du village se trouve géographiquement sur le département de l'Ardèche, à savoir quelques maisons construites sur les communes de Laveyrune et de Saint-Laurent-les-Bains.

Les hameaux de la commune sont :

  • Les Huttes où réside encore de nos jours une des plus anciennes familles du Gévaudan.
  • Le Thort et le « Palet de Gargantua ».
  • Les Gouttes où vécurent pendant de nombreuses générations les ancêtres paternels de Théophile Roussel, médecin, homme politique et philanthrope français.
  • Puylaurent, ancienne paroisse et chef-lieu de commune jusqu'en 1917.
  • Masméjean où fut retrouvée une des toutes premières victimes de la Bête du Gévaudan.

Voies de communication et accès[modifier | modifier le code]

Les communications entre La Bastide, Villefort et Langogne se sont effectuées durant des siècles par la voie Régordane. Cette voie d'origine celtique permettait aux Volces dont la « colonia Nemesensis » (Nimes) était la capitale, d'être en communication avec la « civitas Avrveritorum » (Clermont). Dès la conquête romaine du IIe siècle av. J.-C., elle prit une double importance économique et stratégique.

- Économique d'abord : l'essor du commerce avec l'arrivée des Romains faisait augmenter les échanges sur la voie Régordane. Des « théories » de muletiers convoyaient les vins du midi vers l'Auvergne et rapportaient les fromages et salaisons du Massif central vers les plaines d'Occitanie.

Les Phéniciens la suivirent pour aller chercher de l'étain en Grande-Bretagne, métal qui leur était nécessaire à la fabrication du bronze.

- Importance stratégique : la voie Régordane longeait la frontière Est du « pays gabaliens » (province romaine d'avant la conquête de la Gaule par César, comprenant les Alpes, la vallée du Rhône, les Cévennes, le Languedoc et le Roussillon). Cette voie était dominée par le Camp de César à côté de Langogne.

Cette voie conserve un rôle stratégique lors de l'expansion franque contre la Burgondie et les Wisigoths d'Espagne qui occupaient la « Septimanie », au début du VIe siècle. La Septimanie était la partie sud occidentale de la Gaule, longtemps occupée par les Wisigoths et appelée aussi Gothe.

La Régordane devient une partie de la Route Royale no 106 de Moulins à Nîmes. Au fil des temps, elle devient la Route Impériale 106, la Nationale 106 et enfin la Départementale 106.

La liaison entre La Bastide et Saint-Laurent-les-Bains s'effectuait par un chemin partant de la Régordane, au niveau de la Grand'Halte de Trouillas. On retrouve encore de nos jours des traces de ce chemin dans les bois de la Pinède. Pendant cette même période, la liaison entre Langogne et Saint-Laurent-les-Bains s'effectue en suivant la Régordane jusqu'à Rogleton, puis une voie romaine rejoint Saint-Laurent-les-Bains par la Felgère et la vieille tour. C'est une voie de communication importante puisque dans la première moitié du XIXe siècle, environ 300 mulets passaient chaque jour devant la Felgère.

Une première modification est apportée au tracé de cette route, peu avant 1835, dans sa partie la plus abrupte entre Saint-Laurent-les-Bains et le col du même nom, d'où l'on rejoint la voie romaine à La Felgère pour retrouver à Rogleton la Route Royale 106.

Une deuxième modification du tracé est réalisée, entre 1836 et 1837, entre le col de Saint-Laurent-les-Bains et La Bastide où la départementale no 4 de l'Ardèche vient rejoindre la route nationale no 106 (cette D 4 traverse le département de la Lozère sur une longueur de 700 mètres).

À la suite de ces deux transformations la route D 4 adopte, entre La Bastide et Saint-Laurent-les-Bains, le cheminement que nous lui connaissons aujourd'hui. La partie ardéchoise figure sur le plan cadastral établi en 1842, mais aucune bifurcation vers Villefort n'apparaît entre l'Ardèche et la Lozère.

Ce n'est que beaucoup plus tard, vers 1880 et 1885, qu'est réalisée la déviation, à La Molette, de la nationale 106 qui évite la montée du Thort en suivant la Régordane. Cette déviation vient se raccorder à la D 4 de l'Ardèche, à son entrée dans le département de la Lozère au lieu aujourd'hui appelé « le croisement des routes ». Ainsi la partie lozérienne de la D 4 devient tronçon de la Nationale 106 puis du C.D. 906.

On assiste aujourd'hui à un retour aux sources puisque la dernière modification du C.D. 906, à partir de La Molette jusqu'au voisinage du « croisement des routes », adopte le cheminement séculaire de la Régordane en repassant au Thort.

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Hydrographie[modifier | modifier le code]

  • L'Allier, rivière de force comparable à la Loire, est la 2e plus longue de France (421 km) et prend sa source au Moure de La Gardille à quelques kilomètres.
  • Le Rieufret qui se jette dans l'Allier dans le village. Il séparait sous l'Ancien Régime le diocèse de Mende de celui de Viviers, le Gévaudan et le Vivarais (actuellement la Lozère et l'Ardèche).
  • La rivière Chassezac (85 km), au sud de Puylaurent, principal affluent de l'Ardèche et sous-affluent du Rhône
  • Le barrage de Puylaurent (le plus grand barrage construit en France à la fin du XXe siècle)

Climat[modifier | modifier le code]

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000

  • Moyenne annuelle de température : °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 8,6 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 2,5 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 15,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation : 1 398 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 9,5 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6 j

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat de montagne », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[2]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Pour ce type de climat, la température décroît rapidement en fonction de l'altitude. On observe une nébulosité minimale en hiver et maximale en été. Les vents et les précipitations varient notablement selon le lieu[3].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[4]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-contre[2].

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Loubaresse », sur la commune de Loubaresse, mise en service en 1947[7]et qui se trouve à 11 km à vol d'oiseau[8],[Note 2], où la température moyenne annuelle est de 7,7 °C et la hauteur de précipitations de 1 990,2 mm pour la période 1981-2010[9]. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Lanas Syn », sur la commune de Lanas, dans le département de l'Ardèche, mise en service en 1990 et à 40 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 13,6 °C pour la période 1971-2000[11], à 13,5 °C pour 1981-2010[12], puis à 13,9 °C pour 1991-2020[13].

Milieux naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Espaces protégés[modifier | modifier le code]

La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[14],[15].

La commune est dans le périmètre du « géoparc des monts d'Ardèche », classé Géoparc en septembre 2014 et appartenant dès lors au réseau mondial des Géoparcs, soutenu par l’UNESCO[16],[17].

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique[modifier | modifier le code]

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Deux ZNIEFF de type 1[Note 3] sont recensées sur la commune[18] : le « Haut-bassin de l'Allier » (2 648 ha), couvrant 12 communes dont neuf dans l'Ardèche et trois dans la Lozère[19], et le « ruisseau de Chassezac entre Malvert et Prévenchères » (11 ha), couvrant 2 communes du département[20] et trois ZNIEFF de type 2[Note 4],[18] :

  • la « forêt de Mercoire » (11 190 ha), couvrant 7 communes du département[21] ;
  • les « gorges du Chazesac, de la Borne et de l'Altier » (5 809 ha), couvrant 7 communes dont deux dans le Gard et cinq dans la Lozère[22] ;
  • les « hauts bassins de l'Allier et de l'Ardèche » (17 943 ha), couvrant 15 communes dont 12 dans l'Ardèche et trois dans la Lozère[23].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

La Bastide-Puylaurent est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 5],[24],[25],[26]. La commune est en outre hors attraction des villes[27],[28].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (72,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,9 %), prairies (8,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,8 %), zones urbanisées (1,4 %)[29].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Transports[modifier | modifier le code]

Située au point culminant de la ligne des Cévennes (Clermont - Nîmes), la gare SNCF de La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains est en même temps l'extrémité est du barreau lozérien reliant, via Mende, cette ligne à la ligne des Causses (Clermont - Béziers).

Les rames montante et descendante du Cévenol Clermont-Nîmes, trajet subsistant du Paris - Marseille, s'y croisent. Plusieurs circulations TER relient Mende à Nîmes et Montpellier, directement ou avec changement à La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains. Située au point culminant de la ligne des Cévennes (Clermont - Nîmes), la gare SNCF de La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains est en même temps l'extrémité est du barreau lozérien reliant, via Mende, cette ligne à la ligne des Causses (Clermont - Béziers).

Les rames montante et descendante du Cévenol Clermont-Nîmes, trajet subsistant du Paris - Marseille, s'y croisent. Plusieurs circulations TER relient Mende à Nîmes et Montpellier, directement ou avec changement à La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune fut créée en 1790 sous le nom de Puylaurent, hameau de la commune qui en était le chef-lieu. En 1917, le chef-lieu de la commune est transféré au hameau de La Bastide (décret du président de la République du ) et la commune prend son nom actuel[30].

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

La Bastide au début du XVIe siècle était un village de sept ou huit maisons situées sur la rive droite de l'Allier.

Dans la partie gévaudanaise se trouvait la ferme habitée depuis plusieurs siècles par la famille Bastide (qui, pour certains, a donné le nom au village) et qu'on appelle aujourd'hui « Trouillas ». La partie vivaroise, au-delà du Rieufret, s'appelait Chambelongue. On y trouvait à gauche entre la route et la rivière, deux fermes importantes : celle des Barrial et celle des Valentins ; en face, de l'autre côté de la route les maisons Bresson et Astruc, et enfin, tout au fond du village, habitaient les Rieu, les Hébrard et les Chambonnet.

Tel était l'état du village d'après les terriers de 1609 ; et il s'est maintenu à peu près sans changement, sauf deux ou trois constructions nouvelles, jusqu'au plan cadastral de 1810.

À proximité de La Bastide, on trouvait, dans la vallée de l'Allier, la métairie des Huttes, habitées par les Barrel et depuis 1531 par les Ranc ; et dans la vallée du Rieufret, quatre mas ou maisons particulières qui sont des « maisons considérables » : la Courège, les Bories, Compan et la Felgère, il y avait aussi un hameau à Malataverne au sud de la chapelle de Saint-Thomas, aujourd'hui disparus.

Malataverne était un hameau de deux maisons situé dans les champs qui sont au sud-est de « la Pinède ». Les terres qui en dépendaient allaient depuis « le Bournet » jusqu'à l'Allier, et depuis le « vallat de Jullis » jusqu'au chemin de Saint-Laurent à Saint-Thomas, sauf quelques enclaves.

L'abbé des Chambons et le vicomte de Polignac en étaient co-seigneurs, suivant les reconnaissances féodales qui furent faites par Guillaume de Malataverne en 1331, par Guillaume Ribayrol et Hugues Nicolas en 1434. L'abbaye des Chambons possédait encore à La Bastide quelques terres : « le Feljadon » et « la Vayssière ».

Les auberges de La Bastide servaient de halte aux pèlerins, commerçants et transhumants qui suivaient la voie Regordane reliant Saint-Gilles (Gard) au Puy-en-Velay dans la Haute-Loire. La Bastide dépendait alors de la paroisse de Chasserades. La Bastide s'est fortement développée avec l'arrivée du chemin de fer au XIXe siècle : la jonction entre le réseau du bassin d'Alès et celui de l'Auvergne a créé une traversée nord-sud du Massif central, dont a bénéficié le village, tant par l'arrivée de voyageurs venant estiver en montagne et en hiver faire du ski, que par le trafic marchandises (exportation de bois, transit de charbon).

L'établissement thermal de Saint-Laurent-les-Bains et l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges ont participé aussi au développement du village.

Prieuré de Saint-Thomas de la Souche[modifier | modifier le code]

Près de la source qui coule au bord de la Régordane, au nord de La Bastide, était implanté un prieuré nommé Saint-Thomas de la Souche (ou de la source). Il y a plus de six siècles, les bénédictins de l'abbaye clusienne de Tornac, près d'Anduze, (monastère bien connu au Moyen Âge), possédant de grands troupeaux qui estivaient en Gévaudan, avaient créé des établissements tout au long des chemins qu'ils suivaient dans leur transhumance. Le prieuré de Saint-Thomas était un de ces « pousadons ». L'emplacement n'est plus marqué que par une croix rustique, en face du cimetière actuel.

L'abbé Robert, curé de Puylaurent, enquêtant sur les lieux en 1728, pouvait encore reconnaître les vestiges de la chapelle et du logis avec quelques marques de fondements de 12 m sur 6, ce qui fait une superficie d'environ 72 m2. Le cimetière attenant (non paroissial) avait 17 m sur 12 soit environ 215 m2. Les religieux assuraient le service religieux pour les bergers, les muletiers, les passants, les transhumants et les habitants éloignés de leurs paroisses. Ils procédaient aussi à des inhumations. Ils bénéficiaient d'un revenu de 25 livres, 14 cartes de blé et une volaille et de diverses terres.

La Chapelle et l'hôpital sont nés très vraisemblablement ensemble, l'un entraînant l'autre. Les actes de notaires, selon qu'il s'agit de culte ou de soins à donner, peuvent mentionner les deux ou bien un seul. En 1470, seule la chapelle est mentionnée ; en 1630 : « chapelle et hôpital » et en 1639 : « chapelle, prieuré et hôpital ». Que faut-il entendre par « hôpital » ? Volontiers on traduirait le mot « hospitale » de la basse latinité par son sens de l'époque, tout comme son synonyme « diversorium » et nous dirions : gîte, logis, auberge. Il semble cependant que ce serait minimiser le but visé par la fondation de l'hôpital de Saint-Thomas de la Souche. Le religieux de Tornac, prieur en titre de la chapelle et de l'hôpital, était toujours l'infirmier du monastère. Cela suppose qu'il y avait une certaine organisation de soins à donner : des soins de dépannage ou de repos d'un jour ou deux avant de poursuivre la route. L'hôpital était encore signalé en 1636 et l'infirmier de Tornac en est le titulaire officiel.

Conspiration du comte de Saillans (épisode contre-Révolutionnaire) en 1792[modifier | modifier le code]

C'est dans l'auberge de Pierre Combe à La Bastide (paroisse de Laveyrune), que naquit et fut organisée, le 19 mai 1792, la fameuse conspiration.[réf. nécessaire]

Le but était de soulever tout le Midi, les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Aveyron, la Lozère, le Gard, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Loire et Lyon, pour former une vaste barrière qui s'avancerait graduellement vers le nord, soutenue par les armées espagnoles d'un côté, par les troupes des émigrés de l'autre, barrière qui viendrait aboutir à la Vendée, à la Bretagne et au Rhin.

Le comte Philippe de Saillans fut présenté au comité de camp royaliste de Jalès par l'abbé Claude Allier prieur de Chambonas-Ardéche, royaliste (1748-1793) et Joseph-Marie Chabalier, conspirateur royaliste de Puylaurent (oncle de Victor et Adrien Chabalier, maires de Puylaurent).

Début juin, le signal de la guerre civile est donné ; les hostilités commencèrent par le siège de château de Bannes et par le massacre, au village de Berrias, de quelques gardes nationaux coupables d'avoir escorté un convoi de vivres destiné à la garnison du château, meurtre inutile, dont on se souviendra longtemps.

La guerre s'engagea. En même temps que les difficultés plus graves venaient se dresser contre les projets des royalistes, la discorde éclata entre l'abbé Allier et le comte de Saillans qui lui reprocha amèrement de l'avoir trompé.

Tandis que commençaient à arriver les troupes commandées par Châteauneuf-de-Randon et le général d'Albignac, les royalistes obligeaient la petite garnison du château de Bannes à capituler () ; en revanche, ils furent repoussés des Vans, expulsés de Saint-André-de-Cruzières, du château de Jalès, de Beaulieu et de Berrias.

Le , la défaite des conspirateurs fut complète.

Centre d'accueil polonais créé par la Croix-Rouge polonaise en 1940[modifier | modifier le code]

Ce centre est installé à l'hôtel Terminus et à l'hôtel Les Pins. Son effectif passe de 84 personnes, en , à 198, dont 90 enfants, en . Le , son directeur Zbiggniev Malinoowki est recherché par la police judiciaire de Vichy, comme « terroriste dangereux ». Le , les troupes allemandes arrêtent 25 ressortissants polonais (25 hommes et 3 femmes) qui sont dirigés à partir de La Bastide sur Paris et Königsberg en Prusse Orientale comme « travailleurs ».

31 août 1944 : passage de la 5e division blindée à La Bastide.[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

La Bastide-Puylaurent

Le blasonnement de La Bastide-Puylaurent est : Parti: au 1er d'azur au chêne englanté d'or à trois racines et quatre branches passées en sautoir; au 2e d'argent à une paire de skis de gueules en pal, les semelles affrontées.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires de La Bastide-Puylaurent
Période Identité Étiquette Qualité
1806 1814 Pierre Guigon    
1814 1821 Jean-Antoine Vialle    
1821 1830 Simon André    
1830 1832 Adrien Chabalier    
1832 1843 Léon Chalbos    
1843 1863 François-Victor Chabalier    
1863 1881 Prosper Combe    
1881 1884 Prosper Evesque    
1884 1894 Frédéric Poudevigne    
1894 1896 Ludovic Bonnet    
1896 1900 Louis Guyot   conducteur
1900 1904 Léon Vialle   cultivateur
1904 1923 Casimir Enjolras   propriétaire
1923 1925 Baptiste Poudevigne   cultivateur
1925 1936 Henri Sahut   médecin
1936 1983 Jacques Sahut   médecin
1983 2001 Jean-Marie Vezon DVD agent équipement
2001 En cours Michel Teissier   architecte
Les données manquantes sont à compléter.

112 conseillers municipaux en 208 ans[modifier | modifier le code]

Les mandats de conseillers les plus longs[modifier | modifier le code]

  • Jacques SAHUT : de 1936 à 1983, soit 47 ans
  • Jean-Pierre FERRIER : de 1977 à 2014, soit 37 ans
  • Elie TEISSIER, 30 ans
  • Henri SAHUT, 28 ans

Les mandats de conseillers les plus courts[modifier | modifier le code]

  • Marie-Thérèse BARRIAL, (épouse Pernel), 9 mois
  • Christian GARREL, 9 mois
  • Didier PROUHEZE, 9 mois
  • Aimé SICARD, 9 mois.

Les femmes au conseil municipal[modifier | modifier le code]

  • Marie-Thérèse BARRIAL (épouse Pernel) : élue le , démission le
  • Jacqueline SAUTEREAU (épouse Clément) : élue depuis le , adjointe aux élections du et du
  • Danielle LOUCHE : élue depuis le
  • Marie-Hélène LOUCHE : élue depuis le
  • Peggy LOUCHE : élue depuis le

Rémunérations des élus de la Bastide-Puylaurent[modifier | modifier le code]

nombre mensuelle annuelle
Maire 1 646,25 euros 7 755,00 euros
Adjoint 3 250,90 euros 3 010,80 euros
Total 4 897,15 euros 10 765,80 euros

Démographie[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent, La Bastide-Puylaurent, France.jpg

En 1789, la commune de Puylaurent comptait 291 habitants :

  • La Bastide : 68
  • Les Gouttes : 18
  • Les Huttes : 13
  • Masméjean : 79
  • Puylaurent : 65
  • Le Thort : 48


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[31]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[32].

En 2018, la commune comptait 155 habitants[Note 6], en diminution de 13,41 % par rapport à 2013 (Lozère : −0,11 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
210300190175218262268285271
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
282276252348291351357325313
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
300280260268269249289355212
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
345242191176183157172175156
2018 - - - - - - - -
155--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2006[33].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent de Puylaurent[modifier | modifier le code]

Anciennement de Saint-Laurent du Fraisse, l'église, construite au XIIe siècle, dépendait du prieuré bénédictin de Prévenchères. L'entrée se fait au sud par un portail formé de trois voussures en plein cintre.

Un clocher-mur à deux baies surmonte le mur occidental. L'abside est ornée d'arcatures reposant sur des colonnettes aux chapiteaux ornés. La nef unique est voûtée en berceau et divisée en deux travées par un doubleau reposant sur des pilastres qui ont dû remplacer des colonnes.

Une chapelle voûtée d'ogives a été construite, sans doute au XVIe siècle, sur la première travée sud. L'abside est voûtée en cul de four et ornée de six arcatures dont les chapiteaux des colonnes sont ornés (feuillages, figures).

Propriété de la Commune, l'église est inscrite, par arrêté du , aux Monuments Historiques[34].

Le Palet de Gargantua[modifier | modifier le code]

Improprement désigné comme dolmen, le Palet de Gargantua se trouve à quatre kilomètres au sud de La Bastide, à proximité du hameau du Thort. En bordure du chemin de Régordane, du côté ouest, au sommet du talus, il se présente comme une énorme table de grès, ayant la forme d'un polygone presque régulier, à sept côtés, reposant elle-même sur d'autres dalles de grès à plat beaucoup plus petites.

L'ensemble est posé sur un terrain très décomposé. Le substrat est formé de schistes très friables, à cinq cents mètres, à l'ouest, d'une zone granitique. La singularité de ces blocs fait penser que l'on a affaire à un dolmen. La tradition populaire le désigne sous le nom de « Palet de Gargantua » et sur le plan cadastral de la Bastide-Puylaurent, le lieu-dit s'appelle « Lou Palet ».

Il est placé au point où la Régordane franchit la ligne de faîte du Massif central, à vingt mètres environ du versant méditerranéen, sur la pente donnant vers l'Allier, versant Atlantique.

Le palet a pour dimensions 3,75 × 3,25 m selon les axes. Il a une épaisseur régulière de 0,32 m. La face supérieure de la table présente en son point central une cupule ronde de 0,10 m de diamètre, prolongée par une rigole longue de 1,10 m, large de 1 à 2 cm pour une profondeur identique, rigole aboutissant au bord de la table. Pour creuser cette rigole, l'homme a utilisé une fissure naturelle dans le blanc de grès, qu'il a agrandi et poli. À 0,40 m de la cupule centrale, en direction sud-ouest, on rencontre une seconde cupule, allongée, dont la partie centrale est étroite et plus profonde (6 cm) et qui est également polie.

Autrefois, on voyait une croix en pierre, maintenue par un socle en granit ou en grès qui occupait tout l'angle sud-ouest de la table. Le fait qu'une croix ait été posée sur cette table apparaît comme une marque de christianisation du monument. A-t-il auparavant servi de support à des cérémonies païennes ? La tradition, rapportée par les anciens, en fait une table à sacrifices.

Le toponyme « palet » est souvent lié à des monuments mégalithiques, dolmens ou menhirs, ainsi que leur attribution à Gargantua, le géant mythique définitivement attaché à la Régordane. Le fait le plus intrigant, c'est la présence de cette énorme table de grès sur un sol dont la nature géologique est absolument différente (schistes primitifs). Les grès d'où elle est tirée sont des arkoses (éléments constitutifs du granit, roulés et agglomérés par un ciment silicieux). Selon toute vraisemblance le Palet du Thort a été tiré de bancs de grès affleurant sur la « Champ » qui domine Saint-Jean de Chazorne entre les profondes vallées du Chassezac et de la Borne.

Un ancien chemin, qui correspond d'assez près à l'actuelle « route des barrages », parcourt ce plateau du sud-est au nord-ouest, s'élevant peu à peu de 910 à 1 000 m d'altitude en suivant la ligne du faîte du plateau pendant sept kilomètres. À La Molette, il rejoint la Régordane, en montant encore de 1 000 à 1 300 m pendant les trois derniers kilomètres qui le séparent du Thort. Le transport de cette dalle, sur environ dix kilomètres, était donc possible, même aux temps préhistoriques, compte tenu d'exploits de ce genre réalisés ailleurs par ces mêmes tribus de constructeurs de mégalithes.

Deux campagnes de sondages ont été réalisées en 1984 et en 1985 par le Groupe Alésien de Recherches Archéologiques. Il a pu ainsi être défini une fosse, en forme d'entonnoir conique, butant sur de gros blocs ayant pu servir à la limiter. Son remplissage a révélé quatre couches (du haut vers le bas). Sur un mètre d'épaisseur environ, les sédiments occupant la fosse étaient constitués de graviers, de cendres de débris de charbon de bois. Ils renfermaient un matériel archéologiques qui a permis une datation de ce remplissage :

  1. des débris de tuiles plates à rebords et de tuiles demi-rondes, très fiables, de couleur rouge brique et jaune clair, identifiées comme étant des tuiles gallo-romaines ;
  2. des fragments d'une céramique noire, indigène, modelée, ou grise, faite au tour. Un fond porte une inscription (XII) tracée à la pointe sèche (peut-être la signature d'ouvrier illettré) ;
  3. un fragment de la panse d'un bol, à vernis rouge très adhérent, est typique : il s'agit de la céramique de La Graufesenque et prouve que le remplissage de la fosse couverte par le Palet a été effectué après le IIe siècle apr. J.-C., donc qu'un creux abrité par le Palet existait à l'époque gallo-romaine. À quelle époque cette fosse fut-elle creusée ? Rien, dans les documents exhumés, n'a permis de le préciser. Aucun élément n'est venu étayer l'hypothèse que le Palet du Tort soit un dolmen. Il a donc pu être un monument à caractère cultuel. L'excavation sous le Palet a pu servir d'abri et héberger peut-être un de ces esclaves qui travaillaient pour le compte d'une exploitation métallurgique attestée à proximité. De toute façon, cette fosse a été comblée postérieurement à la période gallo-romaine.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  3. Les ZNIEFF de type 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
  4. Les ZNIEFF de type 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
  5. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  6. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
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  4. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  5. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
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  14. « Les différents espaces protégés. », sur http://www.observatoire-biodiversite-centre.fr/ (consulté le )
  15. « Liste des espace protégés sur la commune », sur le site de l'inventaire national du patrimoine naturel (consulté le )
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