Les Aventures de Jo, Zette et Jocko

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Les Aventures de Jo, Zette et Jocko
Série
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Auteur Hergé
Assistant Studios Hergé
Jacques Martin
Genre(s) Aventures
Policier
Science-fiction

Personnages principaux Jo, Zette et Jocko
Lieu de l’action Les cinq continents
Époque de l’action Contemporaine

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Éditeur Casterman
Première publication Cœurs vaillants no 3
()
Nb. de pages 52 pages env.
Nb. d’albums 6 albums, dont un inachevé

Prépublication Cœurs vaillants(1936)
Le Petit Vingtième
(de 1936 à 1939)
Le Journal de Tintin
(de 1953 à 1954)

Jo, Zette et Jocko est une série de bande dessinée réalisée par Hergé. Elle a été créée en 1936 pour le journal Cœurs vaillants.

La première planche de Le Rayon du mystère ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko paraît dans le no 3 de Cœurs vaillants du 19 janvier 1936. La série a ensuite été publiée dans Le Petit Vingtième à partir d'octobre 1936.

Protagonistes[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un frère et d'une sœur, Jo et Zette, cette dernière âgée de onze ans[N 1] (Jo devant donc avoir une douzaine d'années - à moins d'être son frère jumeau[1]) et de leur singe Jocko. Ils vivent en famille avec leur mère et leur père, l'ingénieur Jacques Legrand[2].

Jo est toujours[3] habillé avec un polo rouge et une culotte courte noire (de coupe Bermuda), et Zette avec une robe courte bleue à bretelles, sur une "blouse"[4] blanche. Ses cheveux noirs, séparés par une raie au milieu, sont noués de chaque côté par un ruban rouge[5] (formant nœuds, façon fleur d'hibiscus).

Jocko est un chimpanzé apprivoisé, qui les accompagne librement. Très intelligent, il lui arrive de soliloquer comme Milou, mais il ne parle pas aux humains.

Le père des deux enfants est ingénieur, sans doute généraliste, car ses compétences sont multiples. Dans Le Rayon du mystère[6] il est simplement « ingénieur ». Mais dans les versions album du diptyque Le “Manitoba” ne répond plus - L'Éruption du Karamako et dans Le Stratonef H.22, il est ingénieur aéronautique et employé à la S.A.C.A. (Société Anonyme de Construction Aéronautique)[7],[N 2]. Sa réalisation la plus notable dans ce domaine est l'avion stratosphérique Stratonef H.22, un monomoteur - un motopropulseur à explosions et compresseurs - à hélice. La forme de cet appareil est probablement inspirée du Caudron C.460 Rafale[8],[N 3], ou peut-être du Gee Bee R-1 d'un aspect similaire, mais plus ventru. Dans La Vallée des cobras, M. Legrand est ingénieur du génie civil puisque dans son chalet de Vargèse, il travaille à la réalisation d'un pont suspendu et qu'il est engagé pour en construire un autre au Gopal. Cependant ses connaissances scientifiques ou techniques ne sont pas ses seuls atouts pour l'aider à sortir ses enfants (et leur singe) des mauvais pas dans lesquels ils se trouvent.

Ces histoires mêlent de l'aventure, de l'espionnage et de la science-fiction.

Analyse[modifier | modifier le code]

La particularité des aventures de Jo et Zette Legrand réside dans le fait qu'il s'agit d'une action se situant dans le cadre d'une vraie famille avec des personnages ayant un prénom et un nom. On est donc, de ce point de vue, loin de Tintin (du même auteur) qui, lui, n'a pas de parents connus. La présence d'une famille conforme à un modèle chrétien était souhaitée par la rédaction du journal Cœurs vaillants[9].

Ces deux enfants ne sont cependant jamais présentés dans un cadre scolaire. Les longues absences de leur domicile, même à Vargèse ou au Gopal, ne semblent pas avoir d'incidence sur leur scolarité. La continuité de cette dernière est peut-être assurée (au foyer) par leur maman.

Hergé a déploré avec humour la contrainte narratologique que lui infligeait parfois la représentation de l'inquiétude impuissante des parents Legrand pendant les aventures de leurs enfants[10].

On trouve dans ces aventures l'expression de sentiments affectifs dans la fratrie et un rôle classique dévolu aux personnages du père et de la mère. De même y trouve-t-on l'archétype des attitudes masculines et féminines, tant chez les enfants que chez leurs parents. Là encore, à la différence des aventures de Tintin, qui évolue dans un monde quasiment sans femmes. Si les enfants vivent des aventures peu ordinaires et parfois loin de leurs parents, ils restent néanmoins dépendants de l'intervention d'adultes pour les sauver. Ils ne possèdent pas de pouvoirs particuliers, mais usent de leur seule intelligence et de leur grande volonté pour se sortir de mauvais pas. Ceci fait d'eux des personnages très réalistes et proches de leurs lecteurs[réf. nécessaire].

Albums[modifier | modifier le code]

La série comporte cinq tomes :

Les neveux d'un milliardaire[11] dépossédés par leur oncle de leur héritage immédiat tentent, pour en bénéficier tout de même, de faire échouer un raid aéronautique « Paris-New York ». Le concepteur de l'appareil qu'ils cherchent à saboter est le père des jeunes héros ; lesquels, à ses commandes, vont finalement accomplir (un peu malgré eux) cet exploit.
Un savant utilise ses inventions pour pirater les navires en haute mer. Jo et Zette vont en être faits prisonniers et tenteront de s'évader de son repaire sous-marin.
Parents et enfants se retrouvent en Inde pour construire un pont à la demande du maharadjah de Gopal, rencontré dans une station de ski savoyarde. Cette réalisation ne plaît pas à tout le monde localement (notamment au chef du gouvernement régional et à un fakir hindou), et le chantier en est menacé. On peut noter que dans les Aventures de Tintin et Milou, Bianca Castafiore cite plusieurs fois le Maharadjah de Gopal comme une de ses connaissances.
  • Le Thermozéro (inachevé)
Au cours des années 1960, Hergé chargea Bob de Moor d'adapter le scénario de Tintin et le Thermozéro en une aventure de Jo, Zette et Jocko. Bob de Moor dut abandonner cette adaptation avant terme pour se consacrer à la modernisation de L'Île Noire.

Perception[modifier | modifier le code]

Au sujet de cette série, il est quelquefois évoqué un relatif échec. En comparaison du succès de Tintin, c'est sans doute exact — il faut toutefois prendre en compte que la popularité du petit reporter est hors-norme. Au delà des comparaisons intempestives, les albums de Jo et Zette connaissent une carrière de plus de soixante ans et sont régulièrement réédités. En 2003, les albums en français cumulaient un total de ventes de trois millions d'exemplaires[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'album Le Testament de M. Pump, page 20, nous apprend que Zette est âgée de 11 ans et que sa taille est de 1,27 m.
  2. Dans l'édition en album, l'entreprise est rebaptisée S.A.F.C.A. (L'Éruption du Karamako, p. 37)
  3. Le Caudron C.460 remporta plusieurs records de vitesse comme la coupe Deutsch à partir de 1933[réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hypothèse envisagée par Jean-Marie Apostolidès, dans son essai Tintin et Le Mythe du Surenfant - éditions moulinsart, (ISBN 2-87424-024-9) - page 22.
  2. Jo et Zette - Éditions en noir et blanc Vol. 2, p. 30.
  3. Sauf dans l'ultime épisode La Vallée des Cobras
  4. un chemisier à manches courtes, en fait
  5. Le Testament de M. Pump, planche 20
  6. version initiale, dans Cœurs vaillants - 1936
  7. Jo et Zette - Éditions en noir et blanc Vol. 1, p 171
  8. Caudron-Renault C460
  9. Numa Sadoul, Tintin et moi : Entretiens avec Hergé, Casterman, , p. 70
  10. Numa Sadoul, Tintin et moi : Entretiens avec Hergé, Casterman, , p. 70-71
  11. "Le Roi du bouton de col"
  12. Jo & Zette - Éditions en noir et blanc, vol. 1, avant propos p. 13