Le Testament de M. Pump

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Le Testament de M. Pump
1er album de la série Les Aventures de Jo, Zette et Jocko
Auteur Hergé
Genre(s) Aventure

Personnages principaux Jo, Zette et Jocko
Lieu de l’action Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Époque de l’action Années 1930

Langue originale Français
Éditeur Casterman
Première publication 1939 (noir et blanc)
1948 (couleur)
Nb. de pages 52 (couleur)

Prépublication Le Petit Vingtième
Albums de la série Les Aventures de Jo, Zette et Jocko

Le Testament de M. Pump, d'Hergé, est le premier album de la série de bande dessinée Jo, Zette et Jocko. Son récit est toutefois basé sur la deuxième aventure de Jo, Zette et Jocko, faisant suite à celle du Rayon du mystère (1936-1937).

Lors de sa prépublication (en 1938-1939) cette histoire n'est pas distincte de celle du second album Destination New-York , et se nomme Le Stratonef H. 22.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Sir John Archibald Pump est un milliardaire fanatique de la vitesse au point que ses employés et ses domestiques doivent se déplacer sur des patins à roulettes[1], que ses repas défilent sur un tapis roulant, que ses rampes d'escalier lui servent de toboggan… Il chronomètre chaque action effectuée ; mais il trouve la mort au volant de son bolide[2], en raison de l'éclatement d'un de ses pneus à 248 km/h.

Par testament, il lègue 10 millions de dollars aux constructeurs de l'avion qui aura, le premier, réalisé le raid New York - Paris (ou vice-versa) sans escale à la moyenne minimale de 1 000 km/h, sous un délai de 1 an, à compter du jour de la lecture du testament, soit le 25 novembre à minuit[3] ; faute du respect de cette échéance, cette somme reviendrait aux deux neveux du milliardaire, William et Fred Stockrise.

Jacques Legrand, père de Jo et Zette, ingénieur à la société S.A.F.C.A. (Société Anonyme Française de Constructions Aéronautiques) est chargé de concevoir l'avion destiné à réaliser l'exploit. D'autres sociétés aéronautiques[4] déclarent également participer au défi. Un soir en rentrant chez lui en voiture, M. Legrand est victime d'un accident de la route et est conduit à l'hôpital Saint-Jean : l'enquête conclut qu'il s'agit d'un attentat.

Quelque temps plus tard Jo, Zette et Jocko assistent au premier vol d'un prototype, le C-48. Mais rapidement l'avion prend feu et s'écrase. Le pilote, Jacques Werner[5], ayant sauté en parachute, affirme que l'avion a été saboté. La police enquête et un indice, en fait une odieuse machination, accable M. Legrand qui est arrêté. Jo surprend une conversation entre les vrais coupables, sans toutefois les avoir visuellement identifiés, mais est victime d'un attentat de rétorsion. À son réveil à l'hôpital de Paris, il informe Zette, qui part à la recherche du pilote qui est le seul suspect. Elle est kidnappée par Werner et son complice Charlie Brooke, jusqu'en Belgique où ils sont arrêtés. M. Legrand retrouve son travail et Jo sort de l'hôpital. Mais les deux complices s'évadent, s'introduisent dans la maison familiale et tentent de voler les plans de l'appareil.

Le nouvel appareil devant relever le défi du raid, le H-22, est enfin construit. M. Legrand et un pilote en effectuent le premier essai en vol, dans la stratosphère ; mais à nouveau un incident survient, et seul le sang-froid du pilote permet d'éviter la catastrophe. À la veille du grand départ pour le raid transatlantique, Jo entend que le hangar du Stratonef sera bombardé la nuit suivante. Jo et Zette décident donc, pour sauver l'avion, de le sortir de son hangar. Dans l'incapacité de le pousser par leurs propres moyens, ils en prennent les commandes, lancent le moteur, et parviennent à l'en extraire. Roulant cependant trop vite, l'appareil doit décoller pour éviter de se fracasser contre le mur d'enceinte de l'aérodrome. Ne sachant pas comment atterrir de nuit, Jo décide d'attendre le jour ; mais au lieu d'orbiter sagement pour ce faire, autour de l'aérodrome, il poursuit son vol toute la nuit, en ligne droite, et vers le sud…

Au petit matin, le Stratonef se retrouve en plein océan, en zone tropicale ou équatoriale ; et, à court de carburant, doit se poser sur la plage d'un îlot, apparemment désert.

Lieux et personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Jo Legrand
  • Zette Legrand
  • Jocko
  • M. Legrand

Lieux visités[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule quasi exclusivement en France. La S.A.F.C.A. est une société française ; les protagonistes visitent plusieurs sites en région parisienne : les premiers tests de la cellule se déroulent à la grande soufflerie de Chalais-Meudon[6] (alors toute récente) ; les essais en vol sont effectués à l'aérodrome de Villacoublay[7]. Lorsqu'ils tentent de s'enfuir, Werner, le pilote d'essais malfaiteur, et son complice Charlie Brooke passent la frontière à proximité de Maubeuge.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Pré-publication[modifier | modifier le code]

L'aventure Le Stratonef H.22 est d'abord publiée dans l'hebdomadaire français Cœur Vaillant en 1937-1939. Les deux premières planches (présentées sur trois strips) le 27 juin 1937 ; fin du récit le 12 février 1939.

Publié en Belgique dans l'hebdomadaire Le Petit Vingtième en 1938-1939. Les deux premières planches le 31 mars 1938 ; fin du récit Le Stratonef H.22 le 9 novembre 1939.

Le récit est ensuite repris dans l'hebdomadaire Tintin (Belgique) du 13 mai 1948 au 11 mai 1950.

Un album redessiné[modifier | modifier le code]

Dans la version d'origine (publiée en 1937 dans Cœur Vaillant), la société de construction d'avions s'appelle S.A.C.A. : Société anonyme de Constructions aéronautiques.

Aspects scientifiques[modifier | modifier le code]

Réplique du C.460 en 2009.

Comme les futurs albums de Tintin Objectif Lune et Vol 714 pour Sydney le démontreront de manière encore plus réaliste, Hergé s’intéresse aux exploits aéronautiques. Charles Lindbergh avait déjà réussi la traversée de l'Atlantique en 1927, l'auteur imagine donc un Prix où la traversée doit se faire à une vitesse moyenne de 1 000 km/h.

Hergé imagine déjà que le vol doit se dérouler dans la stratosphère (d'où son nom de Stratonef), l'avion doit posséder une cabine pressurisée et étanche et la propulsion est assurée par un moteur à compresseurs[8] entraînant une hélice à pas variable (en 1939, les recherches sur les réacteurs étaient encore à leurs débuts). L'aspect extérieur ressemble fortement à celui du Caudron C.460, un appareil français construit en 1934.

Finalement le premier vol supersonique aura lieu le 14 octobre 1947 sur l'avion expérimental américain Bell X-1.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. préfigurant ainsi ce qui se pratique dans les grandes surfaces commerciales de la fin du XXème siècle
  2. sa "nouvelle" Météore
  3. Destination New-York planche 37
  4. l'allemande Ruckner de Hanovre, l'anglaise L.F.A. de Birmingham, l'américaine Lockhart de Boston
  5. James Matthew Werner-Jones, selon une édition non francophone.
  6. Planche 34
  7. Planche 35
  8. Le Stratonef H. 22 - Éditions en couleur Vol. 1, p 29