Isabelle Balkany

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Isabelle Balkany
Isabelle Balkany, le 4 janvier 2015.
Isabelle Balkany, le 4 janvier 2015.
Fonctions
Conseillère générale des Hauts-de-Seine
Élue dans le Canton de Levallois-Sud puis Nord

(22 ans 11 mois et 23 jours)
Successeur Arnaud de Courson
Biographie
Nom de naissance Isabelle Smadja
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt (Seine)
Parti politique UMP, LR
Conjoint Patrick Balkany
Profession Journaliste

Isabelle Smadja, épouse Balkany, née à Boulogne-Billancourt (Seine) le , est une femme politique française.

Ancienne conseillère générale et vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, elle est la première adjointe au maire de Levallois-Perret, son mari Patrick Balkany.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Isabelle Smadja est née dans une famille de commerçants juifs de Tunisie. Son père « a fait fortune dans l'import-export et le caoutchouc en Tunisie, puis en France » ; son oncle Charles Smadja travailla pour les Artistes associés et fut chargé des ventes européennes[réf. nécessaire].

Isabelle Smadja débute en 1968 comme journaliste au journal Combat, dont un autre de ses oncles, Henri Smadja, est devenu l'unique propriétaire en 1950[1]. Elle est peu après nommée directrice de la communication d'Europe 1 en septembre 1968, à l'âge de vingt-et-un ans. C'est là qu'« elle se constitue son carnet d'adresses dans les médias et le show-biz »[2].

Ascension politique de Patrick Balkany[modifier | modifier le code]

En 1976, elle rencontre et épouse Patrick Balkany. Elle le présente à Marie-France Garaud, l'éminence grise de Jacques Chirac. Patrick Balkany entre alors en politique. Quelques mois plus tard, son mari figure parmi les fondateurs du RPR, le parti politique que Jacques Chirac crée le 5 décembre 1976, notamment contre Valéry Giscard d'Estaing[1].

Dans la foulée, Patrick Balkany reçoit l'investiture du RPR pour affronter le giscardien Jean-Pierre Soisson à Auxerre. Isabelle Balkany dirige la campagne, avec comme seule autre expérience similaire, la campagne de Philippe Tesson, candidat en 1968 à Saint-Germain-des-Prés[précision nécessaire][2]. Patrick Balkany n'est pas élu.

Lorsqu'en 1983, Patrick Balkany est élu maire de Levallois-Perret, elle est nommée responsable de la communication municipale.

La gestion de la ville de Levallois-Perret[modifier | modifier le code]

En 1995, le couple Balkany est poursuivi par la justice dans l'affaire des employés municipaux travaillant à leur domicile. Trois personnes désignées comme des employés municipaux, mais qui ne s'occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny, avaient été rémunérées aux frais du contribuable levalloisien pendant 10 ans, entre 1985 et 1995[3].

Le , elle et son mari, sont condamnés pour « prise illégale d'intérêts » par la chambre régionale des comptes d'Île-de-France[4]. Isabelle Balkany est condamnée à quinze mois d'emprisonnement avec sursis et à rembourser 770 000 francs (soit 117 385,74 €) solidairement avec son mari. Toutefois, le 12 février 2007, Patrick Balkany fait adopter par son conseil municipal une demande de remise gracieuse auprès du ministre des Finances, alors Thierry Breton, de la dette d'un montant de 230 865,57 € résultant de cette condamnation[4]. Le maire de Levallois-Perret explique qu'ils ont déjà remboursé le principal, mais que ces 230 865,57 € seraient uniquement les intérêts de cette dette. En juin 2011, François Baroin rejette cette requête[5].

Patrick Balkany perd ses mandats de maire en 1995 et de député en 1997 au profit du RPR Olivier de Chazeaux. Les Balkany se séparent pendant plusieurs mois[2].

Mais elle est à nouveau à ses côtés lorsque Patrick Balkany est réélu maire en 2001, puis en 2002[2]. Isabelle devient première adjointe, chargée de l'enfance, des affaires scolaires et de la communication.

En 2009, Isabelle Balkany se défend contre les accusations d'un rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville de Levallois-Perret et en particulier au sujet des frais de cérémonies de la commune, passés de 239 951 € à 484 052 € entre 2000 et 2005, voire « à plus d'un million d'euros, en tenant compte des 525 000 € de dépenses réalisées par l'association Levallois Communication ». Elle affirme alors que la ville possède des « spécificités, injustement ignorées » par la chambre régionale des comptes, mais qu'elle tiendra compte des recommandations émises par le rapport[6][pertinence contestée].

Dans les Hauts-de-Seine[modifier | modifier le code]

En 1988, Patrick Balkany qui vient d'être élu député alors qu'il est aussi maire, doit abandonner son poste de conseiller général, pour respecter la loi sur le cumul. Charles Pasqua choisit alors Isabelle Balkany pour représenter le canton de Levallois-Perret-Sud et elle entre au conseil général des Hauts-de-Seine[2]. Aussitôt élue, Charles Pasqua en fait la vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine chargée des collèges. L'année suivante, elle devient aussi conseillère municipale de Levallois-Perret, où son mari entame son deuxième mandat de maire[2].

Elle se présente aux élections législatives de 1997 dans la cinquième circonscription des Hauts-de-Seine. Dissidente RPR, elle recueille 13,49 % des suffrages face au candidat officiel Olivier de Chazeaux, qui est élu[7].

En 2001, elle change de terre d'élection au profit du canton de Levallois-Perret-Nord et le reprend à la gauche.

Après l'élection présidentielle de 2007, Isabelle Balkany tente de se prévaloir du soutien de Nicolas Sarkozy pour lui succéder à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine[2]. Le nouveau président de la République, resté quelques jours encore conseiller général, choisit pourtant de ne soutenir aucun candidat[8], laissant ainsi libre champ à Patrick Devedjian[9], secrétaire général de l'UMP et adversaire de longue date des Balkany. Isabelle Balkany critique par la suite régulièrement le nouveau président du conseil général des Hauts-de-Seine à mesure qu'il se détache progressivement de l'héritage sarkoziste. Elle soutient Jean Sarkozy qui prétend à la présidence de l'EPAD sans abandonner l'idée de prendre la tête du département[10].

Le 27 mars 2011, à nouveau candidate dans le canton de Levallois-Perret-Sud, elle perd son siège au conseil général des Hauts-de-Seine, face au candidat divers droite Arnaud de Courson.

Souhaitant rebondir après cet échec, elle se présente en quatrième position sur la liste UMP lors des élections sénatoriales de septembre 2011[11]. Placée en position charnière, elle n’est cependant pas élue à cause de la poussée de la gauche et de la présence d’une liste dissidente menée par Jacques Gautier, sénateur UMP sortant.

À l'occasion du congrès UMP 2012, Isabelle Balkany choisit de soutenir la candidature de Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP[12]. Dans ce choix, elle retrouve Patrick Balkany, Jean Sarkozy et Charles Pasqua, et s'oppose à Jean-Jacques Guillet, président de la fédération des Hauts-de-Seine, Jacques Gautier et Patrick Devedjian, lequel n'aurait eu d'autre choix, selon un observateur de la vie politique locale, dès lors que « le camp de Jean-François Copé rassemblait ses ennemis, les Balkany et Jean Sarkozy »[13].

Blanchiment de fraude fiscale[modifier | modifier le code]

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Le 21 mai 2014, Isabelle Balkany est placée en garde à vue. Relâchée le 22 mai après un jour et demi d'interrogatoires[14], elle doit verser une caution d'un million d'euros[15], et est mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale[16].

Selon Le Figaro et BFM TV du 10 juin 2014, Libération du 23 février 2015[17], elle a avoué être de fait la propriétaire de la villa Pamplemousse de Saint-Martin[18]. « Estimée à 3 millions d'euros, cette propriété détenue par le biais d'une société écran n'a jamais été déclarée au fisc. Le couple ne s'est donc, depuis 17 ans, jamais acquitté de l'impôt sur la fortune[18]. » Les juges voudraient savoir si cette villa a été financée avec les fonds détournés des marchés publics des HLM des Hauts-de-Seine[18].

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Le 12 mai 2015, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique saisi le procureur financier compte tenu d'un "doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de leurs déclarations de situation patrimoniale, du fait de la sous-évaluation manifeste de certains actifs et de l'omission de biens immobiliers et immobiliers"[19].

Les juges soupçonnent Patrick et Isabelle Balkany|[20] d'avoir, entre avril 2011 et janvier 2014, omis une partie substantielle de leur patrimoine et "fourni une évaluation mensongère" dans les déclarations auxquelles sont soumis les élus auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Une ordonnance de saisie des juges mentionne: "Le patrimoine des époux Balkany est important. Pourtant aucun bien n'est à leur nom". "Ils ne disposaient pas de revenus leur permettant d'acquérir un tel patrimoine. Ils ont organisé leur insolvabilité". Les magistrats sont convaincus que les Balkany ont eu recours à des sociétés du Liechtenstein, de Singapour ou de Panama, afin d'éviter d'apparaître comme propriétaires.

Le maire de Levallois-Perret Patrick Balkany a été mis en examen vendredi 15 janvier 2016 pour déclarations mensongères sur son patrimoine.

Décoration[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur sur proposition du ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, alors dirigé par Michèle Alliot-Marie, au titre de « vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, adjointe au maire de Levallois ; 31 ans d'activités professionnelles et de fonctions électives »[21].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • En juin 2012, parait le livre Le Monarque, son fils, son fief, écrit par Marie-Célie Guillaume, très proche collaboratrice de Patrick Devedjian, qui entend lever le voile sur le combat fratricide que se sont livrés Nicolas Sarkozy et Patrick Devedjian autour du conseil général des Hauts-de-Seine entre 2007 et 2012. Isabelle Balkany, qui y est désignée sous le pseudonyme de « La Thénardier »[22], y apparaît comme l'une des principales protagonistes.
  • Julien Martin, Les Balkany, Éditions du Moment, 2014[23].
  • Gérard Davet et Fabrice Lhomme, French Corruption, Stock, 2013 (ISBN 978-2234075405)
  • Complément d'enquête, « Affaire Balkany », Paris, France Télévisions, juin 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Judith Perrignon, « Les revalloi! », sur le site du quotidien Libération,‎ (consulté le 1er novembre 2012).
  2. a, b, c, d, e, f et g Pierre-Yves Lautrou, « Les secrets de Balkany - Isabelle, rouage essentiel », sur le site du magazine L'Express,‎ (consulté le 1er novembre 2012).
  3. Juliette Cua, Catherine Gouëset, « Casseroles - Les hommes politiques condamnés et réélus », sur le site du magazine L'Express,‎ (consulté le 29 avril 2013).
  4. a et b « M. Balkany, maire de Levallois, espère obtenir la remise gracieuse d'une dette », Le Monde, 13 février 2007.
  5. Mathilde Mathieu et Louise Fessard, « Levallois : Balkany doit encore 123.000 euros à sa ville », sur le site d'information et d'opinion Mediapart,‎ (consulté le 29 avril 2013).
  6. Tristan Berteloot, « Gestion de Levallois-Perret : Isabelle Balkany s'explique », sur le site du magazine Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 17 janvier 2014).
  7. [1].
  8. http://lemonde.fr/societe/article/2007/05/15/nicolas-sarkozy-demissionne-de-la-presidence-du-conseil-general-des-hauts-de-seine_910132_3224.html.
  9. http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine/conseil-general-devedjian-succedera-a-sarkozy-vendredi-30-05-2007-2008075606.php.
  10. Eric Nunès, « Fort de sa victoire dans les Hauts-de-Seine, Devedjian reçoit le soutien de Jean Sarkozy », sur le site du quotidien Le Monde,‎ (consulté le 1er novembre 2012).
  11. Eric Nunès, « Isabelle Balkany veut se placer au Sénat », sur le site du quotidien Le Monde,‎ (consulté le 1er novembre 2012).
  12. Pour l'élection interne à la Présidence de l'UMP, j'ai donné mon parrainage à Jean-François Copé, tweet d'Isabelle Balkany le 23 août 2012, [lire en ligne].
  13. Jennifer Declémy, « UMP : Patrick Devedjian soutient François Fillon », sur le site parisdepeches.fr de la société NokéWeb,‎ (consulté le 1er novembre 2012).
  14. Isabelle Balkany a payé un million d'euros pour rester libre sur Le Monde, 30 août 2014.
  15. Le Figaro, La caution d'Isabelle Balkany fixée à un million d'euros, 23 mai 2014.
  16. Blanchiment de fraude fiscale : Isabelle Balkany relâchée contre un million d'euros.
  17. Les jeux d’adresses des époux Balkany Libération, 23 février 2015.
  18. a, b et c lefigaro.fr, Villa à St-Martin: Isabelle Balkany avoue, 10/06/2014.
  19. « Décisions de la Haute Autorité relatives aux situations de M. Patrick Balkany et de Mme Isabelle Balkany », sur huffingtonpost,‎ (consulté le 19 janvier 2016)
  20. « Patrick Balkany (encore) mis en examen, cette fois-ci pour déclaration mensongère sur son patrimoine », sur huffingtonpost,‎ (consulté le 19 janvier 2016)
  21. Décret no 0026 du 31 janvier 2008 portant promotion et nomination.
  22. Selon la presse : par exemple Le Parisien du 12/06/2012[2].
  23. Valérie Mahaut, Municipales : un livre sur les Balkany le couple choc de Levallois Le Parisien, 27 février 2014.