Isabelle Balkany

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Balkany et Smadja.

Isabelle Balkany
Illustration.
Fonctions
Première adjointe au maire de Levallois-Perret
chargée de la Vie scolaire et de la Coordination générale
En fonction depuis le
(18 ans, 6 mois et 24 jours)
Maire Patrick Balkany
Vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine
chargée des affaires scolaires, des constructions scolaires et de l'enseignement secondaire

(22 ans, 11 mois et 23 jours)
Président Charles Pasqua
Nicolas Sarkozy
Patrick Devedjian
Successeur Christiane Barody-Weiss
Conseillère générale des Hauts-de-Seine

(22 ans, 11 mois et 23 jours)
Circonscription Levallois-Perret-Sud
(1988-2001)
Levallois-Perret-Nord
(2004-2011)
Prédécesseur Patrick Balkany
Successeur Arnaud de Courson
Biographie
Nom de naissance Isabelle Smadja
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt (Seine)
Parti politique RPR, UMP, LR
Conjoint Patrick Balkany
Profession Journaliste

Isabelle Balkany, née Smadja le à Boulogne-Billancourt (Seine), est une femme politique française.

Membre de l'UMP puis de LR, elle est conseillère générale et vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine entre 1998 et 2011. Depuis 2001, elle est la première adjointe au maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, son époux.

Depuis 2013, Isabelle Balkany et son mari sont poursuivis dans l'affaire judiciaire qui porte leur nom pour plusieurs chefs d'accusations dont déclarations mensongères, blanchiment de fraudes fiscales et corruption. En 2019, dans le premier volet du procès et en première instance, elle est condamnée à trois ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Isabelle Smadja naît dans une famille de commerçants juifs de Tunisie. Son père « fait fortune dans l'import-export et le caoutchouc en Tunisie, puis en France ». Sa mère, née protestante bourguignonne, se convertit au judaïsme par amour pour son père. Isabelle Smadja a une nourrice musulmane et fait sa scolarité chez les sœurs dominicaines. Un de ses frères meurt à l'âge de vingt ans dans un accident de moto[1],[2].

Isabelle Smadja débute en 1968 comme journaliste au journal Combat, dont l'un de ses oncles, Henri Smadja, est devenu l'unique propriétaire en 1950[3]. Elle est peu après nommée directrice de la communication d'Europe 1 en septembre 1968, à l'âge de 21 ans. C'est là qu'« elle se constitue son carnet d'adresses dans les médias et le show-biz »[4].

En 1976, Isabelle Smadja épouse Patrick Balkany. Ils ont deux enfants, Alexandre (en 1976) et Vanessa (en 1980), tous deux gérants de diverses sociétés[5],[6].

Ascension politique de Patrick Balkany[modifier | modifier le code]

L'année de son mariage, elle présente Patrick Balkany à Marie-France Garaud, l'éminence grise de Jacques Chirac. Patrick Balkany entre alors en politique. Quelques mois plus tard, son mari figure parmi les fondateurs du RPR, le parti politique que Jacques Chirac crée en , notamment contre Valéry Giscard d'Estaing[3].

Dans la foulée, Patrick Balkany reçoit l'investiture du RPR pour affronter le giscardien Jean-Pierre Soisson à Auxerre. Isabelle Balkany dirige la campagne, avec comme seule autre expérience similaire, la campagne de Philippe Tesson, candidat en 1968 à Saint-Germain-des-Prés[précision nécessaire][4]. Patrick Balkany n'est pas élu.

Lorsqu'en 1983, Patrick Balkany est élu maire de Levallois-Perret, elle est nommée responsable de la communication municipale.

Gestion de la ville de Levallois-Perret[modifier | modifier le code]

En 1995, le couple Balkany est poursuivi par la justice dans l'affaire des employés municipaux travaillant à leur domicile. Trois personnes désignées comme des employés municipaux, mais qui ne s'occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny, avaient été rémunérées aux frais du contribuable levalloisien pendant 10 ans, entre 1985 et 1995[7].

Le , Isabelle Balkany et son mari sont condamnés pour « prise illégale d'intérêts » par la chambre régionale des comptes d'Île-de-France[8]. Isabelle Balkany est condamnée à quinze mois d'emprisonnement avec sursis et à rembourser 770 000 francs (soit 117 385,74 €) solidairement avec son mari. Le 12 février 2007, Patrick Balkany fait adopter par son conseil municipal une demande de remise gracieuse auprès du ministre des Finances, alors Thierry Breton, de la dette d'un montant de 230 865,57 € résultant de cette condamnation[8]. Le maire de Levallois-Perret explique qu'ils auraient déjà remboursé le principal et que ces 230 865,57 € seraient uniquement les intérêts de cette dette. En juin 2011, François Baroin, qui a remplacé Thierry Breton, rejette définitivement cette requête[9].

Patrick Balkany perd ses mandats de maire en 1995 et de député en 1997 au profit du RPR Olivier de Chazeaux. Les Balkany se séparent alors pendant plusieurs mois[4].

Isabelle Balkany est à nouveau aux côtés de Patrick Balkany lorsqu'il est réélu maire en 2001, puis en 2002[4]. Elle devient première adjointe, chargée de l'enfance, des affaires scolaires et de la communication.

En 2009, Isabelle Balkany se défend contre les accusations d'un rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville de Levallois-Perret et en particulier au sujet des frais de cérémonies de la commune. Outre qu'elle conteste le bien-fondé des accusations, elle s'étonne publiquement que seul le dernier mandat de son mari ait fait l'objet d'investigation de la part des magistrats financiers[10].

Dans les Hauts-de-Seine[modifier | modifier le code]

En 1988, Patrick Balkany, qui vient d'être élu député alors qu'il est aussi maire, doit abandonner son poste de conseiller général pour respecter la loi sur le cumul des mandats. Charles Pasqua choisit alors Isabelle Balkany pour représenter le canton de Levallois-Perret-Sud et elle entre au conseil général des Hauts-de-Seine[4]. Aussitôt élue, Charles Pasqua en fait la vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine chargée des collèges. L'année suivante, elle devient aussi conseillère municipale de Levallois-Perret, où son mari entame son deuxième mandat de maire[4].

Elle se présente aux élections législatives de 1997 dans la cinquième circonscription des Hauts-de-Seine. Dissidente RPR, elle recueille 13,49 % des suffrages face au candidat officiel Olivier de Chazeaux, qui est élu[11].

En 2001, elle change de terre d'élection au profit du canton de Levallois-Perret-Nord et le reprend à la gauche.

Après l'élection présidentielle de 2007, Isabelle Balkany tente de se prévaloir du soutien de Nicolas Sarkozy pour lui succéder à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine[4]. Le nouveau président de la République, resté quelques jours encore conseiller général, choisit pourtant de ne soutenir aucun candidat[12], laissant ainsi libre champ à Patrick Devedjian[13], secrétaire général de l'UMP et adversaire de longue date des Balkany. Isabelle Balkany critique par la suite régulièrement le nouveau président du conseil général des Hauts-de-Seine à mesure qu'il se détache progressivement de l'héritage sarkoziste. Elle soutient le jeune Jean Sarkozy qui prétend à la présidence de l'EPAD sans abandonner l'idée de prendre la tête du département[14].

Le , à nouveau candidate dans le canton de Levallois-Perret-Sud, elle perd son siège au conseil général, étant devancée par le candidat divers droite Arnaud de Courson. Souhaitant rebondir après cet échec, elle se présente en quatrième position sur la liste UMP lors des élections sénatoriales de septembre 2011[15]. Placée en position charnière, elle n’est cependant pas élue à cause de la poussée de la gauche et de la présence d’une liste dissidente menée par Jacques Gautier, sénateur UMP sortant.

À l'occasion du congrès UMP 2012, Isabelle Balkany choisit de soutenir la candidature de Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP[16]. Dans ce choix, elle retrouve Patrick Balkany, Jean Sarkozy et Charles Pasqua, et s'oppose à Jean-Jacques Guillet, président de la fédération des Hauts-de-Seine, Jacques Gautier et Patrick Devedjian, lequel n'aurait eu d'autre choix, selon un observateur de la vie politique locale, dès lors que « le camp de Jean-François Copé rassemblait ses ennemis, les Balkany et Jean Sarkozy »[17].

Blanchiment de fraude fiscale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Balkany.

Le 21 mai 2014, Isabelle Balkany est placée en garde à vue. Relâchée le 22 mai après un jour et demi d'interrogatoire[18], elle doit verser une caution d'un million d'euros[19], et est mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale[20].

Le , selon Le Figaro et BFM TV puis Libération[21], elle avoue être la propriétaire de la villa Pamplemousse de Saint-Martin[22]. « Estimée à 3 millions d'euros, cette propriété détenue par le biais d'une société écran n'a jamais été déclarée au fisc. Le couple ne s'est donc, depuis 17 ans, jamais acquitté de l'impôt sur la fortune[22]. » Les juges voudraient savoir si cette villa a été financée avec les fonds détournés des marchés publics des HLM des Hauts-de-Seine[22].

Le 12 mai 2015, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique saisit le procureur financier compte tenu d'un « doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de leurs déclarations de situation patrimoniale, du fait de la sous-évaluation manifeste de certains actifs et de l'omission de biens mobiliers et immobiliers »[23].

Les juges soupçonnent Patrick et Isabelle Balkany d'avoir, entre avril 2011 et janvier 2014, omis une partie substantielle de leur patrimoine et « fourni une évaluation mensongère » dans les déclarations auxquelles sont soumis les élus auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique[24]. Une ordonnance de saisie des juges mentionne: « Le patrimoine des époux Balkany est important. Pourtant aucun bien n'est à leur nom. Ils ne disposaient pas de revenus leur permettant d'acquérir un tel patrimoine. Ils ont organisé leur insolvabilité. » Les magistrats sont convaincus que les époux Balkany ont eu recours à des sociétés du Liechtenstein, de Singapour ou de Panama, afin d'éviter d'apparaître comme propriétaires.

Le , douze jours avant l'ouverture du procès du couple pour fraude fiscale, et après avoir publié un long message sur Facebook, Isabelle Balkany fait une tentative de suicide[25],[26]. En convalescence, elle n'assiste pas au procès de première instance[27]. Le , elle est condamnée à trois ans d'emprisonnement et dix ans d'inéligibilité. Son mari est, lui, condamné à quatre ans de prison ferme, soit la peine maximale en la matière[28]. Mais contrairement à celui-ci, elle ne fait pas l'objet d'une incarcération immédiate en raison de son état de santé[29], ce qui la conduit à exercer la fonction de maire par intérim de Levallois-Perret en application du code général des collectivités territoriales[30]. Alors que l'avocat de Patrick Balkany annonce faire appel, elle fait part de son incompréhension quant à la sévérité des peines, relevant qu'« il n'y avait pas un centime d'argent public » en jeu et que le mandat de dépôt a été émis sans que son mari ne représente un « trouble à l'ordre public »[31].

Décoration[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur sur proposition du ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, alors dirigé par Michèle Alliot-Marie, au titre de « vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, adjointe au maire de Levallois ; 31 ans d'activités professionnelles et de fonctions électives »[32].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Arnaud, NKM - L’indomptable, L'Archipel, janvier 2014, page 90.
  2. « Protestants, catholiques, juifs et musulmans signent une expo commune à Levallois », sur leparisien.fr,
  3. a et b Judith Perrignon, « Les revalloi! », sur le site du quotidien Libération, (consulté le 1er novembre 2012).
  4. a b c d e f et g Pierre-Yves Lautrou, « Les secrets de Balkany - Isabelle, rouage essentiel », sur le site du magazine L'Express, (consulté le 1er novembre 2012).
  5. « liste des sociétés dont Vanessa Balkany (né le 20.12.1976) est gérant », sur le registre du commerce de Nanterre, sur le site société.com (consulté le 29 avril 2013).
  6. « liste des sociétés dont Alexandre Balkany (né le 23.07.1980) est gérant », sur le registre du commerce de Nanterre, sur le site société.com (consulté le 29 avril 2013).
  7. Juliette Cua, Catherine Gouëset, « Casseroles - Les hommes politiques condamnés et réélus », sur le site du magazine L'Express, (consulté le 29 avril 2013).
  8. a et b « M. Balkany, maire de Levallois, espère obtenir la remise gracieuse d'une dette », Le Monde, 13 février 2007.
  9. Mathilde Mathieu et Louise Fessard, « Levallois : Balkany doit encore 123.000 euros à sa ville », sur le site d'information et d'opinion Mediapart, (consulté le 29 avril 2013).
  10. « Je me demande s'il n'y a pas une volonté de nuire... », propos recueillis par Jean-Pierre Thiollet, France Soir, 2 juillet 2009.
  11. [1].
  12. https://lemonde.fr/societe/article/2007/05/15/nicolas-sarkozy-demissionne-de-la-presidence-du-conseil-general-des-hauts-de-seine_910132_3224.html.
  13. http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine/conseil-general-devedjian-succedera-a-sarkozy-vendredi-30-05-2007-2008075606.php.
  14. Eric Nunès, « Fort de sa victoire dans les Hauts-de-Seine, Devedjian reçoit le soutien de Jean Sarkozy », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le 1er novembre 2012).
  15. Eric Nunès, « Isabelle Balkany veut se placer au Sénat », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le 1er novembre 2012).
  16. Pour l'élection interne à la Présidence de l'UMP, j'ai donné mon parrainage à Jean-François Copé, tweet d'Isabelle Balkany le 23 août 2012, [lire en ligne].
  17. Jennifer Declémy, « UMP : Patrick Devedjian soutient François Fillon », sur le site parisdepeches.fr de la société NokéWeb, (consulté le 1er novembre 2012).
  18. Isabelle Balkany a payé un million d'euros pour rester libre sur Le Monde, 30 août 2014.
  19. Le Figaro, La caution d'Isabelle Balkany fixée à un million d'euros, 23 mai 2014.
  20. Blanchiment de fraude fiscale : Isabelle Balkany relâchée contre un million d'euros.
  21. Les jeux d’adresses des époux Balkany Libération, 23 février 2015.
  22. a b et c lefigaro.fr, Villa à St-Martin: Isabelle Balkany avoue, 10/06/2014.
  23. « Décisions de la Haute Autorité relatives aux situations de M. Patrick Balkany et de Mme Isabelle Balkany », sur huffingtonpost, (consulté le 19 janvier 2016)
  24. « Patrick Balkany (encore) mis en examen, cette fois-ci pour déclaration mensongère sur son patrimoine », sur huffingtonpost, (consulté le 19 janvier 2016)
  25. « Isabelle Balkany a fait une tentative de suicide », sur leparisien.fr, 2019-05-02cest12:42:30+02:00 (consulté le 2 mai 2019)
  26. « Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois-Perret, a fait une tentative de suicide, 12 jours avant l'ouverture d'un procès pour fraude fiscale », sur Franceinfo, (consulté le 2 mai 2019)
  27. https://www.bfmtv.com/police-justice/proces-des-epoux-balkany-absente-a-l-audience-isabelle-balkany-suit-le-proces-sur-twitter-1709822.html
  28. Valentine Arama, « Et les policiers emmenèrent Patrick Balkany à la Santé… », Le Point,‎ (lire en ligne)
  29. « https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/patrick-balkany-condamne-a-quatre-ans-de-prison-ferme-avec-incarceration-immediate-7798328856w »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur RTL.fr
  30. Pierre Lepelletier, « Mairie de Levallois: pourquoi Isabelle Balkany peut assurer l’intérim malgré sa condamnation », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  31. « Affaire Balkany : réactions, soutiens... Retour sur un week-end agité »,
  32. Décret no 0026 du 31 janvier 2008 portant promotion et nomination.
  33. Selon la presse : par exemple Le Parisien du 12/06/2012[2].
  34. Valérie Mahaut, Municipales : un livre sur les Balkany le couple choc de Levallois Le Parisien, 27 février 2014.