Éminence grise

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L'Éminence grise
Peinture représentant le père Joseph, par Jean-Léon Gérôme, 1873.

Éminence grise est une expression désignant un conseiller influent qui reste dans l'ombre d'une personnalité politique ou autre.

Origines[modifier | modifier le code]

Cette expression fut pour la première fois employée pour désigner Joseph François Leclerc du Tremblay, dit aussi « le Père Joseph » (1577-1638), conseiller officieux du cardinal de Richelieu, « éminence rouge » et principal ministre du roi Louis XIII. En raison de son affiliation au capucins, il portait une robe de bure grise[1]. Parce qu'il fut nommé cardinal peu avant sa mort, et que ses détracteurs le considéraient aussi puissant que Richelieu, il eut droit au titre d'« éminence ». Il joua un rôle déterminant dans la dernière phase de la guerre de Trente Ans, notamment par l'intervention de la Suède qu'il provoqua.

Exemples d'éminences grises[modifier | modifier le code]

Au VIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Spécificités de l'éminence grise[modifier | modifier le code]

L'éminence grise se distingue d'un conseiller habituel par l'influence qu'il exerce largement au-delà de ses responsabilités officielles. Ce sont par exemple :

Généralement, la vocation de ces personnages est de rester dans l'ombre.

Pierre Viansson-Ponté, dans le journal Le Monde, qualifia Jacques Foccart " d'éminence grise ", à cause de ses activités occultes concernant l'Afrique et de l'activité de ses réseaux secrets, cependant il n'avait pas sur le général de Gaulle une influence telle qui permettait de dire que c'est Foccard qui inspirait cette politique, mais qu'il ne faisait qu'appliquer une politique décidée par de Gaulle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arte documentaire, une age de Fer, La guerre de trente Ans. episode 2, octobre 2018
  2. Inspirateur et maître d’œuvre de la partie d’échecs que Macron a engagée en lançant son mouvement, ce trentenaire a son bureau réservé à l’Elysée. Sa fidélité, sa connaissance des mouvements de l’opinion et son sens tactique en font un collaborateur précieux pour le Président. Lequel ne doute pas de son total dévouement. En marche lancé, Emelien est le premier à lâcher le cabinet de Macron à Bercy pour l’embryon de parti où tout reste à faire. Entre les deux hommes, les liens sont déjà faits d’affection réciproque. Leur rencontre remonte à 2009, autant dire au berceau s’agissant d’Emelien, qui n’obtient son diplôme de Sciences-Po que l’année suivante. Entre l’ancien rapporteur de la commission Attali, engagé derrière Hollande, et l’ex-petite main de la campagne de DSK pour la primaire de la gauche, et coordinateur (en 2012) d’un ouvrage collectif intitulé Repenser l’action publique, les préoccupations convergent. Quand à l’été 2014, Macron, qui vient de quitter l’Elysée, envisage de monter un cabinet conseil doublé d’un site tourné vers l’enseignement, il associe Emelien à son projet. Ils ne se sont plus quittés., Libération https://www.liberation.fr/france/2017/05/07/ismael-emelien-le-specialiste-de-l-opinion_1567918
  3. Gilles Paris, « Stephen Bannon, éminence grise de Trump, sort de l’ombre », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2017)
  4. Gilles Paris, « Président Trump, semaine 4 : la Maison Blanche, nid d’emplois », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry d'Yvignac, L'Éminence grise (le père Joseph), Librairie du Dauphin, coll. « Les Grands hommes d'État catholiques », Paris, 1931, 164 p.
  • Georges Grente, L'Éminence grise, Gallimard, Paris, 1941, 219 p.
  • Aldous Huxley, Grey Eminence: A Study in Religion and Politics, Chatto and Windus, Londres, 1941, 288 p., (ISBN 978-0701108021). Ouvrage publié en trois éditions séparées, en France, en 1945 :
    • L'Éminence grise : essais et notes (traduction de Jules Castier), Éditions universelles, coll. « Univers » no 1, Paris, 1945, 303 p.
    • L'Éminence grise : études de religion et de politique (traduction de Jules Castier), Éditions du Rocher, coll. « L'Hippocampe » no 6, Monaco, 1945, 391 p. – Seule édition ayant continué à être diffusée.
    • L'Éminence grise (traduction de Claire et Marthe Gauthier), éditions Charlot, coll. « Les cinq continents », Alger, 1945, 317 p.
  • Benoist Pierre, Le père Joseph : l'éminence grise de Richelieu, Paris, Perrin, , 476 p. (ISBN 978-2-262-02244-0 et 2-262-02244-5, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Pierre Assouline, Une éminence grise : Jean Jardin, 1904-1976, Balland, Paris, 1986, 374 p., (ISBN 2-7158-0607-8).
  • Christine Fauvet-Mycia, Les Éminences grises, éditions Belfond, coll. « Documents », Paris, 1988, 225 p., (ISBN 2-7144-2112-1).
  • Roger Faligot et Rémi Kauffer, Éminences grises, Fayard, Paris, 1991, 432 p, p.-p. de planches illustrées, (ISBN 2-213-02956-3).
  • Olivier Blanc, L'Éminence grise de Napoléon : Regnaud de Saint-Jean d'Angély, Pygmalion, 2002, 331 p.
  • Yves Théorêt et André-A. Lafrance, Les Éminences grises : à l'ombre du pouvoir, Hurtubise HMH, coll. « Cahiers du Québec » no 146 et coll. « Communications et science politique », Montréal, 2006, II-325 p., (ISBN 2-89428-887-5).
  • Dimitri Casali, Walter Bruyère, « Les Éminences grises du pouvoir », L'Express, 2011, 255 p., (ISBN 978-2-84343-843-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]