Information Gathering Satellite

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IGS (Information Gathering Satellites (情報収集衛星?) c'est-à-dire satellite de renseignement) est une famille de satellite de reconnaissance japonais. Le développement de ces satellites dans le cadre du programme spatial japonais a débuté à la suite du lancement d'un missile nord-coréen au-dessus du Japon en 1998. La mission principale de ce programme est surveiller les activités militaires des pays voisins en particulier de la Corée du Nord. Le programme est dirigé par le Bureau du Cabinet du Premier ministre du Japon. La famille de satellites comprend au début de la décennie 2010 une dizaine de satellites optiques et radar dont environ la moitié sont actifs. Il constitue le deuxième poste du budget spatial du Japon (634 millions € demandés en 2012 soit 20 % du budget total).

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement du 16e exemplaire d'une fusée H-2A emportant un satellite IGS optique le 28 novembre 2009.

La menace nord-coréenne[modifier | modifier le code]

En 1994, le Japon envisage de revoir sa politique de longue date lui interdisant l'utilisation de l'espace à des fins militaires. Le lancement d'une fusée censée emporter le satellite nord-coréen Kwangmyŏngsŏng 1 le 31 août 1998 qui passe au-dessus de l'archipel japonais fait réagir la Diète japonaise. Les États-Unis n'ayant pas averti à l'avance leur allié de ce tir, l'assemblée législative japonaise décide le développement d'un système de renseignement spatial national[1]. Le programme IGS est placé sous la responsabilité de l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise. À l'époque le Japon a peu d'expérience en matière de satellite d'observation : le premier satellite de télédétection japonais à usage civil, le satellite MOS-1 a été lancé en 1987.

Première génération (2003)[modifier | modifier le code]

Le premier couple de satellite de reconnaissance optique et radar IGS 1A et IGS 1B, construits par Mitsubishi Electric, est lancé le 28 mars 2003 par une fusée H-2A depuis la base de lancement de Tanegashima. La durée de vie prévue des satellites IGS est de cinq ans. Le satellite optique qui pèse 850 kg a sans doute une résolution de l'ordre du mètre tandis que le satellite doté d'un radar à synthèse d'ouverture, qui pèse environ 1 200 kg dispose d'une résolution d'environ 3 mètres. Les deux satellites sont d'usage mixte civil et militaire.Durant leur mission, l'appariement des satellites leur a permis de voler sur une orbite 492 km à une distance de séparation de 37 minutes, leur permettant de survoler Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord, chaque jour. Le satellite radar s'arrête de fonctionner en mars 2007.

Générations ultérieures[modifier | modifier le code]

Lancement de la 27e H-IIA le 1er février 2015 emportant un satellite IGS-Radar.

Le programme subit un grave revers lorsque la deuxième paire de satellites de reconnaissance est détruite à la suite de l'échec du lancement de la fusée H-2A le 29 novembre 2003. Le 11 septembre 2006 un satellite de reconnaissance optique IGS 3A est placé en orbite. Le cout du programme est évalué à cette date à plus de 1,6 milliard d'euros[2]. Un deuxième couple de satellites IGS 4V et IGS 3B est lancé le 24 février 2007 par une fusée H-2A . IGS 4V est un satellite optique expérimental à usage mixte civil et militaire[3].

Le 21 mai 2008, la contrainte qui imposait au Japon de ne pas disposer de satellites aux capacités supérieures à celles des satellites commerciaux est rendue caduque par le vote par la Diète du Japon de la Loi fondamentale sur l’espace qui autorise le Japon à développer dorénavant des capteurs beaucoup plus performants[4].

Le gouvernement japonais avait planifié le lancement d'un nouveau couple de satellites de reconnaissance optique IGS 5A et radar IGS 4B avec une résolution améliorée de 60 cm en septembre 2009 mais le 28 novembre 2009, seul celui de reconnaissance optique est mis en orbite. Le lancement du satellite d'imagerie optique IGS 4A (Kogaku-4) par une H-2A a lieu le après plusieurs reports[5]. Son développement a coûté selon le gouvernement japonais 36 milliards de yens (470 millions de dollars américains, et son lancement 10 milliards de yens). Lors de son lancement, seul 3 satellites IGS étaient opérationnels[6].

Un nouveau satellite à imagerie radar est lancé le par le 20e exemplaire d'un H-2[7]. Selon les médias japonais, la mise au point du satellite radar de 2e génération IGS-Radar 3 ayant une résolution estimé à 1 mètre a coûté près de 517 millions de dollars américain et son lancement 133 millions de dollars[8]. Le 27 janvier 2013, une paire de satellites a été lancée, il s'agit d'un prototype de satellite optique de 3e génération avec une résolution de 40 cm ayant une durée de vie estimé à 2 ans et du satellite radar IGS-Radar 4[9]. Le lancement du satellite optique de 3e génération dont le lancement est prévu à l'origine pour 2014 à bénéficié lors du lancement de ce projet d'une demande budgétaire de 6,8 milliards ¥ pour l'exercice fiscal 2009[10]. Il est finalement lancé le 26 mars 2015 après celui d'un satellite radar de secours. Le lancement du satellite de reconnaissance IGS-Optical 6 devant succédé à l'IGS-Optical 4 est prévu pour 2016.

En 2014, le Bureau du Cabinet japonais prévoit des lancements jusqu'en 2029[11]. Début 2018 cinq satellites, 3 radars et 2 optiques, faisaient l'objet d'une commande en cours[12].

Historique des lancements[modifier | modifier le code]

Date de lancement (UTC) Désignation NORAD Désignation du gouvernement japonais Type de senseur Identifiant COSPAR Génération Résolution estimée Paramètres orbitaux initiaux Lanceur Statut
28 mars 2003 IGS 1A IGS-Optical 1 Optique 2003-009A 1re génération optique Caméra panchromatique: environ 1 m (mono)
Caméra multispectrale : environ 5 m (couleur)
486–491 km, 97,3°, 94,4 min H2A2024 Retiré du service
IGS 1B IGS-Radar 1 Radar 2003-009B Entre 1~3 m Non-opérationnel depuis mars 2007[13]
29 novembre 2003 IGS 2A Optique N/A 1re génération optique Identique au IGS 1A nc H2A2024 Échec du lancement
IGS 2B Idem Radar N/A 1re génération radar Identique au IGS 1B
11 septembre 2006 IGS 3A IGS-Optical 2 Optique 2006-037A 2e génération optique
(largement amélioré)
Identique à la 1re génération 478–479 km, 97,4°, 94,2 min H2A202 Retiré du service
24 février 2007 IGS 4V IGS-Experimentally Optical 3 Optique 2007-005A 2e génération optique Environ 0,6 m 481–494 km, 97,2°, 94,4 min H2A2024 Retiré du service
IGS 3B IGS-Radar 2 Radar 2007-005B 1re génération radar Non-opérationnel depuis l'été 2010[14]
28 novembre 2009 IGS 5A IGS-Optical 3 Optique 2009-066A 2e génération optique Environ 0,6 m Inconnu H2A202 Retiré du service
22 septembre 2011 IGS 6A IGS-Optical 4 Optique 2011-050A 2e génération d'optique - de 0,6 m H2A202 Retiré du service
12 décembre 2011 IGS 7A IGS-Radar 3 Radar 2011-075A 2e génération radar m H2A202 Opérationnel
27 janvier 2013[15] IGS-Radar 4 Radar 2013-002A 2e génération radar - d'1 m 483 km × 495 km, 97.4° (#1a) H2A202 Opérationnel
IGS-Optical 5V Optique 2013-002B Prototype 3e génération optique 40 cm[16]
1er février 2015 IGS-Radar Spare Radar 2015-004A 2e génération radar m H2A202 Opérationnel
26 mars 2015 IGS-Optical 5 IGS-Optical 5 2015-015A 3e génération optique 30 cm[17] ou 40 cm[18] 483 km × 495 km, 97,4°[19] H2A202 Opérationnel
17 mars 2017 IGS RADAR-5 IGS-Radar 5 Radar 2017-015A 2e génération radar 50 cm[20] Inconnu H2A202 Opérationnel
27 février 2018 IGS-Optical 6 IGS-Optique 6 Optique 2018-021A 3e génération optique 30 cm[12] Inconnu H2A202 Opérationnel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Information Gathering Satellites Imagery Intelligence », sur Federation of American Scientists, (consulté le 15 avril 2013)
  2. Cyrille Vanlerberghe, « Satellites espions : la très haute résolution se démocratise », Le Figaro, (consulté le 25 septembre 2011)
  3. (en) « Gunter's space page : IGS-Optical 1, 2, 3 » (consulté le 25 septembre 2011)
  4. « Les députés japonais votent la militarisation de l’espace », Zone militaire, (consulté le 25 septembre 2011)
  5. (en) Chris Bergin, « Japanese H-2A launches with new IGS military satellite », (consulté le 23 septembre 2011)
  6. (en) « Japan launches new spy satellite », Space War, (consulté le 26 septembre 2011)
  7. « Le Japon lance un nouveau satellite espion avec sa fusée H-2A », AFP, (consulté le 12 décembre 2011)
  8. « Le Japon lance un satellite-espion (JAXA) », RIA Novosti, (consulté le 13 décembre 2011)
  9. (en) « IGS-Radar 3, 4 », sur Gunter's Space Page, (consulté le 15 avril 2013)
  10. (en)« Japanese government plans powerful information-gathering satellite », sur Phys.Org, Yomiuri shinbun, (consulté le 15 avril 2013)
  11. (ja) « 今後の情報収集衛星のビジョン » [PDF], sur Bureau du Cabinet (Japon),‎ (consulté le 27 mars 2015).
  12. a et b Stefan Barensky, « Le Japon lance un satellite espion JSE-Kōgaku », Aerospatium,
  13. (en) « Japanese Spy Satellite Suffers Critical Power Failure », sur Space War, (consulté le 26 septembre 2011)
  14. (en) « Govt to build backup intel satellite », News article, The Daily Yomiuri, (consulté le 11 octobre 2010)
  15. (en) « Worldwide Launch schedule », sur Space Flight Now, (consulté le 30 décembre 2012)
  16. (en) « IGS-Optical 5V », sur Gunter's Space Page, (consulté le 15 avril 2013)
  17. (ja) « 「北」監視能力の向上期待 情報収集衛星打ち上げ成功 », Sankei,‎ .
  18. (ja) H2Aロケット28号機打ち上げ成功 情報収集衛星搭載 March 26 2015
  19. (en) « IGS-Optical 5 », sur Gunter's Space, (consulté le 27 mars 2015).
  20. 情報収集衛星打ち上げ成功 物体識別能力は従来の約2倍、夜間監視力が向上 Sankei, 17 mars 2017

Liens externes[modifier | modifier le code]