Hayabusa 2

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Hayabusa 2
Sonde spatiale
Description de cette image, également commentée ci-après
Données générales
Organisation JAXA
Domaine Étude de l'astéroïde (162173) Ryugu
Type de mission Retour d'échantillons
Statut Phase d'observation scientifique
Lancement
Lanceur H-IIA
Identifiant COSPAR 2014-076A
Site Site officiel
Principaux jalons
3 décembre 2015 Assistance gravitationnelle de la Terre
27 juin 2018 Mise en orbite autour de Ryugu
été 2019 collecte échantillon de l'astéroïde
décembre 2019 Départ de Ryugu
décembre 2020 Atterrissage de la capsule sur Terre
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 609 kg
Propulsion moteur ionique 4 x 10 milliNewtons
Ergols xénon
Masse ergols 60 kg (xénon)
48 kg Hydrazine/MON-3
Δv 2 km/s
Contrôle d'attitude stabilisé 3 axes
Source d'énergie Panneaux solaires
Puissance électrique 2 600 Watts (1 U.A.)
Orbite héliocentrique
Périapside 0,963 U.A.
Apoapside 1,146 U.A.
Inclinaison 5,88° (plan de l'écliptique)
Principaux instruments
ONC Caméras
LIDAR Altimètre
NIRS / TIRS Spectromètres infrarouges
MINERVA II (rover) thermomètre, caméras
MASCOT (atterrisseur) caméra, magnétomètre, radiomètre, microscope

Hayabusa 2 (en japonais はやぶさ2, littéralement « Faucon pèlerin 2 ») est une mission spatiale de la JAXA, l'agence spatiale japonaise, lancée en décembre 2014, qui doit étudier l'astéroïde (162173) Ryugu de juillet 2018 à février 2019 et en ramener un échantillon sur Terre en décembre 2020.

Cette mission prend la suite d'Hayabusa lancée en 2003. Cette dernière, malgré de nombreux déboires, était parvenue à ramener une petite quantité de sol d'un astéroïde. Les principales caractéristiques techniques d'Hayabusa 2 sont identiques à celles de son prédécesseur. La sonde spatiale développée se distingue de son prédécesseur par la méthode de collecte des échantillons et l'emport d'un petit atterrisseur MASCOT fourni par les agences spatiales allemande (DLR) et française (CNES). L'astéroïde étudié est de type C c'est-à-dire susceptible de contenir des matériaux organiques. Le retour sur Terre de la capsule d'échantillons du sol est prévu vers 2020.

Historique du projet[modifier | modifier le code]

En 2006, la commission japonaise des activités spatiales accepte de donner une suite à la mission de retour d'échantillons Hayabusa qui était alors en cours. Initialement, les caractéristiques d'Hayabusa 2 devaient être pratiquement identiques à celle de la première sonde spatiale, mais en juillet 2009 les responsables du projet annoncent que la nouvelle sonde utilisera une nouvelle méthode pour collecter les échantillons reposant sur l'envoi d'un impacteur. En août 2010, alors que la capsule contenant les échantillons prélevés par Hayabusa vient tout juste de réussir son retour sur Terre (fin juin 2010), l'agence spatiale japonaise obtient le feu vert du gouvernement pour lancer les développements. Le coût du projet est estimé à 16,4 milliards de Yens. En janvier 2012, l'industriel NEC basé à Tokyo, qui avait déjà réalisé la première sonde spatiale, commence la construction de Hayabusa 2. Le projet rencontre des problèmes de financement et la JAXA se met à la recherche de partenaires. En juin 2013, les agences spatiales française (CNES) et allemande (DLR) annoncent qu'elles développeront ensemble le petit atterrisseur MASCOT (Mobile Asteroid surface SCOuT) qui doit être déposé par Hayabusa 2 à la surface de l'astéroïde pour analyser son sol[1].

L'astéroïde (162173) Ryugu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : (162173) Ryugu.
Orbite de Ryugu.

La cible de Hayabusa 2 est Ryugu, un astéroïde de type C. Contrairement à l'astéroïde Itokawa visité par la première sonde spatiale qui était de type S, les astéroïdes de type C sont susceptibles de renfermer des matériaux organiques et constituent donc une cible de choix. Ryugu circule sur une orbite semblable à celle de Itokawa et s'approche parfois relativement près de l'orbite terrestre. L'astéroïde est de forme à peu près sphérique avec un diamètre d'environ 875 mètres (à 15 mètres près). Sa période de rotation est de 7,63 heures. Son albédo de 0,047 est faible[2],[3].

Objectifs scientifiques[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2, après s'être placée en orbite autour de l'astéroïde, doit étudier à distance les caractéristiques de celle-ci, puis envoyer un atterrisseur chargé d'effectuer des analyses in situ avant d'effectuer un prélèvement d'échantillon qui doit être ramené sur Terre.

La mission Hayabusa 2 a deux objectifs scientifiques :

  • l'étude de l'astéroïde à l'échelle macroscopique pour toutes les caractéristiques qui peuvent être mesurées à distance par les instruments de la sonde spatiale : caméras multispectrales, spectromètre proche infra-rouge, imageur thermique infra-rouge, altimètre laser ;
  • l'étude de l'astéroïde à l'échelle microscopique à partir des échantillons rapportés sur Terre.

Le petit atterrisseur MASCOT doit permettre d'effectuer une analyse minéralogique in situ du sol de l'astéroïde pour mettre en évidence d'éventuels minéraux hydratés et carbonés. Il doit également fournir le contexte scientifique aux observations effectuées à distance.

Caractéristiques techniques de la sonde spatiale[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 a des caractéristiques très proches de celles de la sonde Hayabusa qui l'a précédée. Les différences portent principalement sur l'ajout d'une deuxième antenne grand gain, la modification des moteurs ioniques, l'emport du petit atterrisseur MASCOT développé par l'agence spatiale allemande DLR, le système de collecte d'échantillon qui utilise un impacteur, une roue à réaction supplémentaire pour ajouter une redondance qui avait manqué à la première mission, l'ajout d'un mode de communications en bande Ka plus performant et des modifications apportées aux moteurs ioniques pour les rendre plus fiables et accroître leur poussée de 25 %. La masse totale passe de 510 kg à 600 kg dont 100 kg d'ergols et les dimensions du corps de la sonde spatiale de 1,0 m × 1,6 m × 1,1 m à 1,0 m × 1,6 m × 1,25 m[4],[5].

Énergie électrique et contrôle thermique[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 est alimentée en énergie par des panneaux solaires fixes déployés en orbite (envergure 6 mètres) fournissant 2,6 kW à 1 Unité Astronomique (U.A.) du Soleil et 1,4 kW à 1,4 U.A. du Soleil (ce qui correspond à la distance la plus lointaine du Soleil atteinte par la sonde spatiale c'est à dire l'apogée de l'orbite de l'astéroïde). L'énergie est stockée dans une batterie lithium-ion de 13,2 A-h. Le contrôle thermique est à la fois passif (revêtements isolants multi-couches) et actifs (circuit caloporteur évacuant la chaleur vers des radiateurs situés sur la face à l'ombre de la sonde spatiale). Des résistances sont utilisées pour maintenir à une température minimales les équipements et instruments qui en ont besoin.

Propulsion[modifier | modifier le code]

Le système propulsif de Hayabusa 2 est à la fois chimique et électrique. La propulsion principale utilise 4 moteurs ioniques ayant une poussée unitaire de 10 millinewtons et utilisant du xénon avec une impulsion spécifique de 2 080 s fournissant un delta-V total de 2 km/s. Trois moteurs peuvent fonctionner simultanément, le quatrième servant de rechange. Les moteurs ioniques accélèrent du xénon contenu dans un réservoir d'une contenance de 51 litres et pouvant contenir 73 kilogrammes de ce gaz. Hayabusa 2 emportant 60 kg de xénon ce qui lui permet de modifier sa vitesse de 2 km/s. Les quatre moteurs sont fixés sur la même face de la sonde spatiale orientables de +/-5 degrés. L'ensemble a une masse de 70 kilogrammes et doit pouvoir fonctionner pendant 18000 heures au cours de la mission. Les petites corrections de trajectoire et les manœuvres à proximité de la Terre et de l'astéroïde sont effectuées à l'aide de 12 petits propulseurs chimiques brûlant un mélange hypergolique d'hydrazine et de MON-3 et ayant une poussée de 20 Newtons répartis en deux sous-ensembles redondants. Ces propulseurs peuvent fonctionner sous la forme d'impulsions brèves pour corriger l'orientation ou des poussées plus longues pour corriger la trajectoire ou désaturer les roues de réaction. Hayabusa 2 emporte 48 kg d'ergols chimiques[5].

Contrôle d'attitude et télécommunications[modifier | modifier le code]

Le contrôle d'attitude est réalisé à l'aide de 4 roues de réaction, 2 viseurs d'étoiles, 2 centrales à inertie, 4 accéléromètres et 4 senseurs solaires. Les viseurs d'étoiles qui constituent les capteurs primaires utilisent des caméras dont le champ de vue est de 8x8 °. Les télécommunications sont assurées via deux antennes paraboliques fixes à grand gain (une en bande X et l'autre en bande Ka) et une antenne moyen gain[6],[7],[5].

Charge utile[modifier | modifier le code]

La charge utile de Hayabusa 2 comprend le système de collecte d'échantillon, trois instruments (caméra, caméra infrarouge thermique, spectromètre proche infrarouge), trois petits rovers MINERVA de 1,5 kg analogues à ceux emmenés par Hayabusa et un atterrisseur franco-allemand MASCOT de 10 kg. Ce dernier constitue une nouveauté par rapport à la première mission Hayabusa.

Instrumentation scientifique[modifier | modifier le code]

Mascot est fixé à la sonde spatiale.

La charge utile est composée essentiellement d'instruments déjà embarqués à bord de la première sonde spatiale Hayabusa mais également de nouveaux instruments [6],[5] :

  • La sonde spatiale dispose de trois caméras ONC (Optical Navigation Cameras). Les trois caméras disposent chacune d'un détecteur de 1024x1024 pixels collectant la lumière dans une bande spectrale comprise entre 350 et 1060 nanomètres (lumière visible et proche infrarouge). Les deux caméras grand angle ONC-W1 et ONC-W2 ont un champ de vue de 54 x 54° permettant une résolution spatiale de 7 mètres à une distance de 7 kilomètres. La caméra à champ étroit dispose d'un champ optique de 5,8 x 5,7° et sa résolution spatiale est de l'ordre du mètre. ONC-T peut utiliser 7 filtres qui permettent de sélectionner des bandes spectrales étroites (10 à 15 nanomètres) centrées sur les longueurs d'onde 390, 480, 550, 590, 700, 860 et 950 nanomètres. Ces caméras sont utilisées pour la navigation de la sonde spatiale au cours du transit entre la Terre et l'astéroïde, puis une fois cette phase achevée pour la recherche de sites adéquats pour le prélèvement d'échantillons. Les caméras jouent également un rôle crucial dans le guidage de la sonde spatiale pour l'opération de prélèvement d'échantillons en prenant des images entre les altitudes 50 et 5 mètres.
  • Le spectromètre proche infrarouge NIRS3 (Near IR Spectrometer) observant dans les longueurs d'onde 1,7 - 3,4 microns. La lumière pénètre dans l'instrument par une fente de 70 x 70 microns. Le détecteur comporte 128 bits ce qui permet une résolution spectrale de 18 nanomètres. Lorsque la sonde spatiale se trouve à une altitude de 20 kilomètres, la résolution spatiale est de 35 mètres. L'instrument d'une masse de 2 kilogrammes est utilisé pour identifier les minéraux hydratés présents à la surface de l'astéroïde, mettre en évidence les terrains les plus jeunes et étudier les éjectas créés par SCI. L'instrument permet de mesurer la proportion de minéraux hydratés avec une précision de 1 % ;
  • L'imageur thermique infrarouge TIR (Thermal IR Imager) est une caméra observant dans les longueurs d'onde 7 à 14 microns (infrarouge thermique). C'est un instrument mis au point pour la sonde japonaise Akatsuki qui s'est placée en orbite autour de la planète Vénus. Le champ optique est de 12 x 16° et la masse est de 3,3 kg. Le détecteur est un ensemble de bolomètres non refroidis qui restitue une image comportant 320 x 240 pixels. Cet instrument est utilisé pour mesurer les caractéristiques physiques de la surface en mesurant les variations des températures.
  • altimètre laser LIDAR permettant de mesurer les distances de 50 m à 50 km. Cet instrument d'une masse de 3,7 kilogrammes utilise une source laser infrarouge (1064 nm) dont la lumière réfléchie par le sol est recueillie par un télescope Cassegrain. Le lidar permet depuis une altitude de 25 mètres de déterminer la distance avec une précision de +/- 5 mètres. L'instrument peut fonctionner dès que la distance est inférieures à 50 kilomètres. L'instrument sera utilisé à des fins de navigation en plaçant la sonde spatiale à une altitude suffisante de la surface et pour déterminer la topographie de l'astéroïde.

Système de collecte d'échantillons[modifier | modifier le code]

Le système de collecte d'échantillons du sol de l'astéroïde a été fortement revu pour pallier les problèmes rencontrés par l'équipement utilisé par Hayabusa (sonde spatiale) en 2005[5] :

  • le petit impacteur SCI (Small Carry-on Impactor) de 18 kg est nouveau. Il comprend une charge d'explosifs qui doit accélérer une masse de 2 kg à 2 km/s. Cette dernière, en frappant le sol de la comète, doit créer un cratère de 2 mètres de diamètre et soulever des parties du sol qui sont alors recueillies.
  • La caméra DCAM (Deployable Camera) est dérivée d'un instrument emporté par la sonde spatiale IKAROS. Cet instrument de forme cylindrique d'un diamètre de 6 centimètres pour une longueur de 4 centimètres est largué par la sonde spatiale avant l'impact. Disposant d'une autonomie de plusieurs heures et stabilisée par rotation (60 à 120° par seconde), la caméra doit filmer l'impact. Son champ de vue est de 74 x 74° et elle utilise un détecteur de 1092x1092 pixels. À une distance de 1 kilomètre du sol elle fournit des images ayant une résolution spatiale de 65 centimètres. L’événement est photographié au rythme d'une image par seconde. Les images sont transmises à la sonde spatiale par radio avec un débit de 4 mégabits par seconde. Le volume total de donnés devrait représenter environ 1 gigabit.
  • Le système de collecte en forme de corne a été amélioré sur plusieurs points : joint d'étanchéité, 3 chambres de stockage au lieu de 2.

Les rovers Minerva[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 embarque trois petits rovers MINERVA (A / 1B / 2) aux caractéristiques proches de celui déposé par la première sonde spatiale Hayabusa. Il s'agit d'engins de 1,5 kg à 2,5 kg ayant la forme de cylindre à 6 faces haut de 7 centimètres et de 17 cm de diamètre. Leur charge utile est constituée de 3 à 4 caméras, de thermomètres et de photodiodes. L'énergie est fournie par des cellules solaires produisant aux maximum 2 Watts. Chacun dispose d'un petit ordinateur embarqué utilisant un microprocesseur RISC et transmet les données avec un débit maximal de 32 kilobits par seconde. Les rovers Minerva ont une capacité limitée de déplacement grâce à deux petits moteurs qui créent un moment dont l'axe de rotation peut être orienté. Ce moment dans la faible gravité de l'astéroïde est suffisant pour permettre au rover Minerva de décoller et de se déplacer sur d'assez grandes distances en suivant une trajectoire parabolique[5].

L'atterrisseur MASCOT[modifier | modifier le code]

L'atterrisseur MASCOT (Mobile Asteroid Surface SCOuT), développé par l'agence spatiale allemande DLR avec une participation de l'agence spatiale française du CNES, dérive en partie des travaux réalisés sur l'atterrisseur Philae de la sonde européenne Rosetta et des études menées dans le cadre de la proposition de mission MarcoPolo-R. Il doit mener des études scientifiques in situ à la surface de l'astéroïde. Il s'agit d'un engin de 10 kg dont 3 kg de charge utile. Ses dimensions extérieures sont de 0,3 × 0,3 × 0,2 m. La structure est réalisée en fibre de carbone composite. La protection thermique est réalisée de manière passive grâce à un boitier en aluminium contenant les cartes électroniques et un revêtement thermique multicouches MLI. Il est doté d'une source d'énergie non renouvelable (batterie de 220 Wh) qui lui donne une durée de vie d'environ 12 heures et lui permet d'effectuer trois déplacements. MASCOT utilise une masse excentrée située au bout d'un bras qui, en pivotant, fournit un moment suffisant pour déplacer l'atterrisseur. Ce système est également utilisé à l'atterrissage pour retourner si nécessaire l'engin afin de permettre à ses instruments de fonctionner de manière nominale. L'atterrisseur dispose d'un ordinateur embarqué qui permet à MASCOT de fonctionner de manière autonome et communique avec son vaisseau mère par le biais de deux antennes omnidirectionnelles situées sur deux faces opposées. Des capteurs, constitués de détecteurs thermiques et de cellules solaires, sont chargés de détecter l’atterrissage, l'orientation et les mouvements à la surface de l'astéroïde[8],[5].

L'atterrisseur comprend 3 kg de charge utile constituée[5] :

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

Lancement d'Hayabusa II.

Lancement et transit jusqu'à l'astéroïde (décembre 2014- juin 2018)[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 est lancée le 3 décembre 2014 à 4h22 UTC par une fusée H-IIA depuis la base de lancement de Tanegashima. Le lanceur emporte également trois autres petits engins spatiaux placés comme Hayabusa 2 sur une orbite héliocentrique : PROCYON, une microsonde spatiale de 59 kg qui doit effectuer au moins un survol d'astéroïde, Shi'nen 2, un nano satellite expérimental de 15 kg, DESPATCH (Deep Space Amateur Troubadour’s Challenge) une œuvre artistique de 20 kg[9],[10]. À compter de mars 2015, la sonde spatiale utilise sa propulsion ionique pour ajuster sa trajectoire avant son survol de la Terre. Trois des quatre moteurs ioniques fonctionnent pendant 409 heures en exerçant une poussée unitaire de 25 milliNewtons. Deux autres corrections de trajectoire sont réalisées en juin 2015 (102 heures) et début septembre 2015 (12 heures)[11],[10]. Le 3 décembre 2015, la sonde spatiale survole la Terre à une altitude de 3 090 km, ce qui lui permet grâce à l'assistance gravitationnelle de celle-ci, de gagner 1,6 km/s[12],[13].

À la suite du survol de la Terre, Hayabusa 2 effectue plusieurs corrections de sa trajectoire pour rejoindre Ryugu qui circule sur une orbite de 0,96 x 1,42 Unités Astronomiques. Entre mars et mai 2016 sa propulsion ionique fonctionne pendant 794 heures pour modifier sa vitesse de 127 m/s. Un petit ajustement de la vitesse de 40 cm/s est effectué peu après. Pendant cette période, le système de télécommunications est testé pour s'assurer de son bon fonctionnement à grande distance. Entre novembre 2016 et mai 2017, une deuxième correction de trajectoire est effectuée : trois des quatre moteurs ioniques sont utilisés pendant 2558 heures pour modifier la vitesse de la sonde spatiale de 435 m/s. Le 10 janvier 2018, la sonde spatiale met en marche ses moteurs ioniques qu'elle va désormais solliciter de manière permanente jusqu'à l'approche finale de l'astéroïde prévue en juin 2018. D'ici là, ses moteurs vont fonctionner pendant 2700 heures en modifiant sa vitesse de 400 m/s. Le 26 février 2018, la caméra de navigation ONC-T est pointée vers l'objectif encore distant de 1,3 million de kilomètres et prend 300 photos dont un échantillon est transmis à la Terre. L'astéroïde Ryugu, visible comme un astre de magnitude optique 9, est identifié sur celles-ci[14].

La sonde spatiale est arrivé à 20 km de l'astéroïde Ryugu le 27 juin 2018 et se maintient depuis à cette distance pour effectuer une première étude de l'astéroïde[15].

Hayabusa II survole l'astéroïde Ryugu.
Hayabusa II avec son système de prélèvement déployé.

Étude de l'astéroïde et recueil des échantillons du sol (juillet 2018-début 2019)[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 séjourne un an et demi près de l'astéroïde. De juillet à octobre 2018, la sonde spatiale étudie l'astéroïde à distance avec ses instruments. Le CNES et la DLR déterminent un lieu d'atterrissage principal "MA-9" dans l'hémisphère sud de l'atséroïde, ainsi que deux autres "de secours", parmi une présélection de dix sites potentiels en août 2018[16],[17], [18],[19].

Le 3 octobre 2018, un premier atterrisseur MASCOT doit être largué et atteindre le sol de l'astéroïde à la vitesse d'à peine 10 cm par seconde, du fait de la faible gravité régnant sur Ryugu. Il doit rebondir et se stabiliser à la surface en moins de deux heures. Il est suivi par 3 atterrisseurs MINERVA 2[19].Ils atterrissent sur le sol et effectuent leurs observations in situ pendant leur brève durée de vie. Au cours de la même période, la sonde spatiale effectue des répétitions des opérations de prise d'échantillon. La prise d'échantillon est effectué à la suite de ces largages[20].

Pour réaliser la collecte d'échantillon, la sonde spatiale s'approche du sol de l'astéroïde et, arrivée à 100 mètres de celui-ci, largue un marqueur destiné à la guider jusqu'au sol de manière à annuler sa vitesse horizontale (la vitesse verticale est annulée à l'aide de l'altimètre embarqué). Le marqueur est une sphère d'un diamètre de 10 cm d'environ 300 grammes remplie de billes en aluminium dont le rôle est de dissiper l'énergie cinétique au moment de l'impact avec le sol pour éviter un rebond. La sonde spatiale illumine alors le sol avec un flash dont la lumière est réfléchie par le marqueur recouvert d'une enveloppe métallique à plusieurs facettes. En analysant la lumière réfléchie, l'ordinateur embarqué de la sonde spatiale peut mesurer sa vitesse horizontale. Arrivé à 30 mètres du sol, il aligne son orientation par rapport à la topographie locale puis descend se poser brièvement[21]. Le système de collecte est utilisé pour recueillir un premier échantillon de sol lors du bref atterrissage de la sonde spatiale qui reprend immédiatement de l'altitude. Le deuxième recueil d'échantillon utilise un impacteur pour permettre le prélèvement dans une couche préservée du sol. L'impacteur est largué à bonne distance de l'astéroïde puis la sonde spatiale navigue de manière que l'astéroïde s'interpose entre elle et l'impacteur. Une charge explosive portée par l'impacteur est alors déclenchée : elle projette l'impacteur à une vitesse de 2 km/s sur le sol de l'astéroïde en creusant un cratère. Une deuxième campagne de prélèvement est alors effectuée cette fois à l'emplacement du cratère creusé artificiellement[10].

Retour sur Terre de l'échantillon (décembre 2019 - décembre 2020)[modifier | modifier le code]

Hayabusa 2 achève ses observations à distance au cours de l'automne 2019 et reprend la direction de la Terre en décembre 2019. La capsule d'échantillons est larguée aux abords de la Terre en décembre 2020 et le vaisseau mère se dirige alors vers un des points de Lagrange. La capsule effectue sa rentrée atmosphérique à une vitesse de 11,6 km/s et atterrit comme dans la mission antérieure en Australie. Au cours des 6 années de la mission, la sonde spatiale fait fonctionner pendant 1,5 an ses moteurs ioniques qui lui permettent de modifier sa vitesse de 2 km/s[10].

Résultats de la mission[modifier | modifier le code]

Les premières observations optiques de Ryugu on débuté en juin 2018. La surface de l'astéroïde est très sombre. Elle est parsemée de cratères et de nombreux rochers dans la taille atteint jusqu'à 130 mètres de diamètre. La présence de ces gros rochers dont la densité est très irrégulières pourraient indiquer que l'astéroïde est l'assemblage de fragments d'un astéroïde parent. L'axe de rotation est pratiquement perpendiculaire au plan orbital.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Decourt, « En bref : le Cnes et le DLR fourniront l'atterrisseur d'Hayabusa-2 », futurasciences, .
  2. (en) « Asteroid explorer Hayabusa 2" », JAXA (consulté le 2 juillet 2013).
  3. (en) Paul Abell et all, « "Hayabusa 2" », , p. 13-14.
  4. (en) Paul Abell et all, « "Hayabusa 2" », , p. 5.
  5. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Patric Blau, « Hayabusa-2 – Asteroid Exploration Mission », sur spaceflight101.com (consulté le 5 juin 2018).
  6. a et b (en) « Asteroid explorer "Hayabusa 2" », JAXA (consulté le 2 juillet 2013).
  7. « La sonde Hayabusa 2 », CNES (consulté le 5 juillet 2013).
  8. « Hayabusa-II > 'atterrisseur MASCOT », CNES (consulté le 30 septembre 2014).
  9. (en) William Graham, « Japanese H-IIA kicks off Hayabusa 2’s asteroid mission », sur NASASPaceflight.com, .
  10. a, b, c et d (en) Paul Abell et all, « "Hayabusa 2" », , p. 10.
  11. (en) Patric Blau, « Hayabusa 2 Asteroid Explorer inbound for High-Speed Earth Swing-by », sur spaceflight101.com, .
  12. Eric. Bottlaender, « Hayabusa accélère vers Ryugu », Air & Comos, no 2480,‎ , p. 38.
  13. (en) Patric Blau, « Hayabusa 2 delivers Photos of speedy Earth Swing-By », sur spaceflight101.com, .
  14. (en) Patric Blau, « Eyes on Target: Japan’s Hayabusa 2 Takes First Images of Asteroid Ryugu », sur spaceflight101.com, .
  15. (en) Emily Lakdawalla, « Hayabusa2 descends from Home Position to take its first close look at Ryugu », The Planetary Society,
  16. MA-9 : Le site d'atterrissage de Mascot sur l'astéroïde Ryugu, Site du CNES, le 23 août 2018
  17. Choix du site d'atterrissage de Mascot, un vrai challenge, CNES, 14 août 2018
  18. Trois site d'atterrissage sélectionnés pour la mission d'exploration de l'astéroïde Ryugu par Hayabusa2, Site du CNES, 23 août 2018
  19. a et b Astéroïde Ryugu : voici l'endroit où va se poser le robot Mascot, Futura Sciences, 23 août 2018
  20. « Mission MASCOT/Hayabusa 2 », CNES.
  21. (en) Sawau Shujori, « Hayabusa's Return Jourey to Earth - With the hopes of 880 000 people », sur JAXA (consulté le 2 décembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hayabusa2 Project Team, Hayabusa2 Information Fact Sheet, JAXA, , 136 p. (lire en ligne)
    Description de la mission publiée par l'agence spatiale japonaise à l'arrivée de Hayabusa 2 à proximité de Ryugu
  • (en) Paolo Ulivi et David M. Harland, Robotic exploration of the solar system : Part 4 : the Modern Era 2004-2013, Springer Praxis, , 567 p. (ISBN 978-1-4614-4811-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]