Super Low Altitude Test Satellite

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SLATS
Données générales
Organisation JAXA
Domaine Technologie spatiale
Statut En développement
Lancement 2017
Lanceur H-IIA
Durée 2 ans
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 400 kg
Propulsion moteur ionique
Source d'énergie panneaux solaires
Puissance électrique 1140W
Orbite Orbite terrestre basse
Altitude 180-268 km
Site http://global.jaxa.jp/projects/sat/slats/

Super Low Altitude Test Satellite (Satellite expérimental d'altitude extrêmement basse) ou SLATS est un micro-satellite expérimental développé par l'agence spatiale japonaise et lancé en 2017 destiné à tester le recours à un moteur ionique pour compenser la trainée générée par l'atmosphère résiduelle sur une orbite terrestre très basse (180-250 km).

Contexte[modifier | modifier le code]

Un satellite placé sur une orbite terrestre super basse (< 300 km) traverse une atmosphère résiduelle relativement dense qui génère une trainée (résistance de l'air) 1 000 fois plus importante qu'à une altitude de 600 km. Cette orbite est donc rarement utilisée par les satellites d'observation de la Terre car ceux-ci sont obligés de consommer une grande quantité d'ergols pour se maintenir à cette altitude. Pourtant cette orbite présente plusieurs avantages pour les missions d'observation de la Terre : Les instruments optiques bénéficient d'un Pouvoir de résolution plus élevé pour effectuer leurs relevés de la surface, les liaisons radio êxigent des émetteurs moins puissants et la mise en orbite nécessite un lanceur moins puissant donc moins cher. L'agence spatiale japonaise veut tester dans le cadre de la mission SLATS le recours à un moteur ionique qui permettrait de se maintenir sur une orbite de ce type sur de longues périodes. Un moteur ionique dispose d'un rendement 10 fois plus efficace qu'un système de propulsion chimique ce qui permet de limiter la quantité d'ergols emportée. La faible poussée de ce type de moteur est suffisante pour contrebalancer la trainée atmosphérique[1].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Les objectifs de la mission SLATS sont :

  • Valider l'utilisation d'un moteur ionique de faible poussée pour le maintien sur une orbite ultra basse sur de longues durées ;
  • Mesurer la densité de l'atmosphère à 200 km d'altitude
  • A basse altitude, l'oxygène présent dans l'atmosphère résiduelle est bombardée par le rayonnement ultraviolet qui casse la molécule en deux atomes. Ces radicaux très réactifs dégradent les parties exposées des satellites. La mission doit mesurer les concentrations d'oxygène atomique à très basse altitude et la détérioration des matériaux soumis à leur action pour permettre de concevoir des satellites utilisant une orbite basse.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le satellite, d'une masse inférieure à 400 kg, a une forme rectangulaire avec une section réduite (1,2 x 0,9 x 2,5 m.). Des panneaux solaires déployés de part et d'autre du corps du satellite lorsque celui-ci est en orbite portent son envergure à 5,2 mètres et fournissent plus de 1140 watts utilisés principalement pour faire fonctionner le moteur ionique. Celui-ci, baptisé NSTT (Next-generation Star Tracker) et développé par l'agence spatiale japonaise avec la société NEC Toshiba Space Systems, a été testé sur le satellite expérimental Kiku-8. Il bénéficie d'un rendement plus élevé que celui utilisé sur les sondes spatiale Hayabusa. Il fournit une poussée de 11,5 à 17 millinewtons et éjecte du xénon en consommant 580 watts lorsque la poussée est ) à son maximum. SLATS dispose par ailleurs d'une propulsion chimique composée de 4 moteurs-fusées ayant une poussée de 1 newton et brulant de l'hydrazine avec une impulsion spécifique de 200 secondes[2]..

SLATS emporte trois expériences[2] :

  • AOFS (Atomic Oxygen Fluence Sensor) mesure la quantité d'oxygène atmosphérique présent sur la trajectoire. Le dispositif comprend 8 capteurs TQCMs (Thermoelectric Quartz Crystal Microbalances) placés à l'intérieur et à l'extérieur de la structure de SLATS qui mesure la diminution de la masse d'un film de polyimide réagissant avec l'oxygène atomique en se transformant en gaz.
  • MDM (Material Degradation Monitor) comprend des échantillons de matériaux utilisés pour protéger les satellites ainsi qu'une caméra optique pour mesurer les effets de l’atmosphère résiduelle sur ceux-ci. L'expérience est placée sur la face avant (dans le sens de la marche) du satellite ;
  • OPS (Optical Sensor) est une caméra destinée à mesurer l'évolution de la résolution spatiale en fonction de l'altitude.

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

SLATS doit être lancé en 2017 en tant que charge utile secondaire par le lanceur H-IIA qui doit mettre en orbite le satellite d'observation de la Terre GCOM-C chargé d'effectuer des mesures de la composition de l'atmosphère terrestre, d'évaluer le bilan radiatif de la Terre et d'étudier le cycle du carbone. Le satellite SLATS est placé initialement sur une orbite à une altitude de 630 km qu'il ramène avec ses propulseurs chimiques à 430 km. En utilisant la trainée générée par l'atmosphère résiduelle, il réduit par la suite son altitude à 250 km en 450 jours. Il débute alors le cœur de la mission qui doit durer 3 mois (hors prolongement). Il utilise son moteur ionique pour stabiliser on orbite qu'il laisse diminuer par palier jusqu'à atteindre 180 km[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Super Low Altitude Test Satellite "SLATS" », JAXA (consulté le 1er janvier 2017)
  2. a, b et c (en) « SLATS », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le 1er janvier 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Atsushi Noda et al., « The Study of a Super Low Altitude Satellite », Transactions of the Japan Society for Aeronautical and Space Sciences,‎ , p. 1-7 (DOI 10.2322/tstj.7.Pf_17, lire en ligne)
  • (en) Hiroshi Nagano et al., « A New Orbit Control Algorithm for the 20 mN Class Ion Engine System », 33st International Electric Propulsion Conference,‎ , p. 1-10 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]