Composante spatiale optique

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Composante spatiale optique
satellites de reconnaissance optique
Description de l'image Composante spatiale optique.jpg.
Données générales
Organisation Drapeau de la France CNES/DGA/EMA
Constructeur Drapeau de la France Airbus Defense and Space/Thales Alenia Space
Domaine Reconnaissance militaire
Type de mission Reconnaissance optique
Nombre d'exemplaires 3
Statut en développement
Lancement 2018, 2020 et 2021
Durée de vie 10 ans
Identifiant COSPAR 2018-106A
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 3,5 t
Orbite héliosynchrone
Altitude 480 km (EHR) et 800 km (THR)

La Composante spatiale optique (CSO) est une série de trois satellites de reconnaissance optique faisant partie du programme d'armement français MUSIS. Déployés entre 2018 et 2021 ceux-ci doivent succéder, avec des performances accrues, aux satellites de génération précédente, Helios II.

Historique[modifier | modifier le code]

La France dispose depuis le lancement d'Helios IA en 1995 de satellites de reconnaissance optique lui permettant d'acquérir des images à des fins de reconnaissance militaire. Quatre satellites de cette famille ont été lancés en tout. Pour remplacer les satellites Helios II arrivant en fin de vie, la France a tenté de fédérer les besoins de plusieurs pays à travers le programme international MUSIS sans rencontrer de succès. Finalement, en 2010, pour répondre aux enjeux d'imagerie spatiale avec la fin de vie prévisible d'Helios, le programme MUSIS a été lancé dans un cadre purement national, avec au sein de ce programme l'acquisition de deux satellites uniquement pour la composante spatiale[1].

En , un accord binational a été trouvé avec l'Allemagne, prévoyant une participation allemande de 210 M€ à la construction d'un troisième satellite, en échange d'un droit d'accès aux images[2]. La Suède est également partenaire du programme[3], ce qui permet l'utilisation d'une station sol située au nord du cercle polaire dédiée qui, de par sa position, autorise des vidages plus réguliers des données acquises par les satellites[4].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Contrairement aux satellites Helios qui utilisaient un bus commun aux satellites civils SPOT, les satellites CSO utiliseront une technologie de plateforme dérivée des Pléiades. Ils seront en revanche bien plus lourds, avec une masse de 3,5 t[4]. Le système comprendra trois satellites identiques[5], avec un premier lancement en 2018[3], répartis sur deux altitudes différentes afin d'obtenir des images de type « très hautement » ou « extrêmement » résolues.

Ces satellites comprendront comme leurs prédécesseurs une capacité de prise d'images dans l'infrarouge[6],[7]. Par rapport aux satellites Helios II, leurs bandes spectrales seront beaucoup plus étendues[3]. Le système CSO fournira quatre fois plus d'images que le système Helios II, pour une capacité d'au moins 280 images par jour par satellite[3][8].

Le système s'appuie sur le segment sol de MUSIS, qui sera mis en œuvre au sein des Armées par le centre militaire d'observation par satellites (CMOS).

Le coût du programme s'élève à 1,3 milliard d'euros[1] auxquels il faut rajouter 300 millions d'euros pour le segment sol et sa maintenance sur douze ans[9]. Le coût marginal d'un unique satellite s'élève également à 300 M€[2]. Airbus Defence and Space fournira la plate-forme du satellite et Thales Alenia Space la charge utile[10].

CSO 1[modifier | modifier le code]

Le premier satellite de la composante spatiale a été lancé le 19 décembre 2018 par une fusée Soyouz ST-A depuis le Centre spatial guyanais[11],[12]. Il fournira des images en très haute résolution (tout comme les satellites Helios II[13], d'environ 35 cm[14] public) depuis une orbite héliosynchrone à une altitude de 800 km.

CSO 2[modifier | modifier le code]

Le second satellite de la composante est prévu pour être lancé en mai 2020 sur Soyouz ST[12]. Il volera plus bas à 480 km[4], afin de fournir des images dites EHR (extrêmement haute résolution).

CSO 3[modifier | modifier le code]

Le troisième et dernier satellite de la composante est prévu pour être en octobre 2021 sur Ariane 62[12]. Il servira à augmenter la fréquence de revisite du système[5].

Coopération[modifier | modifier le code]

Liste des états participants au programme CSO :

La Suisse intéressée[modifier | modifier le code]

En 2018, le nouveau patron du Service de renseignement de la Confédération (SRC), Jean-Philippe Gaudin, aimerait bien que la Suisse s'engage dans un programme de satellite militaire français. Il s'agirait de prendre une participation dans le programme CSO afin de bénéficier de la force de la surveillance française et de son expertise[15],[16].

Avenir[modifier | modifier le code]

En juin 2019, la ministre des armées, Florence Parly, annonce que le programme qui succédera CSO s'appellera Iris[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Projet de loi de finances pour 2013 - Défense : équipement des forces », sur Sénat,
  2. a et b « Accord franco-allemand sur les satellites d’observation et la prochaine génération de drones MALE », sur Opex360,
  3. a b c et d « Audition du Commandant Interarmées de l'Espace à l'assemblée nationale », sur Assemblée nationale,
  4. a b et c « CSO/MUSIS », sur CNES (consulté le 8 mai 2018)
  5. a et b « Le programme MUSIS », sur Ministère de la Défense,
  6. [1]Sofradir va équiper en détecteurs IR les satellites CSO du programme MUSIS
  7. (en) « Sofradir wins military satellite IR detector contract », sur Optics.org,
  8. « Un satellite d’observation Pléiades décollera vendredi soir de la Guyane », sur Maxisciences,
  9. « La DGA lance la réalisation du segment sol utilisateur de Musis », sur Ministère de la défense,
  10. « Dossier thématique joint à la Loi de Programmation Militaire 2014-2019 », sur Ministère de la défense,
  11. « VS20 : Arianespace au service de la defense française et européenne avec la mise en orbite reussie du satellite CSO-1 pour le compte du CNES et de la DGA » [PDF], arianespace.com, (consulté le 23 décembre 2018).
  12. a b et c Stefan Barensky, « Avec CSO, l’observation spatiale militaire française change de génération », sur www.aerospatium.info, (consulté le 16 décembre 2018).
  13. « Audition du Directeur du Renseignement Militaire », sur Assemblée nationale,
  14. (en) « French Helios 2B Spy Sat Sends Back First Test Images », sur SpaceNews,
  15. Voir CASPWiki
  16. Pascal Schmuck, Le Matin, 14 février 2018, « Berne intéressé par un satellite espion français »
  17. « La France lance des études pour les futures générations de satellites militaires », sur Le Figaro,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]