Michel Ier le Brave

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Michel Ier le Brave
Mihai Viteazul
Michel le Brave (représentation du XIXe siècle)
Michel le Brave (représentation du XIXe siècle)
Titre
Prince de Valachie
Prince de Transylvanie
Prince de Moldavie
Biographie
Dynastie Basarab
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès Câmpia Turzii, près de Turda
Père Pătrașcu cel Bun
Mère Theodora
Conjoint Stanca, nièce de Dobromir Cretsulescu, ban de Craïova
Enfants Nicolae II Pătrașcu, Florica, Radu

Mihai Ier, surnommé Mihai Viteazul (en français Michel le Brave) est un prince valaque né en 1558 et mort le . Au pouvoir entre 1593 et 1601, son règne est resté étroitement associé à la coalition militaire qu'il a réussi à mener contre l'Empire ottoman à la fin du XVIe siècle. Cette dernière était composée du Saint Empire germanique, de la Pologne et des principautés médiévales de Valachie, Transylvanie, et Moldavie, sans compter la révolte des valaques épirotes de 1600-1601.

Accession au trône de Valachie[modifier | modifier le code]

Mihai, né en 1558, se présente comme un fils naturel du prince de Valachie Pătrașcu le Bon, issu de la vieille dynastie des Basarab. Il exerce des fonctions de ban puis de stolnic à la cour du prince Mihnea II le Turc avant de devenir ban de Craiova en 1593, à la mort de Dobromir Cretsulescu, l'oncle de son épouse. Ayant comploté contre le prince Alexandre III le Mauvais, il est condamné à mort par ce dernier pour sédition, mais est épargné par le bourreau. Grâce à de puissants appuis à Constantinople (la famille phanariote des Cantacuzino à laquelle son épouse était apparentée par sa mère) il devient prince de Valachie en septembre 1593.

Prince de Valachie contre les Turcs[modifier | modifier le code]

Il se rapproche de l'empereur Rodolphe II pour se débarrasser de la domination ottomane. En , il fait exécuter les créanciers qui ruinaient la Valachie. C'est une véritable déclaration de guerre au sultan, qui les utilisait pour recouvrer les impôts et le tribut annuel promis par les princes. Il bat ensuite à trois reprises Hassan Pacha, le gouverneur de Roumélie, et, en 1595, franchissant le Danube avec son armée, il inflige une nouvelle défaite aux Ottomans dont le chef est tué. Il reconnaît ensuite la suzeraineté du prince Sigismond Ier Bathory de Transylvanie.

Le 13 août 1595 a.s., Mihai, à la tête de 16 000 Valaques et de 2 000 Transylvains, vainc l'armée de Koca Sinan Pacha, forte de 120 000 hommes, à la bataille de Călugăreni, dans les marais près de Bucarest. Le 8 octobre, il entre à Târgoviște, ancienne capitale de la Valachie. Les Turcs évacuent Bucarest le 12 octobre et sont taillés en pièces à Giurgiu pendant leur retraite et traversée du Danube.

Prise de contrôle de la Transylvanie[modifier | modifier le code]

Michel le Brave et son armée.
Tableau de Nicolae Grigorescu.

En , Ștefan Răzvan, prince de Moldavie et protégé du prince de Transylvanie Sigismond Bathory, allié de Michel, est chassé du trône par les Polonais, qui le remplacent par leur vassal Jérémie Movila que les turcs reconnaissent.

Le 28 octobre 1596, les Turcs chassés de Valachie concluent un armistice avec Michel, et battent les troupes impériales. Sigismond Bathory abandonne la Transylvanie aux Habsbourg en 1598. Michel, qui était vassal de Sigismond, reconnaît Rodolphe II comme suzerain, et ces derniers lui assurent la possession héréditaire de la Valachie sans aucun tribut. Sigismond revient en Transylvanie cinq mois après, puis abdique en mars 1599, cette fois-ci en faveur de son cousin, le cardinal André Báthory, allié de la Pologne.

Le 28 octobre 1599, Michel écrase à la bataille de Șelimbăr, près de Sibiu, les forces de la noblesse transylvaine. Le cardinal André Báthory est tué peu après par des paysans sicules. Michel entre en vainqueur dans la capitale Alba Iulia et devient prince de Transylvanie.

Prise de pouvoir en Moldavie[modifier | modifier le code]

En , contre l'avis de Rodolphe II, il chasse Jérémie Movilă, vassal de la Pologne, du trône moldave. Ce faisant, il est le premier prince à réussir à unifier les trois principautés historiques à l'origine de la Roumanie moderne, bien qu'il laisse nominalement la Valachie à son fils Nicolae II Pătrașcu et qu'en , il nomme régent de Moldavie, son neveu Marc Cercel (Marcu Cercel), fils de Pierre Cercel (Petru). Toutefois, il ne s'agit pas d'une « préfiguration de le future Roumanie » comme on l'enseigne dans les écoles roumaines actuelles, car Michel ne tente pas d'unifier les institutions des trois principautés et ne fait aucune référence à un tel projet, ni à la nation roumaine (pourtant déjà identifiée par la langue à son époque) : il agit uniquement en condottiere poursuivant ses buts politiques personnels (la même année, il durcit le servage des paysans valaques en les liant à la terre et offre des privilèges aux aristocrates magyars transylvains).

Les trois principautés et les territoires brièvement réunis sous l'autorité de Michel le Brave (mai - septembre 1600)

Déclin et dernier sursaut[modifier | modifier le code]

Le 18 septembre 1600, Mihai est battu par Rodolphe II près du village de Mirăslău (Miroslav). Le 20 octobre 1600, il est défait par l'armée polonaise du chancelier Jan Zamoyski, qui bat ensuite plusieurs fois celles de Mihai et installe sur le trône de Valachie Simion Movilă, frère de Ieremia.

Ayant tout perdu, Mihai se réfugie avec sa famille à Vienne, où il arrive en décembre 1600. L'empereur Rodolphe II oublie alors ses griefs envers Mihai. Il lui donne 1 000 000 thalers et lui demande d'aller avec le général autrichien, d'origine albanaise, Giorgio Basta reconquérir la Transylvanie retombée une nouvelle fois aux mains de Sigismond Ier Báthory.

Le 3 août 1601, les troupes de Báthory sont complètement défaites à la bataille de Guruslău (Hereclean) par les deux généraux impériaux, mais Basta, craignant que Mihai ne fasse à nouveau cavalier seul pour reprendre les trônes des Principautés pour lui-même, le fait assassiner par ses mercenaires wallons dans son cantonnement de Câmpia Turzii, dans la plaine de Turda, le 8 août suivant.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

La mère du prince Mihai était une phanariote dénommée Théodora, morte nonne sous le nom de Théophanie en 1606.

Mihai épousa en 1584/1588 Stanca, fille du postelnic (ministre des affaires étrangères, chef des clucères) Dumitru Neacşu dont est issu un fils, Nicolae II Pătraşcu, et une fille, Florica, veuve d'abord de Ștefaniță mort en 1602, puis en 1603 du postelnic Preda Floricioiu.

Avec sa concubine Tudora Târgşor il eut également une fille, Marula épouse de Socol din Cornăţeni

Postérité[modifier | modifier le code]

Presque toutes les villes roumaines comprennent des voies importantes, des places, des statues, des établissements d'enseignement, des institutions nommées en l'honneur de Michel le Brave dont l'histoire très romancée est enseignée dans les écoles et fait l'objet d'un film roumain en deux parties de 1970 réalisé par Sergiu Nicolaescu et exploité en France sous le titre unique de « La dernière croisade » (titres originaux : Mihai Viteazul, Cälugäreni et Mihai Viteazul, Unirea).

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Cantacuzène, Mille ans dans les Balkans Éditions Christian Paris (1992) (ISBN 2-86496-054-0).
  • (ro) Constantin C.Giurescu & Dinu C.Giurescu Istoria Romanilor Volume II (1352-1606) . Editura Stiintifica si Enciclopedica Burarecsti (1976) p. 324-377.