International Monohull Open Class Association

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Logo de l'association IMOCA et symbole de la classe depuis 2014.
Monocoque de la classe Open 60.

L'International Monohull Open Class Association ou IMOCA est une association fondée en 1991 et membre reconnu de l'ISAF (International Sailing Federation) depuis 1998. Elle gère la classe de monocoques de 60 pieds open. Ces voiliers sont principalement destinés aux courses océaniques en solitaire ou en double, comme la Route du Rhum et le Vendée Globe et sont considérés comme étant parmi les plus rapides du monde.

Origine[modifier | modifier le code]

L'association IMOCA est née après le premier Vendée Globe avec le désir d'établir des règles de jauge pour les monocoques de 60 pieds. Ses membres fondateurs sont Isabelle Autissier, Christophe Auguin, Alain Gautier et Jean-Luc Van Den Heede. Cette association regroupe des coureurs, des organisateurs et des architectes concernés par la classe de voiliers de course au large. À l'origine, son but était de concevoir un voilier capable d'affronter un tour du monde sans escale piloté par un seul marin.

Cette association gère la classe Open 60'[1] reconnue classe internationale par l'ISAF en 1998, et participe aux règles des courses qui autorisent cette classe, comme le Vendée Globe, la Calais Round Britain Race, The Transat, la Route du Rhum, la Transat Jacques-Vabre, la Transat B to B, Barcelona World Race, la Fastnet.

Le président du conseil d'adminitration 2013 de l'IMOCA est Luc Talbourdet. Ce CA comprend entre autres membres Jean Le Cam, Vincent Riou, Armel Le Cléac'h et Bernard Stamm.

Caractéristiques et évolutions des 60 pieds IMOCA[modifier | modifier le code]

Un voilier de la génération 1994-96
L'ancien Aquitaine Innovations, un plan Finot-Conq de 1996 (ici sous les couleurs de Cervin ENR en 2008), est assez caractéristique de la première génération des 60 pieds IMOCA : coque en « V ouvert », pont plat, petit rouf et cockpit fermé et minimaliste.

La taille de 60 pieds pour les courses océaniques en solitaire s'est peu à peu imposée dans les années 1980, notamment en permettant aux marins de naviguer vite au portant dans les mers du Sud. Sous l'influence notamment des architectes Michel Joubert et Bernard Nivelt[2], le maître-bau (la largeur maximale) s'est élargie tout en se rapprochant de la poupe, donnant aux IMOCA leur forme caractéristique.

Les années Finot-Conq[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1990 et le début des années 2000, les architectes Jean-Marie Finot et Pascal Conq se distinguent particulièrement par leurs constantes innovations dans la conception des 60 pieds open[3].

Les 60 pieds du cabinet Finot-Conq sont marqués par une grande largeur (autour de 5,80 m), présentant un « V » très ouvert, un pont plat, petit rouf et cockpit fermé et minimaliste. Cette carène très racée – les plans Finot-Conq sont appelés les « luges des mers » par certains journalistes[4] – permet une grande stabilité au portant tout en conservant une faible surface mouillée[3]. En 1994, le Geodis de Christophe Auguin est le premier 60 pieds à être construit en carbone et en nomex afin de gagner en légèreté (une économie de cinq tonnes est réalisée tout en permettant de porter 15 % de voile en plus[5]).

À l'occasion du Vendée Globe 1996-97, deux importantes innovations voient le jour sur les planches à dessin de Finot-Conq : la quille basculante pour Geodis et PRB d'Isabelle Autissier[6] et le mât-aile supporté par des barres de flèches géantes pour Aquitaine Innovations d'Yves Parlier[7].

Cette édition du Vendée Globe est marquée par les naufrages de Tony Bullimore, Raphaël Dinelli et Thierry Dubois et surtout par la disparition de Gerry Roufs.

Un voilier de la génération 1997-2000
L'ancien Fila témoigne de l'évolution du style Finot-Conq après le Vendée Globe 96-97 : le pont s'est arrondi pour aider au redressement.

Pendant les années 1990, leurs réalisations dominent largement les compétitions avec quatre victoires dans le Vendée Globe (1993 avec Alain Gautier sur Bagages Supérior, 1997 avec Christophe Auguin sur Geodis, 2001 avec Michel Desjoyeaux sur PRB et 2005 avec Vincent Riou sur le même PRB), trois dans le BOC Challenge (1991 avec Christophe Auguin avec Groupe Sceta, 1995 avec Christophe Auguin sur Sceta-Calberson et 1999 avec Giovanni Soldini sur Fila) et deux victoires sur la Route du Rhum (1994 avec Yves Parlier sur Cacolac d'Aquitaine et 1998 avec Thomas Coville sur Aquitaine Innovations).

Évolution de jauge et semi-monotypie[modifier | modifier le code]

Au tournant des années 2010, marquées par la crise économique, en 2012 et 2013, des débats se font jour au sein des coureurs entre deux options : monotype ou pas ? Les tenants de la monotypie y voient un moyen de limiter les budgets, et de conserver un caractère ouvert à la course, tandis que les tenants de modèles sur mesure mettent en avant la nécessité de conserver un champ d'action pour les innovations technologiques[8].

Fin 2013, l'Assemblée générale de l'IMOCA, à laquelle participent les coureurs et les armateurs, décide d'un compromis : les quilles et mâts seront standards pour tous les bateaux (avec toutefois le choix entre deux modèles possibles : mât aile ou mât classique à barres de flèche) ; les ballasts latéraux sont de nouveau autorisés, et les critères techniques de sécurité sont renforcés (couple de redressement minimal passant de 22 à 25,5 tonnes.mètres, angle de retournement de 110° au lieu de 112°, poids du bulbe de quille fixé à 3,1 tonnes). Dans le même temps, un critère limitant, qui indiquait que la gîte du bateau « chargé dans sa pire configuration » ne devait pas dépasser 10°, disparait[9].

Premier IMOCA de la génération 2015, Banque populaire VIII, dessiné par Guillaume Verdier et VPLP, est marqué par l'adjonction de deux foils latéraux, destinés à soulager la structure, réduire la trainée et ainsi augmenter la vitesse. Cinq autres nouveaux 60 pieds dessinés par Verdier et VPLP seront également mis à l'eau en 2015[10].

Jauge[modifier | modifier le code]

La jauge IMOCA 2013[11], légèrement amendée en 2014[12] définit entre autres les points suivants :

  • le bateau doit être un monocoque d'une longueur de coque maximale de 60 pieds (soit 18,29 mètres) et d'une longueur hors-tout (boute-dehors compris) maximale de 66 pieds (soit 20,12 mètres) ;
  • le maître-bau (largeur) doit être inférieur à 5,85 m (depuis mai 2013) ;
  • le tirant d'eau maximal est de 4,50 mètres (lège) ;
  • il doit y avoir cinq cloisons étanches ;
  • cinq appendices (généralement quille basculante, safrans et dérives asymétriques) sont autorisés ;
  • le moment de redressement maximal autorisé est de 32 tonne.mètre ;
  • le tirant d'air est limité à 29 mètres ;
  • la surface maximum de voiles n'est pas réglementée, seul leur nombre est limité à 10 en course jusqu'au 1er avril 2015, date à laquelle ce nombre passe à 9.

Circuit IMOCA[modifier | modifier le code]

Les courses suivantes sont ou ont été au programme du circuit IMOCA :

Exemples[modifier | modifier le code]

Macif, vainqueur du Vendée Globe 2012-2013, a pour caractéristiques :

  • longueur de coque : 60 pieds (18,28 mètres) ;
  • largeur : 5,70 mètres ;
  • tirant d'eau : 4,5 mètres ;
  • déplacement (poids) : 7 700 kg ;
  • nombre de dérives : 2 ;
  • hauteur du mât : 29 m ;
  • type de quille : mécano-soudée ;
  • surface de voiles au près : 340 m2 ;
  • surface de voiles au portant : 570 m2.
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Champions du monde IMOCA[modifier | modifier le code]

Le circuit IMOCA est annuellement ponctué par un championnat du monde. De 2001 à 2013, il est décerné annuellement. Depuis 2014, il porte le nom d'IMOCA Ocean Masters et est décerné tous les deux ans, à l'issue du Vendée Globe ou de la Barcelona World Race, les deux tours du monde du circuit.

Présidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 60 pieds Open sur site Vendée Globe
  2. « TBS Charente-Maritime », Voiles et Voiliers,‎ (lire en ligne).
  3. a et b François Chevalier, « Cheminées Poujoulat : boîte à chaussure contre coque en «V» », Voiles et Voiliers,‎ (lire en ligne).
  4. Emmanuel Saint-Martin, « Polémique sur un naufrage », Le Point,‎ (lire en ligne).
  5. « La nouvelle bombe d'Auguin », Bateaux,‎
  6. Laurence Schreiner, « Vendée Globe : Vingt ans d'expérimentations technologiques », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. « Aquitaine Innovations », Voiles et Voiliers,‎ (lire en ligne).
  8. « Quelles machines pour le prochain Vendée Globe? », sur L'EXPRESS.fr (consulté le 19 janvier 2014)
  9. « Les Sables-d'Olonne Vendée Globe : le point sur les futurs bateaux IMOCA », sur Le Journal des Sables,‎ (consulté le 19 janvier 2014)
  10. Thierry Tazé-Bernard, « Armel Le Cléac'h dévoile son novateur Banque Populaire VIII », sur francetvsport.fr,‎ (consulté le 20 janvier 2015).
  11. Règles 2013 IMOCA
  12. Règles de Classe2015 IMOCA
  13. Barcelona World Race
  14. a et b « jean-Pierre Dick », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  15. « Marc Guillemot », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  16. « Armel Le Cléac'h », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  17. a et b « Bernard Stamm », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  18. « Jean Le Cam », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  19. a et b « Mike Golding », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  20. a et b « Roland Jourdain », sur imocaoceanmasters.com, IMOCA Ocean Masters (consulté le 23 avril 2015).
  21. « Dubois succède à Auguin », sur seasailsurf.com,‎ (consulté le 27 novembre 2012)
  22. Gilles Dréan, « Vendée Globe 2004 : Les Sables mouvants… », sur Le Télégramme,‎ (consulté le 26 janvier 2015).
  23. « Jacques Guilbaud élu nouveau président de l'IMOCA », Course au large,‎ (lire en ligne).
  24. « Dominique Wavre réélu président de l'IMOCA », sur vendeeglobe.org,‎ (consulté le 26 janvier 2015).
  25. « Luc Talbourdet nouveau Président de l'IMOCA », sur vendeeglobe.org (consulté le 26 janvier 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]