Boris Herrmann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Boris Herrmann
Image illustrative de l’article Boris Herrmann
Boris Herrmann à l'arrière de
Malizia III-Seaexplorer, en juillet 2022
Contexte général
Sport voile
Période active depuis 2001
Site officiel borisherrmannracing.com
Biographie
Nationalité sportive allemande
Nationalité Allemagne
Naissance (41 ans)
Lieu de naissance Oldenbourg (Allemagne)
Équipe Team Malizia

Boris Herrmann, né en 1981 à Oldenbourg (Allemagne) , est un navigateur et skipper professionnel allemand. Il est vainqueur en 2008, en duo avec Felix Oehme (en), de la Global Ocean Race, tour du monde en Class40, avec escales. Il évolue depuis 2017 sur le circuit Imoca. Il termine 5e du Vendée Globe 2020-2021.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il naît le à Oldenbourg, en Allemagne[1]. Il s'initie à la régate en 420 et en 470[2]. À 17 ans, il lit Close to the Wind de Pete Goss, qui a sauvé Raphaël Dinelli dans le Vendée Globe 1996-1997. Herrmann en garde un goût tenace de Vendée Globe[3].

En 2001, il court en classe Mini. Associé à Mathias Belken, il termine 11e de la Mini-Fastnet, en Série[4]. Associé à Michael J. Zerr, il termine 4e de la Transgascogne, en Série[5]. Au départ de la Mini Transat, il est le plus jeune des concurrents, et le seul Allemand[1]. Il termine 11e en Série[6].

Il reprend ses études d'économie. Durant ces six années, il court en dériveur. Il s'illustre notamment en 505[2] : il est vainqueur de l'EuroCup 2005, 2e du championnat d'Europe 2006, 7e du Mondial la même année, 9e du Mondial 2007[7]. Il envisage alors de passer professionnel. Il aborde la Class40[2].

En 2008, il termine 2e des Class40 dans la Transat anglaise[2]. La même année, il est 7e, en Class40, de la Transat Québec-Saint-Malo[8]. Toujours en 2008, sur Beluga Racer, il prend le départ, associé à Felix Oehme (en), de la Portimão Global Ocean Race, tour du monde en Class40, avec escales[2]. C'est la première fois que des Class40 courent dans les mers du sud[2],[9]. Herrmann et Oehme remportent l'épreuve[10].

Projets inaboutis de Vendée Globe[modifier | modifier le code]

Dix voiliers dans un grand port.
Neutrogena, au centre, au départ de la Barcelona World Race 2010-2011.

En 2010, Herrmann souhaite participer au Vendée Globe 2012-2013. Son sponsor de Class40 est prêt à le soutenir sur un projet de cinq ans, avec un Imoca neuf. Mais ce partenaire dépose son bilan. Herrmann se tourne vers la classe Figaro. Il ne trouve pas de financement[2]. On lui offre finalement l'opportunité d'un projet existant : prendre le départ de la Barcelona World Race 2010-2011 sur Neutrogena, l'ex-Sill 2 de Roland Jourdain. C'est un Imoca assez ancien, un plan Lombard de 2004. Mais Herrmann peut le préparer avec Jourdain, et effectuer 12 000 milles d'entraînement. En duo avec l'Américain Ryan Breymaier, Herrmann termine 5e de la course[2].

En 2012-2013, il est navigateur à bord du VOR70 Maserati de Giovanni Soldini, qui établit un nouveau record New York-San Francisco par le cap Horn[11]. En 2013-2014, il gagne la Cape-to-Rio (en) à bord du même bateau[12]. Il y fait la connaissance d'un nouvel équipier, Pierre Casiraghi[13]. Au début de l'année 2015, Herrmann lance un projet de participation au Vendée Globe 2016-2017. Mais il ne souhaite pas partir « uniquement pour l'aventure » sur un Imoca trop ancien. Ne trouvant pas un bateau compétitif, il préfère attendre l'édition 2020-2021[2]. Le , il est à bord de l'Idec Sport de Francis Joyon, qui s'élance pour tenter de remporter le Trophée Jules-Verne. Le bateau ne réalise que le troisième meilleur temps[14].

Malizia II-Yacht Club de Monaco[modifier | modifier le code]

Herrmann navigue sur le GC32 Malizia avec Pierre Casiraghi, devenu vice-président du Yacht Club de Monaco[13]. En 2016, Casiraghi fonde le Team Malizia[15]. Cette structure doit permettre à Herrmann de concrétiser son projet de Vendée Globe 2020, mais aussi de participation à The Ocean Race[16]. Reste à trouver un financement. Herrmann et Casiraghi réussissent à convaincre un promoteur immobilier de Stuttgart, Gerhard Senft. Celui-ci achète en 2017 un Imoca mis à l'eau en 2015, le Gitana 16 de Sébastien Josse[13]. Il le loue au Team Malizia. Gitana 16 devient Malizia II. Il a pour sponsor principal le Yacht Club de Monaco[17].

Début août 2017, sur Malizia II, Herrmann dispute avec Casiraghi la Fastnet Race. Ils terminent 3es des Imoca[18]. Fin août, Herrmann termine 2e en temps réel de la Palermo-Montecarlo (it), course en équipage[19]. En novembre, il dispute avec Thomas Ruyant la Transat Jacques-Vabre. Ils terminent 4es[20]. Dans la Route du Rhum 2018, Herrmann termine 5e du classement Imoca[21].

Début août 2019, dans la Fastnet Race, associé à Will Harris, il termine 8e des Imoca[22]. Quelques jours plus tard, avec Casiraghi comme équipier, il embarque sur Malizia II la jeune écologiste suédoise Greta Thunberg, pour lui permettre de se rendre à New York sans emprunter l'avion[23]. En octobre et novembre, il dispute avec Will Harris la Transat Jacques-Vabre. Il prend une option à risque, celle de la route ouest. Le choix n'est pas payant : la bascule de vent attendue n'est pas au rendez-vous. Malizia II termine 12e[24].

Seaexplorer-Yacht club de Monaco[modifier | modifier le code]

En , dans la Vendée-Arctique-Les Sables-d'Olonne, Herrmann réalise un bon début de course, réussissant à recoller au trio de bateaux de nouvelle génération qui sont en tête (Charal de Jérémie Beyou, Apivia de Charlie Dalin et Linked Out de Thomas Ruyant). Au 8e jour de course, au matin du , il est 2e, lorsqu'il casse son hook (chariot de têtière) de grand-voile[25]. Il perd du temps à essayer vainement de réparer. Il poursuit la course avec deux ris[26], et termine 7e[27].

Vu de l'avant, bateau gris endommagé, amarré au ponton. On remarque notamment le bout-dehors cassé, le balcon avant arraché et des éraflures sur le côté tribord de la coque.
Seaexplorer à Lorient, après le Vendée Globe 2020-2021. On voit les dégâts occasionnés par son abordage d'un palangrier.

Le , il est le premier Allemand (avec la Franco-Allemande Isabelle Joschke) à prendre le départ d'un Vendée Globe. Les et , il participe aux recherches du concurrent naufragé Kevin Escoffier, ce qui lui vaut du jury une réparation de six heures. Le , en 11 jours, 18 heures et 22 minutes[28], il établit un nouveau temps de référence sur la distance Horn-équateur[29], effaçant celui établi par Jean-Pierre Dick lors de la précédente édition (13 jours, 3 heures et 59 minutes)[30]. Il franchit l'équateur en 3e position. Il est virtuellement 1er, en tenant compte des heures de réparation[31].

Le , à 20 h 50, à 90 milles de l’arrivée, il est 3e sur le fond, et toujours en position de gagner le Vendée Globe, par le jeu des heures de réparation[32],[28]. Il aborde un palangrier d'Ondarroa[33]. Seaexplorer est endommagé : bout-dehors, balcon avant et foil tribord cassés, voiles déchirées. Herrmann termine la course à vitesse réduite. Il franchit la ligne d'arrivée en 4e position le , à 11 h 19 min 45 s[28]. Après déduction des temps compensatoires, il est classé 5e[34].

Malizia III-Seaexplorer[modifier | modifier le code]

Foiler noir, bleu et jaune au ponton, vu des trois quarts avant. Mât noir. Bout-dehors et foils rouges.
Malizia III à Lorient, son port d'attache, en juillet 2022.
Le bateau vu de l'arrière. Rouf et pont blancs. Tableau arrière noir. Conception singulière : le rouf se prolonge jusqu'à l'arrière du bateau, et sa partie arrière est aussi haute que sa partie avant, mais nettement plus étroite.
Haut franc-bord et rouf volumineux sont là pour aider à passer les tests de retournement. Comme sur Hublot, les winchs sont près du mât, et la cellule de vie est à l'arrière[35].

Le , le Team Malizia met à l'eau à Lorient, pour Herrmann, un nouvel Imoca, Malizia III-Seaexplorer[36].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Sur Malizia II[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Nonstop: Süchtig nach Segeln / Driven by the Sea, Bielefeld (Allemagne), Klasing, 2018. Éd. bilingue allemand-anglais[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sophie Bracquemart, « Boris Herrmann, le skipper engagé qui va conduire Greta Thunberg à New York », sur lardennais.fr, 17 août 2019 (consulté le 22 septembre 2019).
  2. a b c d e f g h i j et k Olivier Bourbon, « Boris Herrmann lance son opération séduction », sur vendeeglobe.org, 2 février 2015 (consulté le 21 septembre 2019).
  3. Yannick Kethers, « Boris Herrmann : « Je ne veux pas seulement participer ! » sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, 4 février 2017 (consulté le 22 septembre 2019). — Pete Goss, Close to the Wind, Carroll & Graf, 1998.
  4. a et b « Classement », sur classemini.com (consulté le 22 septembre 2019).
  5. a et b « Classement », sur classemini.com (consulté le 22 septembre 2019).
  6. a et b « Mini Transat 2001 », sur classemini.com (consulté le 22 septembre 2019).
  7. a b c d et e « Boris Herrmann », sur polefinistere.com (consulté le 22 septembre 2019).
  8. a et b « Transat Québec-Saint-Malo 2008 - les classements », sur bateaux-de-saint-malo.com (consulté le 22 septembre 2019).
  9. « Portimao Global Ocean Race : les Allemands vainqueurs ! » sur voileenligne.com, 19 juin 2009 (consulté le 22 septembre 2019).
  10. a et b (en) Oliver Dewar, « Portimao Global Ocean Race - Beluga Racer takes first overall », sur sail-world.com, (consulté le ).
  11. a et b Seb Audigane, « Maserati : des pilotes cosmopolites ! », sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, 9 février 2013 (consulté le 23 septembre 2019). — (en) « Yacht Maserati new record », sur adastra-lifestyle.com (consulté le 23 septembre 2019).
  12. a et b (en) « Maserati team and Giovanni Soldini lead Cape to Rio Race », sur yachtsandyachting.com, 5 janvier 2014 (consulté le 23 septembre 2019).
  13. a b et c (en) Aurore Teodoro, « Boris Herrmann et Malizia II, sur yachtclass.mc, 2018 (consulté le 14 août 2019 ).
  14. a et b « Francis Joyon retour à Brest après le Jules Verne », sur bretagne-info-nautisme.fr, (consulté le 22 novembre 2019).
  15. « Rencontre avec le Team Malizia à quelques jours de la traversée de l’Atlantique avec Greta Thunberg », sur yacht-club-monaco.mc, 13 août 2019 (consulté le 14 août 2019).
  16. « Boris Hermann : "Lancer le projet The Ocean Race avant le Vendée Globe" », sur Tip & Shaft, (consulté le )
  17. (en) UPI, « Teen activist to travel to climate events in U.S., Chile — by yacht », sur breitbart.com, 29 juillet 2019 (consulté le 14 août 2019).
  18. a et b « Pierre Casiraghi et Boris Herrmann, 3es de la Rolex Fastnet Race », sur figaronautisme.meteoconsult.fr, 9 août 2017 (consulté le 15 août 2019).
  19. a et b (en) « 13th Edition Palermo Monte Carlo Race: and the winners in real time are… » sur hellomonaco.com, 26 août 2017 (consulté le 15 août 2019).
  20. a et b « Malizia II, quatrième de la Transat Jacques Vabre en Imoca », sur figaronautisme.meteoconsult.fr, 20 novembre 2017 (consulté le 15 août 2019).
  21. a et b « Boris Hermann 5e chez les Imoca », sur figaronautisme.meteoconsult.fr, 17 novembre 2018 (consulté le 18 novembre 2018).
  22. a et b (en) « 2019 Fleet Tracking - Race Player », sur rolexfastnetrace.com, 2019 (consulté le 15 août 2019).
  23. Avec AFP, « Après 15 jours de traversée, Greta Thunberg arrive en star à New York », sur lefigaro.fr, 29 août 2019 (consulté le 19 septembre 2019).
  24. a et b Audrey Corminbœuf, « Malizia II termine 12e de la Transat Jacques Vabre », sur lagazettedemonaco.com, 12 novembre 2019 (consulté le 9 septembre 2020).
  25. « Casse de hook de grand-voile pour Boris Herrmann sur la Vendée Arctique, Kevin Escoffier l'aide à réparer », sur scanvoile.com, (consulté le ).
  26. « Glisse instable à 300 milles du dénouement », sur imoca.org, (consulté le ).
  27. a et b « Les arrivées du 6e au 10e », sur imoca.org, (consulté le ).
  28. a b c d et e « Boris Herrmann, 4e sur la ligne malgré l’incroyable coup du sort », sur vendeeglobe.org, 28 janvier 2021 (consulté le 10 juin 2021).
  29. a et b Jean-François Fournel, « Vendée Globe : la menace Boris Herrmann », sur la-croix.com, 19 janvier 2021 (consulté le 10 juin 2021).
  30. « Les leaders d’aujourd’hui sont très en retard par rapport à l’édition 2016 », sur saint-brieuc.maville.com, 15 novembre 2020 (consulté le 10 juin 2021).
  31. « Vendée Globe. À l’équateur, des écarts infimes… » sur letelegramme.fr, 17 janvier 2021 (consulté le 28 juillet 2022).
  32. Jean-Baptiste Lautier, « Vendée Globe. Boris Herrmann (Seaexplorer), en lice pour la victoire, a heurté un bateau de pêche à 90 milles de l'arrivée », sur francetvinfo.fr, 27 janvier 2021 (consulté le 27 juillet 2022).
  33. Iban Etxezaharreta, « Vendée Globe. Le bateau de pêche entré en collision avec Boris Herrmann était basque », sur francebleu.fr, 29 janvier 2021 (consulté le 27 juillet 2022).
  34. a et b « Classement du 5 mars 2021 - 8 heures (UTC) », sur vendeeglobe.org (consulté le 28 juillet 2022).
  35. Laurène Coroller, « Vidéo-interview. Boris Herrmann met à l’eau son nouvel Imoca et explique son concept », sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, 19 juillet 2022 (consulté le 28 juillet 2022).
  36. « Imoca. Boris Herrmann met à l’eau son nouveau bateau Malizia-Seaexplorer », sur courseaularge.com, 20 juillet 2022 (consulté le 28 juillet 2022).
  37. « Monaco Globe Series 2018 », sur imoca.org/fr (consulté le 15 août 2019).
  38. « Victoire de SMA devant Monin : l’expérience a parlé », sur yacht-club-monaco.mc, 7 juin 2018 (consulté le 15 août 2019).
  39. Yannick Kethers, « Vendée Globe. Boris Herrmann : « Nous sommes des fous passionnés… » sur voilesetvoiliers.ouest-france.fr, 11 mars 2019 (consulté le 22 septembre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Malizia II

Liens externes[modifier | modifier le code]