Virbac Paprec 3

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Virbac Paprec 3
Image illustrative de l’article Virbac Paprec 3
Dans la passe de l'Ouest entre Lorient et l'île de Groix le 21 juillet 2011.
Autres noms Hugo Boss
Bastide-Otio
Type Monocoque
Classe 60 pieds IMOCA
Fonction Course au large
Gréement Sloop marconi
Histoire
Architecte VPLP-Verdier
Chantier naval Cookson Boats
Fabrication fibre de carbone
Design Prototype
Lancement 2010
Équipage
Équipage solitaire ou double
Caractéristiques techniques
Longueur de coque 60 pieds (18,28 m)
Longueur flottaison 60 pieds (18,28 m)
Maître-bau 5,7 m
Tirant d'eau 4,5 m
Tirant d'air 29 m
Déplacement 7,8 t
Appendice quille acier basculante, dérives courbes et safrans relevables
Lest 3 tonnes
Voilure 300 m2 (au près), 590 m2 (au portant)
Carrière
Pavillon Drapeau de la France France

Virbac Paprec 3 ou Paprec Virbac 3, nommé ensuite Hugo Boss puis Bastide-Otio, est un voilier monocoque de course au large de classe 60 pieds IMOCA, mis à l'eau en . D’abord sponsorisé par les groupes Virbac et Paprec Group, il est revendu en à Alex Thomson Racing et Hugo Boss[1], puis en au Français Kito de Pavant, qui prend le départ du Vendée Globe 2016-2017 à son bord, sous les couleurs de Bastide-Otio[2]. C’est durant cette course qu’il est perdu dans l’Océan Indien en , suite à une importante voie d'eau[3]. Son épave est retrouvée à Madagascar en novembre 2018.

Historique[modifier | modifier le code]

Virbac Paprec 3[modifier | modifier le code]

Virbac Paprec 3 (au centre) lors du départ de la Barcelona World Race 2010-2011.

Ce bateau est le troisième de la lignée Virbac Paprec, tous barrés en première main par le navigateur français Jean-Pierre Dick. Celui-ci est dessiné par Guillaume Verdier et VPLP en 2009 et mis à l'eau le à Auckland en Nouvelle-Zélande où il a été construit aux chantiers Cookson Boats[4]. Il est conçu comme une évolution plus légère, environ 10 à 15 %, de Paprec-Virbac 2[5]. Son bi-rouf de départ, caractéristique avec ses deux bulles de protection en plexiglas va connaître plusieurs évolutions, tout d'abord, à la demande de Loïck Peyron, avec l'ajout d'une porte entre les deux roufs, puis l'implantation d'un rouf unique, l'équipage étant encore trop exposé lors des manœuvres (l'eau se déversait dans le cockpit par le tunnel central entre les deux roufs).

Virbac Paprec 3 participe à plusieurs courses au large et bat le le record du nombre de milles en 24 heures sur un monocoque de 60 pieds avec une distance de 506,333 milles marins parcourus[6] établi lors de la Barcelona World Race.

Pour sa première course transatlantique, Virbac Paprec mené par Jean-Pierre Dick s'aligne dans la Route du Rhum 2010 où il finit 8e au général et 4e de sa classe. En , barré en double par Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron, le Virbac Paprec 3 remporte la course autour du monde Barcelona World Race 2010-2011. Barré par Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou, le bateau participe à la transat Jacques-Vabre en , épreuve qu'il remporte en 15 jours et 18 heures.

Vendée Globe 2012[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Dick sur Virbac Paprec 3 au départ du Vendée Globe 2012-2013.

Le bateau et son skipper habituel, qui pour l'occasion tient un blog de course pour Le Figaro[7], s'alignent dans le Vendée Globe 2012-2013 qui part le . Lors de la première semaine de course, marquée par de nombreux abandons de concurrents sur casse mécanique, Jean-Pierre Dick choisit avec quelques autres skippers une option un peu plus ouest de descente de l'Atlantique Nord et occupe en moyenne les cinq premières places du classement général.

Au passage des îles du Cap-Vert, après un 7e jour de mer où il parcourt 430 milles en 24 h, il intègre le trio de tête à l'approche de la zone de convergence intertropicale[8]. Après un passage difficile du pot au noir qui a regroupé la flotte de tête, Jean-Pierre Dick passe l'équateur exactement au 11e jour de course[9] et réalise une descente de l'Atlantique Sud avec une route « audacieuse plus à l'ouest[10] » que ses concurrents directs, puis est le premier navigateur à nettement mettre cap au sud — en faisant le pari de perdre délibérément du terrain dans un premier temps sur le leader Armel Le Cléac'h, accusant jusqu'à 340 milles de retard, en s'écartant de l'orthodromie — pour aborder l'enroulement de l'anticyclone de Sainte-Hélène positionné très sud et instable[11]. Son option est récompensée cinq jours plus tard avec l'obtention de la première place, après notamment 502,53 milles[12] (20,94 nœuds de moyenne) parcourus en 24 h entre le et le 1er décembre établissant un nouveau record de distance parcourue en solitaire par un monocoque[13] (le il battra pour quelques heures cette distance avec 517,23 milles avant que François Gabart le même jour porte la marque à 534,48 milles).

Virbac Paprec 3 alterne ensuite les trois premières places du classement, avec Armel Le Cléac'h et François Gabart, entre la « porte des Aiguilles » et la « porte de Crozet ». En troisième position à la « porte d'Amsterdam » il ferme le trio de tête à environ 75 milles des deux premiers. Au 32e jour de course à l'approche de la « porte d'Australie Ouest », Jean-Pierre Dick sort du système météo des deux leaders, se trouve freiné par un anticyclone[14] et décroche deux jours plus tard à près de 500 milles de la tête de course[15]. Entre la « porte d'Australie est » et la « porte de Nouvelle-Zélande » Jean-Pierre Dick maintient cet écart avec les deux premiers, puis doit suivre une route nettement plus au nord après la Nouvelle-Zélande pour le début de l'océan Pacifique. Profitant au nord d'un meilleur système météo et du centre dépressionnaire au sud dans lequel s'engluent Le Cléac'h et Gabart, il réduit fortement son retard, avec une route directe et des vents soutenus, entre les « portes Pacifique ouest et est » passant de 700 milles à 300 milles au passage de cette dernière[16].

Au 53e jour de course, il passe le cap Horn avec 34 h et un peu plus de 300 milles de retard sur les deux premiers[17] et révèle à ce moment avoir eu des problèmes de drisse durant tout le Pacifique qu'il a pu réparer seulement après le passage du Horn[18]. Quatre jours plus tard, alors qu'il se rapproche à environ 200 milles de la tête de course lors de la remontée, au près, de l'Amérique du Sud sur une route à l'est[18], une rupture de manille de l'étai de solent l'oblige à changer brusquement de cap, au portant au sud-est, pour réparer durant une douzaine d'heures[19] perdant ainsi environ 150 milles. Handicapé par des conditions de vents moins favorables que ses concurrents dans sa remontée au près, Virbac Paprec 3 perd progressivement du terrain sur la tête de course, et doit céder momentanément la troisième place à Alex Thomson le qui, au cours de la neuvième semaine de course, avec son option payante à l'ouest et au portant sans virer de bord a remonté 400 milles sur François Gabart, le premier[20].

Virbac Paprec 3 passe l'Équateur au 67e jour de course — 400 milles et 43 heures derrière le premier[21] —, en confortant sa troisième place devant Thomson pointé à environ 300 milles avant l'approche-retour vers le pot au noir, peu actif. Le bateau poursuit sa remontée vers l'anticyclone des Açores quand, à 2 000 milles de l'arrivée au nord-ouest des îles du Cap-Vert, il perd l'intégralité de sa quille de nuit au 72e jour de course. Jean-Pierre Dick réussit à stabiliser Virbac Paprec 3 (remplissage des ballasts, matossage, et faible voilure), évite le chavirage, et décide malgré tout de continuer la course en faisant route vers les Açores[22] puis de tenter de finir la course en remontant le long du Portugal et de l'Espagne, perdant toutefois la troisième place au profit d'Alex Thomson et tentant de conserver la quatrième. Il rejoint l'anse de San Cibrao en Galice pour se mettre 72 heures au mouillage à l'abri, lors du passage d'une importante dépression sur le golfe de Gascogne avant de le traverser[23]. Il passe la ligne d'arrivée en quatrième position au bout de 86 jours et 3 heures de course pour boucler son tour du monde, ayant parcouru un total de 27 734 miles dont les 2 643 derniers sans quille[24].

Hugo Boss[modifier | modifier le code]

En , le bateau est revendu au Britannique Alex Thomson en vue de courir la Barcelona World Race. Le , lors du convoyage vers New York avant le départ de la nouvelle course IMOCA New York - Barcelona, Hugo Boss démâte, endommageant fortement le bateau[25]. Alors qu'Alex Thomson renonce à prendre le départ de la course en raison de la naissance de son second enfant[26], Hugo Boss est remâté et est mené par Pepe Ribes et Ryan Breymaier. Ces derniers remportent l'épreuve en 14 jours, 2 heures, 44 minutes et 30 secondes[27].

Après avoir mené la Barcelona World Race depuis le départ, battant le record de vitesse entre Barcelone et l'équateur[28], Hugo Boss démâte une nouvelle fois et abandonne[29].

Bastide-Otio[modifier | modifier le code]

Le jour même du démâtage lors de la Barcelona World Race, le plan Verdier/VPLP est acheté par Kito de Pavant pour courir le Vendée Globe 2016-2017[2].

Le Bastide-Otio est heurté à pleine vitesse par un OFNI —un cachalot— qui rompt la quille et endommage la coque, créant une importante voie d’eau. Celle-ci oblige son skipper à abandonner le voilier, et à être récupéré le lendemain par le navire océanographique Marion Dufresne. Le , les balises cessent d’émettre, traduisant la disparition du bateau[30]

L’épave de Bastide-Otio est retrouvée en novembre 2018 sur la côte est de Madagascar par un plaisancier hyérois effectuant une croisière familiale en catamaran. Elle n’est identifiée par Kito de Pavant qu’en juillet 2019, grâce à la forme spécifique du palier avant de la quille. Le bateau a été entièrement pillé, après avoir été très abîmé durant une dérive due aux courants, qui l’auront mené de son point de naufrage, à proximité de l’archipel Crozet, jusqu’à la côte ouest de l’Australie et, de là, à Madagascar. Kito de Pavant déclare : « Je préfère savoir qu’il a servi de matière première pour des tas d’objets utiles à Madagascar, plutôt que l’imaginer continuer à être un danger flottant pour les marins du prochain Vendée Globe ou du Trophée Jules Verne. »[30].

Palmarès[modifier | modifier le code]

2010-2013 : Virbac Paprec 3 – Jean-Pierre Dick[modifier | modifier le code]

2014-2015 Hugo Boss[modifier | modifier le code]

  • 2014 :
    • Vainqueur de l'IMOCA New York - Barcelona, en double avec Pepe Ribes et Ryan Breymaier en 14 jours, 2 heures, 44 minutes et 30 secondes
  • 2015 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.alexthomsonracing.com/2014/04/alex-thomson-sets-sails-on-new-hugo-boss/
  2. a et b Anouk Corge, « Kito de Pavant repart pour un tour », sur lequipe.fr, (consulté le 13 avril 2015).
  3. « Entretien avec Pantaenius l'assureur du bateau de Kito de Pavant - », Actualités Nautiques.com,‎ (lire en ligne, consulté le 13 novembre 2018)
  4. Virbac Prapec 3 sur le site de Jean-Pierre Dick.
  5. Virbac-Paprec 3 sur le site imoca.org
  6. (en) « WSSR Newsletter No 198. Virbac Paprec 24 Hours », WSSRC, (consulté le 29 mars 2011)
  7. Blog de Jean-Pierre Dick pour Le Figaro à l'occasion du Vendée Globe.
  8. Vendée Globe : Jean-Pierre Dick revient fort ! dans Le Figaro du 18 novembre 2012.
  9. Les temps de passage à l’équateur sur le site officiel du Vendée Globe le 24 novembre 2012.
  10. Vendée Globe : Dick tente une audacieuse option ouest dans Le Figaro du 26 novembre 2012.
  11. Vendée Globe : 17e jour de course dans Le Figarodu 27 novembre 2012.
  12. a et b Jean-Pierre Dick améliore son record sur le site du Vendée Globe le 1er décembre 2012.
  13. Nuit blanche sur le site officiel du Vendée Globe le 1er décembre 2012
  14. Jean-Pierre Dick freiné par l’anticyclone sur le site officiel du Vendée Globe.
  15. Vendée Globe : Gabart et Le Cléac’h assomment la concurrence dans Le Figaro du 14 décembre 2012.
  16. Pronostics Vendée Globe : 48e jour de course dans Le Figaro du 28 décembre 2012.
  17. Vendée Globe : les skippers s'indignent de la disqualification de Stamm dans Le Monde du 3 janvier 2013.
  18. a et b Je n'ai pas pu naviguer à 100 % dans le Sud blog de Jean-Pierre Dick dans Le Figaro le 5 janvier 2013.
  19. Virbac-Paprec 3 reprend sa route sur le site du Vendée Globe le 7 janvier 2013.
  20. Pronostics Vendée Globe : 62e jour de course dans Le Figaro du 11 janvier 2013
  21. Jean-Pierre Dick a passé l’équateur sur le site du Vendée Globe 2012-2013 le 17 janvier 2013.
  22. « Virbac-Paprec 3 » perd sa quille sur le site du Vendée Globe le 22 janvier 2013.
  23. Vendée Globe : Au bout de l'aventure sur Le Figaro le 31 janvier 2013.
  24. Jean-Pierre Dick, Virbac-Paprec 3, 4e du Vendée Globe 2012-2013 sur le site du Vendée Goble 2012-2013 le 4 février 2013.
  25. « Imoca: Hugo Boss a démâté », sur sports.fr, (consulté le 13 avril 2015).
  26. « Hugo Boss sans Alex Thomson », sur vendeeglobe.org, (consulté le 13 avril 2015).
  27. http://nautisme.lefigaro.fr/breves-nautisme/course-1/2014-06-15-22-50-48/hugo-boss-remporte-la-new-york-to-barcelona-race-14308.php
  28. « L'équateur pour Thomson et Ribes », sur lequipe.fr, (consulté le 13 avril 2015).
  29. « Hugo Boss abandonne », sur lequipe.fr, (consulté le 13 avril 2015).
  30. a et b Martin Couturié, « Un bateau du Vendée Globe refait surface deux ans et demi après son naufrage », sur Sport24.com, (consulté le 19 juillet 2019).
  31. Trophée Azimut, dernier rendez-vous avant le Vendée Globe sur le site du Vendée Globe le 1er octobre 2012.
  32. Dick améliore le record, sur lequipe.fr, le 1er décembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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