Hôtels de ville de Rouen

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Hôtels de ville de Rouen
Hôtel de ville Rouen3.JPG
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Statut patrimonial
 Inscrit MH (1948, façade et toiture)
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées
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Rouen, à la suite de son accroissement et du fait de l’importance de l’administration, a connu plusieurs hôtels de ville, dont l'emplacement a varié au cours de l'histoire.

La Halle aux Marchands[modifier | modifier le code]

À la suite de la charte communale de la ville qui date de 1144, puis vers 1160-1170 les Établissements de Rouen qui consignent les rapports entre le roi et la Commune de Rouen, constituée par des marchands, on peut supposer que la municipalité se soit dans un premier temps établie dans la Halle aux Marchands. Elle est attestée à partir de 1191-1192, et se trouvait au sud-ouest de l’église Saint-Éloi.

L’hôtel de ville, rue du Gros-Horloge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gros-Horloge.
L'hôtel de ville par Gomboust en 1655

En 1220, l’hôtel de ville auprès de l’actuelle rue du Gros-Horloge, sur le fief urbain de la famille de Leicester, situé au sud de la rue du Gros-Horloge, concédé par Philippe-Auguste. Il devait à l’époque occuper l’ancien manoir des Leicester. Un beffroi est édifié entre 1220 et 1251, symbole de la puissance communale. Elle jouxtait la porte Massacre. Elle abritait deux cloches: la Cache-Ribaud, 1 900 kg, fondue en 1251-1252 et la Rouvel, 1 200 kg, fondue en 1258-1259.

En 1352, la commune acquiert, au nord de la rue du Gros-Horloge, la propriété de la famille Du Chastel. Cet ensemble était compris grossièrement entre la rue aux Juifs, la rue du Gros-Horloge, la rue Massacre et le passage de la rue du Gros-Horloge à la rue aux Juifs. La partie donnant sur la rue du Gros-Horloge est achetée en 1490 aux héritiers de la famille. C'est à cet emplacement que sera construit le bâtiment de Jacques Gabriel. À cette époque et jusqu'à la Révolution, l'hôtel commun ou hôtel de ville réside dans le manoir des Du Chastel.

En 1382, à la suite de la révolte de la Harelle, Charles VI fait raser le beffroi, et la Commune est abolie. Toutefois l'administration qui s'occupe des affaires de la ville a toujours besoin d'un local où se réunir et travailler. L’année suivante, les bourgeois de Rouen décident la construction d'une horloge à l'emplacement de l'ancien beffroi. Le bailli et le roi accèdent à la requête en 1389. Une tour est construite à l'emplacement, afin d'abriter le mécanisme de l'horloge. Cette réalisation, de 1389 à 1398, est due à Jehan de Bayeux. L'horloge est achevée dès 1389, œuvre de Jourdain Delettre et Jean de Felain[1]. En 1410, deux cadrans sont posés sur la porte Massacre, qui relie la tour à l'hôtel de ville. En 1527, la porte Massacre est démolie pour être remplacée par une arche surmontée d'un pavillon, où sont apposés les cadrans. L'édifice est achevé en 1529.

Édifice gothique, trop petit et qui menace ruine en 1606, l'hôtel de ville est reconstruit à partir de juin 1607[2], par Jacques I Gabriel, sur les caves gothiques du précédent édifice[3]. Il est dans un style florentin en pierre à bossage. Le rez-de-chaussée, formé d’une série d’arcades, était occupé par des boutiques. En 1738, l’hôtel de ville s’étend entre la rue du Gros-Horloge et la rue aux Juifs[4]. Il est organisé autour de cours, dont les accès se font par un passage sous l’arche du Gros-Horloge, depuis 1705, par Jacques Monthieu[2] et par le passage de la rue du Gros-Horloge à la rue aux Juifs (rue Thouret aujourd’hui). Toutefois, dès le XVIIIe siècle, les lieux sont à nouveau à l’étroit.

Le bâtiment est vendu en 1796 à différentes personnes pour la somme de 72 000 livres[2]. La façade côté rue du Gros-Horloge est restaurée en 1982.

Le projet[modifier | modifier le code]

Pour résoudre le problème de place, un projet de construction d’un nouvel hôtel de ville est décidé, suivant les plans d’Antoine Mathieu Le Carpentier. Celui se trouve à l’ouest de la ville, devant la place du Vieux-Marché, sur l’axe menant de la cathédrale à l’Hôtel-Dieu. Il prévoit un réaménagement de la place du Vieux-Marché en place royale, dont la géométrie est retravaillée, avec en son milieu une statue de Louis XV. De l’autre côté, il est prévu la création de jardins et d’une place du Luxembourg. Les travaux commencent en 1758, mais sont interrompus en 1765, faute d’argent. Il reste des fondations dans la rue Thomas Corneille. La maquette en chêne, réalisée en 1758 par Drouin, pour la présenter au roi Louis XV et obtenir son accord, est exposée au musée des beaux-arts.

L’hôtel de la Première Présidence[modifier | modifier le code]

Construit de 1717 à 1721 par l’architecte Martinet, l’hôtel de la Première Présidence ou hôtel des Sociétés Savantes accueille de janvier 1791 à mai 1800 les bureaux de la mairie. Détruit le 25 août 1944, il subsiste aujourd’hui de cet hôtel le portail rue Saint-Lô, qui donne accès à la terrasse de l’Espace du Palais.

L’actuel hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mairie de Rouen.

L’hôtel de ville s’installe le 30 mai 1800 dans l’ancienne abbaye Saint-Ouen, désaffectée depuis novembre 1790. Le bâtiment est l’ancien dortoir des moines, au nord, perpendiculaire à l’abbatiale, réalisé par les architectes rouennais Defrance et Le Brument. Des bâtiments de l’abbaye sont détruits pour l’aménagement d’une place devant le nouvel hôtel de ville. En 1825, l’édifice est transformé sous la direction de Maillet du Boulay, pour qu’il réponde architecturalement plus à sa fonction[3]. C’est un édifice composé de deux étages, deux ailes et d’un péristyle central, qui constitue au rez-de-chaussée le vestibule d’honneur, surmonté d’une loge à colonnade et couronné par un fronton, auquel est apposé une horloge. La façade côté jardin n’a pas été modifiée. Pendant plusieurs années, le deuxième étage a abrité le muséum et la bibliothèque, avant qu’ils soient transférés dans de nouveaux locaux[5]. Incendié dans la nuit du 30 au 31 décembre 1926[6], les archives conservées qui comprennent la période 1800-1926 sont brûlées[7]. Seules la salle des mariages et celle du conseil municipal sont épargnées par les flammes. Par miracle de nombreux tableaux et statues dont celle de Louis XV seront sauvés. L'architecte Edmond Lair reconstruit l'édifice en 1928. La seconde guerre mondiale n'épargne pas la nouvelle construction. L'escalier sud est complètement détruit par une bombe. Cela n'empêche pas les Rouennais d'hisser le drapeau tricolore au fronton de l'hôtel de Ville le jour de la libération[8]. En 1960 le développement de la ville nécessite de repenser les salles du conseil municipal et des commissions attenantes, ainsi que la galerie qui les dessert. Le conseil municipal du 3 octobre 1960 décide les travaux sur la base du projet présenté par l’architecte d’intérieur Maxime Old . La maîtrise d’œuvre de la réalisation lui est confiée. Il fait appel à d’autres artistes : Jean-Pierre Demarchi pour les médaillons de la salle du Conseil, Raoul Ubac pour les tapisseries de la galerie[9].

La façade sur le jardin — ainsi que la couverture —, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [10].

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gros-Horloge
  2. a, b et c Theodore Andrea Cook, The story of Rouen, Whitefish, MT: Kessinger Pub., 2008?
  3. a et b Camille Enlart, Rouen, 168 p.
  4. Plan de l’hôtel de ville en 1738
  5. François-Isidore Liquet, Rouen: son histoire, ses monuments et ses environs, Rouen : A. Le Brument, 1862.
  6. Guy Pessiot, Rouen photos inédites, t. 2, Rouen, éditions des Falaises, (ISBN 978-2-84811-253-4), p. 48
  7. Guy Pessiot, Histoire de Rouen: 1900-1939 en 800 photographies, Rouen: Éditions PTC, 2004.
  8. Laissez-vous Conter Rouen, ville d'art et d'histoire - l'abbaye de Saint-Ouen
  9. Archives municipales Ville de Rouen
  10. Notice no PA00100851, base Mérimée, ministère français de la Culture

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]