Arme blanche
Une arme blanche est une arme tranchante, perforante ou brisante dont la mise en œuvre n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion[1] (à l'inverse de l'acte de combustion comme dans une arme à feu), et ceci qu'elle soit constituée de bois, de pierre, d'os, d’arête, de métal ou de matériaux composites.
Les armes de jet qui ne contiennent pas de poudre à canon ou de matières explosives et les armes de mêlée (en) sont des armes blanches.
Législation
[modifier | modifier le code]En France, après avoir longtemps été désignées comme armes de sixième catégorie, elles sont classées dans les armes de catégorie D (article R311-2 du Code de la sécurité intérieure, Loi n° 2012-304 du 06/03/2012 et Décret 2013-700 du 30/07/2013) dont l'acquisition et la détention sont libres.
De nombreux outils peuvent être considérés comme des armes par destination.
Exemples
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Liste non-exhaustive.
- Arme d'hast (à hampe) :
- Anicroche
- Bardiche
- Bec de corbin
- Faux de guerre (« fauchard »)
- Guisarme
- Gun (Chine)
- Hallebarde
- Hache d'armes (« grande hache d'armes », « hache de créqui », « hache-marteau », etc.)
- Lance
- Naginata (Japon)
- Pertuisane
- Pique
- Torimono sandōgu (Japon)
- Vouge (« voulge », « couteau de brèche »)
- Vouge-Guisarme
- Yari (Japon)
- Arme de jet
- Arme contondante :
- Bâton / Bō
- Bouclier
- Canne de combat (France)
- Ceste
- Coup-de-poing américain
- Fléau d'armes
- Gantelet
- Gourdin (« massue »)
- Nunchaku
- Shillelagh (Irlande)


- Couteau
- Baïonnette
- Canif (couteau suisse, eustache, opinel, laguiole, etc.)
- Couteau à lame rétractable
- Couteau d'Avigliano
- Couteau de combat
- Couteau de cuisine
- Kandjar (Oman, Arabie)
- Kirpān (religion sikhe)
- Kunaï
- « nettoyeur de tranchées » (dague-poignard, Première Guerre mondiale)
- Poignard
- Scramasaxe (coutelas)
- Stylet
- Tanto (couteau-sabre japonais)
- Dague (entre couteau long et épée courte)
- Dague à rouelles
- Dirk (Écosse)
- Khukuri (Népal)
- Kriss (Malaisie)
- Main-gauche
- Miséricorde
- Percemaille
- Poignard
- Épée
- Braquemard
- Broadsword (Écosse)
- Canne-épée
- Colichemarde (lame)
- Épée à deux mains (« espadon », zweihänder, claymore)
- Épée bâtarde (épée à « une main et demie »)
- Épée de cour
- Estoc (épée sans tranchant mais pointue, utilisée exclusivement d’estoc)
- Flamberge (lame)
- Fleuret
- Glaive
- Harpès
- Jian (Chine)
- Katzbalger (empire germanique)
- Rapière
- Reitschwert (Allemagne)
- Schiavone (Venise, XVIIe siècle)
- Shotel (Éthiopie)
- Spada da lato (« épée civile », Italie)
- Spatha (armée romaine)
- Xiphos (« xyphos », Grèce antique)
- Flèche
- Carreau d'arbalète
- Kyūdō (Japon)
- Hache
- Francisque (hache de jet)
- Hache de guerre
- Hache de Lochaber
- Labrys (hache à double tranchant ou « bipenne »)
- Tomahawk
- Marteau
- Marteau d'armes (« marteau de guerre »)
- Masse d'armes
- Sabre (un seul tranchant)
- Afena (Ghana)
- Bagua Dao (Chine)
- Bokken (sabre d’entraînement en bois, Japon)
- Chachka (sabre Caucasien sans garde, armée impériale russe)
- Cimeterre
- Daisho (paire de sabres traditionnels, Japon) : katana (sabre long japonais) et wakizashi
- Fauchon
- Flissa (Flyssa ou Flissah, tribus Berbères de Kabylie)
- Kilij (Égypte et empire ottoman)
- Latte (sabre de cavalerie non courbé, France)
- Machette (« sabre d’abattis »)
- Nimcha (sabre arabe)
- Ninjatô (Japon)
- No-dachi (grand sabre japonais)
- Sabre briquet (France)
- Sabre d'abordage (arme des marins et pirates du XVIIe siècle au XIXe siècle)
- Shinai (« sabre » d'entraînement en bambou pour le kendo, Japon)
- Tachi (sabre courbe, ancêtre du katana, Japon)
- Tanto (couteau-sabre japonais)
- Yatagan (Turquie)
- Katana (sabre japonais, Japon)
- Serpe
- Croissant
- Faucille
- Faux de guerre (« fauchard »)
- Kusari chigiriki (Japon)
- Serpette (gouzotte)
Mais aussi des armes d'une autre catégorie, telles que, par exemple : une batte de baseball, une corde (ou un garrot), etc.
Armes blanches africaines
[modifier | modifier le code]Les armes blanches africaines constituent à elles seules tout un univers: un corpus très nombreux, d’une grande diversité, des origines multiples, des symboliques archaïques, une ancienneté qui défie le temps. Elles se répartissent sur plusieurs pays et offrent un grand nombre de modèles. Leur morphologie, leur décor et leur usage font de ces armes plus que de simples instruments destinés à la guerre mais également de véritables objets culturels[2].
Diversité des armes blanches africaines
[modifier | modifier le code]En Afrique, Il convient de distinguer deux différents types d’armes : les armes offensives (les armes blanches) et les armes défensives (les boucliers, casque)[3].
Les Armes offensives comprennent :
- Armes d’Harst
Il s’agit d’une arme qui est composée d’un bâton droit en fer appelé hampe, d’une lame généralement en acier ou en cuivre. Quand il y a des crochets, on parle de pointe de harpon et enfin d’un contrepoids qui a pour fonction d’équilibrer l’ensemble, il est constitué de fil de métal enroulé ou d’une plaquette ou clochette en métal. Parmi ces armes on trouve
- le javelot
- la lance
- la sagaie
- le harpon
- l’arme monnaie
- Les couteaux
Il s’agit d’une arme qui est composée d’une lame habituellement en métal, avec une ou plusieurs pointes et d’un manche ou poignée dans lequel est insérée la lame. Parfois un troisième élément apparaît, le contrepoids qui a pour fonction d’équilibrer. Parmi les couteaux on distingue d’une part les couteaux symétriques où les deux parties de la lame sont identiques:
D’autre part lés couteaux asymétriques où les parties de la lame sont asymétriques, avec un seul tranchant:
courbe
- Les flèches
Il s’agit d’un projectile constitué d’une tige, d’une pointe et d’une empenne qui est l’élément de stabilité.
- Les arcs
Il s’agit d’une arme offensive, légère, destinée à lancer un projectile (flèche) à une grande distance.
- Les haches
Il s’agit d’une arme de taille qui sert à fendre. Elle se compose d’un manche qui présente le plus souvent un renflement. Ce dernier a pour fonction de renforcer la lame. Il peut être recouvert de feuilles de cuivre ou d’une peau de varan. Ce type d’arme comprend:
- la hache d’arme
- la hache d’apparat
- la hache à tête d’oiseau
- l’ herminette
- Les massues
Il s’agit d’une arme offensive destinée le plus souvent au combat au corps à corps. Elle est composée d’un bâton avec une poignée ou un manche et d’une grosse tête arrondie, émoussée ou noueuse.Il existe plus rarement des massues de jet qui sont conçues pour être lancées.
- Les lance-pierres
Ce sont des armes offensives servant à la chasse au petit gibier, rongeurs, lézards ou oiseaux. Il se compose d’un manche et d’une petite fourche en bois munie d’un élastique.
Leur fonction
[modifier | modifier le code]Leur fonction est d’abord utilitaire. Elle sert avant tout à blesser ou à tuer l’ennemi et à se défendre. Selon l’anthropologue David Rouach ces armes se distinguent par trois caractères[4].
- Elles sont ornementales par leur décoration
- Identitaires, chaque village, chaque ethnie possède son décor propre
- symboliques, son décor de pictogrammes sont constitués de signes magiques et prophylactiques.
Confectionnées à l’unité, elles gardent aussi une fonction de prestige et sont destinées à l’élite. De nos jours c’est ce dernier aspect qui prédomine, Elles sont aussi indispensables au bon déroulement des cérémonies : mariages, naissances, funérailles, rites d’initiations, qui marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte, rites de fertilité, rites d’investitures.
Leur fabrication
[modifier | modifier le code]La fabrication d’armes est une tâche qui incombe au forgeron, personnage aussi important par sa connaissance des métaux que par ses « contacts » avec le monde des esprits. Cette activité reste totalement masculine sans aucune participation des femmes que ce soit au stade de la production ou de l’utilisation. L’artisan doit se conformer au modèle existant, sa marge de créativité personnelle étant très réduite. Sur le plan technologique, le minerai( fer, bronze, cuivre, plomb, étain) est fondu à basse température. Les fours sont de simples trous creusés dans le sol[5].
Leur déclin
[modifier | modifier le code]Les mutations dues aux guerres d’indépendance, à la décolonisation et à la mondialisation de l’économie sont des facteurs peu favorables au maintien de cette tradition. Regroupement des tribus, détribalisation, poursuite de l’exode rural après l’indépendance, désenclavement et urbanisation, développement du tourisme, action d’évangélisation ou d’islamisation, utilisation d’armes à feu sont autant de facteurs qui entraînent le déclin des armes blanches africaines[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Article R311-1 du Code de la sécurité intérieure », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
« On entend par : [...] 10° Arme blanche : toute arme dont l'action perforante, tranchante ou brisante n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion ; »
- ↑ Jan Elsen, De fer et de fierté: armes blanchesd’Afrique noire du musée Barbier-Mueller, .
- ↑ David Rouach, Armes Africaines, Gpress, (ISBN 978-2955576038).
- ↑ David Rouach, Armes Africaines , Gpress, 2016.
- ↑ Karl Ferdinand Schaedler, Encyclopédia of African Art and culture ,Munich, 2009.
- ↑ David Rouach, Armes Africaines, p. 11
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Arme à feu
- Arme contondante
- Arme tranchante
- Arme de mêlée (en)
- Arme d'hast
- Arme de jet
- Arme par destination
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :