Fronde (arme)

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Une fronde.

La fronde est une arme individuelle de jet, constituée d’une poche prolongée à chaque extrémité par des lanières, utilisée pour lancer des projectiles (cailloux, balles de plomb, etc.) avec force. L’utilisateur place le projectile dans la poche, fait tournoyer la fronde rapidement, le projectile étant à l’extrémité du cercle décrit, pour donner de la vitesse, puis libère la pierre à un moment précis. La fronde, facile de fabrication et légère à transporter, est attestée depuis la préhistoire dans une grande partie du monde. Elle est notamment utilisée par les bergers dès la haute antiquité pour défendre les troupeaux contre les loups et autres prédateurs; cet usage perdure aujourd’hui dans certaines régions du Moyen-Orient. Elle a également servi pour la guerre, mais cet usage a décliné à partir du Moyen-Âge dans les armées régulières.

Dans le langage familier, on désigne aussi par fronde une autre arme de jet, le lance-pierre, dont l’apparition est beaucoup plus récente (XIXe siècle) à cause de la nécessité d’avoir d’un matériau élastique résistant.

Description[modifier | modifier le code]

La fronde se compose d'une bande souple formant une poche, souvent en cuir, prolongée à chaque extrémité par des lanières, traditionnellement en lin, en chanvre ou en laine. Les deux lanières sont de longueurs inégales et parfois terminées par des poignées. Dans ladite poche se place le projectile à lancer, appelé « balle de fronde », constitué d'un matériau dur et dense, généralement caillou arrondi, balle d'argile durcie ou de métal (plomb, par exemple).

Les balles, en métal, sont coulées au moule, en forme d'olive très allongée, sur lesquelles sont parfois gravées des mots comme « reçois », « avale » ou d'autres encouragements. Une fois la balle placée dans la poche, le lanceur tenant la lanière longue dans la paume et la courte entre le pouce et l'index fait tournoyer la poche de la fronde sur le côté ou au-dessus de sa tête, puis lâche la lanière la plus courte en direction de la cible. Le projectile ainsi libéré part avec une vitesse initiale égale à la vitesse acquise pendant le mouvement circulaire. Le même principe est exploité dans la discipline sportive olympique du lancer du marteau.

Origine[modifier | modifier le code]

Balles de fronde en plomb trouvées à Lyon - Musée gallo-romain de Fourvière

La fronde est une arme ancienne, dont l'origine se perd dans l'antiquité. Il est certain que les frondes étaient connues des hommes du néolithique autour de la mer Méditerranée, mais il est plus probable que la fronde soit bien plus ancienne. Il est tout à fait possible que la fronde fut inventée durant le paléolithique supérieur à une période où de nouvelles technologies, comme le propulseur et l'arc et les flèches, émergeaient. À l'exception de l'Australie, la fronde devint commune sur toute la planète, bien qu'il ne soit pas certain que cela arriva par une diffusion culturelle ou bien par inventions indépendantes.

Utilisation guerrière[modifier | modifier le code]

Un frondeur baléare des temps anciens, ayant une fronde en mains, et portant un sac de munitions en bandoulière ainsi que d’autre frondes de différentes longueurs en bandeau autour de la tête. Les habitants des îles Baléares étaient réputés être d’excellents frondeurs.

Les armées de l'Antiquité méditerranéenne avaient des bataillons de frondeurs. Les frondes les plus anciennes attestées par l'archéologie sont celles, tressées en lin, trouvées dans le tombeau de Toutânkhamon, mort vers -1325. Celles qui sont utilisées un peu plus tard lors de la Guerre de Troie par les troupes d'Ajax sont décrites comme des tresses de laine[1]. Les Romains (des frondeurs sont représentés, par exemple, sur la colonne Trajane) ont également des frondeurs dans leurs armées : les habitants des Baléares, à l'époque des guerres puniques[2], fournissaient des bataillons particulièrement réputés. Il existe un débat quant à l’emploi exact des frondeurs :

  • pour une partie des historiens, la fronde servait à faire un tir sur zone, sans viser précisément, son efficacité venant de la concentration du tir de plusieurs frondeurs et de la rapidité du tir (comparé souvent à celui des archers anglais de la guerre de Cent Ans) ;
  • pour d’autres historiens, qui ne contestent pas cet usage, la fronde pouvait aussi tirer avec une précision suffisante, à la guerre comme à la chasse.

La fronde fut encore utilisée comme arme de guerre en France en 1572, lors du Siège de Sancerre par les défenseurs contre les troupes royales[3].

Une variante de la fronde, le fustibale, a été utilisé en Europe au Moyen-Âge comme arme défensive dans les sièges.

Des palestiniens utilisant une fronde contre les soldats israéliens lors d’une manifestation près de la ville de Ni'lin, dans le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh, en 2014.

Aujourd’hui, la fronde a disparu des armées régulières. Cependant, elle est encore utilisée, notamment lors des émeutes par les manifestants, pour lancer des pierres et des projectiles incendiaires.

Utilisation par les bergers[modifier | modifier le code]

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Une bergère tibétaine en train de lancer une pierre avec une fronde.

La fronde a été largement utilisée par les bergers dans la région méditerranéenne et au Moyen-Orient, depuis la haute Antiquité, pour défendre les troupeaux contre les prédateurs. Cet usage perdure aujourd’hui dans certaines régions d’Asie.

Mythologie[modifier | modifier le code]

  • Le dieu suprême de la mythologie celtique, Lug, tue son grand-père maternel Balor avec une fronde, conformément à une prophétie.
  • Dans un récit de la Bible, David vainquit le géant Goliath avec une fronde.
  • Dans la mythologie celtique irlandaise, le récit Aided Óenfir Aífe (La Mort violente du fils unique d’Aifé), Conall Cernach est ridiculisé par Conla, le fils de Cúchulainn, âgé de sept ans. Alors que l’enfant débarque en Irlande en provenance d’Écosse, Conall va à sa rencontre pour lui demander qui il est. Il reçoit une pierre de fronde qui le fait tomber et se retrouve les mains liées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Flacelière, Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], chant XIII, 599-600 et 695-710 (Coll. La Pléiade, 1993 : pages 321, 324 et 931)
  2. V. Carthage
  3. Lalanne, Dictionnaire historique de la France, p. 115

Voir aussi[modifier | modifier le code]