Jian

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Jian (劍)
Image illustrative de l'article Jian
Jian à une main et fourreau du XVIIIe ou XIXe s.
Présentation
Pays d'origine Chine
Type Épée

Le jian (en chinois : 劍) est une épée longue chinoise. Dans le Kung-fu Shaolin, elle est surnommée « le gentilhomme des armes ». Elle fait partie des quatre armes de base en art martial chinois (avec le bâton, la lance, et le sabre).

Un jiang moderne avec son fourreau.

Description[modifier | modifier le code]

Le jian est constitué d'une poignée à une main surmontée d'une garde très peu prononcée, et d'une lame à deux tranchants, relativement pointue, et dont l'épaisseur ne dépasse pas quelques millimètres. Cette finesse lui donne une grande souplesse.

Ces épées sont particulièrement fragiles mais extrêmement tranchantes. Le style de combat s'apparente à de la danse, car la fragilité de l'épée oblige l'épéiste à effectuer des mouvements amples. En revanche, la rapidité d'exécution d'un coup est fulgurante. Sont favorisées les piques et estafilades aux endroits vulnérables et les esquives[1]. La pratique de ce combat se nomme Jianshu.

L'épée est un style important du taiji avec armes, le taiji jian (太极剑)。

Histoire[modifier | modifier le code]

Le jian apparaît vers le Xe siècle av. J.-C. sous les Zhou Occidentaux et est progressivement utilisé pour le corps à corps durant la période des Printemps et Automnes puis sous les Royaumes Combattants. C'est durant cette période que le fer puis l'acier apparaissent en complément du bronze, encore majoritaire, entraînant un allongement de sa lame. Sur les champs de bataille, il est définitivement remplacé par le dao (sabre) à la fin de la période des Trois Royaumes. Son rôle devient alors essentiellement symbolique, aussi bien sur le plan social (c'est l'arme du gentilhomme) que religieux (dans les rituels taoïstes). Sous les Ming, les épées deviennent même des objets de collection prisés par les lettrés[2].

Plusieurs personnages de l'armée de terre cuite étaient à l'origine armés de jian fabriqués dans un alliage de cuivre[3].

De nos jours, les officiers de la marine chinoise reçoivent des épées de cérémonie ressemblant au jian traditionnel.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Dufresne et Jacques Nguyen, Dictionnaire des arts martiaux chinois, Paris, Éditions Budostore, , 286 p. (ISBN 2-908580-42-X), p. 253
  2. (en) Peter Lorge, Chinese Martial Arts : From Antiquity to the Twenty-First Century, Cambridge University Press, , 282 p. (ISBN 978-0-521-87881-4 et 0-521-87881-0, lire en ligne)
  3. (en) Marcos Martinón-Torres, Xiuzhen Li, Yin Xia et al., « Surface chromium on Terracotta Army bronze weapons is neither an ancient anti-rust treatment nor the reason for their good preservation », Scientific Reports,‎ (DOI 10.1038/s41598-019-40613-7, lire en ligne, consulté le )