Hache d'armes

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Hache d'arme
Image illustrative de l’article Hache d'armes
Marteau d'arme 1470-1480, musée de l'armée
Présentation
Pays d'origine Europe
Type Arme d'hast
Époque XIVe siècle/XVe siècle
Utilisateur(s) Homme à pied
Poids et dimensions
Longueur totale 1m50 à 1m80
Longueur de la lame 10 à 20 cm
Caractéristiques techniques
Matériaux Bois et acier

La hache d'armes est l'une des dernières évolutions de la hache en tant qu'arme de guerre[1]. C'est une arme d'hast conçue pour le chevalier à pied ou le piéton armuré[2] qui combat contre un adversaire également armuré.

Elle est utilisée dans les armées d'Europe de la fin du Moyen Âge[1] (XIVe siècle/XVe siècle).

Débats étymologiques[modifier | modifier le code]

On trouve la hache d'armes sous plusieurs noms : grande hache d'armes[1], hache de créqui[3], hache-marteau[1], hache à marteau[4] ainsi que grand marteau d'armes[5] et marteau-hache[6].

En effet, dès 1434[7] se posait la question de ce qui était considéré ou non comme une "hache". La question fut réglée par l'usage qui fut d'accepter les différentes formes (vues ci-dessus) lors des tournois[8].

Description[modifier | modifier le code]

La hache d'armes est composée de :

  • Une tête ou gros bout[8],[9] formée de :
    • Une dague. Faite pour frapper d'estoc, elle fait entre 10 et 20 cm[4],[10] et peut être de plusieurs formes, de la simple pointe à des formes reprenant celles des lances ou épieux[8].
    • Une croix, élément transversal permettant de frapper de taille, composée elle-même de deux des éléments suivants :
      1. Une hache ou taillant, qui peut être droit, concave ou convexe[8].
      2. Un marteau ou mail[9], carré, rectangulaire ou rond avec une table plate et une pointe centrale, quatre pointes ou des rangées de petites pointes.
      3. Un bec de faucon (becq de faulcon en ancien français[11]), pointe droite ou recourbée, le plus souvent à section carrée ou losangique.
    • Des attelles (2 ou 4) descendant de la dague et fixée le long de la hampe et solidement fixées dessus pour éviter que la hampe ne soit coupée au cours du combat[1],[4].
  • Une hampe en bois pouvant avoir une rouelle (ou garde) de fer pour protéger la mains des coups adverses[1]. Elle est située au quart ou au tiers de la hampe[8] (côté tête). Plus rarement, il peut y en avoir une deuxième en bas de la hampe[8].
  • D'une queue, pouvant être nue, ferrée ou équipée d'une pointe ou d'une dague[8] (permettant un estoc du talon de l'arme).

Le tout d'une longueur de 1,50 m à 1,80 m[1], pour une tête d'environ 1 kg[10].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La hache d'armes se tient de telle façon que les mains soient chacune à un tiers de l'arme, la découpant ainsi en trois parties à peu près égales : le gros bout (avant de l'arme), la demy hache (entre les deux main) et la queue (arrière de l'arme)[2],[9] et chacune de ces parties servent aussi bien à attaquer qu'à se protéger. Il en résulte une méthode de combat à la fois rapide – usant des deux bouts de l'arme pour frapper et dévier les coups – et puissante – en raison de l'important bras de levier fourni par la position des mains[2].

La contrepartie étant une moindre allonge. Ainsi, bien qu'étant une arme d'hast, son usage fait qu'elle a moins de portée que d'autres[2] (hallebarde ou épieux qui sont tenus à l'extrémité de la hampe. Par contre, elle à l'avantage de rester utilisable même quand l'adversaire arrive à courte portée.

Guerre[modifier | modifier le code]

Sa force et sa polyvalence[2], en font une arme très utilisée lors des assaut de place forte[1],[4] et les mêlées à pieds[2]. Elle est le plus souvent utilisée du côté marteau qui permet de mordre dans l'armure et de contusionner son porteur[2]. En effet, qu'elle soit formée d'un taillant ou d'un bec, le risque de glisser sur l'armure ou de s'y retrouver coincé est important[2].

Tournoi[modifier | modifier le code]

Elle fait partie, avec l'épée et la lance, des armes de tournoi principales[12], la qualité des armures permettant des combats courtois spectaculaires sans trop de risques mortels même si les commotions et fractures restent inévitables[2].

Évolution[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIe siècle, la hache mute dans sa version mail-bec – avec une dague de plus en plus longue – en marteau de Lucerne pour devenir une arme d'apparat plutôt que de guerre[13].

Pour le couple taillant-bec, il est délaissé au profit de la hallebarde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Mézier 2000, p. 92-93
  2. a b c d e f g h et i Cognot 2013, p. 637-640
  3. Cognot 2013, p. 585
  4. a b c et d Eugène Viollet-Le-Duc 1999, p. 348
  5. Mézier 2000, p. 104-105
  6. Eugène Viollet-Le-Duc 1999, p. 401
  7. Cognot 2013, p. 586
  8. a b c d e f et g Cognot 2013, p. 588-589
  9. a b et c anonyme XVeme siècle
  10. a et b Cognot 2013, p. 597
  11. [[#anonymeXVe siècle|anonyme XVe siècle]], p. art.61
  12. Gravett 1993, p. 46-47
  13. Mézier 2000, p. 116-117

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Cognot, L'armement médiéval les armes blanches dans les collections bourguignonnes. Xe - XVe siècles., , 711 p. (lire en ligne)
  • anonyme (Bibliothèque nationale, MS FR. 1996), Le jeu de la hache, xveme siècle (lire en ligne)
  • Chris Mézier, Cahier d'armes d'un mestre de guerre, Cheminements, (ISBN 2844780784), p. 92-93
  • Eugène Viollet-Le-Duc, Encyclopédie médiévale, , p. 348
  • Christopher Gravett, Le temps des chevaliers, Gallimar, (ISBN 2070568474), p. 46-47

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) L'art de la voie, Webzine d'arts martiaux, n° avec un article sur le maniement de la hache d'armes, p. 19 [1]