Arêtes de poisson

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Arêtes de poisson
Image illustrative de l'article Arêtes de poisson
La « colonne vertébrale » supérieure.
Coordonnées 45° 46′ 23″ nord, 4° 50′ 11″ est
Pays Drapeau de la France France
Région française Rhône-Alpes
Département Rhône
Localité voisine Lyon
Longueur connue 1,4 km

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Arêtes de poisson

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Arêtes de poisson

Les arêtes de poisson, également galeries souterraines de la balme Saint-Clair, sont un réseau de galeries souterraines de Lyon composé d'une galerie principale et trente-quatre galeries latérales, partant du Rhône à la rue Magneval. Ce réseau souterrain est interdit au public par la ville de Lyon depuis 1989.

Elles font partie d'un ensemble plus grand, le réseau des Fantasques.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction de ce réseau remonte à l'époque gallo-romaine[1],[2]. Des datations au carbone 14 placent en effet la construction de ces galeries dans l'Antiquité[3],[2].

Certaines des arêtes ont peut-être servi de catacombes, des ossements ayant été découverts en 1959, présence attestée dans les archives municipales[4],[1].

La première découverte des arêtes aurait été faite en 1651 par un fontainier[5] ; elles sont redécouvertes en 1959 lors de l’affaissement de la jonction des rues Grognard et des Fantasques[5],[2].

Le réseau souterrain est interdit au public par la ville de Lyon depuis 1989[5].

Environ 70 m de galeries ont été détruites lors des travaux de construction du tunnel nord de de la Croix-Rousse.

Ces arêtes de poisson s'apprêtent à trouver une nouvelle vie, un projet immobilier venant remplacer l'église Saint-Bernard à l'horizon 2019, et dont le descriptif fait apparaître des locaux au nombre des galeries de ces arêtes[2].

Description[modifier | modifier le code]

Creusement de l'extrémité d'une arête à la recherche d'un éventuel double fond.

La galerie principale mesure 156 mètres de long et se situe 25 m sous la surface ; de celle-ci partent 16 galeries latérales mesurant 30 m chacune, ce qui donne à l'ensemble une forme d'arêtes de poisson[6]. Une seconde galerie se trouve 8 m sous la principale, sans artères latérales[6]. Ces constructions partent du Rhône et s'étendent jusqu'à la rue Magneval[7].

L'accès et la construction des galeries se faisaient par les puits alentours[7] ; ceux-ci servaient également pour l'évacuation de matériaux du creusement[7].

Ce réseau souterrain est composé de galeries d'une longueur totale de 1,4 km : 960 mètres pour les arêtes, 312 m pour les galeries principales, 144 m de galeries supplémentaires placées sous la rive du Rhône ; seize puits menant à ces galeries ont été recensés, ajoutant 480 m de longueur au réseau[7]. Les galeries ont toutes 2,2 m de haut et 1,9 m de large[2].

Origines[modifier | modifier le code]

Camille Germain de Montauzan cite dans sa thèse de 1908 sur « Les Aqueducs antiques de Lyon » l'aqueduc de Cordieux qui aurait alimenté l'amphithéâtre des Trois Gaules en passant par la rue des Fantasques et le clos de l’ancien séminaire. Mais il démonte cette hypothèse, comme Alexandre Flachéron avant lui, car son tracé se dirigerait vers le Rhône au lieu de l'amphithéâtre. Il limite l'origine hypothétiquement romaine de ce réseau souterrain à un usage d'égout[8].

Ni le service des ponts et chaussées ni le génie militaire ne connaissent l’origine des arêtes de poisson[9].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Selon le chercheur indépendant lyonnais Walid Nazim, ce réseau est un entrepôt du trésor des Templiers[5],[2] construit au XIIIe siècle. On a eu recours à de la pierre du Beaujolais, et non de la pierre d'extraction locale, ce qui laisse supposer un projet de grande envergure, dont les plans ont toutefois été perdus ou détruits[1].

Pour les archéologues du service archéologique de la ville de Lyon, qui en 2008 ont étudié le réseau sur le terrain et dans les documents d'archives (« Près de onze salles peuvent être restituées grâce aux observations de terrain, aux plans anciens et aux documents d'archives », écrivent-ils), « L’homogénéité de la maçonnerie comme l’absence de trace de reprise montrent que le réseau en arêtes de poisson forme un ensemble architectural cohérent qui, de la rive du Rhône au plateau de la Croix-Rousse, relève d’une seule et même campagne de construction. Dans l’état actuel de la recherche, tous les éléments concordent pour faire du réseau en arêtes de poisson un accessoire de la citadelle royale de Lyon (citadelle Saint-Sébastien), construite en 1564 sur la plateau de la Croix-Rousse, sur l’ordre de Charles IX et démantelée à la demande et au frais de la Ville en 1585[5] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Grégoire Nartz, « Arêtes de Lyon : le mystère persiste », Lyon Capitale - en ligne,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f Schittly 2016.
  3. Bernot et al. 2013.
  4. Guillaume Lamy, « Ossements humains sous la Croix-Rousse », Lyon Capitale - en ligne,‎ (lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e « Les arêtes de poisson », sur souterrain-lyon.com (consulté le 10 janvier 2013)
  6. a et b Lyon Citoyen Avril 2017
  7. a, b, c et d « Réseau souterrain des "arrêtes de poisson" », sur adlfi.fr (consulté le 10 janvier 2013)
  8. Chapitre 2 - §6, Édition sur Wikisource Les Aqueducs antiques de Lyon : étude comparée d'archéologie romaine,  Fac-similé disponible sur Wikisource
  9. Julie Bordet, La ficelle, vol. 1, Lyon, La ficelle SARL, , 24 p. (ISSN 2111-8914, lire en ligne), p. 7-9

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • E. Bernot, Ph. Dessaint, C. Ducourthial et S. Gaillot, « Souterrains de Lyon, dans les galeries de la Croix-Rousse », Archéologia, Éditions Faton, no 506,‎ , p. 42-51 (ISSN 0570-6270, lire en ligne). 
  • Jean-Christian Barbier, Voyage au ventre de Lyon, Jacques-Marie Laffont, , 266 p.
  • Jean-Christian Barbier, Les Souterrains de Lyon, Verso, , 221 p. (ISBN 2-903870-72-1)
  • Éric Fuster, Recueil du Lyon souterrain, vol. 1, , 100 p. (ISBN 978-2-952-61990-5)
  • Walid Nazim, L'énigme des arêtes de poisson : de la Croix-Rousse à Jérusalem, histoire d´un secret millénaire, , 350 p. (ISBN 2-9526199-1-3)
  • Richard Schittly, « Lyon s’étrangle autour des « arêtes de poisson » », Le Monde - en ligne,‎ (lire en ligne). 
  • « Le voyage intérieur », Lyon Citoyen, no 155,‎ , p. 31. .
  • Djamila Fellague, « Les souterrains antiques de la Croix-Rousse à Lyon », Archéologia, n°556, juillet-août 2017, pp.56-62.
  • E. Bernot, Ph. Dessaint, C. Ducourthial, S. Gaillot, « Les souterrains de Lyon, dans les galeries de la Croix-Rousse », Archéologia, n°506, janvier 2013, pp.43-51.
  • D. Fellague, « La difficulté de datation des monuments: à propos des monuments de Lugudunum, en particulier ceux considérés comme hadrianiques », Revue Archéologique de l'Est, n°65, pp.187-214.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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