Arêtes de poisson

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Arêtes de poisson
Image illustrative de l’article Arêtes de poisson
La « colonne vertébrale » supérieure et une conduite de ruissellement
Localisation
Pays Drapeau de l'Empire romain Empire romain
Province romaine Haut-Empire : Gaule lyonnaise
Bas-Empire : Lyonnaise première
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Lyon
Type Réseau de galeries souterraines
Coordonnées 45° 46′ 23″ nord, 4° 50′ 11″ est
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Arêtes de poisson
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Arêtes de poisson
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Arêtes de poisson
Arêtes de poisson
Histoire
Époque Antiquité

Les arêtes de poisson, également galeries souterraines de la balme Saint-Clair ou parfois réseau des Fantasques, est le nom donné à un réseau de galeries antiques situé sous le plateau de la Croix-Rousse à Lyon.

Ce réseau se compose de galeries disposées en escalier et toutes inclinés vers le Rhône. Sur les cartes, on retrouve un premier système dit en « arêtes de poisson » et un second en « antennes », tous deux sont connectés. Dans le premier, on retrouve une galerie principale entourée par seize paires de galeries, communément appellées « arêtes », de même qu'une galerie secondaire sous la principale. Dans le second, on trouve deux galeries parallèles l'une à l'autre ainsi que neuf salles voûtées les surplombant à différents intervalles.

Dans l'état actuel de la recherche, la fonction et ce qu'ont pu contenir ces galeries n'est encore qu'hypothétique et soumis à interprétation. Les sources archéologiques remontent au début de notre ère, les sources écrites les évoquant remontant elles du XVIe siècle jusqu'à nos jours.

L'arrêté municipal no 505-89-12 du - annexe 2[1],[2] en restreint l'accès aux seules personnes habilitées.

Origine[modifier | modifier le code]

La datation par le carbone 14 de pièces d'échafaudage en bois retrouvées dans la maçonnerie[3],[4], ainsi que les fouilles opérées dans la deuxième moitié du XXe siècle font remonter la construction de l'édifice à la période antique, aux alentours du début de notre ère.

L'exemple des cuniculi étrusques, des portions souterraines de l'aqueduc du Gier et des qanàts en Gaule romaine[5], comme celui des Raschpëtzer[6], illustrent l'antériotité et la maîtrise de techniques de construction souterraines par les romains.

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité au Haut Moyen-Âge : prémisses d'un oubli multiséculaire[modifier | modifier le code]

Pour l'heure, même si les artéfacts romains retrouvés durant les années 1960 semblent être des éléments présents en surface de la balme remblayés pendant les effondrements de galeries[7],[8], il peut être admis qu'elles sont connues et utilisées, même partiellement, au moins entre le IIe siècle et le Haut Moyen-Âge[9],[10] ; les sources écrites disponibles faisant état de tunnels ou de murailles romaines dans la colline débutant quant à elles au XVIe siècle[11].

Toutefois, dans l'éventualité où les arêtes avaient été contemporaines de la citadelle Saint-Sébastien, comme le pensaient E. Bernot et al. en 2008, leur oubli aurait été compris au regard de la quasi damnatio memoriae[12] ayant frappé la forteresse à son démantèlement ; les chercheurs n'en trouvant ni plans, ni documents techniques aux archives municipales de Lyon, du Rhône ou de la Défense[13],[14], ils ont dû se rendre à Turin pour trouver des archives relatives à cet ouvrage[14]. Néanmoins, le fond documentaire rédigé à partir des années 1930 (galerie Morin découverte en 1932[15]) a pu être mis à leur disposition par la ville.

Du XVIe siècle au XIXe siècle : redécouvertes partielles[modifier | modifier le code]

En supposant que ces galeries ont été édifiées à l'occasion de l'érection de la citadelle royale de Lyon (1564-1585), construite sur l’ordre de Charles IX[16], elles auraient pu en constituer un accessoire et y être reliées[17], même si les recherches ont montrés qu'aucun lien n'existait entre les deux[3]. D'ailleurs, des commentaires du sac de la citadelle de 1585 évoquent la prise de l'éphémère place forte par « une ancienne caverne que peu de gens sçavoyent » qu'aurait emprunté le capitaine des arquebusiers de la ville[3]. Cependant, il n'est possible d'attester formellement une première redécouverte des arêtes qu'en 1651, par le fontainier en charge du percement de la galerie d'alimentation de la fontaine de l'hôtel de Ville[3],[18].

Quelques années plus tard, dans son Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon, Ménestrier atteste la connaissance de souterrains, voûtes, restes d'aqueducs et de canaux « dans les caves de plusieurs maisons bâties sur la côte Saint-André ou Saint-Sébastien »[19].

Les travaux de construction des immeubles place Chazette (ex-place Saint-Clair) commencés en 1744 mettent au jour le débouché oriental du réseau que les promoteurs utiliseront pour le passage de l'eau[18]. En 1766, l'abbesse du palais Saint-Pierre parle, à l'occasion des travaux de Jacques-Germain Soufflot, de « vestiges d'anciens murs de fondations de maisons, des puits et des caves placées au devant des remparts dans le lit du Rhône »[20].

Enfin, durant le XIXe siècle, les galeries intéressent les archéologues pour leur hypothétique fonction aqueductale ou leur relation avec l'Amphithéâtre des Trois Gaules[21].

En 1826, dans l'ancien clos des Colinettes, les frères Bodin, font constater à François Artaud ce qu'il d'écrit comme « d'épaisses murailles, des chambres souterraines » qui lui ont paru « appartenir à des fortifications antiques et à une source qui devait fournir de l'eau à ce lieu de défense »[22], nonobstant, il décrit également un canal-aqueduc qui lui avait été montré en 1827 sur une terrasse-jardin de la rue des Fantasques qu'il pensait pouvoir relier à l'amphithéâtre[23]. Alexandre Flachéron (1840) réfute cette hypothèse et montre que ces segments observées rue du Commerce qui en sont originaires sont orientées vers le Rhône d'une part, et ne sont pas construites pour faire transiter de l'eau potable d'autre part, leur reconnaissant tout au plus une fonction d'égout[24]. Antoine-Marie Chenavard (1850) esquisse ces galeries dans l'ouvrage Lyon antique restauré d'après les recherches et documents de F. M. Artaud, les faisant se croiser avec l'artère principale des « arêtes de poisson »[25],[8]. Dans son étude sur l'hypothétique aqueduc de Cordieux, Montauzan rapporte les propos de Martin-Daussigny () qui y accède par la rue des Fantasques et le clos de l'ancien séminaire[21]. Après la construction de l'église Saint-Bernard, en 1866, un affaissement du sol de la nef révèle la présence d'un puit carré et de galeries sous le nouvel édifice[26],[27],[28].

Au XXe siècle et XXIe siècle : redécouverte du réseau[modifier | modifier le code]

Au cours du XXe siècle, ces sous-sols lyonnais continuent d'intéresser les scientifiques, bien que partiellement. Camille Germain de Montauzan poursuit les études entreprises par ses collègues[21], Amable Audin n'en fouillera qu'une partie à deux reprises, ce sont les agents en charge de repérer et bétonner les galeries dans les collines de Lyon qui redécouvriront le site.

Redécouverte de l'extension nord (1932, 1941, 1950)[modifier | modifier le code]

Durant l'année , les services de voiries sont informées qu'une portion de l'antenne sud court sous la rue des Fantasques, elle sera nommée « galerie Morin ». Ils remarquent que de l'eau s'écoule de sa voûte et qu'une partie était utilisée par les habitations des pentes[11]. Cette découverte parcellaire précède celle de 1941, durant le percement du tunnel de la Croix-Rousse qui endommagera les extrémités de deux galeries des « arêtes de poissons ». Sans prendre conscience de l'ampleur du site, leurs extrémités seront simplement rebetonnées[15].

À la faveur de nombreux effondrements du sol, une nouvelle série de découvertes vont débuter. En , c'est pendant qu'un garage se construit, entre l'immeuble du no 10 de la rue des Fantasques et le mur qui soutient la rue Magneval, que Pierre Willeumier découvre à 6,5 m du niveau actuel : deux murs antiques perpendiculaires entre eux, qui ne seront pas étudiés, et une sépulture de soldat romain, probablement mort durant les guerres civiles romaines, avec un riche mobilier et des monnaies datant de la fin du IIe siècle[7],[9].

Redécouverte du réseau (1959-1968)[modifier | modifier le code]

Le puits de la rue Grognard conservé dans son état d'origine, juin 2020.

Durant la décennie, de réguliers affaissement de la chaussée sont rapportés aux services compétents de la ville, majoritairement à la jonction des rues Grognard et des Fantasques[29],[30].

Amable Audin nous informe qu'au mois de [8], à la suite de nouveaux tassements dans ces mêmes rues et pour éviter de nouveaux éboulements dans la ville[31], les services municipaux sondent les galeries et révèlent l'ensemble de l'édifice connu aujourd'hui sous le nom des « arêtes de poisson ». L'extraction des déblais permet à la fois de rejoindre la galerie Morin et de faire la jonction avec le puits rue Magneval[32]. Leur état général a été qualifié de mal conservées, avec du sable s'écoulant des fissures, le remblai des puits éboulés envahissant également les galeries voisines. Les tronçons menaçant de s'écrouler sont confortées par du béton[32], certains vestiges, comme 4 à 5 m3 d'ossements découverts durant l'année laissés sur site[33]. Ne parvenant ni à dater l'édifice au travers des sources, ni même à déterminer la fonction qu'il remplissait ou ce qu'il avait pu contenir, Amable Audin affirme comme ses prédecesseurs qu'il ne s'agit pas d'un ouvrage antique.

Creusement de l'extrémité d'une arête à la recherche d'un éventuel double fond, mars 2011.

Le , le puit rue des Fantasques est déblayé, et on découvre dans les partis les plus basses des artéfacts gallo-romains, parmi lesquels : des céramiques, des outils en bronze antiques ainsi que la moitié d'une couronne de laurier en bronze encore recouverte d'or[8]. Amable Audin rattache ces vestiges antiques à des statues de Victoires retrouvées dans la Saône qui auraient probablement ornées l'autel du Sanctuaire fédéral des Trois Gaules qui figurent sur les monnaies romaines[9],[8] ; ils sont depuis conservés au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière. Les auteurs de l'article remarquent néanmoins que les matériaux et les déchets modernes auxquels ils étaient mêlés provenaient vraisemblablement des grands travaux du XIXe siècle (agrandissement du chœur de l'église Saint-Polycarpe, abaissement de la rue Burdeau, ouverture de la tranchée du funiculaire) ainsi qu'au comblement du « système des Fantasques ».

La même année, le service des galeries est appelé pour un fontis apparu dans une cave de la rue des Fantasques et qui révèle la présence d'un puit redonnant accès, une fois déblayé, à la galerie découverte en 1932[34], leur vallant le nom de réseau des Fantasques[35].

En 1962, c'est le puit rue Magneval qui sera déblayé et bétonné. À partir de , les explorations révêlent de nouvelles salles souterraines, montée Saint-Sébastien () et rue Grognard (), et des portions d'antennes sous l'église Saint-Bernard (). Depuis, les explorations semblent s'arrêter et le réseau présente l'extension qu'on lui connait aujourd'hui[34].

Le temps des cataphiles[modifier | modifier le code]

Situation des galeries sous les pentes de La Croix-Rousse.

Suite aux chantiers de bétonnage, le site attire les curieux et des amateurs d'exploration urbaine et d'art urbain. Durant l'année 1989, un groupe de cataphiles pénètre dans les galeries, l'un d'eux chute d'une hauteur de 15 m. Depuis cet accident, la municipalité interdit au public l'accès à tous ses souterrains par l'arrêté municipal no 505-89-12 du (annexe 2)[31].

Toutefois, en 1994, Jean-Luc Chavent (ex-journaliste TLM) et Régis Neyret (président de l'association Patrimoine Rhônalpin) souhaitent aménager le réseau pour l'ouvrir au public, sans succès[36]. Les galeries passionnent, aujourd'hui encore, et l'annonce du percement d'un second tunnel entoure d'une certaine effervescence les arêtes de poisson. Des écrits de cataphiles, des articles de presse, des reportages radiophoniques[37], des conférences[38] soutiennent l'intérêt du public pour ces souterrains. Le 28 septembre 2007, la presse locale se sera fait l'écho de Jean-Luc Chavent pour ses projets de pétition et d'inscription des galeries à l'UNESCO[39],[40].

Diagnostic archéologique préventif de 2008[modifier | modifier le code]

Grâce à cela, en décembre 2007, le Service régional de l’archéologie en Rhône-Alpes prescrit une étude détaillée du réseau souterrain afin de « mettre en évidence la nature et de préciser la datation des ouvrages repérés »[15],[41]. Cette réalisation est attribuée le au Service archéologique municipal de la ville de Lyon, en collaboration avec l'Unité Galerie de la Communauté urbaine de Lyon (office chargé de la surveillance et de l’entretien des galeries souterraines), avec Emmanuel Bernot désigné comme responsable scientifique[42].

La période de fouille courant de juin à , les archéologues découvrent deux nouvelles galeries parallèles s'étendant apparemment sur plusieurs kilomètres (dont huit salles voûtées) et qui vont du secteur des Fantasques à la rue de Crimée, ainsi que quelques petits morceaux d'os (trop petits pour être datés) et des céramiques du IIe siècle dans les galeries de 1959. Sans pouvoir formellement dater l'édifice, la cohérence de l'ensemble fait dire que la structure a été construite à l'occasion d'une seule et même campagne de construction[17],[43]. Ainsi, ils proposent que le site remplissait une fonction militaire et était rattaché à la citadelle Saint-Sébastien (1564-1585)[32],[44]. Pour eux, ces deux nouvelles galeries auraient servies à relier l'extérieur de la citadelle (rue des Fantasques), à l'intérieur (rue de Crimée)[45], et les galeries découvertes en 1959 à la relier au Rhône[32].

Alors que des cataphiles réclament de savoir ce qui est advenu des ossements réputés avoir été murés, l'équipe d'archéologue soutient qu'aucun amas d'ossement à proprement parler n'a été retrouvé et que les arêtes étaient toutes de tailles semblables[46]. Un chantier de fouille au no 2 place Chazette, en 2012, permettra de tisser un probable lien entre eux et un espace funéraire attesté de la fin du IIe siècle, là où les cendres de Sainte-Blandine auraient été dispersées, qui aurait soit été réactivé, soit qui aurait perduré durant le haut Moyen-Âge[10].

Un an plus tard, durant les analyses post-fouilles, ils déterminent la provenance des pierres de construction autour des monts d'Or (au nord de Lyon) d'une part, et des carrières du mâconnais (rives droites de la Saône) d'autre part[16]. Le double tunnel de la Croix-Rousse allant entraîner la destruction d'une partie de l'édifice, la mission archéologique a réalisé des plans en trois dimensions[15],[17].

En 2013, une datation par le carbone 14 de pièces d'échafaudages en bois laissées dans la maçonnerie fait remonter la construction de l'édifice à la période antique, entre le IVe siècle av. J.-C. et le début de notre ère[32],[4].

Description[modifier | modifier le code]

Description commune[modifier | modifier le code]

Dans les « arêtes » et les « antennes », les galeries font en moyenne 2,2 m de hauteur et 1,9 m de largeur. Totalisant trente-quatre galeries, elles peuvent être découpées en deux systèmes reliés entre eux par une galerie de liaison longue de 123 m. Le réseau est organisé en tronçons, les uns à l'aplomb des autres, et s'étend d'est en ouest depuis le plateau de la Croix-Rousse jusqu'à la rive droite du Rhône. Des puits les relient à la surface, ceux-ci ayant vraisemblablement servis de repères topographique, à évacuer les déblais, descendre les matériaux de construction et les ouvriers, voire à ventiler les cavités durant le chantier[47].

Plan des galeries en arêtes de poisson sous la Croix-Rousse
Forme générale des galeries sous les pentes de la Croix-Rousse.

Les « arêtes »[modifier | modifier le code]

Dans les « arêtes de poisson » stricto sensu, on retrouve deux « colonnes vertébrales » distantes de 9 m, l'une au-dessus l'autre[32].

Au total, près de 1,4 km de galeries et 480 m de puits qui ont été creusés et maçonnés dans ces premières cavités, même si depuis le percement du second tunnel de la Croix-Rousse, quatre arêtes et une petite partie de la colonne vertébrale ont été détruites[46], soit près de 70 m de galeries. Celles sous le niveau du Rhône étant encore quant à elles conservées[48].

« Colonne vertébrale » supérieure[modifier | modifier le code]

Arêtes visibles depuis le second tunnel de la Croix-Rousse en septembre 2022
Arêtes visibles dans le second tunnel de la Croix-Rousse,

La « colonne vertébrale  » supérieure, la plus longue, mesure 156 m. Elle est marquée par trois coudes successifs ainsi que trente-deux galeries organisées par paires, longues d'environ 30 m et terminées en cul-de-sac, reliées à la surface par seize puits carrés placés à la jonction des arêtes. Leur hauteur peut varier entre 8 m de profondeur sous la rive, 25 m sous la rue des Fantasques et 21 m sous la rue Magneval[48]. L'extrémité orientale du réseau se termine par un long boyau parallèle à la berge du Rhône, aujourd'hui sous les eaux du Rhône et noyée par celles-ci (artificiellement surélevées depuis les années ).

« Colonne vertébrale » inférieure[modifier | modifier le code]

La « colonne vertébrale » inférieure double sa jumelle depuis le puit situé rue Magneval, jusqu'au quatorzième jeu d'arêtes, les premières sont construites sous la rive du Rhône[48].

L'extension nord[modifier | modifier le code]

Gravure représentant une portion des antennes dessinée par Chenavard en 1850.
Gravure des galeries de l'extension nord, par Chenavard, en 1850.

Les antennes nord et sud[modifier | modifier le code]

Une deuxième paire de galeries est connectée aux arêtes de poisson. L'antenne nord mesure près de 215 m et comporte onze puits, tandis que l'antenne sud est conservée sur 296 m et comporte près de vingt-trois puits[48], dont l'un se raccorde aux « arêtes »[49]. L'une et l'autre sont respectivement à près de 7,5 m et 17 m de profondeur et espacées sur 12 m. Tout commes les arêtes, elles sont aussi composées de tronçons horizontaux, disposés également en escalier et perpendiculaires les uns par rapport aux autres[48].

Les salles[modifier | modifier le code]

Sept salles voûtées relient les antennes nord et sud, dont deux intégralement conservées ; bien que neuf salles existent toujours, les deux situées à l'extrémité orientale des antennes s'étendent jusqu'à des « embryons de galeries »[48]. Chacune d'elles mesure 3,75 m de large et surmontée de deux voûtes en berceau, surmontées d'un puit carré à leur extrados et au sol pour communiquer avec la galerie du bas[48]. Leur épaisseur pouvant varier de 25 cm à 75 cm, voire 1 m en certains endroits[48].

Les matériaux de construction[modifier | modifier le code]

Calcaire à entroques.
Calcaire à entroques.

Les pierres de maçonnerie sont principalement composées d'un calcaire d'accumulation à grosses entroques de couleur beige[50] à rouge[51] que l'on retrouve dans le val de Saône, aux environs de La Salle, à 13 km au nord de Mâcon, d'où elles auraient pu être transportées par voie fluviale ou terrestre[50]. On remarque également un rare emploi de blocs de grès (provenant du chantier), de lits silicifiés, et quelques moellons de gneiss[50].

Échantillon de gneiss

Le sol des galeries est composé d'un radier[8] en hérisson recoupé d'une chape de mortier qui assure le maintien des parois et draîne les eaux au pied des murs. Ce sol est composé de divers matériaux (calcaires, galets, granite, gneiss, fragments de briques et de tuiles) sur une épaisseur variant de 10 cm à 70 cm[50].

L'ensemble des galeries (« colonnes vertébrales », « arêtes », « antennes », salles et puits) ont toujours ou ont eu leurs joints beurrés et soulignés à la pointe de la truelle. Le liant utilisé dans les murs est un mortier de chaux dont l'agrégat est constitué d'une bonne part de sable fin, d'une part plus faible de sable moyen et de petits graviers et d'une plus petite part, mais homogène, de charbon de bois et de tuileau[52]. Un mortier de parement a été rajouté à l'arête des murs et des voûtes, là où figurent de nombreuses inscriptions[53].

Géomorphologie[modifier | modifier le code]

L'histoire des galeries antiques de la Croix-Rousse est aussi liée à l'évolution du sous-sol dans lequel elles reposent et que la géomorphologie tente de reconstituer.

Contexte géologique[modifier | modifier le code]

La colline de la Croix-Rousse naît d'un fossé d'effondrement, survenu au début du tertiaire (Oligocène), entre le Massif Central et les Alpes, qui se comblera jusqu'au Pliocène. Le site de la Ville de Lyon actuelle devenant alors successivement le delta d'un lac ou l'embouchure d'une mer, dite « des Molasses »[54]. L'est de l'agglomération est installée sur un empilement de sédiments marins et littoraux, puis lacustres, deltaïques et enfin continentaux. De la fin du Miocène et durant le Pliocène, des argiles et du comblement de matériaux alpins vont venir s'y déposer. Un réseau hydrographique s'installe et va commencer à façonner le relief que nous connaissons aujourd'hui. Au cours du Quaternaire, des pulsations du glacier alpin rejoindront les rives du Rhône, jusqu'au piémont centralien. Lors du retrait glaciaire, des dépôts éoliens (loess et loam) saupoudrent les moraines et les reliefs périphériques, l'érosion fluviale façonnant le relief actuel.

Bien que la colline de Fourvière et de la Croix-Rousse soient proches, la dernière se caractèrise comme étant un plateau de moraine constitué à l'ouest par des affleurements de socle gneissique et à l'est par des matériaux argileux du Miocène qui suivent la dynamique du fossé. C'est en parti ce substrat géologique qui a été observé pendant le creusement du second tunnel de la Croix-Rousse et c'est cette nature principalement argileuse qui exposent les sous-sols des balmes lyonnaises à d'importants risques de déséquilibre (fluage, éboulement rocheux)[55], argiles qui entourent le réseau antique[11].

Analyse[modifier | modifier le code]

Depuis les années jusqu'en , un fonti sur trois a été causé par des effondrements de galeries. Les fuites de réseau d'eau et les grosses pluies représentent quant à elles deux causes sur cinq ; l'effondrement d'anciens puits représentant la troisième cause majeure. Si aucune précision n'est donnée sur la localisation précise des dites galeries, près de huit fontis dans le secteur des Fantasques ont été répertoriés sur la même période[56]. Aussi, lors du percement du second tunnel de la Croix-Rousse, de nombreuses altérations du sous-sol ont pu être notées ainsi qu'une faille à 18 m de la tête est du chantier[57].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Plan de Lyon de 1746 faisant apparaître le chemin des Fantasques et le séminaire Saint-Irénée
Plan de Lyon de 1746 faisant apparaître le chemin des Fantasques et le séminaire Saint-Irénée

En , Camille Germain de Montauzan cite, dans sa thèse Les Aqueducs antiques de Lyon, ce qui était considéré comme la seule portion observable de l'aqueduc de Cordieux ayant pu alimenter l'amphithéâtre des Trois Gaules « par la rue des Fantasques et le clos de l’ancien séminaire [actuelle place Croix-Paquet] »[21]. Sur la base des observations d'Alexandre Flachéron, il réfute cette hypothèse car la pente « sur ce souterrain observé sous plusieurs maisons de la rue du Commerce et allant vers le Jardin des Plantes » se dirige vers le Rhône, soit à l'opposé de l'amphithéâtre. De plus, en l'absence de ciment de tuileau normalement utilisé par les romains dans leurs aqueducs, comme Flachéron, il leur reconnaît une origine romaine et un hypothétique usage d'égout[21]. Depuis, il est admis que les galeries ne servaient pas à faire passer de l'eau et qu'elles ne remplissent cette fonction que récemment[4],[18].

En , Walid Nazim, co-auteur de Recueil du Lyon souterrain (E. Fuster, 2006)[58], publie L'Énigme des arêtes de poisson. Il s'agit d'une personnalité qui participe activement au débat sur les fouilles (datation, pierres et techniques de construction, fonction des lieux). Se définissant lui-même comme autodidacte[59], il partage ses interprétations durant ses conférences et ses interviews. D'ailleurs, certaines d'entre elles sont proches de celles relatées par Cochard en son temps[60]. Il soutient une origine médiévale à ce réseau (XIIIe siècle) qui aurait été l'entrepôt du trésor des Templiers[29],[30]. Guillaume de Beaujeu (12??-1291), grand maître de l'ordre du Temple, est présenté comme seigneur de Miribel et commanditaire de la structure. Il les auraient également reliées au château de Miribel en faisant d'abord construire les Sarrasinières sur des terres lui appartenant. Il suppose également l'utilisation de pierres du Beaujolais plutôt qu'une pierre locale, pensant à un projet de grande envergure dont il ne resterait plus aucun plans[61]. Cependant, en se mariant avec Marguerite de Baugé, il est attesté que seul Humbert V et sa descendance ont été seigneurs de Miribel[62] et, en tant que chevalier chrétien, Guillaume ne pouvait en avoir le titre. D'ailleurs, Cochard affirmait que l'autorité et les possessions des seigneurs de Beaujeu s'arrêtaient au devant des remparts de la ville[60]. Le débouché oriental restant enclos dans la ville, il admettait aussi qu'elles n'auraient pu permettre que de discrets déplacements allant devant les remparts[60].

L'une des inscriptions tracées dans le mortier encore frais.

Par ailleurs, eu égard aux graffitis à consonance latine retrouvés dans le mortier[63] et aux différents artefacts de la période romaine retrouvés dans les galeries au cours des précédentes fouilles, la thèse médiéviste de Walid Nazim suscite le scepticisme du service archéologique de la ville de Lyon : « Le mystère ouvre la porte à l'imagination, mais pas forcément à la certitude scientifique. Je ne sais pas sur quelles données factuelles s'appuie Walid Nazim. Si je n'adhère pas à sa thèse, elle a le mérite d'être communiquée au public, ce que nous avons sûrement eu tort de ne pas faire assez », déclare la directrice du service archéologique[35]. La datation par le carbone 14 qu'ont opérés deux laboratoires distincts sur des charbons prélevés en plusieurs points du mortier a depuis confirmé la thèse antiquisante : « Sur les quatre échantillons analysés, trois datent du changement d'ère et le dernier du IIIe ou IVe siècles av. J.-C. ! »[3].

La datation antique conduit ainsi à avancer d'autres interprétations : lieu de stockage pour le Thesaurus de Lugdunum '"`UNIQ--nowiki-00000162-QINU`"'n 1'"`UNIQ--nowiki-00000163-QINU`"',[64] ou relation avec le sanctuaire des Trois Gaules[64] que certaines hypothèses placent au sommet de la colline[65], au plus près de l'extension nord. Entre autres exemples, en 2018, une campagne de datation des Sarrasinières situe les deux édifices au sein d'une même période (entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle de notre ère) et confirme l'emploi du même type de pierres de construction (calcaire rouge du nord de Mâcon). Depuis, les archéologues présument que les sites étaient connectés et qu'ils partageaient les mêmes fonctions (transit militaire ou commercial)[51],[66].

Recherches[modifier | modifier le code]

La salle no 6 de l'extension nord du réseau.

Depuis , la Ville de Lyon mène un Projet Collectif de Recherche « Galeries antiques de la rive droite du Rhône à Lyon et en amont »[67], porté par Cyrille Ducourthial, qui a pour objet l'étude archéologique des souterrains lyonnais. Ce PCR regroupe de nombreux acteurs publics et privés de la recherche scientifique, dont la Maison de l'Orient et de la Méditerranée, la DRAC-AURA, la ville de Lyon, le CNRS, l'INSA de Lyon et Operandi (cabinet de géomètres).

Entre et , les galeries ont été modélisées par numérisation lasergrammétrique[68]. Ce modèle numérique a été réalisé par un groupe d'étudiants de l'École centrale de Lyon et le service archéologique de la ville de Lyon[4].

Depuis le , ces acteurs se sont regroupés autour du studio GALERI3 (Galeries Antiques de Lyon : Exploration et Restitution Informatique 3d), au sein du Labex « Intelligence des Mondes Urbains » de l'université de Lyon[69]. Il rassemble des universitaires qui vont étudier la colline de la Croix-Rousse dans sa géologie, son hydrogéologie, sa géoarchéologie, sa paléohydrologie, sa géochimie et sa géohistoire. L'entreprise finale étant la patrimonialisation de ce site archéologique unique pour le monde romain[70].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lieu de stockage de l'administration fiscale romaine durant l'Antiquité tardive

Références[modifier | modifier le code]

  1. Delescluse 2008, p. 32.
  2. « Inventaire départemental des cavités souterraines (hors mines) du Rhône BRGM RP-52977-FR », (consulté le ), p. 46
  3. a b c d et e Bernot et al. 2013, Une datation inattendue, p. 50
  4. a b c et d France Info 2019
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Littérature scientifique (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

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    D'après Djamila Fellague (Les souterrains antiques..., 2017, p. 58), ce film « s'oriente vers des interprétations invraisemblables. Se mêlent des considérations éparses sur la Pythie de Delphes, le Graal, le temple de Jérusalem, l'ordre du Temple, les francs-maçons, la symbolique des nombres, le chamanisme, l'éther des alchimistes, une géométrie sacrée ou encore une pseudo archéoastronomie...».
  • [Schittly 2016] Richard Schittly, « Lyon s’étrangle autour des « arêtes de poisson » : Le réseau de galeries souterraines, creusé il y a des siècles sous la colline de La Croix-Rousse, alimente les fantasmes. », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
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  • [Beraud 2019] Guillaume Beraud, « Lyon : l'énigme sous la colline : Immersion historique au cœur du sous-sol croix-roussien » Accès libre, sur Le Progrès (consulté le ).
  • [Garrido 2021] Nathalie Garrido, « LYON | L’édifice, fermé au public et désacralisé, recèle une histoire singulière. Croix-Rousse : quel secret cache l’église Saint-Bernard ? », Le Progrès,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
La légende de l'illustration no 2 en tête de cet article mentionne uniquement la présence d'un ancien puit carré et de galeries sous les fondations de l'église, pas d'un éventuel point d'accès aux galeries. Voir Emeriault et al. 2007, p. 20
  • [Bouiller 2021] Céline Bouiller, « 2.000 ans après, les Sarrasinières vont-elles livrer leurs secrets ? », Bugey-Côtière, no 1299,‎ 22-28 juillet 2021 (lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Reportages[modifier | modifier le code]

Émissions de radio (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

Reportages télévisés (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

Reportages photographiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]