Guillaume de Beaujeu

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Guillaume de Beaujeu
Image illustrative de l'article Guillaume de Beaujeu
Titre
21e Maître de l'Ordre du Temple
Prédécesseur Thomas Béraud
Successeur Thibaud Gaudin
Maître de province des Pouilles
Prédécesseur Arnoul de Wisemale[1]
Successeur Arnoul de Wisemale
Maître de province de Tripoli
Biographie
Date de décès
Lieu de décès Saint-Jean-d'Acre
Père Guichard de Beaujeu
Mère Catherine, fille de Guillaume VIII

Guillaume de Beaujeu
Blason de la famille de Beaujeu

Guillaume de Beaujeu (parfois cité comme Guillaume de Beaulieu)[2], mort en 1291 (lors du Siège de Saint-Jean-d'Acre), était le 21e maître de l'Ordre du Temple.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume de Beaujeu est toujours présenté comme étant originaire de Bourgogne[3] et apparenté à Charles Ier d'Anjou[4]. Il fut d'abord seigneur de Sevans[5] avant de rejoindre l'Ordre des Templiers.

La plupart des historiens s'accordent pour penser que sa mère Catherine était la fille de Guillaume VIII, Dauphin d'auvergne mais son père est souvent qualifié à tort de seigneur de Beaujeu[5]. Si tel est le cas, il s'agit alors de Guichard de Beaujeu, seigneur de Monpensier de 1216 à 1256[6].

Il serait donc frère avec Humbert de Beaujeu[7], connétable de France et Héric de Beaujeu, maréchal de France. Quoi qu'il en soit, son appartenance à la maison de Beaujeu n'est pas remise en cause[8] comme en atteste le blason qu'il portait.

Seigneur de Sevans[modifier | modifier le code]

Le toponyme de Sevans n'étant plus d'usage et les informations concernant cette seigneurie étant absentes, il est difficile de déterminer de quelle seigneurie il s'agit. De plus, elle est parfois désignée sous le nom de Sevens.

Ce pourrait être Sept-Vents[9] mais l'éloignement géographique semble trop important et l'histoire généalogique de la maison de Beaujeu ne fait pas ressortir d'alliances avec le duché de Normandie à cette époque[8].

Ou alors, Il pourrait s'agir de Seveux comme le pensait l'Académie des sciences de Besançon car les seigneurs de Beaujeu étaient peut-être également seigneurs de Ray à cette même époque[10] et avaient des liens avec le comté de Bourgogne grâce au mariage d'Alix de Savoie, fille d'Amédée III de Savoie et arrière petite-fille de Guillaume Ier de Bourgogne, comte de Bourgogne avec Humbert III de Beaujeu, seigneur de Beaujeu.

Maître de l'ordre du Temple[modifier | modifier le code]

Entré dans l'ordre en 1253[11], il commença sa carrière en tant que châtelain du château Pèlerin[12], était commandeur de la province de Tripoli en 1271[13] puis maître de la province du royaume de Sicile depuis deux ans[14] et n'était pas en Terre Sainte lorsqu'il fut élu maître de l'Ordre du Temple, le 13 mai[3] 1273[15]. Le chapitre désigna le frère Goufier (de roannais) comme grand commandeur tenant lieu de maître[N 1] en attendant son arrivée et envoya les frères Bertrand de Fox[N 2] et Guillaume de Ponçon[N 3] le chercher[19].

Il est d'abord présent au deuxième concile de Lyon avant un voyage en Angleterre afin de récupérer les sommes considérables empruntés par Édouard Ier d'Angleterre (Acte signé à Londres le 11 août 1274)[3].

Il n'arriva qu'en septembre de cette année[3] dans la ville d'Acre, reste à peu près unique des établissements chrétiens en Orient. Lorsqu'en 1291, le sultan d'Égypte Khalil al-Ashraf vint mettre le siège devant cette place, Guillaume de Beaujeu mérita, par ses talents guerriers et l'ascendant de son caractère, que tout ce qui restait de défenseurs à la Terre Sainte se missent sous son commandement.

Il justifia cet honneur par ses prodiges d'héroïsme et la glorieuse mort qu'il trouva sous les murs de la ville assiégée. Lorsque les mamelouks parviennent à rompre les remparts de Saint-Jean-d'Acre et y pénètrent le 17 mai 1291, Guillaume reçut une flèche sous l'aisselle[7]. La légende raconte que se retirant vers les lignes arrières, il est apostrophé par un templier à qui il aurait répondu : « je ne m'enfuis pas, je suis mort ». Il sera ramené à la commanderie où il décédera quelques heures plus tard.

Les hommes de son temps[modifier | modifier le code]

Au cours de sa vie et comme maître de l'ordre du Temple, Guillaume de Beaujeu a côtoyé des hommes remarquables :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « et frere Goufier fu fait commandeor grant; tenant lieu de maistre ». Ce titre correspond au grand commandeur par intérim de la règle du Temple[16]. Guillaume de Ponçon l'était avant l'élection et ce frère le fut en attendant que Guillaume de Beaujeu rejoigne l'Orient.
  2. Bertrand de Fos était commandeur de la province de Chypre en 1271[17] et vers 1288[18].
  3. Guillaume de Ponçon était maître de la province d'Aragon (1262-1266) avant de rejoindre la Terre sainte. Il a tenu lieu de maître de l'ordre à la suite du décès de Thomas Béraud et jusqu'à l'élection de Guillaume de Beaujeu, cf. L'Estoire d'Eracles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Demurger 2008, p. 334
  2. Histoire constitutionnelle et administrative de la France depuis la mort de Philippe-Auguste, Tome II. sur Google Livres, Baptiste-Honore-Raymond Capefigue, 1834.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Histoire critique et apologétique de l'ordre des chevaliers du temple de Jérusalem dits Templiers sur Google Livres, Claude Mansuet Jeune, 1789, pages 70 à 89.
  4. La croix d'Anjou au cœur de la Provence. sur Google Livres
  5. a et b Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des Pairs, grands officiers de la couronne et de la maison du roi... sur Google Livres, Anselme de Sainte-Marie, Honoré Caille Du Fourny & Ange de Sainte-Rosalie, compagnie des libraires, 1730, page 85.
  6. Mémoires pour servir a l’histoire de Dombes, Tome I. sur Google Livres, Marie-Claude Guigue, 1868, pages 520-522.
  7. a et b Demurger 2008, p. 413-414
  8. a et b Cartulaire de l'église collégiale Notre-Dame de Beaujeu, suivi d'un appendice et d'un tableau généalogique de la maison de Beaujeu. sur Google Livres, Marie-Claude Guigue, 1864, page 59.
  9. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, volume 5. sur Google Livres, Imprimerie de Baudoin, 1805.
  10. Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, Tome IV. sur Google Livres, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté, 1867, page 363.
  11. Bulst-Thiele 1974, p. 260
  12. Demurger 2008, p. 143
  13. Pierre-Vincent Claverie, L'ordre du Temple en Terre Sainte et à Chypre au XIIIe siècle , catalogue analytique des actes relatifs à l’histoire de l’ordre en Terre Sainte et à Chypre aux XIIe et XIIIe siècles., vol. 3, Nicosie, Centre de Recherche Scientifique, coll. « Sources et études de l'histoire de Chypre », , 680 p. (ISBN 978-9-9630-8094-6, présentation en ligne), p. 324 ; Bulst-Thiele 1974, p. 260, 288 ; Reinhold Röhricht, Regesta regni Hierosolymitani (MXCVII-MCCXCI) : Additamentum, (lire en ligne), p. 359 (n°1378); (it+fro) Sebastiano Paoli, Codice diplomatico del sacro militare ordine Gerosolimitano oggi di Malta, (lire en ligne), p. 194-195 (n°152)
  14. Bulst-Thiele 1974, p. 260, 288 ; Regesta chartarum Italiae, (présentation en ligne), chap. 25, p. 343 (n°258)
    1272: « Religioso fratri G. De Belloioco, magistro domorum militie Templi in regno Sicilie ».
  15. Demurger 2008, p. 611
  16. Henri de Curzon, La règle du temple : publiée pour la société de l'histoire de France, Renouard, , 1e éd., XLJ+368 p. (lire en ligne), p. 142-149
    Retrais n°198-215.
  17. Claverie 2005, p. 177
  18. Amédée-Louis-Alexandre Trudon des Ormes, « Liste des maisons et de quelques dignitaires de l'ordre du Temple en Syrie, en Chypre et en France d'après les pièces du procès », dans Charles-Jean-Melchior de Vogüé, Revue de l'Orient latin - Vol. V., Paris, Ernest Leroux, (réimpr. 1964) (ISSN 2017-716X, lire en ligne), p. 434
  19. Demurger 2002, p. 66-69 ; (la) Reinhold Röhricht, Regista Regni Hierosolymitani (1097-1291) : Edidit, (lire en ligne), p. 360 (N°1387) ; « L'Estoire de Eracles empereur et la conqueste de la terre d'Outremer », dans Recueil des historiens des croisades. Historiens occidentaux., t. II, , p. 463, disponible sur Gallica
    Mai 1273: « frere Guillaume de Biaujeu, qui estoit Outre mer commandeor du Temple en Puille ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]