Économie du Gabon

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Gabon
Indicateurs économiques
Monnaie Franc CFA
Année fiscale calendaire
Organisations internationales CEMAC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 17,05 milliards $ (2011)
Produit intérieur brut en PPA
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB 3,6 % (2008)
PIB par habitant en PPA 11082 $ (2011)
PIB par secteur agriculture : 5,7 % (2008)
industrie : 57,2 % (2008)
services : 37 % (2008)
Inflation (IPC) 5 % (2008)
Pop. sous le seuil de pauvreté
Indice de développement humain (IDH) 106e (2011)
Population active 592 000 (2008)
Population active par secteur agriculture : 60 % (2000)
industrie : 25 % (2000)
services : 15 % (2000)
Taux de chômage 21 % (2006)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 9,74 milliards $ (2008)
Biens exportés
Principaux clients États-Unis 32,5 %, Chine 15,8 %, France 9,4 %, Malaisie 6 %, Trinité-et-Tobago 5 % (2007)
Importations 2,83 milliards $ (2008)
Biens importés
Principaux fournisseurs France 27,7 %, États-Unis 19,1 %, Belgique 5,4 %, Pays-Bas 4,7 %, (2007)
Finances publiques
Dette publique
Dette extérieure
Recettes publiques
Dépenses publiques
Déficit public
Aide au développement

Le Gabon exporte du manganèse, du pétrole, du fer, du bois et bien d'autres produits de son sol et son sous-sol depuis bien avant les années 1960. L'exploitation des mines d'uranium de Franceville est terminée depuis 1999. Le train de Lastourville-Libreville exporte depuis lors le minerai des mines de manganèse et de fer situés à Moanda. Les gisements ferreux de Bélinga au nord-est de Makokou vont être exploités par un consortium d'entreprises chinoises[1].

De nouveaux gisements de pétrole ont été trouvés dans les eaux profondes de la bordure littorale gabonaise et représente un impressionnant potentiel économique futur.

Actuellement, un gisement de molybdène a été repéré à Mouila, sa capacité est estimée à 100 millions de tonnes.

Un autre gisement dont le minerai contient du niobium a été découvert près de Lambaréné.

Ces nouveaux gisements sont vitaux pour le pays, malheureusement, ils sont situés dans une zone très difficile d'accès, et il n'y a pas de route, de voie ferrée ou de fleuve pour y accéder. Aujourd'hui, l'état Gabonais tente de faire construire une voie ferrée entre les villes de Kango celle de Lambaréné et de Mouila, les travaux sont très difficiles et donc très longs.

Développement[modifier | modifier le code]

Malgré ses atouts économiques, le Gabon n'est classé en 2011 qu'au 106e rang sur 187 pour l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Le niveau de vie moyen des Gabonais apparaît comme être sensiblement supérieur à la moyenne des pays d'Afrique. En termes de parité de pouvoir d'achat (capacité de consommation) 11,5 % de la population toucherait plus de 30 000 €, 32 % toucherait plus de 15 000 €, et 27 % des ménages moins de 5 000 €. De fait, le coût de la vie y est relativement élevé pour certains produits, notamment dans la capitale et les grandes villes.

L'industrie pétrolière[modifier | modifier le code]

Le Gabon est en 2010 le 40e producteur de pétrole mondial, avec 227 900 barils par jour[2]. Sa production pétrolière a entamé son déclin en 1997.

Depuis les années 1970, le pétrole représente grosso-modo 80 % des exportations, 60 % des recettes de l'État et 40 % du PIB du Gabon. C'est dire l'importance fondamentale de ce secteur d'activité dans l'économie gabonaise.

Les premiers puits de pétrole sont entrés en exploitation dans les années 1950, dans l'Ogooué-Maritime (Port-Gentil est la capitale du pétrole) d'abord sur terre, puis, un peu plus tard, off-shore. Pendant longtemps, Elf-Gabon et Shell Gabon se sont partagé l'essentiel des gisements attribués par le ministère du pétrole et la Société Nationale Pétrolière Gabonaise. Ces dernières années, un nombre plus important de compagnies pétrolières a pu opérer au Gabon: Perenco, Panafrican (rachetée depuis par Addax), Maurel et Prom, Vaalco, etc.

Le pétrole est une richesse fondamentale, mais aussi une richesse aléatoire. D'une part, la production varie en fonction de l'épuisement des nappes connues et des nouvelles découvertes. D'autre part, les cours du pétrole varient eux-mêmes. Les années 1970 ont apporté au Gabon un véritable pactole avec l'envolée des cours comme de la production. Cela a permis une politique de grands travaux à Libreville, notamment. Mais la récession des années 1980 n'en a été que plus durement ressentie. Comme d'autres pays, le Gabon s'est endetté et la baisse des revenus pétroliers a compliqué le remboursement de cette dette.

La remontée des cours et de nouvelles découvertes (gisement de Rabi-Kounga) ont permis un renversement de la situation dans les années 1990. Néanmoins les découvertes se font plus rares. Il reste des gisements en eau profonde à exploiter, mais leur coût d'exploitation les rend moins rentables que les premiers puits. Des tensions apparaissent entre le Gabon et la Guinée équatoriale pour le contrôle d'îlots sans intérêt par eux-mêmes, mais dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole (Mbanié).

Le Gabon devra par conséquent diversifier son économie pour faire face au déclin inévitable de la production pétrolière, le pic pétrolier ayant été atteint en 1996–1997.

Variations de la production pétrolière
Année Production (en tonnes)
1957 176 000
1964 1 000 000
1976 11 325 000
1985 8 626 000
1997 18 500 000
2002 12 500 000
2007[3] 11 000 000

Le gaz naturel est utilisé depuis plusieurs décennies pour la production d'électricité à Port-Gentil. En janvier 2008, un gazoduc a été mis en service entre le champ de Diga et les centrales électriques de Port-Gentil et Akournam, dans la banlieue de Libreville. Les volumes livrés sont de l'ordre de 300 000 m³/jour à chacune des deux centrales. Le volume total devrait doubler d'ici 2013. Cette infrastructure, construite et opérée par la société Perenco, devrait permettre de limiter les délestages qui frappent régulièrement la capitale.

Les ressources gazières du Gabon, à elles seules, peinent à justifier aujourd'hui le développement d'un train de liquéfaction (production de GNL). Toutefois, le seuil de rentabilité d'un tel investissement s'abaissant progressivement sous l'effet des développements technologiques et de l'augmentation du prix du gaz, un terminal de GNL pourrait voir le jour dans la décennie à venir, probablement à Gamba, à proximité du terminal pétrolier de Shell Gabon.

Le manganèse et les autres richesses du sous-sol[modifier | modifier le code]

Exploité depuis 1962 par la COMILOG (COmpagnie MInière de l'OGooué), le manganèse du Haut-Ogooué est la deuxième source de richesse du Gabon, après le pétrole. Les roches manganésifères étant proches de la surface, l'exploitation se fait à ciel ouvert. Un gros problème logistique s'est posé pour l'évacuation du minerai. Il a fallu construire un téléphérique de 70 km de long pour le transporter jusqu'au Congo-Brazzaville où le chemin de fer permettait ensuite d'amener le manganèse au port de Pointe-Noire. C'est pour ne plus avoir à passer par un État voisin que le Gabon a construit sa propre ligne de chemin de fer dans les années 1980 (le Transgabonais). Désormais le minerai de manganèse rejoint le port d'Owendo, au sud de Libreville. Dès 1964, la production annuelle approchait le million de tonnes pour atteindre 2,5 millions de tonnes en 1989 et 2,8 millions de tonnes en 2005. Grâce aux mines de Moanda, le Gabon est le deuxième producteur mondial de manganèse, derrière l'Afrique du Sud. Le minerai de manganèse du Gabon possède une teneur en manganèse de 50 % et les réserves sont estimées à 27 % des réserves mondiales.

La filière bois[modifier | modifier le code]

La forêt équatoriale qui couvre près de 85 % du territoire gabonais abrite une essence, l'okoumé, abondamment exploitée depuis un siècle, presque exclusivement pour l'exportation. La forêt est aussi exploitée pour l'ébène depuis longtemps. L'exploitation forestière a occupé jusqu'à un tiers des emplois salariés au Gabon, avant l'essor de l'industrie pétrolière dans les années 1970. En 1998, le bois représentait encore 14 % des exportations du Gabon. Chaque année, 1,6 million de m3 sont exportés, principalement vers la Chine et vers la France. La SNBG, Société Nationale des Bois du Gabon, détenait le monopole de l'exportation d'okoumé et d'ozigo jusqu'à la fin de l'année 2005. Aujourd'hui, sous la pression du FMI, l'État Gabonais a dû procéder à la restructuration de cette entreprise et le 1er janvier 2006, la SNBG est entrée dans l'environnement concurrentiel du marché du bois.

Il existe trois zones d'exploitation. La première se trouve à proximité des cours d'eau, principalement sur la côte, de manière à faciliter l'évacuation des billes par flottage vers les ports de Libreville et Port-Gentil. Puis sont apparus les camions grumiers et la mécanisation du transport a permis d'ouvrir des chantiers forestiers à l'intérieur des terres, on atteignait la seconde zone d'exploitation. Depuis la mise en service du Transgabonais, dans les années 1980, une partie des grumes est transportée par le chemin de fer: la troisième zone d'exploitation a pu être atteinte ici grâce au chemin de fer qui a rendu l'accès possible dans les zones beaucoup trop éloignées de la côte. La production d'okoumé est partiellement transformée en contreplaqué à Port-Gentil.

Depuis les années 1970, les cours du bois connaissent des fluctuations qui rendent l'exploitation plus ou moins rentable. Pour s'efforcer d'y remédier, les compagnies forestières diversifient les essences commercialisées. D'autres bois comme l'ozigo, le sipo, l'aielé, l'iomba, l'apo, le niové, le bilinga ou encore le douka font leur apparition alors que dans les années 1970 l'okoumé représentait à lui seul plus de 80 % de la production totale. Une soixantaine d'essences présentent un intérêt commercial.

Contrairement à d'autres pays d'Afrique, le Gabon devrait pouvoir conjuguer l'exploitation du bois et la préservation de la forêt, en raison de la faible population du pays. À condition de ne pas surexploiter la ressource, la forêt gabonaise devrait pouvoir se régénérer naturellement, la pression agricole étant peu importante. Il existe des accords pour la préservation de l'environnement qui attribuent notamment 10 % du territoire à des réserves naturelles. Mais dans ce domaine, comme dans d'autres, les appétits financiers opposent la théorie et la réalité.

Toute de même, l'espoir renaît avec l'arrêt décidé par le gouvernement de l'exportation du bois brut au Gabon d'ici mai 2010 afin de permettre aux entreprises opérant au Gabon d'industrialiser la filière bois direct localement. C'est à cet effet que le gouvernement gabonais en partenariat avec l'entreprise singapourienne OLAM Int. ont décidé de créer une zone économique spéciale (ZES) de 200 millions d'€ à Nkok (20 km de Libreville)pour la transformation du bois, pour donner une valeur ajoutée à l'État et permettre de résorber le chômage au Gabon avec une création d'emplois de 9 000 postes directs et indirects.

Agriculture, élevage et pêche[modifier | modifier le code]

L'agriculture gabonaise est peu développée. Elle est constituée essentiellement de cultures vivrières destinées à l'auto-consommation (banane plantain, manioc, taro, igname). Les villageois vendent leurs quelques surplus au marché pour gagner un peu d'argent. Ils élèvent quelques volailles autour de leurs maisons et consomment de la viande de brousse, ramenée par des chasseurs. Ce système ne peut pas permettre d'alimenter la population croissante de grands centres urbains comme Libreville. Même si autour de la capitale se développent des cultures maraîchères et de petits élevages à vocation commerciale, cela ne suffit pas. La FAO estime en 2005 que 60 % des vivres sont importés (riz et viande en particulier).

Les cultures de rente n'occupent pas une place prépondérante dans l'économie même si, sous l'impulsion d'Hevegab et d'Agrogabon, de grandes plantations et des élevages industriels ont été créés (huile de palme, caoutchouc, café, cacao, sucre, poulet de chair, viande bovine). L'élevage bovin est concentré dans les savanes du Sud Gabon, dans la province de la Nyanga notamment.

Dette gabonaise[modifier | modifier le code]

La dette gabonaise s'élevait en février 2007 à 2,5 milliards de dollars, dont 1,1 milliard envers la France. Le Gabon tente d'obtenir un accord du Club de Paris sur les conditions d'un remboursement anticipé en contrepartie d'une décote (réduction) de 15 % à 20 %.

Le tissu économique des petits métiers[modifier | modifier le code]

Les grandes entreprises qui exploitent les richesses naturelles du Gabon occupent le devant de la scène, mais ce ne sont pas elles qui font vivre la majorité des habitants et qui satisfont leurs besoins quotidiens. Pour cela, il existe une foule de petits métiers exercés par des artisans ou petits commerçants gabonais mais aussi immigrés d'Afrique de l'Ouest ou d'Afrique centrale. Ils offrent leurs services à des prix modiques, adaptés aux ressources de leur clientèle. Si bien, qu'au Gabon, il existe une double norme de consommation : celle, à l'européenne, dont les prix sont comparables à ceux pratiqués en Europe, et celle, à l'africaine, qui permet aux plus pauvres de vivre. Par exemple, on peut manger une brochette à 5 000 francs CFA dans un restaurant chic ou bien acheter au coin de la rue une brochette (certes plus petite) à un marchand ambulant pour 500 francs.

Quelques professions courantes :

  • épicier de quartier : couramment appelé "Malien", même s'il n'a rien à voir avec cette nationalité, il propose dans sa petite boutique les produits de base. Chaque ménagère envoie plusieurs fois par jour l'un de ses enfants au coin de la rue pour ramener du savon, de l'huile, des cubes Maggi, un Fanta ou tout autre produit dont elle peut avoir besoin dans l'instant. Gros avantage du Malien : il pratique le crédit... jusqu'à un certain point !
  • taximan : les chauffeurs de taxi collectif jouent un rôle vital pour permettre au plus grand nombre de circuler dans Libreville ou dans d'autres villes. Ils conduisent des voitures de tous genres, plus ou moins cabossées, mais peintes aux couleurs officielles des taxis (rouge et blanc à Libreville). On peut les héler et leur proposer une course ou une demi-course pour 500, 1 000 ou 2 000 francs CFA en fonction de l'endroit où on veut aller. Ils acceptent ou refusent selon que c'est sur leur trajet ou pas. S'ils acceptent, il faut s'entasser avec les quatre autres passagers qui occupent déjà le véhicule et espérer qu'un contrôle de police ne ralentira pas malencontreusement la circulation.
  • clando : variante de taximan qui conduit un taxi clandestin (d'où son nom). Il n'est pas vraiment en concurrence avec les taxis officiels dans la mesure où il roule surtout sur les routes non goudronnées où les taximen ne veulent pas aller. Ils sont tolérés par les autorités vu leur utilité pour la population.
  • chauffeur et chargeur de minibus : en plus des taxis qui vous emmènent n'importe où, il existe des minibus qui font des trajets plus délimités. Les passagers sont entassés dans la moindre place disponible. D'où la nécessité d'un "chargeur" pour caser tout le monde. Ce mode de transport existe principalement à Libreville alors qu'il y a des taxis dans toutes les villes du Gabon (jaunes et blancs, par exemple, à Oyem).
  • tailleur : beaucoup de gens achètent des pagnes pour en faire des vêtements. Ce sont des tailleurs installés dans de petites échoppes qui s'occupent de vous coudre une robe où une chemise sur mesure pour une somme modeste. Comme souvent au Gabon, il faut marchander sur le prix. Les jeunes filles coquettes sont les mieux placées pour cela...
  • vendeur de brochettes : à la tombée du soir, à Libreville, le bord des routes est envahi par ces petits marchands qui vous proposent brochettes ou poissons braisés, accompagnés de banane, de manioc ou de riz. Beaucoup de Librevillois prennent ainsi leur repas. Il faut parfois se méfier de la qualité des viandes et des poissons proposés mais en général cela permet de bien manger pour pas cher.
  • petit marchand : les marchés regorgent de vendeurs de produits alimentaires (bananes, manioc, ananas, arachides, atangas, canne à sucre, viande de brousse, silures, etc.) et de vêtements confectionnés sur place ou importés par le biais des ballots de friperie venus d'Europe notamment. Le principe de base, c'est qu'il faut marchander sur tout, systématiquement, surtout quand on a la tête de quelqu'un qui a de l'argent. Le marché de Mont-Bouet, à Libreville, est le plus grand du pays et rassemble des centaines de commerçants dans un fouillis inextricable pour qui n'y est pas habitué.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mbadinga (2006), Etat, entreprises et développement au Gabon: contribution à une étude géographique, Thèse de 3ème cycle, Université de Montpellier III, http://www.mgm.fr/UMR/Mbadinga.html (et téléchargement PDF).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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