Moanda (Gabon)

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Moanda
Moanda (Gabon)
Administration
Pays Drapeau du Gabon Gabon
Province Haut-Ogooué
Département Lemboumbi-Leyou
Maire Bernard Moulonda
Démographie
Gentilé Moandais, Moandaise
Population 70 000 hab. (2020)
Géographie
Coordonnées 1° 34′ sud, 13° 14′ est
Localisation
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Moanda
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Moanda

Moanda est une ville du Gabon, située dans la province du Haut-Ogooué, à 41 km de Franceville. Cette ville minière d'environ 70 000 habitants en 2020 est la capitale du manganèse dont l'extraction constitue la principale activité de la région. Elle est la deuxième plus grande ville de la province après la ville de Franceville ; c'est le chef-lieu du département de Lemboumbi-Leyou[1],[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Moanda est la version francisée de mwaanda, toponyme wanzi, qui renvoie à mukuri a mwaanda ou yulu a mwanda, c'est-à-dire à l’actuel Mont Moanda. Pendant plusieurs siècles, le lieu a servi d’habitat au peuple Wanzi qui le considère comme un site sacré. Selon l’étymologie populaire, c’est le terme mwaanda (myaanda, au pluriel) signifiant « piste animale » qui serait à l’origine du toponyme[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Moanda se situe dans une cuvette entourée par des plateaux. Le site est une zone de contact entre le socle granitique du massif du Chaillu et les couches sédimentaires du Francevillien[4]. Cette bordure orientale du massif du Chaillu est traditionnellement appelée Monts Wanzi[5]. La ville abrite deux monts, le mont Moanda et le mont Boudinga. Le mont Boudinga se situe sur la route reliant la ville de Moanda à celle de Bakoumba.[réf. souhaitée]

Le climat est de type tropical, Aw selon la classification de Köppen[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pylône de l'ancienne télébenne.

Des découvertes archéologiques dans le périmètre urbain ont mis en évidence les vestiges d’une ancienne activité métallurgique datant sans doute du Ve siècle av. J.-C.[7]

Moanda est une ville minière née de la découverte, puis de l'exploitation du manganèse par la société Comilog (Compagnie minière de l'Ogooué), rachetée en 1996 par Eramet. En 1951, le gisement du plateau de la Moanda est découvert par des expéditions du BRGM et la société américaine Steel Corporation[8]. La mine est exploitée depuis 1962[9],[10].

Entre 1962 et 1991, une télébenne (bennes sur câble) de 76 km de long, à l'époque la plus longue du monde, reliait Moanda à Mbinda, en République du Congo, pour l'exportation du minerai lequel était ensuite transporté par train jusqu'à Pointe Noire[11]. Le transgabonais (chemin de fer reliant Franceville à Libreville) prit ensuite le relais pour le transport du minerai ; il est d'ailleurs exploité depuis 2003 par la SETRAG, filiale d'Eramet-Comilog[12].

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville est centrée autour de l'extraction du manganèse. Eramet produit actuellement 3,5 millions de tonnes de minerai par an[13]. Cette activité attire également plusieurs autres opérateurs économiques. La ville manque cependant encore d’une économie urbaine autonome. La domination de la seule industrie extractive sur le tissu économique local n’est pas sans risques pour le développement équilibré et harmonieux d'une cité, car, comme cela a été constaté pour la ville voisine de Mounana qui se remet très mal de la fermeture des mines d’uranium, la seule exploitation à des fins d’exportation d’une ressource non renouvelable n’a jamais assurée une prospérité pérenne à une ville minière[14].

Transports[modifier | modifier le code]

La ville est située sur la route nationale N3 ; elle abrite une gare du Transgabonais ainsi qu'une piste d'atterrissage en latérite. La SOGATRA (Société gabonaise de transport) assure le transport des personnes entre Moanda et Franceville[15].

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Gabon Departments », sur statoids.com (consulté le )
  2. (en) « Gabon - Administrative Boundaries », Nations unies, OCHA (consulté le )
  3. M. Mouele, Étude phonétique et phonologique du wanzi-est (parler bantu du groupe B.50) (Mémoire de DEA de Sciences du langage), Lyon, Université Lumière Lyon 2,
  4. Ekarga Mba, « Esquisse d'une étude urbaine des principales agglomérations de la Province du Haut-Ogooué », Muntu, Revue scientifique et culturelle du CICIBA,‎ 2e semestre 1987
  5. Ab Ngoua et al., Millénaire de Mulundu, centenaire de Lastoursville, Libreville, Multipress-Gabon, , 116 p.
  6. « Climat: Moanda », sur fr.climate-data.org (consulté le )
  7. Lazare Digombe et al., « L’âge du fer au Gabon », L’Anthropologie, no 91,‎
  8. Pierre Claver Maganga-Moussavou, L'aide publique de la France au développement du Gabon depuis l'indépendance : 1960-1978, Paris, Publications de la Sorbonne, , 303 pages p. (ISBN 2-85944-051-8, lire en ligne)
  9. « COMILOG, l'entreprise, présentation, historique », sur eramet-comilog.com (consulté le )
  10. Gardinier et Yates 2006, Mining, p. 214.
  11. Jean-Louis Chaléard et Chantal Chanson-Jabeur, Le chemin de fer en Afrique, Paris, Karthala, PRODIG, SEDET, , 401 p. (ISBN 2-84586-643-7), p. 24
  12. « Comilog, l'entreprise, présentation », sur eramet-comilog.com
  13. « Présentation de l'activité manganèse d'Eramet », sur eramet.fr
  14. Jean Pamphile Koumba, « L'équation du développement des villes industrielles du Gabon », ESO, CNRS, no 31,‎ , p. 79-87 (lire en ligne)
  15. « La SOGATRA ouvre l'axe Koula-Moutou-Moanda », L'Union,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mylène Rémy, « Moanda  », dans Le Gabon aujourd'hui, Paris, Éd. du Jaguar, (ISBN 978-2-86950-395-3), p. 187
  • (en) David E. Gardinier et Douglas A. Yates, Historical Dictionary of Gabon, Lanham (Maryland), Toronto (Canada), Plymouth (U.-K.), The Scarecrow Press, Inc., coll. « Historical Dictionaries of Africa » (no 101), , 3e éd., 455 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]