Économie de la Guinée équatoriale

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Guinée équatoriale
Indicateurs économiques
Monnaie Franc CFA
Année fiscale Année calendaire
Organisations internationales UA, CEEAC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 10,41 milliards $ (2009)
Croissance du PIB 18,6 % (2005)
PIB par habitant en PPA 15 401 $ (2005)
PIB par secteur agriculture : 2,8 % (2006)
industrie : 92,6 % (2006)
services : 4,5 % (2006)
Inflation (IPC) 5,2 % (2006)
Taux de chômage 30 % (1998)
Commerce extérieur
Exportations 8,961 milliards $ (2006)
Importations 2,543 milliards $ (2006)
Finances publiques
Recettes publiques 2,752 milliards $ (2006)
Dépenses publiques 1,424 milliards $ (2006)
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ek.html

L'économie de la Guinée équatoriale est caractérisée actuellement par la forte production pétrolière de la Guinée équatoriale qui place le pays comme le troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne. La production de pétrole et de gaz, portée par trois grands gisements offshore (Zafiro, Alba, Ceiba), a permis au pays d'avoir une croissance économique à deux chiffres depuis une dizaine d'années (ainsi en 2001 sa croissance fut de 70 %), et de devenir l'un des plus grands receveurs d'investissements étrangers en Afrique. La Guinée équatoriale est un pavillon de complaisance. Le gouvernement a ordonné en 2005 un plafonnement de la production de pétrole à 350 000 barils par jour. Le PIB par habitant du pays varie selon les sources mais compte parmi les plus élevés du continent.

Toutefois ce miracle économique reste très théorique pour la majorité de la population, qui a jusqu'ici fort peu profité de la manne pétrolière, voire a souffert de l'inflation provoquée par cet afflux de devises. La santé publique, l'éducation et les infrastructures ont relativement peu progressé comparativement au bond énorme du PIB par habitant. Le gouvernement est accusé par l'opposition de s'être emparé d'une partie des revenus pétroliers.

En dehors du secteur pétrolier, la majorité de la population vit de l'agriculture ou de la pêche vivrière, mais on trouve aussi des plantations et des exploitations forestières destinées à l'export.

Les principaux produits exportés sont donc le pétrole brut (90 % des recettes d'exportation), le méthanol (produit à partir du gaz naturel d'Alba dans une usine sur l'île de Bioko), et quelques produits forestiers (bois exotiques) et agricoles (notamment le cacao). Le gaz naturel liquéfié s'y ajoutera dans quelques années.

L'estimation 2009 du PIB par habitant place la Guinée équatoriale parmi les pays relativement riches.

En 2014 l'indice de développement humain (IDH) le classe en 138e position sur 188 pays[1]. Le pétrole constitue la base de l'économie équato guinéenne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'exploitation du pétrole[modifier | modifier le code]

En 1959, la Guinée équatoriale, alors colonie espagnole, a le revenu par habitant le plus élevé d'Afrique, ses principales recettes provenant de l'exportation du cacao. Elle intègre la zone franc au 1er janvier 1985 et adopte le franc CFA comme monnaie. C'est alors le premier pays non-francophone à le faire.

Après l'indépendance en 1968, le pays a subi le joug d'une dictature répressive de 11 ans, qui a dévasté l'économie. Le secteur agricole, qui était historiquement connu pour le cacao de qualité supérieure, ne s'en est jamais remis. En 1969, la Guinée équatoriale produit 36 000 tonnes de cacao contre 4800 en 2000. De même, la production de café a chuté brusquement pendant cette période pour rebondir ensuite. Le bois est la principale source de devises après le pétrole, et représentait environ 12,4 % des recettes totales d'exportation en 1996-99. La production de bois a augmenté régulièrement au cours des années 1990, les exportations de bois sont dirigées vers l'Asie, surtout la Chine. La plupart de la production (principalement l'Okoumé) va à l'exportation, et seulement 3 % sont transformés localement. Les écologistes craignent que l'exploitation à ce niveau soit insoutenable et dénoncent les dommages permanents déjà infligés à des réserves forestières sur Bioko. Durant les années 1990, la Guinée équatoriale a largement ouvert son économie et favorisé les investissements étrangers, en accord avec la Banque mondiale. Le secteur public s'est allégé. Cependant ses réformes voient leur portée limitée par une application « sélective » de la législation et une forte corruption. Il y a peu d'industrie dans le pays, et le marché local pour les produits industriels est faible. Depuis 1999, de grands groupes étrangers (Total, Mobil) sont présents dans le pays (distribution), et Orange exploite un service de téléphonie cellulaire en coopération avec une entreprise d'État. Le gouvernement est soucieux de l'investissement et le président Obiang a visité les États-Unis à trois reprises entre 1999 et 2001 afin d'encourager les échanges économiques.

L'exploitation du pétrole[modifier | modifier le code]

Siège social de GEPetrol à Malabo

De grandes réserves de pétrole sont découvertes en 1996. Cela induit de très fortes augmentations de recettes publiques. En 2004, la Guinée équatoriale produit 360 000 barils par jour. Cette année, en juillet, une enquête menée par le Sénat des États-Unis révèle qu'une banque américaine (Riggs Bank) reçoit la plupart des revenus du pétrole. Selon ce rapport, au moins 35 millions de dollars ont été détournés par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, sa famille et de hauts responsables de son régime. Le président a démenti toute malversation.

Ainsi les exportations de pétrole et de gaz ont fortement augmenté (en 2003 la Guinée équatoriale était classée au troisième rang des producteurs d'Afrique sub-saharienne derrière le Nigeria et l'Angola) et devraient stimuler l'économie pour les années à venir. Le PIB a augmenté de 105,2 % en 1997, et la croissance réelle du PIB a atteint 23 % en 1999 et les premières estimations suggère une croissance d'environ 15 % en 2001, selon le FMI (prévisions pour 2001). La production de pétrole augmente, passant de 81 000 à 210 000 barils par jour (13 000 à 33 000 m3 par jour) entre 1998 et début 2001, 360 000 barils par jour en 2004. En 2012, le premier ministre Vicente Ehate Tomi annonce que la production est de 520 000 barils par jour[2].

Les importations en Guinée équatoriale sont aussi une croissance très rapide, mais il s'agit principalement de biens d'équipement à destination du secteur pétrolier. Le service de la dette est devenu résiduel. Si la Guinée équatoriale des années 1980 et 1990 recevait beaucoup d'aide étrangère avec de nombreux donateurs bilatéraux et multilatéraux, (pays européens, États-Unis, Banque mondiale), ces programmes ont pratiquement cessé. Certains pays continuent de fournir des aides « de projet » : Espagne, France, Chine, Cuba. L'aide était accordée (sauf pour la Chine) en contrepartie de promesses d'efforts en matière de gouvernance.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Toutefois, la manne pétrolière a permis au nouveau le gouvernement de ne pas améliorer la discipline fiscale, la transparence et la publication sincère des comptes. L'infrastructure est généralement vieille et en mauvais état. Il n'y a qu'un peu plus de 700 kilomètres de routes asphaltées. La Banque africaine de développement contribue à améliorer les routes pavées de Malabo à Luba et Riaba, les Chinois ont entrepris un projet visant à relier Mongomo à Bata, sur le continent, et l'Union européenne finance un réseau routier inter-États reliant la Guinée équatoriale au Cameroun et au Gabon. L'électricité est disponible dans les grandes villes, mais les coupures de courant sont régulières. L'eau courante est disponible uniquement dans les grandes villes, mais de mauvaise qualité. Certains villages et les zones rurales sont équipés de générateurs et pompes à eau, généralement détenues par des particuliers.

La Guinée équatoriale possède deux ports maritimes : les ports de Malabo et Bata. Ces ports sont surchargés et mal équipés. Une société britannique, INCAT, a un projet en cours avec le gouvernement pour rénover et agrandir Luba, troisième port en importance du pays, qui est situé sur l'île de Bioko. Le gouvernement espère promouvoir Luba en une plaque tournante du transport pour le pétrole et le gaz des entreprises opérant dans le golfe de Guinée. Luba est situé à environ 50 kilomètres de Malabo. Il y a deux liaisons aériennes et maritimes entre les deux villes de Malabo et Bata. Quelques avions vieillissants de construction soviétique, exploités par plusieurs petits transporteurs, soit appartenant à l'État, soit privés, constituent la flotte d'aéronefs nationaux. La piste de Malabo (3 200 m) est équipée de feux et permet l'atterrissage et le décollage d'avions de type DC-10 et C-130. La piste de Bata (2 400 m) ne fonctionne pas la nuit, mais peut accueillir de gros porteurs de type Boeing 737 ou Airbus A320.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Table 1: Human Development Index and its components », Human Development reports, 2014 [1]
  2. La Guinée équatoriale produit 520 000 barils de pétrole par jour sur le site portalangop.co.ao, AngolaPress

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Manuel Fidalgo de Carvalho, Maderas comerciales de Guinea Ecuatorial, CSIC Real Jardín Botánico, Cooperación Española, Madrid, 1996, 159 p. (ISBN 978-84-00-07611-5)
  • (es) José María Marín Quemada, Guinea Ecuatorial : de la política económica a la política de hidrocarburos, Real Instituto Elcano, Madrid, 2007, 29 p.
  • (en) Idrissa Thiam, Carlos Leite et André Santos, Equatorial Guinea : recent economic developments, Fonds monétaire international, Washington, 1999, 83 p. (rapport)
  • Alicia Campos Serrano et Plácido Micó Abogo, Travail et libertés syndicales en Guinée équatoriale, Fondation Paix et Solidarité Serafin Aliaga, Madrid ; Confédération internationale des syndicats libres, Bruxelles, 2006, 104 p.
  • Nicole Chevillard, « La Guinée équatoriale, bénéficiaire et victime de la rente pétrolière », Le Monde Économie, 19 février 2002
  • Samuel Denantes Teulade, Malabo, Guinée-Équatoriale : le nouvel eldorado pétrolier de l'Afrique (préface de Sylvie Brunel), L'Harmattan, 2009, 190 p. (ISBN 978-2-296-09637-0)
  • Investir. Guinée équatoriale 2012, supplément Jeune Afrique, « coll. Doing Business in Africa », 74 p.
  • Jean Dollé (dir.), Exporter en Guinée équatoriale, Les éd. du CFCE, Paris, 2001, 119 p. (ISBN 2-279-41539-9)
  • Paul Nguema Engo, Une économie régionale transfrontalière : Gabon-Cameroun-Guinée équatoriale, Université Bordeaux 3, 1997, 367 p. (thèse de Géographie)
  • « Guinée équatoriale », in Le bilan du monde. Économie et environnement. L'atlas de 180 pays, hors-série Le Monde, 2013, p. 171
  • « Guinée équatoriale : S'arrêter, lui ? Jamais ! », in L'Afrique en 2015, hors-série Jeune Afrique no 42, p. 149

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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