Économie de la République tchèque

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République tchèque
Indicateurs économiques
Monnaie couronne tchèque
Année fiscale calendaire
Organisations internationales Union européenne, OMC, OCDE
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 225,5 milliards $ (2008)[1]
Produit intérieur brut en PPA 266,3 milliards $ (2008)
Rang pour le PIB en PPA en volume : 43e[2]
par tête : 51e[3]
Croissance du PIB - 4,2 % (2009)
PIB par habitant en PPA 26 100 $ (2008)
PIB par secteur agriculture : 2,7 %
industrie : 29,1 %
services : 58,2 % (2006)[1]
Inflation (IPC) 1,1 % (avril 2009-avril 2010)[4]
Pop. sous le seuil de pauvreté
Indice de développement humain (IDH) 30e (2006)[5]
Population active 5,3 millions (2006)[1]
Population active par secteur agriculture : 4,1 %
industrie : 37,6 %
services : 58,3 % (1999)[1]
Taux de chômage 7,9 % (mars 2010)
Principales industries industrie lourde, biens d'équipement et machines, automobiles, armement
Commerce extérieur
Exportations 145,8 milliards $ (2008)
Biens exportés
Principaux clients Allemagne (31,9 %), Slovaquie (8,5 %), Pologne (5,7 %), France (5,6 %), Autriche (5,1 %), Royaume-Uni (4,8 %), Italie (4,6 %) (2006)
Importations 141,4 milliards $ (2008)[1]
Biens importés
Principaux fournisseurs Allemagne (32 %), Pays-Bas (6,5 %), Slovaquie (6,1 %), Pologne (6,1 %), Russie (5,7 %) (2006)
Finances publiques
Dette publique 35,4 % (2009)
Dette extérieure 55,47 milliards $ (2006)[1]
Recettes publiques
Dépenses publiques
Déficit public
Aide au développement

Des pays émergents de l'Europe centrale, la Tchéquie offre l'économie la plus industrialisée et la plus développée. C'est l'un des pays les plus stables et prospères parmi les ex-pays communistes.

Cet article, quand bien même la République tchèque ne naît qu'au traite de la période qui s'étend de la Révolution de velours, en 1990, à nos jours étant donnée l'importance cruciale, pour comprendre la situation actuelle, des décisions politiques et économiques pour démanteler une économie planifiée parmi les plus rigides de la région et opérer une transition vers l’économie de marché puis assurer sa propre préparation économique et législative à l’élargissement de l'Union européenne.

Une économie autrefois brillante[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Tchécoslovaquie.

La petite taille de la République tchèque et sa discrétion dans l'économie mondiale occultent quelque peu son brillant passé. Dès les années 1850, dans le cadre de l'Autriche-Hongrie, la Bohême accomplit sa révolution industrielle et développe un vaste réseau ferroviaire. Le développement économique de la Tchécoslovaquie est cependant inégal, la Slovaquie restant beaucoup plus rurale et pauvre que la Bohême et la Moravie. Malgré la crise économique de 1929, la Tchécoslovaquie continue de faire partie des pays les plus avancés d'Europe, se classant même septième pays au monde pour le PNB par habitant en 1938[réf. nécessaire].

Cependant l'extermination de la bourgeoisie juive par les nazis, l'expulsion des Allemands des Sudètes (ces deux catégories de la population sont propriétaires de 70 % de l'industrie tchécoslovaque d'avant-guerre) à la suite des décrets Beneš et de l’adoption la plus servile de l’économie planifiée par le Parti communiste tchécoslovaque a étouffé ce dynamisme industriel à tel point que le pays a la plus faible croissance des pays du Comecon entre 1985 et 1988[6].

Comment sortir le pays de l’ornière communiste ? Des hommes issus de l’Institut de recherches prospectives tchécoslovaque proposent diverses solutions : les « néolibéraux » à la tête desquels Václav Klaus, sont en faveur d’une rupture radicale et proposent une « thérapie de choc économique » alors que les « gradualistes », à la tête desquels Miloš Zeman sont plus sensibles aux questions sociales. Les premiers l’emportent au début de la décennie post-communiste sur fond de crise nationaliste au niveau politique : la Slovaquie reprend son indépendance.

Les années 1990 et la sortie du communisme[modifier | modifier le code]

La Révolution de Velours en 1989 offre la possibilité d'une réforme économique en profondeur.

Les premiers signes de la croissance apparaissent à la veille de la « thérapie de choc » que le Fonds monétaire international désigne comme un « big bang » en janvier 1991. Dès lors, 95 % des prix sont libérés, l'inflation maintenue dans les 10 %, le taux de chômage bas, la balance des paiements positive, le taux de change de la couronne stable, les exportations réalignées depuis le Bloc de l'Est vers le Marché commun et la dette extérieure parmi les plus basses de la région.

Sous la houlette néolibérale de Václav Klaus, ministre fédéral des Finances avant de devenir Premier ministre, la politique fiscale est stricte et le déficit budgétaire modeste et contrôlé. Après une série de dévaluations[7], la couronne reste stable vis-à-vis du dollar US et du deutsche Mark. La couronne tchèque atteint la libre convertibilité pour la plupart des transactions à fin 1995.

Outre ces aspects économiques, le gouvernement, pour favoriser les investissements doit mettre en place un « climat » stable et favorable qui comporte des aspects législatifs et infrastructurels (secteur bancaire, télécommunications, transports, etc.) pour rattraper le niveau occidental et attirer les capitaux. Les gouvernements successifs ont favorisé les capitaux en provenance des États-Unis, en particulier pour contrebalancer la puissance économique voisine de l'Allemagne[8]. Bien que l'investissement direct à l'étranger (IDE) soit cyclique les États-Unis occupent en moyenne la troisième place avec 12,9 % des IDE totaux entre 1990 et 1998 derrière l'Allemagne et les Pays-Bas.

Ces succès économiques font que la République tchèque est le premier pays postcommuniste à recevoir un crédit d'investissement par les agences de notation financière internationales.

Les privatisations[modifier | modifier le code]

Václav Klaus, suivant le modèle néolibéral de son égérie, Margaret Thatcher, convaincu que l’actionnariat du secteur privé, quel qu'il soit, vaut mieux que le dirigisme étatique (dont il a été l'un des acteurs impuissants sous le communisme), entreprend la privatisation de l'économie tchécoslovaque, alors l'une des plus centralisées d'Europe centrale. Ces privatisations se font en trois vagues : la « petite » privatisation (malá privatizace) débute à fin 1990 et bénéficie d'un large consensus politique, la privatisation par coupons (kupónová privatizace) est engagée au et se finit officiellement en 1996, la troisième vague que l'on pourrait qualifier de « pragmatique », par opposition aux options fortement idéologiques de la précédente, prend alors le relais et se poursuit encore.

La « petite privatisation »[modifier | modifier le code]

La République tchèque compte alors 25 278 entreprises[9] dans les secteurs tertiaire et secondaire. La petite privatisation a consisté à vendre aux enchères, en général aux managers des petites entreprises (d'où le nom de « petite privatisation ») le capital des unités de productions qu'il géraient. Dans le cadre de cette petite privatisation, engagée à fin 1990 et qui s'étale de 1991 à 1993, ce sont vingt-trois-mille unités de production qui passent en mains privés, représentant pour l'État tchécoslovaque puis tchèque un gain d'environ 32 milliards de couronnes.

Pour ce faire, on utilise la méthode de l’enchère hollandaise ou enchère descendante, dont l'avantage réside dans la rapidité d'exécution. Dans les six premiers mois, presque 19 000 unités de production changèrent de main pour 24 milliards de couronnes.

La privatisation par coupons[modifier | modifier le code]

Sous l'égide de Václav Klaus, alors ministre des Finances, la Tchécoslovaquie met en place une solution originale pour privatiser des pans entiers de l'industrie : la privatisation par coupons. Chaque foyer fiscal peut acheter, pour une somme modique[10], un « carnet de coupons » (kupónová knížka) qui donne un « droit » (un call dans le jargon de la finance) pour acquérir des actions des entreprises à privatiser.

Cette privatisation par coupons tente de transformer les Tchèques en une nation en petits porteurs. Mais on ne s'improvise pas boursicoteur. Et comment même investir quand l'information financière est totalement inexistante[11] ou, quand elle existe, correspond à des normes communistes kafkaïennes qui mélangent endettement et subvention. Comment investir ces coupons quand l'information fait défaut ?

Un escroc apporte une solution miracle à ces questions sans réponse : Viktor Kožený devient rapidement célèbre en fondant le Harvardský investiční fond (Fonds d'investissement Harvard), aux consonances « américaine » et « capitaliste » (toutes notions exclusivement positives en cette sortie de cinquante ans de communisme) qui, via un slogan publicitaire simple, percutant et efficace, offre un retour sur investissement garanti de dix fois la somme initialement investie. Une fois en possession des titres des petits épargnants, c’est-à-dire du contrôle des sociétés privatisées, le Harvardský investiční fond s'est empressé d'en « siphonner » le cash, via des montages financiers plus ou moins transparents via Chypre et autres paradis fiscaux. Signe des temps, le tchèque s'enrichit alors d'un néologisme tunelování à partir de l'anglais « tunnel » pour décrire cette activité de détournement de fonds.

Certaines grandes entreprises se sont ainsi retrouvées à court de liquidités, insolvables. Les petits épargnants, pour leur part, n'ont pas vu le retour sur investissement promis.

Dès décembre 1994, 80 % des entreprises sont privatisées. La privatisation par coupons prend fin officiellement au . Václav Klaus déclare alors, sans doute un peu tôt, que la transition d'une économie dirigée vers une économie de marché est alors terminée.

Le bilan de cet « hapax économique » n'est pas très favorable : en juillet 1999, Radio Prague[12] note que les sondages révèlent que trois-quart des citoyens tchèques estime que la privatisation par coupons ne présente pas un bilan positif. Même les électeurs du Parti démocratique civique de Václav Klaus ne sont pas convaincus que la privatisation par coupons fut une bonne chose. Les économistes de l'OCDE et du FMI, un temps enthousiastes et recommandant la solution aux autres pays ex-communistes, la jugent avec un œil critique.

Les privatisations pragmatiques[modifier | modifier le code]

Au , le Ministère pour la Gestion du patrimoine national et la Privatisation est dissous et ses compétences passent au Ministère des Finances qui continue à superviser les activités du Fonds du patrimoine national. Le patrimoine de l'État est alors encore considérable.

Certains monopoles et quelques très grandes entreprises sont encore publiques, que ce soit en vertu d'un nationalisme de bon aloi qui exige de garder certains « joyaux » économiques de crainte qu'ils ne passent sous contrôle étranger (c'est le cas de la célèbre Budweiser) ou, pour des raisons politiques, parce que le gouvernement social-démocrate de Miloš Zeman puis Vladimír Špidla ne fait pas des privatisations une priorité.

Toujours est-il que les privatisations se poursuivent et s'attaquent aux grands groupes tchèques : le brasseur Pilsner Urquell est vendu à SABMiller et Československá obchodní banka au belge KBC en 1999, Komerční banka est acquise par la Société générale en 2001, Eurotel, l'ancien monopole téléphonique est acquis, en 2005, par l'espagnol Telefónica pour devenir Telefónica O2 Czech Republic.

Le Fonds du patrimoine national est dissous au . Selon le rapport d'activités publié alors[13], c'est un total de seize-mille entreprises qui ont été privatisées par ses soins, 138 restent, à cette date, encore aux mains de l'État dont quatre pour des raisons stratégiques (CSA Czech Airlines, ČEZ, ČEPRO et MERO ČR) les autres pour des raisons diverses et variées (dont Budweiser sus-mentionnée pour éviter qu'elle ne tombe dans la corbeille du géant agro-alimentaire américain Anheuser-Busch).

Restitution des biens mobiliers[modifier | modifier le code]

Le régime communiste avait, après le coup de Prague de février 1948, étatisé la quasi-totalité des industries, des terres et des habitations.

Le gouvernement tchécoslovaque décide d'entreprendre une restitution des biens immobiliers aux propriétaires spoliés par le seul régime communiste après 1948. Il écarte ainsi sciemment les nationalisations entreprises dans le cadre des décrets Beneš par le gouvernement (démocratique) d'après-guerre qui avait confisqué les biens des Allemands des Sudètes et des grands propriétaires terriens féodaux (noblesse austro-hongroise et ordres religieux).

Corruption[modifier | modifier le code]

L'appât du gain, la possibilité de faire fortune très rapidement, la relative mansuétude des lois qui ne sont pas prêtes pour sanctionner la criminalité financière (les communistes n'y pensaient - paradoxalement - pas, eux qui étaient les supposés spécialistes de la dénonciation des crimes du capitalisme), l'impréparation des lois comptables, le cocktail socio-législatif est explosif au début des années 1990.

Exemple parmi d'autres, avant de devenir une respectable filiale de la Société générale, la Komerční banka se distingue (sans être la seule banque à le faire) par un système où des prêts bancaires non garantis sont accordés (par des employés vénaux et peu contrôlés en interne), où, dans le tableau de remboursement, les intérêts ne sont pas étalés dans le temps mais exigibles immédiatement, ce qui a pour effet d'une part, puisque la banque perçoit immédiatement les revenus attachés à son activité de crédit, de faire croire en la profitabilité mirobolante des activités et, d'autres part, puisque les employés sont rémunérés au résultat, de forcer le paiement de primes de résultats importantes (et, on l'a compris, indues)[14].

Les partis politiques tchèques ne sont pas en reste et la corruption semble, un temps, gangrener toutes les strates de l'économie : Mladá Fronta Dnes publie un dessin humoristique où l'on voit un chauffeur de taxi pragois (notoire pour ne pas utiliser de taximètre ou pour le bidouiller afin de rendre la course plus… rémunératrice) refuser un client tchèque, fier de pouvoir affirmer qu'il « ne vole pas son propre peuple ! » Le maire de Prague, Pavel Bém, invité par ce même quotidien à se déguiser en touriste italien et à aller en taxi, de la mairie au quartier voisin de Malá Strana, dû payer dix fois le prix normal, se résoudre à ne pas ignorer ce problème et proposer des mesures concrètes pour nettoyer les « écuries d'Augias » sur pression des médias. Les autres hommes politiques sont soumis à la même pression des médias et de la société civile, enfin réveillés sur l'importance cruciale de ce phénomène.

La libération des prix[modifier | modifier le code]

Devanture d'épicerie à Prague.

On estime à plus d'un million le nombre des articles dont le prix est fixé par le Comité de la planification tchécoslovaque[15]. C'est une gageure que de les libérer pour faire jouer la libre concurrence. Il convient de souligner le rôle joué par Václav Klaus tout d'abord en tant que ministre fédéral des Finances de la Tchécoslovaquie puis en tant que Premier ministre de la République tchèque pour imposer une économie budgétaire orthodoxe qui évita aux consommateurs tchèques de connaître, contrairement à ses voisins hongrois et polonais, les affres de l'hyperinflation :

Taux d'inflation annuel moyen des prix à la consommation[16]
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
10,0
9,1
8,8
8,5
10,7
2,1
3,9
4,7
1,8
0,1
2,8
1,9
2,5

Les loyers, en revanche, restent, à ce jour (janvier 2007) contrôlés selon un principe équivalent à celui de la Loi de 1948 en France.

Un effort législatif considérable[modifier | modifier le code]

En janvier 1990, si le régime (politique) communiste tombe, rien n'est prêt au niveau législatif pour faire en sorte que l'économie de marché puisse s'épanouir. Il faut réformer le Code du commerce, le Code des impôts, le Code du travail, etc. La chambre des députées, s'attache avec zèle à la tâche et passe :

L'effort législatif est, on le voit, considérable tant pour les députés que pour les entreprises qui doivent constamment se maintenir à jour d'une législation en constant changement.

Le « divorce de velours »[modifier | modifier le code]

Ainsi nommé d'après la Révolution de velours, le « divorce de velours » des républiques tchèques et slovaques dont les principes sont négociés entre Václav Klaus et Vladimír Mečiar dans le cadre de la villa Tugendhat de Brno, se base sur plusieurs aspects relativement simples :

  • la dette de l'État fédéral tchéco-slovaque est partagé entre les États qui lui succèdent au prorata des populations respectives, soit de deux tiers pour la République tchèque et un tiers pour la Slovaquie
  • les avoirs de l'État fédéral tchéco-slovaque sont partagés :
    • selon leur localisation sur le territoire et ce qui se trouve en Slovaquie devient slovaque, ce qui se trouve en Tchéquie devient tchèque
    • selon le principe du deux-tiers / un-tiers pour les avoirs étrangers (les bâtiments consulaires par exemple) ou immatériels.

Cet accord devient effectif au jour de la séparation des deux pays, le .

Séparation monétaire[modifier | modifier le code]

Les deux pays créent dans la foulée leur propre monnaie, excluant de fait une union monétaire qui aurait été facilement réalisable étant donnée l'intégration économique poussée des deux pays et les exemples voisins comme l'Union économique belgo-luxembourgeoise (1922-2002) ou l'Union économique et monétaire européenne signée le 7 février 1992 dans le cadre du traité de Maastricht et précédant donc de peu la division tchéco-slovaque.

Ainsi naissent la couronne tchèque et la couronne slovaque qui sont au départ à parité. Très rapidement la couronne slovaque se dévalue : à fin 1995, quand les monnaies sont librement convertibles, la couronne slovaque vaut 0,89 couronne tchèque.

Structure économique[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Puits de mine de lignite près de Most en activité de 1882 à 1991.

Concernant les ressources minières, la République tchèque possède du charbon (16e rang mondial), du lignite (8e rang mondial) et de l’uranium (11e rang mondial).

L’agriculture, ayant pour but l’auto-suffisance, représente 3,41 % de la population active et 1,5 % du PIB (mi-2002 selon www.centreeurope.org).

On ne peut mentionner l'agriculture et l'agroalimentaire tchèques sans évoquer ses bières renommées : Pilsner Urquell, Budweiser, Staropramen, Radegast, Gambrinus, etc.

Pernod Ricard a pris, en 1997, le contrôle du producteur de la Becherovka de Karlovy Vary. La présence française la plus importante est néanmoins celle de Danone qui, dans un partenariat avec Nestlé, s'est partagé le géant tchécoslovaque de l'agroalimentaire, Čokoládovny (celui-ci gardant les activités chocolat et celui-là la biscuiterie) lors de sa privatisation en 1992 et qui, toujours dans le cadre de la privatisation de l'industrie agroalimentaire, a acquis la laiterie de Benešov qui lui donne 25 % du marché tchèque[18]

La Tchéquie, célèbre pour ses stations thermales (songeons à Karlovy Vary - Karlsbad et Mariánské Lázně - Marienbad) produit également des eaux minérales dont la Mattoni, autrefois prestigieuse et « exportée » vers l'Autriche-Hongrie (en fait il s'agissait du même pays), l'empereur en avait sur sa table.

Industrie[modifier | modifier le code]

À l'est, aux alentours d'Ostrava se concentre l'industrie lourde dont l'importance va en diminuant depuis les années 1990.

L’industrie représente 39,6 % de la population active (selon le CSU) et 35 % du PIB (selon DREE en 2003).

Les secteurs les plus porteurs comprennent l'équipement électrique, la mécanique, la construction automobile, les moyens de transport, l'environnement, la construction et la réhabilitation de logements.

Services[modifier | modifier le code]

Sur les 4,7 millions de personnes actives en 2003, le secteur des services emploie 55,5 % de cette population active (selon le CSU Bureau des statistiques tchèques en 2003) et représente 56 % du PIB (selon la DREE en 2003).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le secteur du tourisme joue un rôle de premier plan avec 3,1 milliards d'euros de devises étrangères entrées en 2003 selon la DREE.

Touristes sur le pont Charles un matin d’été.

Selon le Bureau tchèque des statistiques[19], ce sont quelque 6,4 millions d'étrangers qui ont passé au moins une nuit en Tchéquie en 2006, en augmentation de +1,6 % sur l'année précédente alors que le nombre de nuitées occasionnées par le tourisme national augmentait de +4,4 % et représente un peu moins de la moitié du total.

Prague et ses merveilles drainent encore l'essentiel de ce tourisme (57,5 % du total des nuitées en Tchéquie) et développe une activité de tourisme d'affaires pour compenser la baisse du tourisme traditionnel : l'offre du nombre de chambres en hôtel cinq étoiles a augmenté et la fréquentation s'en est ressenti avec +10,1 % en 2006.

Les aménités praguoises (Tourisme culturel, médical) expliquent pourquoi l'aéroport international de Prague est le premier des pays d'Europe de l'Est en termes de fréquentation, avec 12,5 millions de passagers en 2007. Le projet de privatisation par l'État tchèque est le principal en 2008, pour une somme estimée à 4 milliards d'euros ; les effectifs en termes de personnel dépassent 2400 salariés et une réduction de 10 % serait prévue à la fin de l'année 2008[20].

Pour des raisons de proximité, les Allemands représentent l'essentiel des visiteurs suivis par les Anglais qui bénéficient d'offres charter et pour lesquels Prague est quasiment devenue la destination obligée pour enterrer sa vie de garçon (en raison du prix modique de la bière tchèque et, il faut le dire, de la prostitution qui devient une industrie florissante). Les Russes, passent le plus de temps (5 nuitées en moyenne) et apprécient particulièrement les établissements thermaux de Karlovy Vary.

Vue aérienne de Karlovy Vary.

Services financiers[modifier | modifier le code]

Dû à la privatisation, le secteur bancaire et financier a pris un nouvel essor.

La Bourse de Prague (en tchèque : Burza cenných papírů Praha ou BCPP) est, après cinquante ans de fermeture par le régime communiste, rouverte le .

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Routes, transports[modifier | modifier le code]

Au moment de la chute du mur de Berlin, il n'y a guère qu'une autoroute, la D1, qui traverse le pays et relie Prague à Bratislava via Jihlava et Brno. Elle rattache le Bloc de l'Est à la Tchécoslovaquie qui en est la partie la plus occidentale.

En même temps qu'elles songent à réorienter le commerce extérieur vers le Marché commun, les autorités de Prague doivent construire de nouvelles autoroutes et relier la capitale à Munich via Plzeň (D5) et à Berlin via Ústí nad Labem (D8), ainsi que de nombreuses voies rapides.

Le réseau ferré des Chemins de fer tchèques (České dráhy) existe depuis le XIXe siècle mais cinquante ans de sous-investissements pendant le communisme l'ont rendu totalement obsolète : les gares font piteuses figures aux voyageurs arrivant de l'ouest et le matériel ferroviaire frise l'âge de la casse. Les Chemins de fer tchèques achètent aux Italiens quelques Pendolinos en 2004 pour les mettre en service en décembre 2005.

On ne peut pas parler de reconstruction, le pays n'ayant pas connu la guerre mais c'est un effort considérable qui est nécessaire.

Le transport aérien s'est développé de façon exponentielle depuis la Révolution de velours, l'aéroport de Praha-Ruzyně a ainsi connu une montée en flèche de son trafic voyageur en raison de la suppression des chicaneries imposées par le régime communiste et du boom du tourisme où Prague est devenue une destination privilégiée pour le tourisme de week-end. La barrière temporelle de chaque nouveau millions de voyageurs ne cesse de se raccourcir[21]:

  1. 1963 – l million de voyageurs (37 ans après la fondation de l'aéroport)
  2. 1975 – 2 millions de voyageurs (12 ans)
  3. 1995 – 3 millions de voyageurs (20 ans)
  4. 1997 – 4 millions de voyageurs (2 ans)
  5. 2000 – 5 millions de voyageurs (3 ans)
  6. 2001 – 6 millions de voyageurs (l an)
  7. 2003 – 7 millions de voyageurs (2 ans)
  8. 2005 – 10 millions de voyageurs (2 ans)

La société CSA Czech Airlines couvre 104 destinations au départ de Prague avec 38 avions.

La République tchèque bénéficie d'un accès à la mer dédouané via le port franc de Moldauhafen, situé à Hambourg.

Énergie[modifier | modifier le code]

La Tchéquie est traditionnellement un important producteur de lignite mais tente de réduire sa consommation de cette ressource énergétique hautement polluante (soufre).

Le nucléaire, produit par ČEZ, représente environ 30 % du total de la consommation énergétique et sa part devrait augmenter jusqu’à 40 %. Les deux tranches de la Centrale nucléaire de Temelín, planifiée sous le communisme avec des réacteurs de conception russe de type VVER 1000/320, à eau pressurisée, sont mises en service en juin 2002 et avril 2003.

Le gaz naturel est fourni par le russe Gazprom (pour les deux tiers - il transite via l'Ukraine et le gazoduc Droujba) et par la Norvège (le tiers restant - il transite via l'Allemagne). La consommation gazière est approximativement de 100 TWh en 2003-2005 soit deux fois celle de l'électricité.

La production d'énergie a augmenté de 2 % en 2006. Rappelons que la Tchéquie est un producteur important de machine, machine-outil, etc. - la branche électrique de cette industrie a cru de 16,3 % en 2006[22]

Télécommunications[modifier | modifier le code]

La privatisation de l'entreprise publique de télécommunication Český Telecom a eu lieu en 2005. L'espagnol Telefónica a acquis la société et sa branche de téléphonie mobile, Eurotel. Au , ces deux entreprises ont été renommées Telefónica O2 Czech Republic.

En 2007, la Tchéquie a trois opérateurs de téléphonie mobile : Telefónica O2 Czech Republic, Vodafone et T-Mobile.

Capital humain[modifier | modifier le code]

Sur le marché du travail, on constate un chômage de longue durée persistant et un frein général à l’emploi du fait de la pression fiscale très élevée qu’il est difficile d’atténuer. Des initiatives judicieuses ont été prises pour motiver les demandeurs d’emploi et améliorer l’indemnisation de la maladie, mais la réforme du code du travail en 2006 s’est révélée limitée et l’accès à l’enseignement supérieur reste à améliorer.

Population active[modifier | modifier le code]

Le taux de population active atteint 65,6 % (74,2 % pour les hommes et 57,0 % pour les femmes), ce qui est le niveau atteint en Allemagne, un peu au-dessus du taux atteint en France et loin devant ses voisins, la Hongrie (56,7 %), la Slovaquie (57 %) et la Pologne (51,8 %) qui souffrent plus que la Tchéquie de la restructuration de leurs économies.

Chômage[modifier | modifier le code]

Le taux de chômage atteignait 8,2 % en février 2004. À fin 2007, il s'élève à 6,6 %[23], ce qui commence à toucher le plein emploi.

Éducation[modifier | modifier le code]

Un examen approfondi de l’enseignement secondaire et supérieur montre que de nouvelles mesures sont nécessaires pour faire face à une demande de diplômés de l’université qui s’accroît rapidement.

L'enseignement en Tchéquie, avait été formaté pour un pays fortement industriel et est performant au niveau de l'enseignement technique. Il laisse à désirer cependant pour l’économie tertiaire dans laquelle la Tchéquie entre au troisième millénaire.

L'OCDE recommande à cet égard de « davantage concevoir l’enseignement secondaire dans l’optique de l’enseignement supérieur, en ouvrant davantage les cursus qui offrent la possibilité d’entrer à l’université. De plus, il faudrait mettre fin progressivement à l’aiguillage précoce d’une minorité d’élèves vers les établissements d’élite à financement public[24]. »

Partenaires commerciaux[modifier | modifier le code]

Ayant réorienté son commerce extérieur vers les pays occidentaux après la chute du mur de Berlin, la République tchèque commerce principalement avec l'Union européenne et particulièrement avec l’Allemagne qui représente 36 % des échanges totaux (moyenne clients/fournisseurs selon la DREE en 2002).

La Russie ne représente plus que 6,4 % des fournisseurs et moins de 2 % des clients.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « République tchèque sur CIA factbook » (consulté le 1er novembre 2007)
  2. « classement PIB PPA », sur CIA factbook (consulté le 1er novembre 2007)
  3. « classement PIB PPA per capita », sur CIA factbook (consulté le 1er novembre 2007)
  4. République tchèque : inflation stable de 0,3 % en avril
  5. « classement IDH 2006 » (consulté le 14 octobre 2007)
  6. Source : FMI.
  7. En 1989, avant la chute du Mur de Berlin, la couronne tchécoslovaque s'échange sur les marchés parallèles à cinq fois son cours officiel.
  8. Quoique les convictions atlantiques et eurosceptiques de Václav Klaus n'y soient pas pour rien.
  9. Les informations de ce chapitre sur la petite privatisation sont issues du site des cultures des pays d'Europe centrale et occidentale du pôle universitaire européen de Lorraine.
  10. Mille couronnes tchécoslovaques, soit l'équivalent d'un tiers de salaire mensuel moyen de l'époque.
  11. La loi sur la comptabilité, qui impose les présentations aux normes européennes des bilans et comptes de résultats, date de 1993.
  12. Source : Radio Prague.
  13. Consultable en ligne.
  14. Source : Mladá Fronta Dnes et iDnes.
  15. Pour plus de détails sur la planification économique sous le communisme en Tchécoslovaquie, lire l'article économie de la Tchécoslovaquie
  16. Source site ČSU.
  17. Source : Journal officiel de la République tchèque.
  18. Source : Dominique Mauppin, Exporter en République tchèque, éditions du CFCE, 1999.
  19. (en) « Weather influenced occupancy », sur www.czso.cz
  20. « L'aéroport de Prague va réduire ses effectifs avant sa privatisation », Les Échos, 12 septembre 2008, p. 25.
  21. Source site de l'aéroport - histoire.
  22. Source Bureau tchèque des statistiques.
  23. Source Bureau tchèque des statistiques.
  24. Source Étude économique de la République tchèque 2006, OCDE, 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Études économiques de l'OCDE - République tchèque, OCDE, vol. 2004/17, 2005 (ISBN 92-64-00717-2)
  • Dominique Mauppin, Exporter en République tchèque, Éditions du CFCE, Paris, 2000
  • Europe centrale et orientale 2005-2006, Le courrier des pays de l'Est, n° 1056, La documentation française, septembre 2006 (ISSN 0590-0239)
  • Jean-Yves Portel, Les 100 Portes de l'Europe Centrale et Orientale, Éditions de l'Atelier, Paris, 1998 (ISBN 2-7082-3321-1)
  • L'Élargissement à l'Est de l'Union européenne, Revue d'études comparatives, vol. 27, n°4, CNRS, 1996

Liens externes[modifier | modifier le code]