Économie de l'Italie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Italie
Indicateurs économiques
Monnaie euro
Année fiscale calendaire
Organisations internationales Union européenne, zone euro, OCDE, OMC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) en augmentation 1 858 milliards $ (2018 est.)
Produit intérieur brut en PPA 2 326 milliards $ (2017 est.)
Rang pour le PIB en PPA en volume : 11e 2
par tête : 33e 3
Croissance du PIB +1% (2015)1
PIB par habitant en PPA 38 370 $ (2017)1
PIB par secteur agriculture : 2,2 %
industrie : 23,9 %
services : 73,9 % (2013)
Inflation (IPC) 1,2 %
Indice de développement humain (IDH) en augmentation 0,887 (26e en 2015) 4
Population active 25,05 millions (2010)1
Population active par secteur agriculture : 1,5 %
industrie : 31,5 %
services : 67 % (2009)
Taux de chômage 11,8 % (juin 2015)1
Principales industries machines, produits chimiques, automobile, aéronautique, électronique, vêtements, produits alimentaires 1
Commerce extérieur
Exportations 417,1 milliards $ (2006)1
Biens exportés produits manufacturés, vêtements, biens d'équipement, véhicules, équipements de transport, produits chimiques, biens alimentaires, minerai et métaux non ferreux
Principaux clients Allemagne (12,5 %), France (10,3 %), États-Unis (8,7 %), Royaume-Uni (5,5 %) (2015)
Importations 428,7 milliards $ (2006)1
Biens importés produits manufacturés, produits chimiques, équipements de transport, énergie, minerai et métaux non ferreux, vêtements, biens alimentaires
Principaux fournisseurs Allemagne (15,4 %), France (8,7 %), Chine (7,7 %), Pays-Bas (5,5 %), Espagne (5 %) (2015)
Finances publiques
Dette publique 127,1 % du PIB (janvier 2013)1
Dette extérieure 1 957 milliards $ (2006)1
Recettes publiques 728 milliards d'euros (2011)1
Dépenses publiques 788 milliards d'euros (2011)1
Déficit public 2,4 % du PIB (2011)
Aide au développement 1 milliard $ (2002)1
Sources :
1. « Italie sur CIA factbook » (consulté le 1er novembre 2018)

2. « classement PIB PPA », sur CIA factbook (consulté le 1er novembre 2018)
3. « classement PIB PPA per capita », sur CIA factbook (consulté le 1er novembre 2018)
4. « classement IDH 2006 » (consulté le 1er novembre 2018)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/421575

L'Italie est un pays industriel à l'économie diversifiée, dont le produit intérieur brut, global ou par habitant, est comparable à ceux de pays comme la France ou la Grande-Bretagne. Ce produit intérieur brut de 1 858 910 millions de dollars en fait la 8e puissance économique mondiale en 2017 derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Inde.

L'économie italienne est caractérisée par des contrastes régionaux importants entre le nord (plaine du Pô) très développé, industrialisé, et dynamique, le centre, autour de Rome dominé par le secteur tertiaire et les fonctions politiques de la capitale, et le sud, le Mezzogiorno, plus rural et souffrant d'un taux de chômage élevé (de l'ordre de 14 %) et de la présence de la mafia. Ce déséquilibre continue d’exister malgré les nombreuses politiques menées en faveur du développement du Mezzogiorno depuis l'unification italienne au XIXe Siècle.

A noter également, l'importance des petites et moyennes entreprises (le plus fort taux d'Europe), notamment dans le centre et le nord-est, et la prépondérance du capitalisme familial dans tous les secteurs d'activités qui contribuent fortement à la notoriété du savoir-faire italien dans le monde. En effet, la balance commerciale de l'Italie est positive si on exclut le secteur énergétique. Forte de sa tradition industrielle et de son tissu de PME densément implanté au Nord, l'Italie est par exemple solidement installée dans le trio de tête des plus importants exportateurs mondiaux de machines-outils derrière le Japon et l'Allemagne[1],[2],[3],[4].

L'Italie est très tributaire des importations pour ses approvisionnements en matières premières et en énergie (76 % de sa production est issue de l'énergie fossile). Le pays dispose de quelques gisements de gaz naturel et d'importantes ressources en hydro-électricité, mais a renoncé totalement à l'énergie nucléaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'économie italienne au XIXe Siècle[modifier | modifier le code]

La politique économique fasciste (1922-1943)[modifier | modifier le code]

La reconstruction (1944-1950)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : [[Reconstruction de l'Italie (it)]].

Le Miracle économique italien (1950-1970][modifier | modifier le code]

Article détaillé : Miracle économique italien.

Il s'agit d'une période de très forte croissance économique basée sur l'essor de la grande industrie (automobile, mécanique lourde, sidérurgie, pétrochimie, biens d'équipements, chantiers navals, etc.) essentiellement au nord-ouest et qui permit de transformer le pays jusqu'alors faiblement industrialisé et essentiellement agricole en l'une des nations les plus hautement développées de la planète.

L'émergence de la Troisième Italie et des districts industriels (années 1970 et 1980)[modifier | modifier le code]

Marquées par le premier choc pétrolier, les années 1970 marquent le début d'une longue période de crise pour l'industrie lourde italienne et européenne. Toutefois, les secteurs de la manufacture légère échappèrent à la crise et contribuèrent à relancer l’ensemble de l’économie italienne, tout du moins sur le versant des exportations, en industrialisant des régions restées jusqu'alors en marge du boom économique italien des décennies précédentes. Ce développement fut impulsé par les performances remarquables d'une organisation productive typique de ces territoires apparue dés les années 1960, le district industriel regroupant des constellations de PME organisées en réseau autour de la production d'une famille de produits.

C'est le sociologue italien Arnaldo Bagnasco qui fut l'un des premiers à attirer l’attention en 1977 sur l’originalité de ce modèle d’industrialisation caractéristique de ce qui sera appelé par les sociologues et les économistes, la « Troisième Italie ». À côté de la « Première » Italie (le triangle très industrialisé et développé du nord-ouest entre Milan, Turin et Gênes) et de la « Seconde » Italie (l’Italie du sud sous-développée), la « Troisième » Italie s'étend du centre au nord-est du pays (Marches, Ombrie, Toscane, Émilie-Romagne, Vénétie)[5].

Ces régions se spécialisèrent dans des activités traditionnelles (habillement, chaussure, cuir, joaillerie, agroalimentaire, ameublement, papeterie, matériaux de construction, etc.) ou plus modernes (petite mécanique, électrotechnique, machines-outils et pièces de rechange, biens électroménagers, etc.). Bien des réussites industrielles du pays sont aujourd'hui encore liées à ces régions et la plupart des produits que l’on peut estimer comme typiques du made in Italy sont issus de ce système de production. En 2018, il existait 153 districts industriels en Italie[6].

Si l’attention portée sur l'organisation des districts industriels a été initialement lente à se former chez les économistes et les sociologues (à partir de la fin des années 70), sur le plan institutionnel et législatif elle l’a été encore plus, car l’État italien a attendu jusqu’au début des années 1990 pour proposer une reconnaissance formelle des districts et participer donc à leur fonctionnement avec des financements et contributions aux entreprises.

Depuis les années 2000[modifier | modifier le code]

Au cours des dernières décennies, le pays a poursuivi une politique fiscale stricte dans le but de répondre aux critères économiques et monétaires de l'Union européenne, ce qui lui a permis, grâce à des taux d'intérêts limités et une inflation plus basse, de participer à l'euro dès sa création en 1999.

Néanmoins, depuis les années 1990, les performances économiques de l'Italie sont inférieures à la moyenne européenne. Cela a conduit les gouvernements de Silvio Berlusconi puis de Romano Prodi à mettre en œuvre de nombreuses réformes pour à court terme améliorer la compétitivité du pays et à plus long terme sa croissance économique. Cependant la mise en œuvre de réformes, comme l'allègement des prélèvements obligatoires, l'assouplissement du marché du travail et la réforme de l'onéreux système de retraites, ont avancé lentement du fait de la stagnation de l'économie, de l'opposition des syndicats et de l'instabilité du gouvernement.

La crise économique de 2008 a fortement ébranlée le pays qui a subit deux violentes récessions (2008-09, 2011-13), doublées d’une crise sociale en arrière-plan et d'une restructuration sans précédent de son système bancaire. Toutefois, depuis 2012, les exportations italiennes, notamment dans des secteurs spécialisés comme la mode, les machines-outils, l'automation, l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique et la haute technologie connaissent chaque année une très forte hausse, avec un record atteint en 2017[7],[8]. À l'inverse, les entreprises tournées vers le marché intérieur, souffrent toujours de la crise, étant dépendantes d'une consommation des ménages en berne et d'un taux de croissance insuffisant.

Le produit intérieur brut (PIB) à prix constants de l'Italie a chuté de 10 % entre 2008 et 2017 et malgré les très bonnes performances à l'exportation, la production industrielle du pays était en 2017 encore inférieure de 20% par rapport à son niveau d'avant-crise, du fait de la baisse drastique de la demande intérieure[9],[10].

Les faiblesses de l'économie italienne[modifier | modifier le code]

  • Un déficit d'innovation technologique : La croissance est traditionnellement atone en Italie et inférieure à la moyenne de la zone euro depuis les années 1990. En cause, une économie globalement peu innovante, peu dynamique, et qui pâtit à la fois d'un manque d'investissement et de compétitivité, de services chers, de monopoles et d'une stagnation des gains de productivité.
  • Un chômage des jeunes et des femmes en explosion et une fuite des cerveaux: le chômage touchait 39,1% des 16-25 ans en 2016, avec des niveaux bien supérieurs dans le Mezzogiorno : 56% dans la région de Naples, la Campanie ; 57% en Sicile ; et presque 60% de jeunes au chômage en Calabre. Selon les statistiques officielles italiennes, de nombreux italiens émigrent chaque année. Ils étaient presque 100.000 en 2013, soit 20% de plus que l'année précédente, qui elle-même était en augmentation de 30% par rapport à 2011. Au total, les deux-tiers de ces émigrants italiens ont moins de 35 ans[11].
  • Le vieillissement de la population : En 2018, près d'un Italien sur quatre a plus de 65 ans et l'âge moyen dépasse désormais 45 ans. Au 31 décembre 2017, la population italienne comptait 100.000 personnes de moins que l'année précédente, pour un total de 60,5 millions[12].
  • La dette publique : Depuis 1992, la dette italienne dépasse les 120 %, ce qui en fait l'une des plus lourdes du monde. Une grande partie des ressources publiques sont donc absorbées dans le remboursement des intérêts de cette dette, au lieu d'être mobilisées pour relancer la croissance.
  • La grande disparité régionale entre le Nord et le Sud de l'Italie : Bien qu'il concentre le tiers de la population italienne (environ 20 millions d'habitants), le Mezzogiorno n'assure que 10 % du total des exportations de l'Italie. Il est caractérisé par un fort taux de chômage, une importante économie souterraine qui échappe à l'imposition et par la mainmise de la mafia sur l'économie et la société[13].
  • L'instabilité politique : Un facteur qui plonge les marchés dans un sentiment d'incertitude délétère.
  • La fraude fiscale : Plus de 132 milliards de revenus Irpef (impôts sur le revenu des particuliers) ont été cachés au fisc italien, engendrant un manque à gagner pour l’Etat de plus de 38 milliards d'euros par an, selon un rapport élaboré par un bureau d’experts au Sénat en 2018 [14].
  • Des entreprises trop petites face à la compétition internationale : La taille moyenne des entreprises italiennes est désormais trop petite pour faire face au marché mondial, tandis que les districts industriels traversent eux une crise majeure. Le capitalisme familial occupe encore une grande place en Italie. Or celui-ci se caractérise par une forte méfiance et une forte opacité vis-à-vis des investisseurs institutionnels ce qui retarde la nécessaire modernisation de ces PME qui ne sont donc plus assez compétitives pour faire face à la concurrence internationale. De plus, la taille modeste des entreprises, y compris parmi les plus grandes entreprises du pays, les rendent vulnérables à la prédation des grands groupes étrangers. Au cours de ces dernières années de nombreuses entreprises ont été rachetées par des groupes étrangers (exemple du rachat du sidérurgiste Lucchini par le russe Severstal) ou connaissent une forte concurrence étrangère en Italie même (implantation de Carrefour et d’Auchan) ce qui laisse craindre que le pays devienne, comme l’affirme le sociologue Luciano Gallino, « une sorte de colonie soumise aux exigences économiques, sociales et politiques d’autres pays »[15].
  • Le modèle des districts industriels remis en question : Le modèle de production italien par districts industriels, autrefois enviés et étudiés par de nombreux pays, est partiellement en crise. La force de ces bassins de mono-activité reposait sur un phénomène de synergie entre les entreprises. Or leur structure en réseau est désormais mise à mal par un nombre croissant de délocalisations qui rompent ces liens traditionnels existants entre elles. De plus, cette organisation conduit à un partage des innovations qui prime de fait sur la recherche. Cependant, la très bonne santé des exportations italiennes depuis la fin de la crise économique de 2008 tend à réhabiliter en partie l'efficacité de cette organisation, notamment grâce au développement du modèle de la multinationale de poche (multinazionale tascabile)[16]. Contrastant avec le schéma classique de la firme multinationale géante de par son nombre d'employés et détenue par des actionnaires vivant aux quatre coins du monde, la multinationale de poche constitue un compromis entre le modèle traditionnel italien de l’entreprise familiale et la nécessaire adaptation aux exigences du capitalisme moderne. Les entreprises restent de taille moyenne avec un fort ancrage local, tandis qu'une partie de la production est délocalisée, tout en conservant de vrais liens avec les autres PME locales.

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie en Italie.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Italie.

Grâce à son riche passé historique et culturel, à ses nombreuses stations balnéaires ainsi qu’à la présence des Alpes, propices aux sports d’hiver, l’Italie est la quatrième destination touristique mondiale. Les villes les plus touristiques sont Rome (une des villes les plus visitées au monde), Florence, Venise (les 3 grandes villes d'art). En 2006, les recettes touristiques s’élevaient à environ 38,1 milliards de dollars.

Crime organisé[modifier | modifier le code]

Les plus connus sont les organisations populaires de la mafia sicilienne, la 'Ndrangheta calabraise et la Camorra à Naples. Elles sont bien établies sur leurs territoires et sont actives dans les activités de l'extorsion, le trafic de drogue, la prostitution et l'économie informelle. On pense que 7 pour cent du PIB italien en est le produit.

Entreprises[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'entreprises italiennes.

L'Italie est le siège d'entreprises de taille intermédiaire et de grandes entreprises dont les marques sont réputées dans le monde entier. Bien que certaines aient été rachetées par de grands groupes étrangers, beaucoup sont encore contrôlées par un actionnariat à majorité familial. Elles sont notamment présentes dans les secteurs suivants :

  • L'énergie : Eni, le 5e groupe pétrolier mondial, ENEL (électricite, eau, gaz), Edison (électricité et gaz naturel), Snam (transport de gaz naturel), A2A (chauffage urbain), Gruppo Falck (énergies renouvellables), etc.

Industrie militaire[modifier | modifier le code]

Bien que la loi italienne prohibe officiellement l'exportation d'armes vers des pays en guerre, le pays vend des armes à l'Arabie saoudite et à ses partenaires militaires engagés dans la guerre au Yémen. En réaction au maintien de ces exportations, un groupe d'ONG dépose une plante en 2018, accusant notamment l'entreprise RWM Italia d’avoir fourni les bombes responsables de la mort de six civils, dont quatre enfants[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.machinesproduction.fr/article/Ucimu-Italie-A2765-L-italie-affiche-de-bons-resultats.html
  2. http://www.machinesproduction.fr/article/Ucimu-Italie-A2765-L-italie-affiche-de-bons-resultats.html
  3. http://www.machinesproduction.fr/article/Ucimu-Italie-A2765-L-italie-affiche-de-bons-resultats.html
  4. https://www.usinenouvelle.com/article/l-italie-l-autre-pays-de-la-machine-outil.N267479
  5. https://www.cairn.info/revue-economique-2007-1-page-131.htm
  6. http://www.italie-france.com/fr/les-districts-industriels-italiens/
  7. Richard Heuzé, « L'Italie affiche des exportations records en 2013 grâce à l'industrie », in Le Figaro, encart « Économie », 21 / 22 décembre 2013, p. 24.
  8. http://www.italie-france.com/fr/commerce-exterieur-italien-en-2017-hausse-de-74-des-exportations/
  9. Stefano Palombarini, « En Italie, une fronde antieuropéenne ? », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  10. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/03/03/20002-20180303ARTFIG00007-les-sept-chiffres-a-connaitre-sur-l-economie-italienne.php
  11. https://www.rtl.fr/actu/conso/en-italie-le-chomage-des-jeunes-fait-des-ravages-7782783063
  12. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/02/10/20002-20180210ARTFIG00024-la-population-italienne-a-chute-de-100000-personnes-l-an-dernier.php
  13. (it) Gianfranco Viesti, « L'economia italiana fra nord e sud in "Atlante Geopolitico" », sur treccani.it, (consulté le 30 juin 2017).
  14. https://lepetitjournal.com/milan/levasion-fiscale-atteint-des-records-en-italie-221573
  15. « La faillite du modèle italien », La Tribune, 28 février 2005, no 3106
  16. https://www.lesechos.fr/12/03/2002/LesEchos/18612-129-ECH_--les-multinationales-de-poche----nouveau-modele-italien.htm
  17. « L’Italie accusée d’être complice de la mort de civils au Yémen », Courrier international,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]