Influences de Harry Potter

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J. K. Rowling, l'auteur de la série Harry Potter, cite d'autres auteurs l'ayant influencée pour son œuvre. Écrivains, journalistes et critiques ont également fait remarquer que les livres Harry Potter contenaient un certain nombre de similitudes avec d'autres romans; l'auteure s'étant ouverte à un large éventail de la littérature, à la fois classique et moderne, qu'elle n'aurait pas officiellement cité dans ses références.

Cet article est divisé en trois sections. La première dresse la liste des œuvres et auteurs évoqués par J. K. Rowling comme lui ayant servis de sources d'inspiration lors de la rédaction de la saga Harry Potter. La deuxième mentionne les livres considérés par l'écrivaine comme ses préférés, mais qu'elle n'a pas cité explicitement comme l'ayant influencé. Enfin, la dernière section répertorie les œuvres non évoquées par Rowling mais que d'autres revendiquent comme comparables à Harry Potter sur certains points.

Influences[modifier | modifier le code]

J. K. Rowling n'a jamais ouvertement reconnu d'auteur en particulier comme source d'inspiration : « Je n'ai pas la moindre idée d'où est-ce que je tire mon inspiration, ou de comment mon imagination fonctionne. Je suis juste heureuse que cela marche ainsi, parce que ça me divertit plus que n'importe qui ou n'importe quoi d'autre ». Malgré cela elle mentionne tout de même un certain nombre de ses auteurs favoris qui l'ont probablement influencée lors de la création d'Harry Potter. Leurs œuvres sont ici approximativement citées selon leur ordre de publication.

Mythologie et folklore britannique[modifier | modifier le code]

J.K. Rowling déclare avoir pris d'« horribles libertés » vis-à-vis du folklore et de la mythologie, mais affirme également qu'elle ne se sent en rien honteuse. En effet pour elle le folklore britannique, tout en étant l'un des plus riche et varié au monde, conserve un côté « bâtard », car il est le résultat de la fusion des nombreuses cultures apportées par les envahisseurs et occupants successifs de l'Angleterre. Ainsi elle assure n'avoir aucun scrupules à emprunter librement les références de la mythologie britannique, à condition de tout de même y ajouter des détails lui étant propres[1].

Homère et l'Iliade[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un journaliste a déclaré que le sauvetage déséspéré de Cédric Diggory à la fin de Harry Potter et la Coupe de Feu rappelait l'Iliade et les actions de Hector, Achille et Patrocle, J. K. Rowling a confirmé, précisant qu'elle avait été très émue lors de la lecture de cette œuvre alors qu'elle était encore âgée de 19 ans. Elle ajoute y avoir repensé pour créer la scène où Harry emporte avec lui le corps de Cédric [2].

La Bible[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de commentateurs ont attiré l'attention sur les thèmes et références bibliques présents dans le dernier tome, Harry Potter et les Reliques de la Mort. Dans un numéro de Newsweek d'août 2007, Lisa Miller fait remarquer que Harry meurt et revient à la vie pour « sauver l'humanité », tout comme le Christ. Elle souligne le titre du chapitre dans lequel l'évènement se produit - Kings Cross - une allusion possible à la croix du Christ. En outre, elle décrit la scène dans laquelle Harry est temporairement mort et fait remarquer que le sorcier atterrit dans un endroit qui ressemble fort au paradis et discute avec Dumbledore, personnage assimilé à une figure paternelle « dont les pouvoirs surnaturels sont accompagnés d'un profond message d'amour »[3]. Jeffrey Weiss ajoute dans le Dallas Morning News que la citation biblique « Le dernier ennemi à être vaincu est la mort » figurant sur ​​la pierre tombale des parents de Harry, se réfère à la résurrection du Christ[4]. La citation sur le tombeau de famille de Dumbledore, « Là où est ton trésor, ton cœur y sera aussi », nous vient quant à elle de Matthieu et se base sur la connaissance des choses de la vie et de leurs vraies valeurs[5].

« Ce sont des livres très british », affirme J. K. Rowling lors d'une conférence Open Book en octobre 2007, « Harry trouve donc des citations bibliques dans les cimetières, mais je pense que ces deux citations en particulier, celles qui se trouvent sur les tombes de Godric's Hollow, illustrent parfaitement toute la série »[6].

Eschyle et William Penn[modifier | modifier le code]

Le septième et dernier tome de la saga, Harry Potter et les Reliques de la Mort, débute avec une paire d'épigraphes. L'un provient du recueil d'épigrammes Some Fruits of Solitude in Reflections and Maxims (en) réalisé par William Penn, ancien membre de la Société religieuse des Amis, et l'autre des Choéphores, célèbre tragédie du dramaturge grec Eschyle. « J'ai vraiment apprécié de choisir ces deux citations, car l'une est païenne tandis que l'autre provient d'une tradition chrétienne », a déclaré J. K. Rowling. « J'ai su dès la publication de la Chambre des Secrets que ça serait ces deux là. J'ai toujours su que je pourrais les employer au début du septième tome, et j'ai vraiment attendu le dernier moment. Leur pertinence m'a aidé à écrire le livre, elles me parlaient réellement ».

Geoffrey Chaucer et les Contes de Canterbury[modifier | modifier le code]

Dans un webchat de juillet 2007 organisé par son éditeur Bloomsbury, J. K. Rowling déclare s'être inspirée d'une des histoires des Contes de Canterbury écrits par Geoffrey Chaucer, notamment par le Conte des Trois Frères dans Harry Potter et les Reliques de la Mort[7].

Dans les Contes de Beedle le Barde, trois frères déjouent la Mort en construisant par magie un pont qui leur permet de franchir une rivière dangereuse. La Mort, furieuse de sa défaite, propose de leur offrir trois cadeaux très précieux, les Reliques de la Mort, comme récompense pour avoir survécu. Les frères meurent à la suite des dons qui leur ont été accordés, à l'exception du troisième qui utilise son don à bon escient pour échapper à la Mort une seconde fois. Il meurt finalement en vieil homme heureux.

Dans un des contes de Chaucer duquel s'est inspirée J. K. Rowling (Le Conte du Vendeur d'indulgences), trois voleurs ont vent de rumeurs prétendant que s'ils se rendent au pied d'un chêne ils y trouveront un moyen de vaincre la Mort. Mais une fois arrivés près de l'arbre, ils y découvrent à la place une grande quantité d'or. Aveuglés par leur cupidité, ils en oublie la raison de leur présence et finissent pas s’entre tuer.

Shakespeare et Macbeth[modifier | modifier le code]

Rowling a également cité Macbeth de Shakespeare comme l'ayant en partie influencé. Lors d'une interview avec les responsables des sites internet The Leaky Cauldron et MuggleNet qui lui avaient demandé ce qui se serait passé si Voldemort n'avait jamais entendu parler de la prophétie, elle a répondu : « C'est l'idée générale de Macbeth. J'adore cette pièce, c'est probablement ma préférée de Shakespeare. Et là est précisément la question, n'est-ce pas ? S'il n'avait pas rencontré les sorcières, aurait-il tué Duncan ? Est-ce que tout ceci se serait passé ? Etait-ce le destin ou a-t-il décidé que cela se passerait ainsi ? Personnellement je crois bien qu'il l'a décidé »[8].

Sur son site internet, Rowling a de nouveau évoqué Macbeth en parlant de la prophétie : « Cette prédiction (comme celle des sorcières dans Macbeth, si quelqu'un a lu la pièce du même nom) devient le catalyseur d'une situation qui, n'aurait sans doute jamais eu lieu si elle n'avait pas été prononcée »[9].

Jane Austen et Emma[modifier | modifier le code]

J. K. Rowling évoque Jane Austen comme son auteur préférée et comme l'une de ces influences majeures. « J'ai lu et relu en boucle les romans de Jane Austen. Je pourrais citer un nombre incalculable de passages de chacun de ses livres, mais je me suis particulièrement arrêté sur Emma, qui est le mystère le plus habilement ficelé qu'il ne m'ait jamais été donné de lire. Il a le mérite d'avoir pour personnage principal une héroïne pour moi assez intrigante du fait qu'elle me ressemble à certains égards. J'ai dû le lire au moins vingt fois, toujours en me demandant comment j'avais pu manquer une information majeure qui sautait aux yeux depuis le départ. Mais je l'ai manquée, et je n'ai pas encore rencontré une personne qui ne soit pas dans le même cas »[10].

La série Harry Potter est connue pour ses nombreux rebondissements et l'auteure précise : « Je n'ai jamais créé de fin "surprise" dans un livre Harry Potter car je sais que je ne pourrais jamais le faire aussi bien qu'Austen l'a fait dans Emma[10] ».

Edith Nesbit et The Story of the Treasure Seekers[modifier | modifier le code]

L'auteur de Harry Potter a fréquemment mentionné dans ses interviews l'écrivaine anglaise Edith Nesbit, en louant notamment ses personnages d'enfant d'après elle très "vrais". En 2000 elle a déclaré « Je crois m'identifier à Edith Nesbit plus qu'à aucun autre auteur de ma connaissance » et a décrit son livre The Story of the Treasure Seekers (en) comme « une pièce à conviction en faveur de l'interdiction de l'ensemble de la littérature pour enfants pour tous ceux qui sont incapables de se souvenir précisément de ce que l'on ressent durant cette période de la vie ».

Kenneth Grahame et Le Vent dans les saules[modifier | modifier le code]

Lors d'une lecture publique devant des élèves à La Nouvelle-Orléans, J. K. Rowling explique que le premier livre qui l'a inspirée a été Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame, un des classiques de la littérature pour enfant et l'un des principaux représentants de la fantasy animalière. Cette histoire lui avait été lue alors qu'elle été atteinte de la rougeole à l'âge de quatre ans[11].

Dorothy L. Sayers[modifier | modifier le code]

Il est aussi arrivé à J. K. Rowling de citer le travail de la romancière chrétienne britannique [Dorothy L. Sayers] comme une source d'inspiration pour la rédaction de ses livres. Elle a un jour ainsi affirmer : « Il existe une théorie - cela s'applique aux romans policiers, et ainsi à Harry Potter, qui n'en ai pas vraiment un mais qui peut parfois y faire penser - qui dit qu'il ne devrait pas y avoir d'histoire romantique dans un roman policier. Dorothy L. Sayers, qui est une des doyennes de ce genre littéraire, rétorque quant à elle - et ce même si elle brise par cette occasion ses propres règles - qu'il est en effet impossible d'insérer une telle aventure dans un roman d'action, mis à part lorsque celle-ci sert à camoufler les intentions véritables de certains personnages. C'est vrai. C'est une ruse très utile. Je l'ai d'ailleurs moi-même utilisée dans mes livres sur Percy Weasley et Nymphadora Thonks comme une diversion. Mais même en disant cela, je ne suis personnellement pas d'accord étant donné que mes romans sont très axés sur les personnages. Pour moi c'est donc important de les voir tomber amoureux, ce qui représente une étape indispensable de la vie ».

C. S. Lewis et Le Monde de Narnia[modifier | modifier le code]

J. K. Rowling a souvent mentionné qu'elle était une fan de l'œuvre de C. S. Lewis quand elle était enfant. En écrivant Harry Potter à l'école des sorciers, et tout en réfléchissant à un moyen de marquer une frontière entre le monde des Moldus et celui des Sorciers, il lui vient à l'esprit l'armoire magique de Narnia : « Je me suis surprise en train de penser à l'armoire de Narnia lorsque Harry doit se jeter sur la barrière de King's Cross entre les voies 9 et 10 : elle se dissout et il se retrouve sur ​​le quai 9 ¾, où l'attend le train pour Poudlard »[12].

L'auteure tient cependant à souligner les différences majeures entre les deux œuvres : « Narnia est un monde complètement différent. Dans un Harry Potter, vous êtes projetés dans un monde à l'intérieur d'un autre que vous ne pouvez percevoir que si vous en faîtes partie. L'humour de certaines scènes provient en grande partie de collisions entre la magie et les méthodes des Moldus. Généralement, il n'y a pas beaucoup d'humour dans les livres de Narnia, mais ça ne m'a pas empêché de les adorer enfant. J'étais tellement prise par l'histoire que je n'avais pas réalisé à l'époque à quel point Lewis était particulièrement moralisateur. Lorsque je les lis aujourd'hui, je trouve que leur message auparavant si subliminal ne l'est plus du tout. » Rowling reproche notamment à Lewis de rechercher à travers son œuvre à enseigner la philosophie de la vie, ce qui n'est pas le cas pour Harry Potter[12].

Charles McGrath, du New-York Times, note aussi la similitude entre Dudley Dursley, fils odieux des tuteurs négligents de Harry, et Eustache Scrubb, l'enfant gâté qui tourmente les personnages principaux de Narnia jusqu'à ce qu'il soit converti par Aslan[13].

Elizabeth Goudge et Le Petit Cheval blanc[modifier | modifier le code]

Dans une interview accordée à The Scotsman en 2002, Rowling cite Le Petit Cheval blanc d'Elizabeth Goudge comme ayant eu « peut-être plus que tout autre livre une influence directe sur l'univers de Harry Potter. L'auteure a toujours inclus des détails sur ce que ses personnages mangeaient et j'ai toujours aimé savoir ce qu'il avait dans leurs sandwichs. Vous avez peut être remarqué que j'ai toujours décrit la liste des aliments que l'on pouvait déguster sur une table de Poudlard »[14].

J. K. Rowling précise par ailleurs que Goudge a été la seule auteure dont elle était consciente de l'influence sur Harry Potter[14].

T. H. White et L'Epée dans la Pierre[modifier | modifier le code]

L'auteure de Harry Potter se serait également inspirée de T. H. White, une enseignante en grammaire à l'origine la célèbre saga classique pour enfant La Quête du Roi Arthur (en), qui relate l'histoire d'Arthur roi d'Angleterre de son enfance à sa mort. Le livre le plus connu de cette saga est sans nul doute le premier tome intitulé L'Épée dans la pierre, qui a d'ailleurs été adapté en film d'animation par les studios Disney. Dans ce scénario un peu revisité, Arthur Wart ("moustique" en anglais) est un jeune orphelin débraillé qui rencontre le sorcier Merlin - qui possède un hibou nommé Archimède et joue mieux encore que Dumbledore le rôle du professeur distrait - et le suit dans son château afin de recevoir une éducation digne de ce nom. D'après l'écrivain Phyllis Morris, « La similitude entre Dumbledore et Merlin ne s'arrête pas seulement à la protection du héros lorsqu'il se trouve en danger. Les deux personnages se ressemblent également sur le plan physique, notamment en ce qui concernent leurs longues barbes et leurs yeux bleus. Merlin était le mentor et guide du Roi Arthur tout comme l'a été Dumbledore pour Harry ». De plus J. K. Rowling décrit le personnage de Wart comme « l'ancêtre spirituel de Harry ».

Paul Gallico et Manxmouse[modifier | modifier le code]

Rowling affirme également être une grande fan de l'écrivain Paul Gallico et spécialement de sa nouvelle Manxmouse (en). Elle a déclaré : « C'est un livre génial. Gallico gère si habilement la fine frontière entre magie et réalité que les événements les plus rocambolesques paraissent parfaitement plausibles ».

Jessica Mitford[modifier | modifier le code]

Dans une interview du Scotsman, Rowling a décrit la militante de droits civiques Jessica Mitford comme « l'écrivain qui (l')a le plus influencée ». Elle a expliqué : « J'aime le fait qu'elle ne se soit jamais départie de la vision des choses qu'elle avait durant son adolescence, demeurant fidèle à ses convictions politiques - elle était une socialiste autodidacte - toute sa vie ». Dans une critique de Decca : The Letters of Jessica Mitford, elle est allée encore plus loin en annonçant : « Jessica Mitford est devenue mon héroïne lorsque j'avais encore quatorze ans. À cette époque j'ai entendu ma formidable grand-tante expliquer comment Mitford avait fugué à l'âge de dix-neuf ans pour se battre contre les Rouges durant la guerre civile espagnole et la décrire comme "incurable et instinctivement rebelle, courageuse, aventureuse, drôle et irrévérencieuse", comme une fille "qui n'apprécie rien de mieux qu'un bon combat, de préférence contre un adversaire hypocrite et maniéré" ».

Autres références[modifier | modifier le code]

En 1999, alors que J. K. Rowling était en tournée aux Etats-Unis, un libraire lui a remis une copie du premier roman de Dodie Smith, Le Château de Cassandra, affirmant qu'elle allait l'adorer. Et effectivement, le livre est devenu un de ses préférés. L'auteure des Harry Potter déclare aujourd'hui que « c'est la voix du narrateur, ici une jeune fille de dix-sept ans nommée Cassandra Mortmain, qui transforme une vieille intrigue en véritable chef-d'oeuvre ».

Toujours en 1999, elle avoue dans une interview être une grande fan de Grimble (en), écrit par Clement Freud (en). Elle révèle : « Grimble est un des livres les plus drôles que j'ai jamais lu, et Grimble lui-même, qui n'est pourtant qu'un petit garçon, est un personnage fabuleux. J'adorerais voir un film tiré de ce roman. Pour autant que je sache, ces deux superbes œuvres littéraires sont aujourd'hui épuisées (un second tome intitulé Grimble at Christmas a en effet été publié après la sortie du premier). Alors si jamais un ou plusieurs éditeurs sont amenés à lire ça, s'il vous plaît dépoussiérez ces livres et rééditez les une nouvelle fois afin que d'autres gens puisse les découvrir ».

J. K. Rowling a également témoigné à de nombreuses reprises son admiration pour la romancière française Colette. De plus la mort de Sydney Cartoon dans Le Conte de deux cités de Charles Dickens ainsi que les dernières lignes du roman auraient visiblement eu sur elle un impact marquant : « C'est quelque chose de mieux, de tellement mieux que ce que je fais et que ce que je ne ferais jamais. C'est plus reposant que tout ce que j'ai déjà connu ».

En 2000, lors d'une interview pour BBC Radio 4, la romancière britannique a révélé l'amour profond qu'elle ressentait envers Lolita, le livre très controversé de Vladimir Nabokov, en disant : « Il n'y a juste pas assez de mots pour expliquer comment une intrigue qui aurait pu être une des pornographies les plus affreuses est devenu, dans les mains de Nabokov, une grande et tragique histoire d'amour. Je pourrais vider ma réserve de superlatifs en essayant de décrire la qualité d'écriture dont il fait preuve dans son oeuvre ».

Dans le cadre d'une autre interview, cette fois du magazine O, The Oprah Magazine, Rowling a décrit l'auteur irlandais Roddy Doyle comme son écrivain vivant favori : « J'aime tous ces livres. Il m'arrive souvent de parler de lui et de Jane Austen de la même façon. Je pense que ça rend les gens perplexe parce que ce sont deux écrivains très différents. Mais ils ont tous deux une approche très neutre de la nature humaine. Ils peuvent très bien aborder le sujet sans pour autant devenir mièvres ».

Beaucoup des auteurs favoris de J. K. Rowling décorent la colonne de liens de son site web personnel. Cette section est conçue de manière à rappeler une bibliothèque, et comporte de nombreuses œuvres dont certaines citées plus haut : Le Château de Cassandra, Le Petit Cheval Blanc, Manxmouse, mais aussi Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments et Emma de Jane Austen, un recueil de conte de fées de Edith Nesbit, Les Commitments et The Van de Roddy Doyle, deux livres de Dorothy L. Sayers ainsi qu'un autre de Katherine Mansfield.

En janvier 2006, la Royal Society of Literature a demandé à Rowling de sélectionner les dix meilleurs livres que tout enfant devrait selon elle lire. Dans sa liste on peut retrouver Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl, Robinson Crusoé de Daniel Defoe, David Copperfield de Charles Dickens, Hamlet de Shakespeare, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee, La Ferme des animaux de George Orwell, The Tale of Two Bad Mice (en) de Beatrix Potter, L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger et Catch 22 de Joseph Heller.

Analogie[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'auteurs ont été comparés à J. K. Rowling par les médias. Parmi eux, plusieurs ont été mentionnés par la romancière elle-même, mais certaines de ces comparaisons proviennent directement de sites Internet, de journalistes, de critiques ou d'autres écrivains. Elles sont ici listées dans l'ordre de publication.

Le Voyage du pèlerin[modifier | modifier le code]

Pour l'écrivain américain John Granger (en), Harry Potter et la Chambre des Secrets est une sorte de moralité et ressemble à d'autres romans du même genre tel Le Voyage du pèlerin de John Bunyan. Il décrit le moment où Harry descend dans la Chambre des Secrets pour secourir Ginny Weasley comme « l'allégorie chrétienne du Salut la plus évidente depuis Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique de C. S. Lewis. En n'utilisant que des symboles traditionnels, de l'appellation « Ancien des Jours (en) » se rapportant à Dieu, au serpent satanique en passant par le phénix ou « oiseau de résurrection » semblable au Christ, l'histoire nous transporte de la chute à la vie éternelle sans un seul accroc ».

Les Hauts de Hurlevent[modifier | modifier le code]

En 2006 J. K. Rowling a mentionné le roman d'Emily Brontë Les Hauts de Hurlevent au sommet de sa liste des dix meilleurs livres que tout enfant devrait lire. Dans son essai To Sir with Love tiré de Mapping the World of Harry Potter, Joyce Millman (en) suggère que le personnage de Severus Rogue, l'ambigu professeur de potions de Harry Potter, serait dessiné selon le modèle du héros byronien, tout comme l'est Heathcliff dans Les Hauts de Hurlevent. Il insinue également que le chapitre deux de Harry Potter et le Prince de sang-mêlé évoque le début du roman d'Emily Brontë, notamment lorsque Heathcliff est froidement présenté et qu'il demande à son domestique Joseph d'apporter du vin pour lui et Lockwood. Rogue ordonne exactement la même chose à son serviteur Pettigrow, et est décrit dans ce passage de façon similaire à Heathcliff.

Tom Brown's School Days[modifier | modifier le code]

La saga Harry Potter se déroule principalement à Poudlard, c'est-à-dire dans un contexte d'internat scolaire. Elle suit de cette façon la tradition de plus en plus fréquente dans la littérature anglaise pour enfant qui veut que les récits aient lieu dans un tel environnement. Ce genre d'histoires est apparu pour la première fois durant l'ère victorienne, avec notamment le roman de Thomas Hughes intitulé Tom Brown's School Days. Dans ce livre, le récit se fixe en effet sur une situation basique qui a depuis été imitée à de nombreuses reprises, comme par exemple dans la série de livres Bennett d'Anthony Buckeridge datant des années 1950. Tom Brown's School Days et Harry Potter mettent tous les deux en scène un jeune garçon d'environ onze ans meilleur en sport que dans les matières intellectuelles, et qui est envoyé en internat. Lors de son arrivée il se lie d'amitié avec un autre garçon de son âge (East pour Tom, et Ron pour Harry) qui deviendra son meilleur ami en l'aidant à s'adapter à son nouvel environnement. Peu après l'apparition d'un personnage voyou et arrogant provoque les premiers problèmes qu'il va devoir confronter (Flashman pour Tom, Drago pour Harry). Stephen Fry, narrateur de la version audio anglaise des romans de la saga Harry Potter, avait également joué dans le passé dans l'adaptation télévisée de Tom Brown's School Days, et a relevé à de nombreuses reprises les similitudes entre les deux histoires. Il note que « Harry Potter est un garçon qui arrive dans une étrange école et entre pour la première fois de sa vie en pension. Il se fait de bons et solides amis, mais aussi des ennemis qui cherchent à l'intimider en usant de tactiques injustes. Ainsi au début il est difficile de savoir s'il va devenir bon ou mauvais. Du courage, des efforts, de la loyauté, un bon fond et de la bravoure sont des choses qu'il cherche à acquérir, et c'est exactement l'histoire de Tom Brown's School Days».

Kaytek the Wizard[modifier | modifier le code]

Kaytek the Wizard (en), roman écrit par Janusz Korczak en 1935, raconte l'histoire d'un jeune garçon nommé Kaytek qui entre en possession de pouvoirs magiques. Mais selon de nombreuses critiques, Kaytek a un chemin plus difficile encore à parcourir que celui d'Harry Potter. En effet, à aucun moment il ne dispose d'une école de magie comme Poudlard afin de recevoir un enseignement digne de ce nom, et il est donc forcé de perfectionner son art et de découvrir ses limites par lui-même. Dans plusieurs des romans de Korczak la fin heureuse n'est pas la conclusion du récit, et l'enfant-héros doit apprendre à connaître les limites de son pouvoir ainsi que les conséquences qui l'attendent s'il en abuse. D'après Kinga Dunin, sociologue et écrivaine polonaise, Kaytek the Wizard surpasse d'un point de vue pédagogique Harry Potter. Selon elle, les expériences rencontrées par Kaytek sont plus enrichissantes que celles d'Harry et lui permettent davantage de gagner en maturité. En outre elle affirme que l'univers du roman de Korczak est plus réaliste et moins « noir et blanc ». Dunin note également le caractère démodé de Harry Potter en ce qui concerne les problèmes de genre et de race.

Le Seigneur des anneaux[modifier | modifier le code]

Les fans de l'auteur J. R. R. Tolkien ont remarqué certaines ressemblances entre son roman Le Seigneur des anneaux et la saga Harry Potter. Celles-ci transparaissent particulièrement lorsqu'on observe les personnages propres aux deux écrivains : le Gríma de Tolkien (Wormtongue dans la version originale) et le Peter Pettigrow de Rowling (Wormtail dans la version originale), Arachne (Shelob en VO) et Aragog, Gandalf et Dumbledore, les Nazgûl et les Détraqueurs, le Vieil Homme-Saule et le Saule cogneur ; il en va de même pour les antagonistes, Sauron pour Tolkien et Voldemort pour Rowling.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Accio Quote! - « "Living with Harry Potter" » (consulté le 18 août 2011)
  2. (en)EW.com - « 'Harry' Up! » (consulté le 18 août 2011)
  3. Lisa Miller. "Christ-like." Newsweek. Publié le 06 août 2007 Vol. 150 Iss. 6 pg. 12 ISSN: 00289604
  4. Jeffrey Weiss. "Christian Themes Abound in the Harry Potter books" Dallas Morning News Publié le 18 août 2007
  5. (en) Nancy Carpentier Brown - « "The Last Chapter" » (consulté le 19 août 2011)
  6. (en) Mtv.com - « "Harry Potter Author J.K. Rowling Opens Up About Books Christian Imagery" » (consulté le 19 août 2011)
  7. (en) The Leaky Cauldron - « "J.K. Rowling Web Chat Transcript" » (consulté le 21 août 2011)
  8. (en) Accio Quote! - Melissa Anelli et Emerson Spartz (2005) « "The Leaky Cauldron and Mugglenet interview Joanne Kathleen Rowling: Part Three" » (consulté le 21 août 2011)
  9. (en) Site officiel de J. K. Rowling - Section FAQ « "What is the significance of Neville being the other boy to whom the prophecy might have referred?" » (consulté le 21 août 2011)
  10. a et b (en) Accio Quote! - « "My favourite writer of all time is Jane Austen. " » (consulté le 21 août 2011)
  11. (en) Accio Quote! - Susan Larson Times-Picayune, 18 octobre 2007 - « "New Orleans students give Rowling a rousing welcome." » (consulté le 21 août 2011)
  12. a et b (en) Accio Quote! - Jennie Renton Sydney Morning Herald, 28 octobre 2001 - « "I found myself thinking about the wardrobe route to Narnia" » (consulté le 21 août 2011)
  13. (en) The New York Times - Charles McGrath, 13 novembre 2005 - « "The Narnia Skirmishes" » (consulté le 21 août 2011)
  14. a et b (en) Lindsay Fraser The Scotsman novembre 2002 - « "Harry Potter - Harry and me" » (consulté le 21 août 2011)