Vissarion Djougachvili

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Vissarion Djougachvili
ბესარიონ ჯუღაშვილი
Виссарион Джугашвили

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Portrait officiel de Vissarion Djougachvili

Nom de naissance Vissarion Ivanovitch Djougachvili
Naissance Vers 1850
Didi-Lilo, Géorgie (Empire de Russie)
Décès 12 août 1909 (calendrier julien)
25 août 1909[1] (à 58 ou 59 ans)
Tiflis, Géorgie (Empire russe)
Profession
Conjoint
Ekaterina Gueladzé (née en 1858, mariés de 1872 à 1910, décédée en 1937)
Descendants
Mikhail (fils, avec Ekaterina, né et décédé en 1875)
Gueorgui (fils, avec Ekaterina, né en 1876, décédé en 1877)
Iossif (fils, avec Ekaterina, né en 1878, décédé en 1953)
Famille
Zaza Djougachvili (grand-père)
Vano Djougachvili (père)
Tombe de Vissarion Djougachvili au cimetière de Telavi, Géorgie

Vissarion Ivanovitch Djougachvili (en géorgien : ბესარიონ ჯუღაშვილი Bessarion Djoughachvili, en russe : Виссарион Вановис Джугашвили), né à Didi-Lilo en Géorgie vers 1850 et mort le 25 août 1909 (correspond au 12 août du calendrier julien) à Tiflis, était le père de Joseph Staline. Son patronyme serait dérivé du village géorgien de Jugaani, d'où sont originaires ses ancêtres.

Biographie[modifier | modifier le code]

On ne sait pas grand-chose du père de Staline, puisque les témoignages écrits dans les villages géorgiens sont très rares : la communication orale prédominait. Bezo[2] comme on le surnommait était un homme brutal. Originaire, d'un petit village géorgien, il serait né dans une famille orthodoxe paysanne vers 1850 ; certains auteurs lui donnent des origines ossètes. Son père s'appelait Vano (Ivan) et il avait un frère Georgy[1].

Le professeur Irémachvili a déclaré que Vissarion était « un homme inculte et brutal, comme tous les Ossètes des hautes montagnes du Caucase ». Selon Arsoshvili, il n'aurait pas eu les moyens de payer une taxe et dut déménager pour chercher un emploi. Certains pensent qu'il aurait travaillé dans une fabrique de pavés et d'autres qu'il tenait encore des vignes à Didi-Lilo et qu'il y aurait rencontré Ekaterina Gavrilovna Gueladzé (1858-1937) lors d'une foire aux vins. Ils se marient peu de temps après, le 30 mai 1872[1].

De cette union, deux de leurs enfants sont morts en bas âge, Mikhail et Gueorgui : cela affecte profondément la famille. Vissarion s'enivre et bat son épouse, qui serait de nature volage. À une date indéterminée, ils quittent Didi-Lilo pour s'installer à Gori, un bourg de 6 000 habitants, dans la rue Sobornaïa. Vissarion travailla dans la cordonnerie Adelkhanov à Tiflis. Staline n'évoqua que très rarement son père, uniquement pour se faire le fils d'un « ouvrier à la cordonnerie de Tiflis ». Selon Boris Souvarine, le rattachement de quelques doigts (prouvé) et une main gauche infirme (non prouvé) du dictateur viendrait d'une « hérédité alcoolique ». En 1883, il quitta la maison familiale pour aller vivre à Tiflis.

La mort de Vissarion[modifier | modifier le code]

Les circonstances et la date du décès de Vissarion sont longtemps restées douteuses. Une première version, celle de la fille de Staline, Svetlana Allilouieva, explique dans une de ses lettres que son grand-père serait mort dans une bagarre de taverne en 1890 ou en 1909. Une seconde version, officielle et soviétique, prétend qu'il serait décédé d'une mort naturelle en 1906. D'autres éléments contredisent ces versions : un rapport de police faisant suite à l'arrestation de Staline en 1909 rapporte : « Joseph Vissarionovitch Djougachvili est originaire d'une famille géorgienne paysanne. Son père a 55 ans et sa mère s'appelle Ekaterina... ». En 1912, Staline déclara : « papa est décédé et maman vit encore à Gori ».

Suivant l'historien Simon Sebag Montefiore dans son ouvrage paru en 2007 sur la jeunesse de Staline, Vissarion est décédé le 12 août 1909 selon le calendrier julien - 25 août 1909 suivant le calendrier grégorien - à l'hôpital Mikhaïlovski, à Tiflis, de tuberculose, colite et pneumonie chronique[1].

Théories sur une autre origine paternelle[modifier | modifier le code]

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Certains auteurs, en reprenant une série de témoignages, parlent aujourd'hui d'une origine paternelle différente pour Joseph Staline qui pourrait être le fils d'un pope, du comte Iakov Egnatachvili, ou encore de l'explorateur Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski. En 1878, ce dernier prit une convalescence à Gori. Il fut accueilli par un prince local qui lui proposa le service de Ekaterina, femme tombée en plein dénuement suite à la violence de son mari. Nikolaï et Ekaterina restèrent proches longtemps, et après son départ, celui-ci continua à lui envoyer de l'argent.

Plusieurs éléments pourraient faire penser que Vissarion ne fut pas le père naturel de Joseph Staline. D'abord le mystère de la date de naissance du dictateur. Certains arguent que Joseph fut toujours accueilli chaleureusement dans la famille Egnatachvili, dans laquelle sa mère a été ménagère et nourrice. Staline fit frapper une médaille au nom de Prjevalski et fit venir son frère Alexandre Egnatachvili au Kremlin alors qu'il détestait la noblesse. Même si elle reconnaît toujours Vissarion comme son arrière-grand-père, Galina, la petite-fille de Staline a néanmoins reconnu une certaine ressemblance entre Egnatachvili et Staline. La petite-fille de Staline, Nadejda, prétend que la photographie officielle de Vissarion était truquée puisque celui-ci n'avait jamais été photographié.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Irémachvili, Stalin und die Tragödie Georgiens, Berlin, 1932.
  • R. Medvedev, La Famille du tyran.
  • L. Marcou, Staline : vie privée, Calmann-Lévy, 1996.
  • Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, 2001.
  • Staline, dictateur rouge au sang bleu ?, Courrier international, 17-01-2002.
  • Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, Éditions Calmann-Lévy, 2008.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, Éditions Calmann-Lévy, 2008
  2. Pour certains auteurs, Bézo viendrait d'un dialecte local qui signifierait « saucisson sec ». Certains y voient simplement un diminutif du prénom Bessarion (Béso, Bézo)