Iakov Djougachvili

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Iakov Djougachvili

Iakov Iossifovitch Djougachvili (géorgien : იაკობ ჯუღაშვილი, russe : Яков Иосифович Джугашвили) (18 mars 1907 - 14 avril 1943) est l'un des trois enfants reconnus de Joseph Staline, avec Svetlana Allilouieva et Vassili Djougachvili[réf. nécessaire]. Il est le fils de la première femme de Staline, Ekaterina Svanidze.

Iakov naît dans le village de Borji (près de Koutaïssi) en Géorgie, alors partie de l'Empire russe. Jusqu'à quatorze ans, il est élevé par sa tante à Tbilissi. En 1921, son oncle Alexander Svanidzé lui conseille d'aller à Moscou pour y faire des études supérieures. Iakov ne parle alors que le géorgien et c'est après être arrivé à Moscou qu'il commence à apprendre le russe, pour faire des études universitaires.

Iakov et son père Staline ne s'entendirent jamais[réf. nécessaire]. On raconte que Staline appelait Iakov « un vrai bon à rien »[réf. nécessaire].

La belle-mère d'Iakov, Nadejda Allilouieva, raconta qu'elle avait vu un jour la jeune fille avec qui Iakov s'était fiancé, s'enfuir en larmes de leur datcha de Moscou. Quand elle entra, elle vit Iakov si désespéré qu'il était sur le point de se trouver mal. Subitement, Iakov courut vers sa chambre à coucher. Iako Venait d'annoncer ses fiançailles à son père.Staline était fou de rage. Pendant que les deux époux se disputaient à ce sujet, on entendit un coup de feu dans la chambre de Iakov. Il avait essayé de se tuer en se tirant une balle dans la tête, mais il était tellement énervé des remontrances de son père qu'il n'avait fait que se blesser. Pendant que Nadejda s'occupait de soigner son beau-fils et qu'elle faisait venir un médecin, Staline n'éprouva aucune compassion et se contenta de dire  : « Il ne peut rien faire correctement. Dire qu'il n'a même pas pu viser juste, je ne peux rien avoir en commun avec lui.[réf. nécessaire] »

Iakov se marie et a deux enfants :

Evgueni Djougachvili, (1936), qui a donné beaucoup d'interviews pour parler de son grand-père et Galina Djougachvili, (1938-2007)[1].

Iakov sert dans l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale comme lieutenant de régiment d'artillerie dans la 14e division de tanks. Il est capturé par la Wehrmacht entre la Pologne et l'Ukraine le 16 Juillet 1941. Il fut enfermé à l'isolement comme prisonnier de choix avec le fils de Léon Blum, Robert Blum à Lübeck[2]. Les Allemands proposent de l'échanger contre Friedrich Paulus, feld-maréchal allemand capturé par les Soviétiques après la bataille de Stalingrad. Staline refuse en prétextant que l'on n'échange pas un maréchal (Friedrich Paulus) avec un lieutenant (Iakov Djougachvili).[réf. nécessaire] [3]

Les circonstances de sa mort sont restées longtemps obscures. Selon l'historien britannique John Erickson il se serait suicidé en apprenant la nouvelle du massacre de Katyń, au camp de concentration de Sachsenhausen, où il était détenu[4]. Officiellement, les Allemands déclarèrent qu'il était mort en heurtant une clôture électrique, en voulant s'échapper [3]; d'autres laissèrent entendre qu'il avait été assassiné sur ordre d'Hitler, suite à l'échec de l'échange contre Paulus[réf. nécessaire]. Des dossiers maintenant déclassifiés établissent que Dzhugashvili a été abattu par un garde pour avoir refusé d'obéir à ses ordres. Alors qu’il marchait autour du camp, on lui ordonna de revenir aux baraquements en le menaçant de tirer sur lui. Djougachvili refusa et cria : « Tirez donc ! » Le garde lui logea une balle dans la tête. Quoi qu’il en soit, cette façon de mourir fut considérée par Staline comme une mort plus honorable, et son attitude envers son fils s’adoucit légèrement[5].

Dans L'Insoutenable Légèreté de l'être, l'écrivain Milan Kundera livre une version très personnelle du décès de Iakov :

« Ce n’est qu’en 1980, par un article publié dans le Sunday Times, qu’on a appris comment est mort le fils de Staline, Iakov. Prisonnier de guerre en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, il était interné dans le même camp que les officiers anglais. Ils avaient des latrines communes. Le fils de Staline les laissait toujours sales. Les Anglais n’aimaient pas voir leurs latrines souillées de merde, fût-ce de la merde du fils de l’homme alors le plus puissant de l’univers. Ils le lui reprochèrent. Il en prit ombrage. Ils répétèrent leurs remontrances, l’obligeant à nettoyer les latrines. Il se fâcha, se disputa avec eux, se battit. Finalement, il demanda audience au commandant du camp. Il voulait qu’il arbitre leur différend. Mais l’Allemand était trop imbu de son importance pour discuter de merde. Le fils de Staline ne put supporter l’humiliation. Proférant vers le ciel d’atroces jurons russes, il s’élança vers les barbelés sous courant à haute tension qui entouraient le camp. Il se laissa choir sur les fils. Son corps qui ne souillerait plus jamais les latrines britanniques y resta suspendu[6]. »

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle aura un fils, Salim (1970) lourdement handicapé.
  2. Genami.org
  3. a et b [Emmanuel Carrère, Limonov, folio, P.44]
  4. « Revealed: how Stalin's brutal massacre at Katyn shamed his PoW son into suicide », dans The Telegraph du 30 juillet 2000.
  5. Antony Beevor, (2012). The Second World War. Grande Bretagne : Weidenfeld & Nicolson
  6. Milan Kundera, L'Insoutenable Légèreté de l'être, Paris, Gallimard, Pléiade (Œuvre, tome I), VI, "La Grande Marche", §1, p. 1336.

Liens externes[modifier | modifier le code]