Censure des images en Union soviétique

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Un exemple montrant comment une image a été modifiée plusieurs fois de suite, chaque personne tombée en défaveur voyant son image éliminée de la photo. Seul Joseph Staline apparaît sur les quatre photos.

La censure des images en Union soviétique est l'ensemble des mesures prises pour modifier les documents relatant l'histoire de l'Union soviétique. Il s'agit principalement de falsification d'images photographiques, d'où sont purement et simplement « éliminés » les personnages tombés en disgrâce. Il s'agissait de minimiser le rôle effectif de telle ou telle personnalité, mais également de montrer que les dirigeants n'avaient jamais été en contact avec certains leaders devenus infréquentables.

Histoire[modifier | modifier le code]

Nikolaï Iejov est visible à la droite de la première photo. Dans la deuxième photo, il n'apparaît plus à la gauche de Staline.

Lorsque Joseph Staline a pris le contrôle du Parti communiste de l'Union soviétique et est devenu le Président du Conseil des Ministres d'URSS, il a entamé une série de purges qui a éliminé différents ennemis du peuple, réels ou supposés. Au début, une purge signifiait l'expulsion du Parti, mais à partir des Grandes Purges au milieu des années 1930, les gens sont arrêtés, emprisonnés, envoyés au Goulag, exilés en Sibérie ou exécutés. Le gouvernement soviétique a tenté d'effacer de l'histoire l'existence de certaines personnes en prenant différentes mesures : retouche d'image[1],[2], destruction de films et, dans les cas extrêmes, exécution sommaire de toute la famille.

Ainsi, après l'exécution de Lev Kamenev en 1936, son image est retirée des célébrations de la Révolution d'Octobre de 1919. De nombreux membres de sa famille sont également éliminés[3]. Son deuxième fils, Yu. L. Kamenev, est exécuté le 30 janvier 1938 à l'âge de 17 ans. Son fils aîné, l'officier de l'air A. L. Kamenev, est exécuté le 15 juillet 1939, à l'âge de 33 ans. Sa première femme Olga a été tuée d'une balle le 11 septembre 1941 sur ordre de Staline dans la forêt de Medvedev près d'Orel, en compagnie de Christian Rakovsky, de Maria Spiridonova et de 160 autres prisonniers politiques en vue. Seul son plus jeune fils, Vladimir Glebov, a survécu aux prisons staliniennes et au Goulag.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David King, The Commissar Vanishes : The Falsification of Photographs and Art in Stalin's Russia, New York, Metropolitan Books,‎ 1997, 1e éd. (ISBN 978-0-8050-5294-7, LCCN 97020832).

Article connexe[modifier | modifier le code]