Svetlana Allilouïeva

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Svetlana Allilouïeva

Description de cette image, également commentée ci-après

Svetlana avec son père Staline en 1935.

Naissance
Moscou, RSFS de Russie,
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Décès (à 85 ans)
Richland Center, Wisconsin, Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Ascendants
Conjoint
Grigori Morozov (1945-1947)
Iouri Jdanov (1949-?)
William Wesley Peters (1970-1973)
Descendants
Joseph (1945-2008)
Iekaterina (1950- )
et Olga
Famille

Svetlana Iossifovna Allilouïeva (en russe : Светлана Иосифовна Аллилуева, en géorgien : სვეტლანა ალილუევა, connue aussi sous le nom de Lana Peters), née le à Moscou et morte le à Richland Center (Wisconsin), est le plus jeune enfant et la seule fille de Joseph Staline, née de son second mariage avec Nadejda Allilouïeva-Staline. En 1967, elle fuit l'URSS et demande l'asile politique aux États-Unis dont elle obtient la nationalité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années et mariages[modifier | modifier le code]

Lavrenti Beria avec Staline (dans le fond) et la jeune Svetlana Allilouïeva.

Enfant préférée et gâtée de Staline pendant son enfance, sa mère se suicide en 1932 alors qu'elle n'a que 6 ans[1].

À l'âge de 16 ans, elle entame une liaison amoureuse avec le comédien Alexis Kapler, âgé de 40 ans. Son père l'oblige en 1943 à rompre ses fiançailles avec celui-ci en raison de leur écart d'âge. Kapler est ensuite envoyé au Goulag, condamné à 10 ans d'exil dans la ville minière de Vorkouta, d'où il ne revient qu'après la mort de Staline.

Svetlana Allilouieva est mariée trois fois. Son premier mari est Grigory Morozov, d'origine juive. Le couple a un fils, Joseph, en 1945 puis divorce en 1947.

Son deuxième mari est Iouri Jdanov, fils d'Andreï Jdanov, le bras droit de Joseph Staline. Mariés en 1949, ils ont une fille, Iekaterina[2] en 1950. Le mariage est dissous quelque temps plus tard.

La presse rapporte également l'existence d'un troisième mariage de Svetlana Allilouieva avec Mikhaïl Kaganovitch, le fils d'un autre dignitaire stalinien, Lazare Kaganovitch, ce que l'intéressée démentit.

Le 27 août 1949, elle fait la une de Paris Match[3], presque nue, la propagande soviétique cherche ainsi à courtiser l'Europe alors alliée aux États-Unis en donnant une photo « sexy » de la fille de Staline au magazine, supposée incarner un régime politique humain[4].

En relations de plus en plus tendues avec son père, Svetlana abandonne le nom de son père après la mort de celui-ci pour n'utiliser que celui de jeune fille de sa mère. Bilingue en anglais, elle travaille alors comme interprète et étudie à l'université l'histoire des États-Unis. Elle ne se déclare pas surprise des révélations du XXe Congrès (1956).

Asile politique[modifier | modifier le code]

À partir de 1963, elle commence une liaison avec Brajesh Singh, membre du parti communiste indien mais ils ne sont pas autorisés à se marier. À la mort de Singh à Moscou en 1966, Svetlana reçoit l'autorisation de ramener ses cendres en Inde. Après deux mois passés en Inde, elle profite de ce séjour, pour s'enfuir d'URSS en réclamant l'asile politique à l'ambassade des États-Unis à New Delhi le 6 mars 1967. Elle laisse derrière elle, en URSS, son fils Joseph Morozov (22 ans) et sa fille Iekaterina Jdanova (17 ans).

Elle arrive à New York en avril 1967, via Rome et un court séjour en Suisse. Lors de sa première conférence de presse, elle dénonce la dictature de son père et le régime soviétique. Elle publie une autobiographie intitulée Vingt lettres à un ami (1968) à l'occasion du cinquantième anniversaire de la révolution russe. Dans ce livre, elle raconte qu'elle avait demandé à son père pourquoi son beau-fils Grigori Morozov (qui était juif) avait été arrêté, et qu'il lui avait répondu : « Tu ne comprends pas ! Toute la vieille génération est infectée par le sionisme, et ils l’enseignent à leurs jeunes »[5]. La publication du livre provoquant des tensions diplomatiques entre l'Est et l'Ouest, la date de publication est finalement avancée pour ne pas coïncider avec les célébrations soviétiques.

Allilouieva s'installe aux États-Unis, d'abord à Princeton, New Jersey, puis à Pennington.

En 1970, Allilouieva épouse William Wesley Peters (en), un architecte qui est l'apprenti de Frank Lloyd Wright. Il devient par conséquent son troisième mari. Elle prend le nom de Lana Peters et met au monde une fille prénommée Olga, mais le couple Peters finit par se séparer en 1973[6].

Retour en URSS[modifier | modifier le code]

En 1982, Allilouieva et sa fille Olga s'installent à Cambridge en Angleterre. En 1984, elle revient en URSS afin de revoir ses deux premiers enfants, à qui elle n'avait jamais reparlé depuis sa fuite à l'ouest, ainsi que ses deux petits-enfants qu'elle n'avait jamais vus de sa vie. À la suite de l'hospitalisation de son fils Joseph Morozov à Moscou, elle décide de rester en URSS, puis, avec sa fille Olga, s'installe à Tbilissi, en Géorgie. Incapable de se réadapter à la vie en URSS, elle sollicite en décembre 1985 de Mikhaïl Gorbatchev l'autorisation de quitter le pays[7]. Le 16 avril 1986, elle est de retour en Amérique.

Dernières années[modifier | modifier le code]

À partir de 1986, Allilouieva vit principalement aux États-Unis. Après quelque temps passé à Bristol (où elle devient catholique en 1993[8]), au cours des années 1990, et au Wisconsin, elle réside dans le nord de la Californie.

Elle meurt le 22 novembre 2011 des suites d'un cancer du côlon dans une maison de retraite à Richland Center, au Wisconsin, aux États-Unis[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Sebag Montefiore, Stalin, The Court of the Red Tsar, p. 1–38, 90, 2003 (ISBN 1842127268.)
  2. Également appelée Katia
  3. Paris Match n°23 « Voici la fille de Staline »
  4. Christophe Bourseiller , Les 100 unes qui ont fait la presse, Les Beaux Jours,‎ 2013, p. 47
  5. Svetlana Allilouieva, Vingt lettres à un ami, traduit du russe par Jean-Jacques Marie; éd. Le Seuil, collection Littérature russe (slave), 1968. (OCLC 42627805)
  6. (en) Deborah Andrews, Annual Obituary, St. James Press,‎ 1992, p. 437
  7. « After a Traumatic Homecoming Stalin's Daughter, Svetlana Alliluyeva, Flies Again from Mother Russia », Michelle Green, mai 1986
  8. a et b « La petite-fille de Staline est une femme libre », Paris Match.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vingt lettres à un ami, traduit du russe par Jean-Jacques et Nadine Marie, Le Seuil, Paris, 1967. Twenty Letters To A Friend (autobiographie, 1967, London, écrit en 1963) (ISBN 0-06-010099-0)
  • En une année, Robert Laffont, Paris, 1970. Traduction de Paul Chavchavadze, Only One Year, Harper & Row (1969), hardcover, 444 pages, (ISBN 0-06-010102-4)
  • Faraway Music (1984, Inde, 1992, Moscou)