Niani

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Niani est aujourd'hui un village de la haute Guinée. Niani est souvent considérée comme ayant été la capitale et la résidence des rois de l'Empire du Mali aux XIIIe-XIVe siècles.

Possible capitale de l'empire du Mali[modifier | modifier le code]

Dans La Grande Geste du Mali, Wa Kamissoko fournit la généalogie suivante pour la dynastie régnante de Niani : Niani est fondée par Kolomba Kamara ; quatre générations après lui vient Kolinkin Kamara, dont le fils est Niani Massa Kara Kamara[1]. Il indique également que le baobab de Niani faisait l'objet d'un culte[2]. Youssouf Tata Cissé précise dans le même livre que les Kamara sont amenés par la suite à abandonner Niani à cause d'une épidémie, soit de maladie du sommeil, soit de fièvre jaune, et vont s'établir dans plusieurs autres villes de la haute vallée du Niger, dont Niani-Kouroula, Niani dans la montagne, avant d'aller s'installer à Dakadjalan[3].

Niani est fréquemment mentionnée dans plusieurs versions de l'épopée de Soundiata. Dans la version de Mamadou Kouyaté adaptée en français par Djibril Tamsir Niane, Niani est mentionnée comme étant la capitale du royaume du Mandé sous le règne de Naré Maghann Konaté, le père de Soundiata ; elle apparaît sous le nom de Nianiba, « Niani la Grande »[4]. Lorsque plusieurs villes du Mandé se révoltent contre la domination de Soumaoro Kanté qui a envahi le royaume, celui-ci se venge en rasant Niani[5]. Par la suite, après sa victoire sur Soumaoro, Soundiata s'établit à Niani dont il fait la capitale de son empire : il la fait reconstruire et agrandir, et la ville devient rapidement un centre politique et économique prospère[6].

Cependant, dans la version de l'épopée que donne Wa Kamissoko, Soundiata Keïta naît à Dakadjalan et c'est là qu'il passe son enfance[7]. Soundjata quitte la ville à la mort de son père[8], puis revient y établir son pouvoir après sa victoire sur Soumaoro et y réside jusqu'à sa mort[9].

Les historiens, de leur côté, ne sont pas encore parvenus à établir avec certitude quels étaient le nom et l'emplacement de la capitale de l'empire du mali au temps de son apogée au XIVe siècle[10]. En effet, il est impossible d'utiliser directement les récits oraux (l'épopée de Soundiata, par exemple) comme sources historiques, faute de moyens pour mesurer les transformations qu'ils ont subies au cours du temps[11].

Le Niani est aussi une ancienne petite province de Sénégambie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cissé et Kamissoko (1988), p. 350-351.
  2. Cissé et Kamissoko (1988), p. 352-353.
  3. Cissé et Kamissoko (1988), p. 45, note 10.
  4. D.T. Niane (1960), p. 17 (et note 1 à cette page).
  5. D.T. Niane (1960), p. 81.
  6. D.T. Niane (1960), p. 143-149 (chapitre « Niani »).
  7. Cissé et Kamissoko (1988), p. 73
  8. Cissé et Kamissoko (1988), p. 109.
  9. Cissé et Kamissoko (1988), p. 300-303, et Cissé et Kamissoko (1991), p. 49-50.
  10. François-Xavier Fauvelle-Aymar (2013), p. 17 : « Mais au moins, alors, avons-nous des villes, des palais, des monuments divers, des bâtiments dévolus aux cultes, autant de témoins matériels du passé ? Si peu, si mal conservés, si piètrement documentés par la recherche. Songeons que nous ne savons même pas où se trouvait la capitale du Mâli au temps de sa splendeur, au milieu du XIVe siècle. » (Fauvelle-Aymar emploie la graphie « Mâli » à propos de l'empire médiéval du Mali, pour le distinguer commodément de l'actuel pays du Mali ("Avertissement sur quelques usages suivis dans ce livre", p. 11).
  11. Fauvelle-Aymar (2013), p. 16.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko, La Grande Geste du Mali. Des origines à la fondation de l'Empire, Paris, Karthala, 1988, 2e édition 2007. (Édition bilingue malinké-français.)
  • Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko, Soundjata, la gloire du Mali (La Grande Geste du Mali, tome 2), Paris, Karthala, « Homme et Société : Histoire et géographie », 1991, 2e édition 2009. (Traduction française seule.)
  • David C. Conrad, « A town called Dakajalan: the Sunjata tradition and the question of Ancient Mali's capital », Journal of African History, vol.35 n°3, 1994, p. 355–377.
  • François-Xavier Fauvelle-Aymar, Le Rhinocéros d'or. Histoires du Moyen Âge africain, Paris, Alma, 2013.
  • Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l'épopée mandingue, Présence africaine, Paris, 1960. (Adaptation française seule.)