Patrick Dewaere

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Patrick Dewaere

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Patrick Dewaere (dessin au crayon).

Nom de naissance Patrick Jean Marie Henri Bourdeaux
Surnom Patrick Maurin
Patrick de Waëre
Naissance 26 janvier 1947
Saint-Brieuc, Côtes-d'Armor, France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 16 juillet 1982 (à 35 ans)
Paris (14e)
Profession Acteur
Auteur-compositeur-interprète
Films notables Les Valseuses (1974)
Adieu poulet (1975)
F comme Fairbanks (1976)
Le Juge Fayard dit le shérif (1977)
Préparez vos mouchoirs (1978)
Série noire (1979)
Un mauvais fils (1980)
Beau-père (1981)
Paradis pour tous (1982)

Patrick Dewaere, de son vrai nom Patrick Jean-Marie Henri Bourdeaux[N 1], est un acteur français né le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) et mort le 16 juillet 1982 à Paris 14e[1].

Considéré par beaucoup comme un des acteurs les plus brillants de sa génération[2], Patrick Dewaere a incarné la « fureur de vivre » à la française et demeure un modèle pour les générations de jeunes comédiens qui lui ont succédé[3]. Son jeu se caractérise par un naturel, une exactitude et une vérité dans les expressions, dans les gestes et dans les attitudes qui sont désormais jugées comme proches de celle de l’Actors Studio, inventives et généreuses alors qu’en son temps, dans les années 1970, les critiques préféraient les « rondeurs » et le jeu de son alter-ego professionnel, concurrent et ami Gérard Depardieu[4].

Il se suicide à l'âge de trente-cinq ans, après avoir joué dans trente-sept longs-métrages durant une longue carrière de trente et une années. Il a également composé et interprété plusieurs chansons pour lui-même ou encore pour Françoise Hardy ainsi que la musique du film F… comme Fairbanks.

Sommaire

Biographie [modifier]

Enfance et débuts [modifier]

Fils de la comédienne Mado Maurin, le jeune Patrick fait très tôt partie d’une famille d'artistes, baptisée par le métier les « petits Maurin » comprenant ses frères Jean-Pierre Maurin (1941-1996), Yves-Marie Maurin (1944-2009) et Dominique Collignon-Maurin (né en 1949), auxquels s’adjoignent ensuite Jean-François Vlérick (né en 1957) et Marie-Véronique Maurin (née en 1960). Cette troupe familiale collabore à de nombreux films, téléfilms, feuilletons télévisés ainsi qu'à des représentations au théâtre et à la radio.

En 1946, séparée de son mari, Mado Maurin est nommée directrice du théâtre municipal de Saint-Brieuc et de Morlaix. Le dimanche 26 janvier 1947, le petit Patrick vient au monde à Saint-Brieuc où il ne restera que quelques mois avec sa mère avant de rejoindre la région parisienne. Après une rupture douloureuse, sa mère s'unit à Georges Collignon, déjà père de deux jeunes garçons. Dès lors, la tribu de ce qui devient bientôt « les petits Maurins » est constituée. Tous les enfants adoptent alors ce patronyme artistique qui facilite leur placement dans divers spectacles, pièces de théâtre, émissions de télévision et films de cinéma.

Le comédien Yves-Marie Maurin, l'un des six « petits Maurin »

Dès ses premières apparitions, à l’âge de quatre ans, il utilise le pseudonyme de Patrick Maurin qu’il va conserver jusqu’en 1967. Cette période enfantine est tumultueuse et il souffre de la compétition artistique entre les « petits Maurin ». Patrick et ses frères vont se jalouser les rôles enfantins dès sa première apparition sur les planches du théâtre de Chaillot à Paris, en 1950 alors seulement âgé de 3 ans, pour la pièce Primerose de Robert de Flers où sa mère tient aussi un rôle. Dans le film Monsieur Fabre, il partage avec une réelle assurance, une scène avec ses frères Jean-Pierre et Yves-Marie face à une immense vedette de l'époque, Pierre Fresnay, auquel il donne la réplique. En janvier 1956, il a neuf ans et joue un rôle important dans la pièce Procès de famille au théâtre de l'Œuvre. Le sujet est tragique : un petit garçon est déchiré entre trois couples qui se le disputent. Lors d'une scène essentielle, il est brutalement giflé par l'une des actrices. Fou de douleur, il se suicide alors en se jetant dans une cage d'ascenseur. La même année, il joue dans la pièce Misère et Noblesse, mise en scène par Jacques Fabbri à Paris puis accompagne la troupe pour des représentations à l'étranger[5]. Il interprète le personnage du jeune Pepeniello, un enfant tiraillé entre deux familles, une fois encore.

En 1958, le petit Patrick Maurin joue dans un spectacle, au Cirque d'hiver de Paris

De récents témoignages rapportés par Christophe Carrière dans sa biographie Patrick Dewaere, une vie (2012), révèlent que l'enfant aurait subi des abus sexuels de la part d'un membre de sa famille[6]. Selon les mêmes témoignages, ces événements auraient contribué à forger sa personnalité, à la fois rebelle, fragile et tourmentée. Durant cette période, il joue la comédie au théâtre et intervient dans différents films dont certains sont signés par des personnalités reconnues comme Marc Allégret, Gene Kelly ou encore Henri-Georges Clouzot. L'enfant est vif, jovial et turbulent, toujours prêt à en découdre avec l'autorité. Ainsi, son frère Dominique Collignon-Maurin relate que lors du tournage du film La Route joyeuse, l'acteur star et réalisateur américain Gene Kelly prend un caillou en pleine tête parce que le petit Patrick, six ans, s'amuse alors à faire des ricochets. Pour les punir, on les enferme dans une chambre d'hôtel. En représailles, son frère et lui vont la mettre à sac[7].

En 1958, il se retrouve avec son frère Yves-Marie au Cirque d'hiver pour jouer la comédie-spectacle Jimmy Boy et Davy Crocket où il monte à cheval et tire sur des indiens aux allures de cascadeurs et de clowns. En 1962, il campe le rôle de « l'innocent » dans l'adaptation de L'Arlésienne au music-hall aux côtés de Joséphine Baker[8]. En parallèle, alors que la télévision se développe considérablement, le jeune Patrick monte en grade et progressivement, interprète des rôles de premier plan. Dans la série La Déesse d'or, il fait partie d'un quarteron de gamins prêts à toutes les aventures.

Profond différend familial [modifier]

Après une trentaine de pièces de théâtre et de téléfilms à succès pour l’ORTF, il choisit de prendre du champ par rapport à sa famille, pour deux motifs : d’une part, il apprend à dix-sept ans en 1964 par la bouche de son frère le plus proche Dominique Collignon-Maurin, qu'il n'est pas l'enfant biologique de Pierre-Marie Bourdeaux[N 2], bien que celui-ci l'ait reconnu, mais le fils naturel de l’artiste lyrique et chef d’orchestre Michel Têtard, mort en 1960 à l’âge de trente-cinq ans, selon Mado Maurin[7] qu'elle a connu à la sortie de la guerre en 1945. Il rejoint la troupe d'artistes que dirige Mado Maurin ainsi que son époux et père de ses deux premiers fils, Pierre-Marie Bourdeaux. Dans la biographie qu'elle publie en 2006, elle précise que les deux hommes ont abordé ensemble le principe d'un divorce et dès lors, Bourdeaux la quitte. Mais après quelques mois d'une passion dévorante, lorsqu'elle lui annonce tomber enceinte en 1946, Mado Maurin reçoit un télégramme de rupture de la part de son amant, refusant de croire que cet enfant serait le sien. Cette relation prend alors fin brusquement.

D’autre part, son biographe Jean-Marc Loubier affirme qu’il aurait été pratiquement dépossédé d’un héritage par sa mère, à la même période[9]. Le jour de ses dix-sept ans, parce que sa mère lui refuse de téléphoner, il est pris d'une colère subite et la brutalise en la jetant par terre. Il est alors mis à la porte de la maison familiale et se réfugie dans une chambre de bonne. Après deux mois de brouille, il se réconcilie pourtant avec Mado Maurin.

Un jeune acteur remarqué [modifier]

En 1966, bien que figurant et non crédité au générique, il est remarqué par le réalisateur de Paris brûle-t-il ?, René Clément par son incarnation courageuse et physique d'un jeune résistant. Le réalisateur fera à nouveau appel à lui en 1971 dans La Maison sous les arbres pour camper une nouvelle fois comme figurant, le personnage d'un jeune homme rebelle, atypique et un peu anarchiste. Ses différends familiaux l’encouragent à adopter un pseudonyme, élaboré à partir du nom marital de son arrière grand-mère maternelle Devaëre[N 3], dont il changera la troisième lettre par un W. Ainsi, le nom de Patrick de Waëre[N 4],[N 5] apparaît au générique de la mini-série Les Hauts de Hurlevent en 1964, avant d'adopter l'orthographe sous laquelle il deviendra célèbre : Patrick Dewaere. Le public français le remarque réellement en 1967, grâce à un feuilleton télévisé où il tient pour la première fois de sa carrière, le rôle principal, Jean de la Tour Miracle, également réalisé par Jean-Paul Carrère et qui bénéficie alors d'un certain succès populaire. Il effectue toutes ses cascades et monte à cheval avec efficacité et prestance. Le 6 janvier 1968, après la diffusion de la série Jean de la Tour Miracle, il déclare à la revue Télé 7 Jours : « Je veux faire peau neuve complètemnt et repartir à zéro. Mon passé, je ne le porte pas comme un panache mais je le traîne comme un boulet ». À cette période, il quitte le domicile familial de la famille Maurin pour s'installer dans un appartement du 9e arrondissement de Paris, rue Ordener, en colocation avec un copain comédien du même âge, Jean-Jacques Ruysdaël[10].

Premiers succès [modifier]

Le Café de la Gare en 2013

Émancipé de la tutelle familiale à vingt-et-un ans[N 6], il profite des événements de Mai 68, pour rencontrer des acteurs alternatifs et rejoint la troupe de Romain Bouteille. À la même période et toujours rebelle, il sort des sentiers battus et gagne sa vie comme déménageur en livrant des réfrigérateurs. En avril 1968, il tombe sous le charme de la jolie actrice Élisabeth Wiener et une relation amoureuse se noue alors durant quelques mois[11]. Il assiste plus tard aux événements de mai 1968 et après s'être fait matraqué par un CRS, il participe activement aux manifestations, n'hésitant pas à faire le coup de force[12]. Durant la période où il occupe la salle de cinéma « Les trois Luxembourg » aux côtés d'autres manifestants, réalisateurs et acteurs, il noue une relation passionnée avec la comédienne-réalisatrice Sotha (pseudonyme de Catherine Sigaux) qui jusqu'alors, partage sa vie avec Romain Bouteille. En grand secret, autant par défi que par jeu, ils se marient quelques mois plus tard, le 26 juillet 1968. Rufus est le témoin officiel de ce mariage. Dewaere participe ensuite activement aux travaux de construction du premier café théâtre du rue passage d'Odessa, quartier Montparnasse. Il partage alors les planches du Café de la Gare à Paris, avec Coluche, Henri Guybet, Martin Lamotte, Renaud et Sotha, sans oublier celle qui deviendra la passion de sa vie et qui a trouvé le nom de cette salle de spectacle, Miou-Miou[13].

Renaud, ami depuis 1969, rendra hommage à Dewaere, dans la chanson Mon bistrot préféré

Durant cette période, il signe lui-même le scénario et les dialogues de différents sketches, notamment avec Sotha[14]. La troupe accueille par la suite Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, puis Bernard Lecoq[15], Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Anémone et Gérard Jugnot. En novembre 1968, Dewaere doit rejoindre l'armée pour faire son service militaire obligatoire. Pour être réformé, il absorbe alors quantité de médicaments sous la surveillance de sa compagne Sotha et succombe presque à un empoisonnement. Le médecin qui le suit lors de son hospitalisation diagnostique des « tendances à l'autolyse », ce qui signifie un net penchant pour les tentatives de suicide[16]. Désormais libéré des obligations militaires, Dewaere s’essaie au doublage, prêtant notamment sa voix à Dustin Hoffman dans Le Lauréat[N 7] ou à Jon Voight dans Macadam Cowboy et développe sa passion pour la musique et la chanson. Le 12 juin 1969, le Café de la Gare ouvre ses portes au public avec comme slogan : « C'est moche, c'est sale, c'est dans le vent ! ».

Françoise Hardy pour laquelle Dewaere va composer et interpréter en duo avec elle une chanson, sur des paroles de Sotha

En 1971, il compose et interprète ainsi en duo avec Françoise Hardy, la chanson T’es pas poli lors d'une émission diffusée sur Antenne 2 et intitulée Duo inattendu. Comme ses amis du Café de la Gare, il tourne également quelques publicités qui aident à financer le théâtre. La même année, il participe à deux courts-métrages avec la troupe du Café de la Gare et obtient un petit rôle dans Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau : où il échange quelques répliques avec l'acteur principal, Jean-Paul Belmondo. Assistant, Luc Béraud relate dans le livre de Mado Maurin, une anecdote que l'acteur lui a confiée ; lors du tournage du film Les Mariés de l'an II, alors qu'il n'interpréte qu'un tout petit rôle, il déclare au célèbre Jean-Paul Belmondo avec malice : « Fais gaffe à tes fesses ! Nous, on est derrière ; on va te faire tomber ». À cette période Coluche qui pille allègrement ses petits camarades depuis longtemps pour ses propres sketches déclenche une bagarre générale dans la troupe du Café de la Gare. Il se fait renvoyer et part mener sa carrière en solo. Il quitte également sa compagne Miou-Miou, laquelle se rapproche progressivement de Patrick Dewaere alors que Sotha choisit de le quitter au tout début de l'année 1972[17]. En 1972, il est pressenti pour jouer un petit rôle de séducteur dans César et Rosalie mais Claude Sautet prend peur en constatant la fougue et la richesse du jeu de ce jeune homme qui selon lui, en donne trop[18]. La même année, Robert Enrico lui fait passer des essais pour Les Caïds mais il n'obtient pas le rôle attribué à son ami Patrick Bouchitey avec lequel il partagera l'affiche du film La Meilleure façon de marcher en 1976[19]. En 1973, en parallèle à ses participations du café théâtre, Dewaere interprète l'un des rôles principaux d'un film totalement expérimental et d'expression poétique : Themroc de Claude Faraldo, aux côtés de Michel Piccoli et ses comparses Romain Bouteille, Coluche, Henri Guybet et Miou-Miou. Bien que devenu culte parce que les dialogues n'exploitent aucune langue réelle et qu'une certaine improvisation y est flagrante, ce film ne recueille alors qu'un succès d'estime.

Période faste [modifier]

Bertrand Blier, ami de Dewaere et réalisateur du film Les Valseuses

Dewaere se révèle au grand public en 1974 dans Les Valseuses de Bertrand Blier, film où il apparaît aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou, avec laquelle il vit une intense passion amoureuse de laquelle naît une fille, Angèle Herry, le 13 août 1974. Le réalisateur hésite un temps pour donner l'une des rôles principaux à Coluche mais grâce aux essais fulgurants qu'il tourne avec Dewaere, Blier décide de l'engager, persuadé de son talent et de son charisme pour le rôle. Le tournage est émaillé des quatre cent coups du duo Depardieu - Dewaere et doit même être prolongé de deux semaines par leur faute et leurs dérives. Heureusement, le succès populaire et commercial est très important car le film recueille plus de 4 millions d'entrées. Pourtant lors du tournage Bertrand Blier est témoin des déchirements passionnels que se livrent Miou-Miou et Dewaere. Un soir, Dewaere défonce la porte de la chambre d'hôtel de Gérard Depardieu, persuadé à tort qu'il le trompe avec Miou-Miou[20]. Cet épisode douloureux démontre l'hyper sensibilité de Dewaere et un vif penchant pour les réactions à chaud. Selon les témoignages recueillis par Christophe Carrière qui signe une biographie en 2012, l'acteur éprouve du mal à affronter les démons de ses origines incertaines et de son enfance abîmée et abusée; le mensonge et la dissimulation, représentant pour lui, les ennemis absolus.

À cette période, il tourne Au long de rivière Fango, un film écrit et réalisé par son épouse toujours officielle et amie Sotha et dont l'intrigue fait étrangement écho à la vie personnelle de l'acteur, comme le relate Christophe Carrière dans la biographie publiée en 2012. L'histoire du film traite du « mensonge par omission » concernant les origines parentales de l'un des héros du film, mettant en évidence la responsabilité de la mère, Mathilde, interprétée par Emmanuelle Riva. Une fois encore, ce film cofinancé par Coluche où il retrouve aussi ses amis du Café de la Gare Romain Bouteille, Christine Dejoux et Rufus ou des proches comme Élisabeth Wiener, Catherine Ringer ou Gérard Lanvin ne remporte pas un succès populaire même si ce « film de potes » procure de grandes satisfactions à l'acteur. Après le flop de la comédie légère mais bien payée Catherine et compagnie où il joue avec Jane Birkin, il se prépare à choisir d'incarner le rôle d'un petit flic de province aux côtés de Lino Ventura. Hésitant car il ne porte pas dans son cœur les forces de l'ordre depuis mai 1968, il accepte d'endosser le personnage que vient de refuser Alain Delon[21], car il peut donner au personnage, la densité qu'il souhaite même si le scénario lui pose problème; Il a été auteur d'un accident sur un stand de tir quelques années auparavant et il éprouve quelques réticences avec les armes à feu. Le film remporte un réel succès et lui permet d'obtenir un gros cachet. En 1975, son nom est retenu pour une production italo-américaine pour laquelle Miou-Miou est engagée, Un génie, deux associés, une cloche mais Dewaere refuse ce qu'il considère comme un navet. Les relations du couple commencent alors à se déliter.

Rufus, comédien, témoin de mariage et ami de l'acteur (2010)

Toujours avec Rufus, il entame alors le tournage du film Lily aime-moi en 1975. Dans le documentaire datant de 2005 réalisé par Alexandre Moix figurant dans le DVD du film, La Bande à Lilly[22], Dewaere déclare : « Ce qui arrive à ce type là, c'est vraiment une histoire politique », mettant en évidence l'implication personnelle de l'acteur, que confirment le réalisateur Maurice Dugowson et Jean-Michel Folon. Huit ans avant le tournage de ce qui aurait été son dernier film mais qu'il n'incarnera jamais (Édith et Marcel de Claude Lelouch), Patrick Dewaere s'entraîne alors pour être crédible à l'écran comme boxeur. Dans une archive du même documentaire, Dewaere déclare qu'il est réellement monté sur le ring pour une rencontre hors tournage le 30 novembre 1974, mais ayant fait match nul, ce qui l'énerve, il se sent obligé à refaire un nouveau combat avec le même boxeur professionnel. Folon livre aussi quelques secrets dans le travail de Dewaere sur ce film. Selon lui, il « gomme, il nettoie, il simplifie le plus possible » son jeu d'acteur. Folon relate que l'acteur ne joue pas, il incarne en réalité le personnage et que lors du tournage, entre deux plans, Dewaere lui a lu la fin de Cyrano de Bergerac ; tous deux sont alors en larmes à la fin de la tirade. Rufus évoque également la fragilité, la modestie et la grande solitude éprouvée par son ami acteur, pourtant en pleine période de gloire, il le considère « aussi fragile qu'un enfant ». Le film traite également de la rupture et de l'amour perdu et Dewaere donne la réplique à Miou-Miou, alors sa compagne dans la vraie vie. Parmi l'un des dialogues du film, à travers son personnage de boxeur raté, l'acteur dévoile une part intime de ses errances personnelles, concernant l'amour et ses déboires; il avoue à son ami sur ce sujet, une parole prémonitoire concernant le suicide : « Et je m'emmerde… À me pendre ! ».

Rupture [modifier]

À l’été 1975, quelques semaines après la sortie du film Lily aime-moi, Miou-Miou vient d’être choisie pour le tournage du film D’amour et d’eau fraîche. Elle tente d'imposer à la production Patrick Dewaere pour camper le premier rôle masculin. Mais le réalisateur Jean-Pierre Blanc refuse et préfère engager Julien Clerc qui pourtant, n'a jamais fait de cinéma jusqu'alors et que sa compagne France Gall vient de quitter. Sur les plateaux, Miou-Miou, dont le couple est en crise, tombe sous le charme du chanteur[N 8] et décide de rompre avec Dewaere au cours d'une conversation téléphonique[23], lequel fait aussitôt le trajet depuis Paris pour « casser la gueule » du chanteur à son hôtel, lors du tournage à Évian[24].

Miou-Miou et le réalisateur Jean-Pierre Blanc en 1976, sur le tournage du film D'amour et d'eau fraîche

Cette situation rend particulièrement difficile le tournage de leur film suivant F… comme Fairbanks qui débute quelques semaines plus tard. Les personnages incarnés par Miou-Miou et Dewaere s’aiment et se déchirent, à l’image des deux acteurs dans leur vie privée[25]. Second long-métrage de Dugowson avec une partie des mêmes acteurs principaux, dont Dewaere, Miou-Miou et Jean-Michel Folon. En 1992, dans le film de Marc Esposito, Patrick Dewaere, Miou-Miou avoue combien ce tournage aura été éprouvant pour elle et pour son ex compagnon. Dans le documentaire La Ballade de Fairbainks[26] réalisé par Alexandre Moix en 2004, une archive dévoile comment Patrick Dewaere entend incarner intensément son rôle. Dans l'interview, il s'exprime à la première personne, comme si le personnage parlait par sa bouche : « Moi, je suis le contraire d'un Fairbanks; C'est ce qui m'agace, en fait. Moi, je supporte pas que mon père m'appelle Fairbanks toujours… Parce que moi, il m'arrive des ennuis tout le temps… ». Il tente de se reprendre aussitôt et déclare que c'est un film où, il ne cesse de tomber, il n'a pas de boulot, sa compagne vient de le quitter, ce qui l'affecte profondément alors que selon lui, au contraire, Fairbanks réagit formidablement face aux événements, il a une posture « de gagnant, de roi, de chef » et rien ne peut l'atteindre. Dewaere poursuit : « Alors que moi, tout me diminue complètement et je finis par devenir complètement dingue à la fin ». Film à message social comme le précédent (Lily aime-moi), F comme Fairbanks traite à nouveau du chômage, comme fléau majeur de notre époque et exploite une nouvelle fois Dewaere en anti-héros « perdant ». Le producteur Michel Seydoux relate qu'il existe « une certaine souffrance dans ce film ».

Pour Jean-Michel Folon, ce film de Dewaere est le plus beau car il est chargé d'émotions vécues. Il révèle que le soir, après le tournage, la toute petite fille née de l'union avec Miou-Miou doit tantôt repartir avec l'un ou l'autre de ses parents, ce qui est déchirant pour toute l'équipe. La force intense du drame personnel que vit alors Patrick Dewaere trouve son paroxysme dans l'une des scènes essentielles du film, lorsqu'il surgit sur une scène de théâtre, interrompt la pièce où le personnage que Miou-Miou joue en public et l'entraîne en coulisse devant tous, pour régler ses comptes avec elle. Jean-Michel Folon précise que quelques instants avant de tourner ce long plan, Dewaere déclare au réalisateur qu'il ne sera en mesure de faire qu'une seule prise, compte tenu de l'intensité dramatique de la séquence. L'acteur déclare à Dugowson : « Je vais tout donner… Arrange-toi pour qu'il n'y ait personne sur mon passage ». Lors de la scène, il hurle et se précipite à plusieurs reprises, la tête en avant contre une cloison, sans qu'il soit possible d'être doublé par un cascadeur. Jean-Michel Folon dévoile que durant cette période, l'acteur lui a confié s'être retrouvé tout seul à la cathédrale Notre Dame de Paris, au milieu de la nuit pour prier. Le documentaire s'achève sur une phrase de Jean-Michel Folon, son ami : « Patrick était une flamme. Une flamme, c'est fragile et ça peut s'éteindre au moindre courant d'air. Et il y a eu un courant d'air… Et Patrick s'est éteint ».

Lors du tournage du film Le Juge Fayard dit Le Shérif, Yves Boisset observe l'acteur qui n'interprète pas le rôle mais l'incarne et le vit et révèle alors dans le livre de Mado Maurin : « Ce jour-là, j'ai compris qu'il ne jouait pas, mais qu'il vivait la scène et je me suis dit, mon dieu, il est en danger ! ». Au cours de la préparation d'une séquence devant être réalisée au palais de justice d'Aix-en-Provence où se déroule le film, Dewaere, contrarié par une interdiction de manger à l'intérieur de l'édifice, s'énerve contre le réalisateur qui entend le raisonner. Devant toute l'équipe technique l'acteur propose de se battre à Yves Boisset, pour régler la question de manière virile. Après avoir échangé deux coups de poings, Dewaere se met à rire et déclare : « Au moins, maintenant, on est copains ! ». Le fin du tournage se déroule sans aucun accroc, l'acteur s'attachant à exécuter scrupuleusement tout ce que lui demandera le metteur en scène. Selon Boisset dans le même ouvrage, l'acteur dissimule alors en réalité son hyper sensibilité et sa très grande pudeur, par de constantes provocations, un comportement volontairement agressif, « parce que même pour un empire, il n'aurait pas voulu être tout simplement gentil ». Il ajoute que l'acteur souffre alors considérablement de sa rupture avec Miou-Miou, survenue quelques semaines auparavant, l'actrice ayant rejoint Julien Clerc. Yves Boisset raconte qu'une nuit à Saint-Étienne, de retour d'une réunion tardive avec le maire, il aperçoit Dewaere en train d'arracher les dizaines d'affiches du chanteur qui est alors en tournée dans la même ville. Le réalisateur n'ose pas le surprendre et ressent alors qu'il « devait être terriblement malheureux ». Dans le même livre, Yves Boisset explique à Mado Maurin qu'après Le Juge Fayard dit Le Shérif, il mesure à quel point ses rôles peuvent influencer la vie de Dewaere. Le réalisateur se jure alors à ne lui proposer que des personnages et des histoires positives comme dans les films La Clé sur la porte ou encore Le Prix du danger qu'il ne pourra jamais tourner, ayant mis fin à ses jours quelques mois avant le début du tournage.

Amitiés et impact des rôles [modifier]

Philippe Léotard, compagnon de route et d'ivresse de Dewaere

En plus de Coluche, Bertrand Blier ou encore Jean-Michel Folon, Dewaere entretien une relation d'amitié depuis le début des années 1970 avec celui que la profession considère son alter ego, Gérard Depardieu. Plusieurs réalisateurs et producteurs, pensent systématiquement à l'un ou l'autre durant cette période, comme s'ils étaient interchangeables. Dans le livre de 2006 signé par Mado Maurin, le réalisateur Claude Sautet relate qu'il a hésité à embaucher Depardieu lors de l'écriture du film Un mauvais fils.

Mais il renonce, estimant « qu'il manque à Gérard, quelque chose d'angélique et d'enfantin ». Depardieu déclare lors d'une interview : « Avec Dewaere, c'est bien et c'est pas cher. Avec Depardieu, c'est plus cher et c'est pas mieux »[27]. Pour se vieillir, Dewaere arbore une moustache depuis sa participation au Café de la Gare au tout début des années 1970, soit une dizaine d'années. Afin de mieux figurer le vulnérable personnage qu'impose le rôle, Dewaere suprend Claude Sautet en venant à un rendez-vous préparatoire, sans moustache. Ce geste touche profondément le réalisateur et l'acteur révèle pourquoi il l'a coupée : « Je ne sais pas, comme ça. Pour montrer que j'en étais capable ». Comme le révèle Christophe Carrière dans son ouvrage paru en 2012, ce film aborde l'addiction à la drogue dont le personnage est victime dans le film aux côtés du rôle interprété par Brigitte Fossey. Comme en écho à ces souffrances jouées, l'acteur subit le même handicap dans la vie réelle. Ce film s'inscrit alors dans une succession de longs-métrages où les rôles négatifs s'additionnent, même pour certaines comédies. Tantôt paumé, perdant, marginal, drogué, désespéré, paranoïaque, frustré, introspectif, violent, fantasque ou manipulateur, une majorité de films vont exploiter jusqu'à la fin, son énergie, ses fêlures et sa vulnérabilité intérieure : Lily aime-moi, Au long de rivière Fango, La Meilleure Façon de marcher, La Marche triomphale, F... comme Fairbanks, Le Juge Fayard dit Le Shérif, La Chambre de l'évêque, La Clé sur la porte, Préparez vos mouchoirs, Le Grand Embouteillage, Série noire, Psy, Plein sud,Hôtel des Amériques, Beau-père, Paco l’infaillible et le plus marquant, Paradis pour tous qui mettra en scène un suicide prémonitoire.

Dans l'ouvrage de Mado Maurin, Luc Béraud relate sa relation avec l'acteur. Au début de leur collaboration sur le tournage de La Meilleure Façon de marcher, l'acteur le traite de « facho » parce qu'il a un tempérament de « gueulard » que Béraud reconnaît lui-même bien volontiers. Mais le réalisateur ne s'aperçoit pas que l'acteur est en pleine dérive. Il vient de rencontrer par l'intermédiaire de Patrick Bouchitey, une jeune femme prénommée Barbara qui va l'entraîner avec elle dans les paradis artificiels des drogues dures[28]. Après le tournage de La Meilleure façon de marcher, Bouchitey et lui font des excès nocturnes et sont impliqués dans un très grave accident de voiture à Paris. Dewaere s'en tire avec quelques contusions, Patrick Bouchitey est amoché et surtout, l'accident a fait une victime, la conductrice de l'autre véhicule. Ce dramatique épisode marque encore l'acteur[29]. Pour Le Juge Fayard dit Le Shérif dont Béraud est coscénariste l'année suivante, Dewaere habite avec lui dans une maison louée à Aix-en-Provence et un lien se tisse entre les deux jeunes hommes. Avant le film Plein sud, le réalisateur relate qu'au départ, les producteurs ont eu pour idée de faire le remake du film Fanfan la Tulipe avec Patrick Dewaere dans le rôle principal. Claude Miller est choisi pour le réaliser et Luc Béraud doit en être le coscénariste. Peu avant, Miller a réalisé Dites-lui que je l'aime avec Depardieu en vedette et Dewaere a refusé de jouer les « seconds couteaux » avec « le gros » en vedette, comme il l'appelle alors et le rôle revient alors à Christian Clavier[30]. Béraud en profite alors pour parler à la production de son propre projet de long-métrage pour lequel il souhaite Dewaere. La décision et l'implication de l'acteur auront été déterminantes pour Plein sud. La distribution du film est restigieuse (Jeanne Moreau, Pierre Dux ou encore Guy Marchand) mais l'actrice principale Clio Goldsmith ne s'investit que très superficiellement sur le tournage, ce qui fait enrager Dewaere le perfectionniste. À noter que, pour une petite scène, Mado Maurin partage l'un des rares moment de tournage avec son fils.

Projets de films et ambitions musicales [modifier]

En 1976, Dewaere commence à obtenir l'aval des producteurs, compte tenu des succès des films précédents et de sa notoriété. Il s'investit alors dans le projet de long-métrage de son ami Romain Bouteille, dont le titre est Yeomen sans colère, une satire de mai 1968 transposée au Moyen Âge. En dépit de leurs efforts, le film ne verra jamais le jour. La même année, Patrick Dewaere et Miou-Miou se retrouvent en Italie pour La Marche triomphale de Marco Bellocchio. Le couple ne connaît alors plus de crise et le tournage se déroule sans accroc, même si Dewaere est toujours sous l'emprise de la drogue et que le long-métrage est décevant pour lui[31]. Lors d'un séjour à Dakar offert par un voyagiste et à l'invitation d'Yves Boisset, Patrick Deware fait la connaissance d'une jeune fille. Une nouvelle fois, la drogue est l'un de leurs centres d'intérêt communs d'autant plus qu'ils sont tous deux en période d'abstinence. Mais cette brève relation est encore abîmée par une issue tragique; Dewaere apprendra quelques mois plus tard que cette jeune fille s'est suicidée en se jetant par la fenêtre[32]. Pour se changer les idées et relever un nouveau défi personnel, Dewaere décide de traverser en solitaire, le Sahara en moto. Les forces de l'ordre marocaines lui interdiront alors d'entreprendre sa traversée[33]. Pour le film Préparez vos mouchoirs, son réalisateur et ami Bertrand Blier décide de réunir à nouveau le trio Dewaere Depardieu Miou-Miou mais cette dernière refuse non pas en raison de sa rupture avec Dewaere mais parce qu'elle ne souhaite plus exhiber sa nudité[34]. Du fait que le rôle est particulièrement déshabillé, Blier confie le personnage féminin à Carole Laure. Le tournage se déroule beaucoup plus calmement que celui des Valseuses et Bertrand Blier avoue qu'une page est tournée car la folie des débuts a fait place à l'expérience professionnelle, surtout pour Gérard Depardieu qui a désormais son assistant personnel et son maquilleur. Durant cette période, l'acteur reçoit une douzaine de propositions[35], dont notamment cinq projets qu'il retient :

  • « Le Bourrin » ou « Le Hareng » de Jean-Jacques Annaud écrit par Francis Veber, sur l'univers du football en province qui deviendra le film Coup de tête.
  • « Crimes obscurs en Extrême-Orient », d'Yves Boisset concernant l'assassinat du Pape par des agents de la CIA. En octobre 1977, Dewaere tourne des essais au Vatican, Boisset réalisant les prises de vues en caméra légère avec une équipe réduite. La distribution comprendrait Lauren Bacall et James Coburn. Une production internationale contrôlée par des investisseurs suisses qui à terme, ne voudront pas qu'il soit réalisé.
  • Au revoir... à lundi de Maurice Dugowson pour lequel le réalisateur demande son avis à Dewaere et qui comprend Miou-Miou et Carole Laure et sort en 1979 mais pour lequel il ne joue pas, ni son frère Jean-François Vlérick avec lequel il devait également partager l'affiche.
  • « La Java » de Claude Miller, grosse production internationale avec Miou-Miou, film d'époque en costume traitant notamment du « Paris canaille » des années 1800. Un long-métrage qui ne se montera pas, principalement faute de financements suffisants.
  • « Il n'y a pas de mai » de Gérard Oury comédie autour de mai 1968 avec Pierre Richard que Dewaere refuse et dont le personnage est pris par Victor Lanoux sous le titre définitif La Carapate. Un différend contractuel oppose alors la Gaumont dirigée par Alain Poiré et l'acteur qui décline le rôle. Il se règle à l'amiable et Dewaere évite une addition salée.

Ce dernier épisode affecte la notoriété publique de l'acteur qui commence à être réputé « casse-pieds » (euphémisme). En parallèle, sa relation passionnée et abîmée par la drogue avec sa compagne Elsa l'éloigne de la plupart de ses amis. Bertrand Blier avoue espérer que l'acteur la quittera, notamment durant la période du tournage de La Clé sur la porte avec Annie Girardot[36] car « Il était incontestablement esclave de son amour pour elle. Pourtant, elle l'a maltraité, l'a beaucoup trompé ».

Yves Simon, ami et producteur du premier disque de Dewaere

Le réalisateur Jean-Jacques Annaud parvient à l'imposer à la Gaumont et à son patron Alain Poiré qui pourtant ne veut pas en entendre parler pour le film Coup de tête et propose Depardieu à la place. Jean-Jacques Annaud révèle dans le même ouvrage[37] que lors de la préparation du film Coup de tête en 1978, Patrick Dewaere, lassé de ce qu'il considère comme des échecs pour le cinéma, mise considérablement sur la chanson et sort son premier disque en tant que chanteur. Mais le 45 tours produit par Yves Simon ne reçoit pas un accueil très populaire et la critique est mitigée, y compris celle de ses proches et amis.

En 1979, lors du dernier jour de tournage du film Coup de tête, Dewaere épuisé, dort dans un coin du plateau, sur un banc. Jean-Jacques Annaud demande alors à l'accessoiriste de déplacer son sac de couchage. L'acteur se réveille en sursaut et il frappe au visage l'accessoiriste, dont une dent se brise, suite au choc. Désespéré par son geste malheureux, Dewaere ne sait comment se faire pardonner. L'accessoiriste ne lui en veut pas mais l'acteur se confond en excuses, lui fait un cadeau et l'invite au restaurant. À ce sujet, Jean-Jacques Annaud confie à Mado Maurin que ce soir-là, toute l'équipe constate que « Patrick n'était pas dans son état normal. Et son comportement avait changé. C'était dramatique ».

Compétition avec Depardieu [modifier]

Gérard Depardieu, alter ego et rival de Patrick Dewaere

En 1980, l'acteur sollicité par Philippe de Broca doit tourner la comédie Psy. Le scénario est adapté d'une bande dessinée signée par Gérard Lauzier[38]. Cet auteur est proche de la bande du Café de la Gare et Dewaere se sent en confiance. De plus, il partage l'affiche avec une tribu de comédiens dont certains vont se révéler au grand public bien plus tard. En plus d'Annie Duperey, Michel Creton et Jean-François Stévenin, il est aux côtés des tous jeunes Jean-Pierre Darroussin, Catherine Frot et Michel Muller. De Broca déclare pour une interview dans la revue Première : « J'avais vu tout ce qu'il avait tourné et je trouvais que c'était un comédien remarquable… ». Entre les prises de vues, Dewaere prend le temps d'écouter Alexandre Mnouchkine, producteur de Psy et d'Adieu poulet. Mais le prochain rôle décisif pour lui va être celui de Beau-père dont le sujet est à la fois très controversé et dangereux pour son image publique : un trentenaire se voit séduit par une très jeune adolescente, la fille de son ex-compagne qui vient de décéder dans un accident de voiture. La photo évocatrice de l'affiche et le fait que dans le film, le réalisateur Bertrand Blier ne porte aucun jugement moral sur les protagonistes, déclenche de violentes critiques d'autant plus que le long-métrage ne reçoit pas le succès escompté[39]. Et une nouvelle déception professionnelle est en passe d'affecter l'acteur qui a tant soif de reconnaissance de ses pairs.

Le 27 février 1982, lors de la 7e cérémonie des César, Dewaere n'est pas récompensé pour son rôle dans Beau-père. Nommé pour la sixième fois depuis 1976, il ne reçoit une nouvelle fois aucun César. Après la soirée, il passe un moment avec son alter ego et adversaire Gérard Depardieu au Fouquet's pour boire un verre avec celui qui a été récompensé l'année précédente pour Le Dernier Métro. Plus tard, Jean-Jacques Annaud qui a réalisé l'année précédente Coup de tête et qui vient de recevoir un César pour La Guerre du feu, retrouve Dewaere qui s'effondre en sanglots dans ses bras. Le réalisateur explique que l'acteur est alors à la fois sincèrement heureux qu'Annaud ait obtenu un César mais en même temps, profondément triste de ne pas en avoir obtenu un, pour son rôle dans Beau-père. Bouleversé, Jean-Jacques Annaud dévoile que même pour le rôle pourtant positif du personnage de Coup de tête, le personnage est interprété par Dewaere avec une dose de détresse dans le jeu, le regard et les gestes.

Descente aux enfers [modifier]

Pour le tournage de son film suivant Série noire, Alain Corneau révèle que si l'acteur n'avait pas accepté le rôle, il aurait renoncé à monter le film. Dewaere va alors mettre toute son énergie et la force de son talent d'acteur dans ce film. Il déclarera être lors de sa dernière interview, qu'il s'agit du long-métrage qu'il aura eu le plus de plaisir à jouer[40]. Comme le relate la biographie de l'acteur publiée par Christophe Carrière en 2012, l'acteur qui subit alors une addiction à la drogue reste cependant toujours parfaitement lucide durant toute la durée du tournage et maîtrise son texte à la perfection. Côté vie intime, Sotha qui a longtemps repoussé la formalité comme pour le protéger, accepte de divorcer, le 12 novembre 1979. Désormais, il peut s'unir officiellement à Elsa qui est enceinte et le couple est alors sevré, au moins provisoirement, de la drogue[41]. La petite Lola Dewaere naît trois semaines plus tard, le 4 décembre 1979.

Alain Corneau, réalisateur du film Série noire

Pour l'une des scènes du film, l'acteur se précipite tête la première et sans aucune protection, contre le capot d'une voiture. Il refuse d'être doublé par un cascadeur. Dans le livre de Mado Maurin, Marie Trintignant avoue : « Dans ce film, j'ai l'impression qu'on se jetait tous dans les scènes, dans les éléments, comme des animaux… C'était un film violent. Tout était violent ! ». Myriam Boyer précise aussi combien le budget du film était « maigre », avec une équipe très réduite. Après une séquence forte où le personnage joué par Dewaere bat celui de Myriam Boyer, l'acteur révèle à sa partenaire qu'il avait l'impression de frapper sa mère (Mado Maurin) comme pour régler ses comptes avec elle. Dans le même ouvrage Myriam Boyer confirme que Dewaere se sentait obsessionnellement menacé par le succès grandissant de son alter ego Gérard Depardieu. Le film est présenté au Festival de Cannes mais il n'est pas unanimement salué par la critique et les médias. Parmi les détracteurs du film, Gérard Lefort, journaliste au quotidien Libération écrira le jour même de sa mort, comme le révèle Christophe Carrière, que « Dewaere jouait la comédie comme une chaussette molle, trimbalant sa petite gueule de frappe teigneuse comme unique carte de visite »[42]. Toutefois, le même critique changera publiquement d'avis bien des années plus tard, notamment au sujet de Série noire[43]. Mais la déception de Dewaere est grande quand un an plus tard, le film ne reçoit aucune récompense, notamment aux Césars. Alors que sa carrière prend de l’ampleur avec plusieurs grands rôles successifs dans Coup de tête (1979), Série noire (1979) et Un mauvais fils (1980), une affaire privée va valoir à Dewaere un véritable boycott de la part de la presse et des médias : il frappe d'un coup de poing Patrice de Nussac, un journaliste du Journal du dimanche qui avait trahi sa promesse – faite en raison de liens d’amitié – de ne pas révéler son prochain mariage avec Elsa (de son vrai nom Élisabeth Malvina Chalier[N 9]), la mère de sa seconde fille, Lola. Dès lors, il n’est plus interviewé et la presse omet même son nom dans les articles sur Un mauvais fils[N 10], un exemple sans précédent en France. Les producteurs éprouvent quant à eux quelques réticences à l’employer. Par corporatisme, les journalistes lui font payer cher ce dérapage. Ainsi, le présentateur du 20h d'Antenne 2, Daniel Bilalian s'offusque en direct : « il s'agit d'un acte qu'on peut considérer comme scandaleux contre notre corporation ». Pourtant, Didier Haudepin parvient non sans mal à monter le film Paco l’infaillible. Dewaere part pour l'Espagne avec son épouse Elsa mais les démons de la drogue sont toujours présents et un soir, Haudepin retrouve l'acteur enfermé dans sa chambre. En pleine crise, il a explosé une table de verre et un gros éclat est planté dans son artère fémorale[44]. Après 48 heures d'hospitalisation dans une clinique privée de Madrid, l'acteur assume son rôle sans sourciller. L'affaire du coup de poing se dénoue en quelques mois « à l'amiable », de Nussac acceptant une forte somme de l'époque, soit 75 000 francs. Pour autant, la justice poursuit l'acteur et il se voit condamné à un an d'emprisonnement avec sursis et 10 000 francs d'amende[45].

Activité frénétique et vieilles douleurs [modifier]

Entre 1979 et 1981, l'acteur enchaîne pourtant sans aucune interruption, une dizaine de tournages. Pour le film Hôtel des Amériques d'André Téchiné en 1981, il interprète une nouvelle fois le rôle d'un homme marginal et paumé, dans une histoire d'amour sans issue et avec le suicide en toile de fond. À l'origine intitulé « Mexico Bar », le tournage doit se tenir sous le soleil de Tunisie[46]. Faute de budget et de temps, ce sera Biarritz et à la morte saison. Le réalisateur se souvient d'un aveu de l'acteur, au cours du tournage : « Je suis à poil dans ce film, comme le personnage ! Et c'est comme ça qu'il faut être ! ». En 2006, quand il se livre à Mado Maurin, André Téchiné reconnaît être profondément marqué a posteriori par le fait d'avoir écrit un tel rôle destructeur et suicidaire pour Dewaere. Il avoue : « Je l'ai poussé dans un abîme à travers ce film et ce personnage qui correspondaient sans doute à ses propres démons ». Mado Maurin révèle que durant son enfance, son fils Patrick, ses frères et « les petites Dorléac » (Françoise Dorléac et Catherine Deneuve) ont participé ensemble, à des séances de doublage voix pour un film étranger. Dans le même livre, Catherine Deneuve relate que l'acteur et elle ne se voient alors uniquement que sur le tournage, Dewaere étant accaparé par sa femme Elsa, tout comme lui, atteinte d'addiction à la drogue. Deneuve déclare cependant que l'acteur est intensément fort durant les scènes et dévoile : « C'est l'un des rares acteurs qui m'aient vraiment fait pleurer ». Elle aussi estime qu'il ne joue pas, mais qu'il vit réellement les rôles qu'il incarne. Pourtant Christophe Carrière révèle dans son livre de 2012 que l'actrice et Dewaere n'ont pas connu une véritable osmose durant le tournage. La présence permanente d'Elsa isole alors l'acteur par rapport à l'équipe et au réalisateur. L'acteur se sent lui-même en décalage et il n'en tire pas un souvenir professionnel enrichissant.

Brigitte Fossey actrice partage l'affiche avec Dewaere dans Un mauvais fils où ils sont tous deux victimes de la drogue.

Henri Verneuil parvient pourtant à l'imposer pour une grande production à visée populaire, même si quelques réticences des médias lors de la promotion du film susbistent à sa sortie. Ainsi, bien qu'il tienne le premier rôle de ce film, sur une interview qui dure plus de 9 minutes avec une partie de l'équipe du film, on ne le laisse s'exprimer que quelques secondes à l'antenne du 13h de TF1, interrogé par Yves Mourousi, le 21 août 1981. Il parvient toutefois à préciser avec ironie, au sujet du personnage qu'il interprète et qui est lui-même, un journaliste : « Je suis accusé à tort, d'un très grand scandale », ce qui fait écho au boycott médiatique dont l'acteur a fait l'objet[47]. En projet, Dewaere est sollicité par Serge Gainsbourg pour interpréter le rôle principal de son long-métrage intitulé Équateur (film). Le tournage doit se dérouler au Gabon[48] mais en raison de son suicide, il sera remplacé par Francis Huster. Pour ce qui deviendra son ultime film, Patrick Dewaere va interpréter le rôle d'un homme en perdition, à bout de force et déçu de la société. Pour Paradis pour tous, son personnage commet le suicide en se jetant du haut de l'immeuble où il travaillait totalement sous pression de sa direction. Échappant miraculeusement à la mort, le cerveau du personnage est « flashé » grâce à un procédé médical révolutionnaire afin d'en éliminer toute pensée ou sentiment négatif pour mieux se réintégrer à la société moderne. Ironie du sort, Dewaere retrouve une seconde fois à l'écran, son ami et compagnon d'ivresses Philippe Léotard après Le Juge Fayard dit Le Shérif. Partageant ensemble leurs dérives nocturnes, l'addiction à la drogue et leurs chagrins, Léotard est profondément marqué par le geste fatal de Dewaere. Durant ce tournage et pour se préparer physiquement à affronter son prochain film Édith et Marcel de Claude Lelouch pour lequel il interprète le boxeur Marcel Cerdan, Dewaere fait intensément du sport. Dans plusieurs scènes de Paradis pour tous, on peut observer que son corps a considérablement changé. Mais si Léotard est éperdument affaibli chaque matin lors des tournages, son ami lui avoue avec un ton ironique : « Dans un an, tu auras tous mes rôles… Je serai mort »[49]. Claude Lelouch a remarqué Dewaere pour ses talents de boxeur en 1974 lors de son combat d'exhibition où il a fait match nul contre un boxeur émérite. Il retient donc son nom car il pense déjà à tourner l'histoire d'Édith Piaf et de Marcel Cerdan. Les séances d'entraînement sont intenses comme en témoigne l'acteur Charles Gérard, dans une émission hommage, en 2007 car « en quelques jours, il a perdu 5 kilos ». Lors d'une ultime soirée chez lui, Bertrand Blier lui dévoile le projet du film Tenue de soirée où le trio magique doit se reformer enfin : Dewaere, Gérard Depardieu et Miou-Miou mais l'acteur dévoile à son ami, sa détresse, notamment au sujet du comportement de son épouse Elsa[50]. À cette période, comme le révèle en 2005 Jean-Michel Folon[25], la personnalité de Patrick Dewaere change aussi. Il est amaigri, il a perdu le sourire, il doute et a tendance à rechercher l'affection et l'écoute de quelques amis, ce que confirmera également Bertrand Blier[7] : « Je me souviendrai toujours de Patrick debout sur mon paillasson. Il n'en bougeait plus. Moi, je lui disais : "Mais si tu veux, reste ! - Non je vais aller dormir, mais je n'arrive pas à me décoller du paillasson…. Et il restait là, c'est la dernière fois que je l'ai vu, le 15 juillet au soir. Et le lendemain…"

Suicide [modifier]

Acte officiel de décès de Patrick Dewaere né Bourdeaux.

En 1982, Elsa, qu’il a épousée le 16 octobre 1980, le quitte pour son meilleur ami, Coluche[7]. À cette période d'été, son amie et ex épouse Sotha qui se prépare à partir en vacances, ouvre sa porte pour recueillir ses états d'âme[51]. Sotha annonce qu'elle attend elle aussi un enfant et il répond qu'il va se suicider. Il souligne sa fatigue, ses ennuis d'argent, la drogue… S'engage alors un long dialogue et Sotha parvient à le raisonner, notamment en lui parlant de ses deux filles, Angèle et Lola. Le 13 juillet 1982, soit trois jours avant sa mort, sa maison est cambriolées et de très nombreux souvenirs personnels ont disparu dont de précieuses photos d'enfance et des vidéos familiales[52]. Le matin du samedi 16 juillet 1982, il participe à des essais du film Édith et Marcel tournés en vidéo légère par Claude Lelouch au Bois de Boulogne pour lequel il doit tenir le rôle principal de Marcel Cerdan. Il retrouve Évelyne Bouix qui joue le rôle d'Édith Piaf. Un événement étrange est alors relaté en 2007 par l'actrice[53]. Alors qu'ils sont en barque au milieu d'un petit lac du Bois de Boulogne pour une séance photo, l'actrice se rend compte que parmi les rares visiteurs du parc, quelqu'un utilise un petit miroir pour jouer avec le reflet du soleil sur leur visage. Déstabilisé, Dewaere dit à sa partenaire qu'il « ne faut pas faire cela parce que cela porte malheur » et il répète cette phrase sans arrêt à Évelyne Bouix. Lors de ces séances préparatoites, Dewaere exécute ce que demande Lelouch et ceux qui relatent plus tard ces instants déclarent que son visage affiche un étrange sourire. Après ces quelques prises de vues, l'acteur déjeune avec le metteur en scène. Claude Lelouch se souvient qu'au cours du repas, Dewaere s'isole quelques minutes pour téléphoner. Après le repas, il est conduit en voiture par l'acteur Charles Gérard qui doit l'accompagner jusqu'à la salle d'entraînement de boxe. Mais Patrick Dewaere lui annonce qu'il veut repasser chez lui d'abord. Il se rend donc à son domicile; il est alors environ 15 heures. Peu après, il met subitement fin à ses jours dans sa maison située 25, impasse du Moulin-Vert à Paris 14e arrondissement, en se tirant une balle dans la bouche avec une carabine 22 Long Rifle offerte par Coluche[54], sans laisser de mot d’explication mais après un appel téléphonique entre midi et 14h qui, selon les témoins parmi lesquels Claude Lelouch avec lequel il a déjeuné, l’aurait bouleversé.

Lola Dewaere, seconde fille de l'acteur, en 2013

Selon de récentes révélations de la mère de Patrick Dewaere, Mado Maurin[7], le coup de téléphone émanerait d’Elsa, vivant alors avec Coluche en Guadeloupe, laquelle lui aurait annoncé qu’il « ne reverrait plus jamais sa fille ». Selon Yves Boisset, qui le rencontre huit jours avant son suicide, l'acteur subissait aussi une accumulation de problèmes : « histoires d'impôts, dettes énormes, ennuis de santé et certains aspects de sa vie privée qui lui étaient devenus insupportables ». Le réalisateur dévoile que durant quatre années après le suicide de Dewaere, Miou-Miou est profondément meurtrie par le geste fatal de « l'homme de sa vie », passant deux nuits d'anniversaire de la date de sa mort avec l'actrice « sanglotant dans mes bras ».

Dans l'ouvrage biographique qu'elle consacre à son fils en 2006, Mado Maurin reconnaît qu'elle partage une part de responsabilité sur les souffrances de son fils avec le compagnon qui l'a quitté et le père qui ne l'a jamais reconnu. Elle écrit : « Pauvre petit enfant, il te faut pardonner à ce père qui t'a tué avant de te faire vivre. Par sa faute et par la mienne aussi, tu allais porter comme une blessure, tout au long de ta courte vie, le poids de cette carence… qui, peut-être, te fera mourir ». En 2007, dans le documentaire Patrick Dewaere, le dernier jour diffusé sur France 2, sa fille Lola confirme elle-même que l'ultime conversation téléphonique entre ses deux parents aura été « un élément déclenchant » de son suicide. Patrick Dewaere est inhumé au cimetière de Saint-Lambert-du-Lattay dans le Maine-et-Loire dans le caveau de sa belle-famille.

Le double prix Schneider-Dewaere récompense les espoirs féminins et masculins du cinéma français

Théâtre [modifier]

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Filmographie [modifier]

Cinéma [modifier]

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Principaux projets engagés avant sa mort[N 12]

Télévision [modifier]

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Radio [modifier]

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Voxographie [modifier]

Musique [modifier]

  • 1971 : compose et chante en duo avec Françoise Hardy, T’es pas poli (paroles de Sotha)[N 13]
  • 1976 : signe la musique du film F… comme Fairbanks (une composition qu'il improvise au piano et sélectionnée par le réalisateur)
  • 1978 : compose et enregistre deux titres sortis en 45 tours et produits par Yves Simon (artiste) : L’Autre (paroles de Sotha) et Le Policier (paroles de Patrick Dewaere)[57]
  • 2006 : huit chansons inédites composées et interprétées par l'acteur sont éditées sur un CD accompagnant la biographie écrite par sa mère[7]

Distinctions [modifier]

Entre 1976 et 1982, l’Académie des arts et techniques du cinéma français nommera 6 fois l’acteur sans jamais lui attribuer un seul César du cinéma :

Le 9 avril 1979, l'Oscar du meilleur film étranger est attribué à Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier, en raison notamment de l'interprétation de son couple vedette Dewaere-Depardieu. Le film connaît un succès d'estime à l'étranger, mais est peu populaire en France[réf. nécessaire].

En 2008, le prix Patrick-Dewaere, destiné à récompenser les acteurs espoirs du cinéma français est créé en remplacement du prix Jean-Gabin[N 14].

Hommages [modifier]

Émissions, documentaires et films [modifier]

Film documentaire réalisé par Marc Esposito, journaliste à Première, à l’occasion du 10e anniversaire de la disparition de l’acteur, consistant en une collection de témoignages de certains de ses proches : Bertrand Blier, Alain Corneau, Miou-Miou, Claude Sautet, Sotha, etc.
Documentaire de 52 minutes, assemblant des documents rares et inédits, notamment la dernière interview filmée de l’acteur, trois jours avant son suicide, avec les commentaires drôles et émouvants d’Yves Boisset, Vincent Cassel, Jean-Paul Rouve, Jean-Jacques Annaud, Sotha, Serge Rousseau (son agent), Lola Dewaere (sa deuxième fille), Ariel Besse, Bertrand Blier, Alain Jessua et Jean-Marc Loubier (son biographe).
Long-métrage contenant une séquence où le héros interprété par Gael Garcia Bernal se métamorphose en Patrick Dewaere [58] et rejoue plusieurs scènes majeures du film Série noire (film, 1979). Le titre de la bande musicale originale accompagnant cette séquence s'intitule Rêve Patrick Dewaere[59].
Parallèlement à la sortie de son livre-album Patrick Dewaere, la douleur de vivre (Albin Michel), Bertrand Tessier réalise Patrick Dewaere, le dernier jour, diffusé sur France 2 dans l’émission de Laurent Delahousse Un jour, une heure. Ce documentaire retrace les dernières heures de Patrick Dewaere avec des images de Claude Lelouch tournées le matin même de sa mort et les témoignages de proches Bertrand Blier, Yves Boisset, Claude Lelouch, Mado Maurin, Jean-François Vlérick, Sotha et Jean-Marc Loubier, son biographe.

Divers [modifier]

  • 1982 : Ami de Dewaere, Murray Head signe la chanson Shades of the prison house dans l'album Shades et qui sera reprise comme bande originale du film Patrick Dewaere, réalisé par Marc Esposito en 1992[60]
  • 1983 : Louis Chedid évoque le souvenir de l'acteur dans sa chanson Les absents ont toujours tort. La même année, Catherine Lara lui rend également hommage, avec le titre T'es pas drôle.
  • En septembre 1995, une unité de soins pour jeunes adultes suicidaires prend son nom, au Centre hospitalier spécialisé de Lierneux (Belgique)[61].
  • 1996 : dans la chanson Nirvana de l'album Premières Consultations, Doc Gynéco écrit : « J’vais me foutre en l’air comme Patrick Dewaere »
  • 2002 : Renaud évoque Dewaere dans sa chanson Mon bistrot préféré sur l’album Boucan d’enfer.
  • 2005 : Raphaël lui rend hommage avec sa Chanson pour Patrick Dewaere sur l'album Caravane.
  • Le 22 décembre 2009, l’esplanade du théâtre de Verdure située dans le parc des Promenades de Saint-Brieuc, sa ville natale, est baptisée esplanade Patrick-Dewaere[62],[63],[64]
  • 17 juillet 2012 : Sélection photographique consacré à Patrick Dewaere à l'occasion des 30 ans de sa mort, publié par le quotidien 20 Minutes et réalisé par Gaëlle Labarthe[65]

Bibliographie [modifier]

  • Alain Penso, Patrick Dewaere, Paris, éditions PAC, coll. « Tête d'affiches », 1981 
  • Mado Maurin, Parce que c'est vrai !, Paris, éditions MAME, coll. « Raisons de vivre », 1984 
  • Christian Dureau, Patrick Dewaere, Paris, PAC, coll. « Ciné-Poche », 1985 
  • Véronique Lesueur, Patrick Dewaere, Paris, Presses de la Cité, 1992 
  • Mado Maurin, Patrick Dewaere, mon fils, cet inconnu, Paris, MAME, 1993 
  • Jean-Marc Loubier, Patrick Dewaere, la frayeur de vivre, Paris, Michel Lafon, 6 juin 2002, 326 p. (ISBN 978-2840988311) 
  • Mado Maurin, Patrick Dewaere, mon fils : La Vérité, Paris, Le Cherche midi, novembre 2006, 295 p. (ISBN 978-2749105314).
    Accompagné d'un CD audio avec 8 chansons inédites, écrites et interprétées par Patrick Dewaere.
     
  • Bertrand Tessier, Patrick Dewaere : La Douleur de vivre, Paris, Albin Michel, 3 janvier 2007, 96 p. (ISBN 978-2226152145).
    Livre-album avec des photos de films et des photos personnelles inédites. Préface inédite et manuscrite de Bertrand Blier.
     
  • Stéphane Million (dir.), Bordel no 6, éd. Scali, 18 janvier 2007, Paris, p. 272, (ISBN 978-2-35012-085-0), numéro en hommage à Patrick Dewaere dans lequel 22 écrivains et artistes parmi lesquels Jean Tulard, Bernie Bonvoisin, Jean-Paul Rouve, Jérôme Attal, donnent leur vision romanesque de l’artiste.
  • Rémi Fontanel, Patrick Dewaere, le funambule, Paris, Scope Éditions, novembre 2010, 122 p. 
  • Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, Paris, Balland, juin 2012, 250 p. 

Vidéographie [modifier]

Environ un tiers des films dans lesquels Patrick Dewaere est apparu comme acteur sont édités en vidéo. Un coffret hommage comprenant dix longs-métrages et un documentaire a été plusieurs fois annoncé (janvier et mars 2007), puis retardé, par l’éditeur StudioCanal. Après divers problèmes de production et de droits, le coffret est édité en octobre 2007 : Patrick Dewaere, le dernier jour, documentaire de Bertrand Tessier.

Toutefois à ce jour, plusieurs films où il tient un rôle important n’ont jamais été édités en DVD : Le Juge Fayard dit Le Shériff (Yves Boisset), Paco l’infaillible (Didier Haudepin), La Clé sur la porte (Yves Boisset), Catherine et compagnie (Michel Boisrond), Au long de rivière Fango (Sotha)…

Quelques autres films existent uniquement en version italienne ou sont trouvables en VHS d’occasion ou encore, dont la ré-édition est sans cesse retardée. Ainsi, le film Plein sud aurait dû être édité le 17 octobre 2007 (chez Gaumont Tristar) mais, pour des raisons de distribution (Gaumont Vidéo), sa sortie a plusieurs fois été repoussée (remarque : le même distributeur Gaumont a produit un film homonyme de Sébastien Lifshitz, sorti en salles le 30 décembre 2009). Le 4 octobre 2010, le film réalisé par Luc Béraud sort enfin en DVD mais dans une copie non restaurée[66].

De même, les téléfilms de l’ORTF par Jean-Paul Carrère dans lesquels Dewaere a joué un premier rôle, sont longtemps restés inédits en DVD : Jean de la Tour Miracle (sorti en janvier 2009) et Les Hauts de Hurlevent (sortie indéterminée).

Enfin, il est quasiment impossible de trouver les films dans lesquels il est crédité sous le nom de Patrick Maurin, durant son enfance (La Route joyeuse, Je reviendrai à Kandara, Mimi Pinson, etc.) à part le feuilleton télévisé L’Abonné de la ligne U édité en 2008 ou le film La Madelon, dans lequel il joue à l'âge de huit ans au côté de Line Renaud, édité à l'été 2010[67]. Il reste également possible de visionner certains feuilletons, dramatiques et téléfilms anciens via les archives en ligne de l’Institut national de l’audiovisuel.

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

  1. Nom figurant sur l’extrait de naissance n°117-1947 de l’état-civil de Saint-Brieuc. Bourdeaux est le nom d’épouse de Mado Maurin, bien qu’à l’époque, elle soit déjà séparée de son mari. Le patronyme du père officiel, Pierre-Marie Bourdeaux est également publié par Mado Maurin dans Patrick Dewaere mon fils, ma vérité (Le Cherche Midi, 2006), page 18
  2. Premier époux de Mado Maurin et père de ses deux premiers enfants Jean-Pierre et Yves-Marie ; son second époux, Georges Collignon, est le père de Dominique, Jean-François et Marie-Véronique
  3. Le terme « de vaere » signifie en flamand « le vrai »
  4. Générique de fin de Les Hauts de Hurlevent (mini-série) réalisé par Jean-Paul Carrère, de h 51 min 42 s à h 51 min 47 s
  5. Reproduction d'un autographe de Patricke Dewaere datant de 1968 in Mado Maurin, Patricke Dewaere, mon fils, la vérité, op. cit., p.126.
  6. Âge de la majorité légale en France jusqu'en juillet 1974.
  7. Aux côtés notamment de Rosy Varte (voix française d’Anne Bancroft).
  8. Ils auront ensemble une fille, Jeanne, en 1978.
  9. Nom d’épouse figurant sur l’acte de décès de l’acteur, no 208-1982 de l’état-civil de la mairie du 14e arrondissement de Paris
  10. Comme le révèlent le film de Marc Esposito et la biographie de Jean-Marc Loubier, la presse refuse de citer son nom alors qu'il interprète le rôle-titre d’Un mauvais fils, ou ne publie que ses initiales avec une connotation se voulant insultante : « P. D. »
  11. Également crédité comme cocompositeur de la musique
  12. Selon les déclarations de Claude Lelouch, Bertrand Blier et Yves Boisset dans le film de Marc Esposito (de 28 min 40 s à 47 min) et la biographie de Jean-Marc Loubier La Frayeur de vivre, p. 263-271.
  13. La face B du 45 tours, Let My Name Be Sorrow, paroles et musique de Bernard Estardy et Martine Habib, est interprétée par Françoise Hardy seule.
  14. Ce prix existe depuis 1980 et son organisation est totalement indépendante de celle des Césars.

Références [modifier]

  1. Acte officiel de décès de Patrick Dewaere né Bourdeaux, n°2081 du 16 juillet 1982, État civil de la mairie de Paris, 14e arrondissement]] ; copie officielle établie le 18 janvier 2010
  2. « Je trouvais que Patrick Dewaere était le meilleur de la génération précédente ». Marcel Carné, « Le Visiteur du Soir » dans L’Événement du jeudi, 19 octobre 1989
  3. « 22 écrivains et artistes rendent hommage à l'acteur disparu » dans la revue Bordel n°6, 18 janvier 2007
  4. Bertrand Tessier, Patrick Dewaere, la douleur de vivre, éd. Albin Michel, 2007
  5. [1] Article paru dans France-Soir en novembre 1967, sur le site de son biographe Jean-Marie Loubier
  6. Interview de Christophe Carrère sur Europe 1 en juin 2012.
  7. a, b, c, d, e et f Mado Maurin, Patrick Dewaere, mon fils : La Vérité, Le Cherche midi, 2006.
  8. Article dans un quotidien de Casablanca, 25 janvier 1958, sur le site du biographe Jean-Marie Loubier.
  9. Alexandre Moix, Patrick Dewaere, l’enfant du siècle, documentaire, 2003
  10. Christophe Carrière,Patrick Dewaere : Une vie, Balland, juin 2012, p.30.
  11. Selon Sotha citée dans Patrick Dewaere : Une vie, op. cit..
  12. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.34
  13. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.36
  14. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.31
  15. Christian Laborde, Renaud : Biographie[réf. nécessaire].
  16. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.38
  17. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 44
  18. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.67
  19. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.82
  20. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.53
  21. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.69
  22. DVD du film Lily aime-moi sur le site consacré à Jean-Michel Folon.
  23. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.79
  24. Interview de Miou-Miou dans le magazine Elle no 1873 du 30 novembre 1981.
  25. a et b Témoignage de Jean-Michel Folon dans le documentaire d’Alexandre Moix, La Ballade de Fairbanks (2004), inclus dans le DVD de F… comme Fairbanks.
  26. Fiche du documentaire d'Alexandre Moix sur le IMDB.
  27. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.67
  28. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.87
  29. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 180
  30. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.44
  31. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.105
  32. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.114
  33. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.119
  34. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 122
  35. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Pages 127 et 128
  36. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 136
  37. Mado Maurin, Patrick Dewaere, mon fils : La Vérité, Le Cherche-Midi, 2006
  38. Fiche de Gérard Lauzier sur le site de la Cinémathèque française
  39. Christophe Carrière, Patrick Dewaere : Une vie, op. cit., p.
  40. Entretien avec Patrick Dewaere, La Vie n° 3037, 13 novembre 2003
  41. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 166
  42. Gérard Lefort, « Le suicide de Patrick Dewaere», Libération, 17 juillet 1982
  43. Gérard Lefort, « Le cinéaste Alain Corneau est mort », Libération, 30 août 2010
  44. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 158
  45. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 192
  46. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 208
  47. Journal de 13h d'Yves Mourousi, TF1, 21 août 1981, sur le site de l'INA
  48. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 230
  49. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 220
  50. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 231
  51. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 227
  52. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 229
  53. « Patrick Dewaere, le dernier jour », diffusé sur France 2 dans l’émission de Laurent Delahousse, « Un jour, un destin »
  54. Bertrand Tessier, Patrick Dewaere, le dernier jour, documentaire diffusé sur France 2 en 2007
  55. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 230
  56. Livre de Christophe Carrière : « Patrick Dewaere : Une vie », publié en juin 2012. Page 231
  57. Discographie, sur dewaere.online.fr, 22 janvier 2010
  58. Interview de Gael Garcia Bernal sur ecranlarge.com.
  59. BO sur Amazon.fr.
  60. Paroles originales de la chanson sur le site officiel de Murray Head
  61. Site web du quotidien belge La Dernière Heure (Belgique), 18 novembre 2003
  62. Dépêche AFP sur le site du Point.
  63. Article de Ouest-France sur le site saint-brieuc.maville.com.
  64. Vidéo de l'inauguration sur le site Le Télégramme.com.
  65. Gaëlle Labarthe, Portfolio sur le site de 20 minutes.
  66. Plein Sud sur le site des studios Gaumont, consulté le 17 octobre 2010, une fiche détaillée est accessible par le lien DVD Blu-Ray de l'éditeur
  67. La Madelon sur le site officiel des éditions René Château Vidéo, consulté le 3 juillet 2010