Chemin néocatéchuménal

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« Vierge du Chemin » - Icône de Kiko Argüello

Le Chemin néocatéchuménal est un mouvement de l'Église catholique romaine . Il a été, en vertu de ses statuts approuvés de façon définitive par le Saint-Siège le 13 juin 2008[1], reconnu par Jean-Paul II comme un « itinéraire de formation catholique »[2], c'est-à-dire une école de vie chrétienne catholique.

Il a été lancé dans le quartier de Palomeras, à la périphérie de Madrid en 1964 par deux laïcs espagnols, Francisco José Gómez de Argüello[3] (dit Kiko Argüello) et Carmen Hernández. Avec le prêtre italien Mario Pezzi, ils forment l'Équipe Internationale Responsable du Chemin.

Dès 1964 et jusqu'aujourd'hui, le Chemin s'est propagé dans le monde entier. En 2008, il est présent dans plus de 6000 paroisses, dans 1000 diocèses, et dans 120 pays, particulièrement en Italie et en Espagne, dans 9 000 paroisses et compte 42 000 communautés. Chaque communauté compte entre 20 et 50 personnes[4]. Il compte également 78 séminaires Redemptoris Mater en 2011[5], avec environ 3000 prêtres et 1500 séminaristes.

Cet itinéraire a été voulu à la suite du concile Vatican II. Il prône une action de l’Église face aux changements sociaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle (en particulier la laïcité) et un retour aux enseignements du christianisme antique. Pendant ces 30 dernières années, l'institution a mis en place différents séminaires dans le monde entier et est actuellement l’une des institutions connaissant la plus forte croissance dans l’Église catholique romaine.

Le 20 janvier 2012, le Conseil Pontifical pour les Laïcs a publié un décret approuvant les célébrations prévues dans le Répertoire catéchétique du Chemin Néocatéchuménal[6],[7].

Le 1er février 2014, recevant certains de ses membres, le pape François les a appelés à respecter la liberté de ses membres[8],[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1964, Francisco (Kiko) Argüello, un peintre né à León (Espagne) formé par les Cursillos de Cristiandad[10], et Carmen Hernández, diplômée en chimie et formée dans l'Institut Misioneras de Cristo Jesús, se rencontrent parmi les habitants des bidonvilles de Palomeras Altas, à la périphérie de Madrid. Après trois ans, dans ce milieu composé essentiellement de pauvres, se forme une synthèse « kérygmatique, catéchético-liturgique ». Soutenue par la Parole de Dieu, la Liturgie et l'expérience communautaire, elle deviendra la base de ce que le Chemin néocatéchuménal portera dans le monde entier, dans la mouvance du Concile Vatican II. Mgr Casimiro Morcillo González (1904-1971), alors Archevêque de Madrid, approuve cette expérience et la fait connaître aux paroisses de Madrid, puis de Rome. En 1968, en effet, le Chemin démarre à Rome avec l'autorisation du Cardinal Angelo Dell'Acqua, Vicaire général de la ville, dans la paroisse de Notre-Dame du Très Saint Sacrement et des Saints Martyrs canadiens[11]. En 1969, peu après son ordination presbytérale, le prêtre italien Mario Pezzi[12] rejoint l'équipe de Kiko et Carmen. En 1974, l'expérience, après enquête et jugement, est approuvée par la congrégation pour le Culte Divin et recommandée comme « un exemple excellent de ce renouveau liturgique et catéchétique » voulu par le Concile. Elle lui donne le nom de « Communautés néocatéchuménales ». Celles-ci se multiplient dans les 5 continents.

Après 40 ans d'existence, cette expérience, née dans un des faubourgs les plus pauvres de Madrid, s'étend maintenant à plus de 120 pays, 9 000 paroisses, 1 000 diocèses, avec 42 000 communautés.

Statuts et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le 30 août 1990, le pape Jean-Paul II a défini le néocatéchuménat dans sa Lettre « Ogniqualvolta » à Mgr Paul Josef Cordes alors Vice-Président du Conseil pontifical pour les laïcs, chargé ad personnam du Chemin Néocatéchuménal[13] comme un « itinéraire de formation catholique ».

Statuts provisoires[modifier | modifier le code]

Dans une « lettre autographe »[14] envoyée le 5 avril 2001 au cardinal James Stafford, le pape Jean-Paul II assignait au Conseil pontifical pour les laïcs la mission de mener à terme le processus d'approbation juridique des statuts du Chemin, lui donnant ainsi la compétence nécessaire pour trouver un cadre juridique nouveau. Ceux-ci ne voulaient pas que le Chemin soit considéré comme une « association publique internationale de fidèles » mais bien comme un « catéchuménat post-baptismal » de l’Église.

Par un décret[15] du Conseil pontifical pour les laïcs signé le 29 juin 2002, les Statuts provisoires[16] ont été approuvés ad experimentum pour une durée de cinq ans, selon la norme canonique de l'Église. Ce décret conclut un processus de réflexion institutionnelle sur la réalité de la vie du Chemin, qui a démarré en 1997[17].

Statuts définitifs[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 2008, à Rome, le cardinal Stanislaw Rylko a signé le décret[18] d'approbation définitive du Statut[19] du Chemin Néocatéchuménal. La reconnaissance des Statuts est suspendu par Rome. A lire

Reconnaissance du « Directoire catéchétique »[modifier | modifier le code]

Le 17 janvier 2011, dans un discours[20] aux membres du Chemin, le pape Benoît XVI annonçait la reconnaissance théologique et juridique du Directoire catéchétique du Chemin néo-catéchuménal c'est-à-dire de l'ensemble des catéchèses et des rites constitutifs de cette initiation chrétienne post-baptismale. Le décret d'approbation[21] du directoire catéchétique a été signé le 26 décembre 2010 par le cardinal Rylko. Il indique que ce directoire est composé de 13 volumes qui ont été étudiées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi entre 1997 et 2003.

L'équipe responsable internationale[modifier | modifier le code]

Le Chemin néocatéchuménal est dirigé par l'équipe composé des initiateurs Kiko et Carmen et d'un prêtre accompagnateur, l'italien Mario Pezzi.

Cette équipe désigne un collège d'électeurs composé de 80 à 120 personnes dont les noms sont transmis au Conseil pontifical pour les laïcs. Ce collège a pour mission de désigner l'équipe responsable internationale à la mort des deux initiateurs. L'équipe devra obligatoirement être composée d'un prêtre, qui garantit l'orthodoxie et l'orthopraxie du néocatéchuménat, et soit d'un couple marié et d'un homme célibataire, soit d'un homme célibataire et d'une femme célibataire[22].

Implantations[modifier | modifier le code]

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Le plus grand nombre de communautés dans le monde se trouve en Italie. D'autres pays en Europe comme l'Espagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal, l'Autriche, la Croatie, et Malte ont un grand nombre de communautés. La plus grande densité de communautés au monde pour population se trouve à Malte (avec 100 communautés sur une île-nation de 400 000 Maltais seulement). Guam est la seconde avec 35 communautés (la population Catholique de l'île est un peu plus de 115 000), suivie par l'Andorre avec 20 communautés dans une nation de 70 000 personnes). Les Philippines comptent quant à elles plus de 700 communautés. En Australie, il y a environ 50 communautés. Les communautés d'Afrique connaissent un développement rapide dépassant les 800. Le Chemin est présent aussi au Moyen-Orient. Le Liban a le plus grand nombre dans la région, avec environ 50 communautés. Le chemin se trouve aussi en Égypte, en Israël, en Palestine, en Jordanie, au Koweït et en Irak. En Asie, le Chemin Néocatéchuménal est présent en Inde, au Kazakhstan, au Japon, en Chine, à Hong Kong, au Sri Lanka, au Pakistan, en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, au Timor Oriental et en Corée du Sud. En Amérique Centrale, le chemin compte plusieurs centaines de communautés au Honduras, au Guatemala, au El Salvador, au Nicaragua, au Costa Rica, au Panama et moins de 10 communautés au Belize. En Amérique du Sud le chemin est très populaire et compte beaucoup de communautés, il en est autrement en Amérique du Nord où la sécularisation est plus forte. Les communautés aux États-Unis sont souvent composées de gens d'origine sud américaine. Au Canada, il y a une trentaine de communautés réparties en Colombie-Britannique, Ontario et au Québec. Aujourd'hui, il y a plus de 40 000 communautés dans le monde.[réf. nécessaire]

Le Chemin néo-catéchuménal est également présent au Pérou, dans les villes de Callao et de Lima[4]. Le 7 janvier 2012 le cardinal ROUCO a ordonné le nouvel évêque de CALLAO, l'espagnol Jose Luis Del Palacio membre du chemin néocatéchumenal et recteur du séminaire Redemptoris Mater de Callao. Il s'implanta en Allemagne rapidement. Il eut pour soutien le futur pape Benoit XVI[23].

Le chemin neo-catéchuménal est aussi présent en Afrique depuis la fin des années 1970. Les anciennes communautés sont en R.D.Congo et en Côte d'Ivoire. Outre ses deux pays, on trouve le chemin neo-catéchuménal en Afrique du Sud, en Angola, au Benin, Burkina Faso, au Burundi, au Cameroun, en Centrafrique, au Congo Brazza, au Gabon, au Kenya, à Madagascar, au Nigeria,en Ouganda, au Rwanda, au Soudan, en Tanzanie, au Togo et en Zambie. Il est bon de signaler qu'il y a en 2012 un séminaire Redemptoris Mater au Cameroun, en R.D.Congo, en Zambie, en Tanzanie, en Angola, en Côte d'Ivoire, à Madagascar, et au Gabon.

En France[modifier | modifier le code]

À Paris, le néocatéchuménat est présent dans deux paroisses : à l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle[24], dans le 2e arrondissement, et à la paroisse Saint-Honoré-d'Eylau, dans le 16e arrondissement.

Dans la région parisienne, le Chemin se trouve dans la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc à Meudon [25]Thierry Bizot[26], l'auteur de Catholique anonyme, a suivi les « catéchèses initiales ».

Des communautés sont également présentes à Montpellier, Pernes, Strasbourg, Mulhouse,Dijon, Bayonne, Avignon[4]...

Apostolats[modifier | modifier le code]

Séminaires[modifier | modifier le code]

Particularités[modifier | modifier le code]

Les séminaires du Chemin néocatechuménal sont appelés Redemptoris Mater. En 1988, le cardinal Ugo Poletti, vicaire général de la ville de Rome, érige canoniquement le premier séminaire du Chemin néocatéchuménal appelé collège missionnaire diocésain Redemptoris Mater. La direction de ce séminaire fut confiée à Mgr Giulio Salimei - évêque auxiliaire de Rome - qui en a été le premier Recteur. Mgr Maximino Romero alors à la retraite apporta son concours à la formation des séminariste comme directeur spirituel[27].

Les séminaires Redemptoris Mater ont 2 caractéristiques :

  • Ce sont des séminaires diocésains. Ils sont érigés par des évêques diocésains pour former des prêtres diocésains. Les séminaristes issus du néocatéchuménat suivent le même cursus universitaire que les autres séminaristes diocésains, ils suivent les mêmes cours, passent les mêmes examens.
  • Ce sont des séminaires missionnaires. Ils accueillent des séminaristes qui proviennent de différents pays et qui font, parfois, un stage à la fin du 1er cycle dans un autre diocèse ou un autre pays. Parmi les prêtres ordonnés, certains seront envoyés, après accord de l'évêque, comme prêtres Fidei donum ailleurs dans le monde

Importance et localisation[modifier | modifier le code]

En 2011, on dénombre 78 séminaires diocésains missionnaires « Redemptoris Mater », dont 37 en Europe, 26 en Amérique, 7 en Asie, 6 en Afrique, et 2 en Australie[5].

En Belgique, il y a 2 collèges international Redemptoris Mater : à Namur et à Bruxelles. Le séminaire de Namur a été érigé par l'évêque de l'époque, Mgr André-Mutien Léonard, le 30 juin 2000[28]. Le recteur du séminaire est l'abbé Rocco Russo, ordonné dans le diocèse de Rome en 1997[29].

En France, il y a 4 séminaires :

Une vingtaine de séminaristes du Chemin étudient à l'Institut catholique de Paris[38].

Au Canada, il y a un séminaire Redemptoris Mater à Toronto (depuis 1999) et Québec (depuis 2009).

Familles[modifier | modifier le code]

C'est le 28 décembre 1986 que les douze premières familles du Chemin néocatéchuménal sont parties en mission[39] dans différents pays du monde pour évangéliser et soutenir les communautés naissantes par le partage de leur expérience. Elles doivent souvent apprendre une langue qu'elles ne connaissent pas, s'intégrer socialement et trouver elles-mêmes les emplois nécessaires pour pourvoir à leurs besoins. Le pape Jean-Paul II a présidé plusieurs cérémonies d'envoi des familles en mission au Vatican où il leur a personnellement remis une croix : en 1988[40], en 1991[41] et en 1994[42]. Le pape Benoît XVI a lui aussi participé à l'envoi de familles en mission en 2006[43], et en 2011[44]. Le Pape François, à son tour, en a envoyé 414, le 1er février 2014[45].

D'après les informations du site zenit.org, « le nombre des familles du mouvement envoyées en mission dans le cadre de la nouvelle évangélisation s'élève à plus de 800 dans 78 pays, avec 3.097 enfants, dont 389 en Europe, 189 en Amérique, 113 en Asie, 56 en Australie, 46 en Afrique et 15 au Moyen-Orient »[46]

Jeunes[modifier | modifier le code]

De nombreuses rencontres de jeunes du Chemin néocatéchuménal sont faites par les initiateurs en présence de l'évêque du diocèse dans lequel se déroule le rassemblement et éventuellement d'autres prélats voire du pape. À l'issue de chaque rencontre, le Chemin lance un « appel vocationnel » : aux jeunes hommes qui sentent un appel à la vocation presbytérale, aux jeunes filles qui sentent un appel à la vie religieuse.[réf. nécessaire]

Le 3 septembre 2007 s'est tenue une rencontre à Loreto (Italie) dans le cadre de l'invitation du pape Benoît XVI à tous les jeunes catholiques.[réf. nécessaire]

Le 21 juillet 2008, à la suite des JMJ de Sydney, le néocatéchuménat a organisé une rencontre de jeunes à laquelle a assisté Mgr André Léonard et dont il s'est fait l'écho sur le site de son diocèse[47].

Le 29 mai 2011, le Chemin a organisé une rencontre de jeunes de divers pays d'Europe, en préparation aux JMJ de Madrid, dans un stade de Düsseldorf, en présence du cardinal Joachim Meisner.[réf. nécessaire]

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Le Chemin néocatéchuménal a parfois fait l'objet de critiques depuis 40 ans, notamment de la part de certains évêques[48]. Les inquiétudes portent sur des points de doctrine, de liturgie et d'organisation.

Sur la liturgie[modifier | modifier le code]

Le cas de la liturgie eucharistique[modifier | modifier le code]

Le 1er décembre 2005, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Mgr Francis Arinze, a adressé une lettre aux initiateurs du Chemin néocatéchuménal « sur la célébration de la messe dans les communautés du Chemin »[49] dans laquelle il précisait les pratiques liturgiques licites et prescrivait une série de modifications d'usages dans le Chemin. La lettre s'inscrivait dans le processus de reconnaissance du Statut du Chemin néocatéchuménal qui prévoyait un temps d'étude approfondi des manières de faire dans le mouvement. Dans sa lettre, le cardinal Arinze confirme l'autorisation de la Congrégation aux communautés néocatéchuménales :

  • de célébrer la messe en petits groupes
  • de célébrer la messe le samedi soir
  • de déplacer le rite de l'échange de la paix après les prières universelles
  • de faire des monitions aux lectures
  • de donner un témoignage personnel après la lecture de l'évangile et avant l'homélie.

Mais le cardinal insiste également sur des changements attendus :

  • l'utilisation intégrale des livres liturgiques c'est-à-dire concrètement la récitation du Credo et de l'Agnus Dei
  • l'usage de toutes les prières eucharistiques

Cette lettre a fait polémique[50]. dans la mesure où certains commentateurs y ont vu une « mise au pas » ou un « rappel à l'ordre » du Chemin, soulignant uniquement les modifications exigées par le cardinal Arinze. Giuseppe Gennarini, « responsable du Chemin Néocatéchuménal aux États-Unis et chargé des relations de ce groupe ecclésial avec la presse »[51] a, au contraire, plutôt communiqué sur les aspects positifs à savoir la reconnaissance de nombreuses particularités liturgiques du Chemin. Mgr André Léonard s'est élevé contre ce qu'il considérait comme une conception erronée de cette lettre[52].

L'article 13 du Statut définitif[53] du Chemin néocatéchuménal précise que la communion est prise debout et à sa place[54].

Le cas des liturgies propres aux étapes du néocatéchuménat[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 2012, le Conseil Pontifical des Laïcs a publié un décret approuvant les célébrations contenues dans le Directoire Catéchétique du Chemin Néocatéchumenal qui, « par leur nature même, ne sont pas réglementées par les livres liturgiques de l’Église »[55].

Le 20 janvier 2012[56], en présence de 7000 de ses membres, Benoit XVI a souligné dans son discours que seules « sont l’objet de l’approbation les célébrations » présentes dans le Directoire catéchétique du Chemin néocatéchuménal qui « ne sont pas strictement liturgiques ».

Le pape n'a donc pas approuvé toute la liturgie du Chemin néocatéchuménal, mais les célébrations internes à la communauté, incluses dans le parcours catéchétique, qui n'ont pas de caractère liturgique. Benoît XVI a réaffirmé à cette occasion que « la célébration dans les petites communautés » doit être « régie par les livres liturgiques, qui doivent être suivis fidèlement », même si c’est « avec les particularités figurant dans les statuts du Chemin qui ont été approuvées ». Ces particularités concernent des points mineurs, effectivement approuvés, comme les « monitions » avant les lectures, ou l'échange du baiser de paix après la prière universelle.

Sur la doctrine[modifier | modifier le code]

L'accusation d'hérésie[modifier | modifier le code]

De nombreux détracteurs du Chemin l'ont accusé d'être hérétique. C'est le prêtre italien Enrico Zoffoli qui a lancé l'accusation dans 6 ouvrages rédigés entre 1990 et 1996[réf. nécessaire]. Sa critique a été reprise par le mouvement des traditionalistes lefebristes - notamment le Courrier de Rome dès 1991[57] - et par Gordon Urquhart dans son livre L'armada du pape[58]. Le père Zoffoli s'est attelé à comparer des catéchèses de Kiko Argüello avec les textes de l'Église. Le défaut de son analyse est qu'il procède à une sélection de phrases sorties de leur contexte et leur donne un sens qu'elles n'ont pas. La méthode est la même que celle des sédévacantistes qui montrent ainsi que les papes sont hérétiques. Gordon Urquhart reconnait pourtant que le Chemin NC « est celui des nouveaux mouvements qui, sur le plan de la théologie, est le plus proche du pape actuel »[59],[60].

D'un autre côté, le Directoire catéchétique du Chemin néocatéchuménal a été validé par la Conseil pontifical pour les laïcs après étude de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a corrigé certaines formulations maladroites et demandé que soient intégrés « différentes citations du Catéchisme de l'Église Catholique »[61] afin de prouver que les catéchèses du Chemin sont conformes à la Foi de l'Église.

Le reproche d'une théologie trop orthodoxe[modifier | modifier le code]

D'autres personnes accusent le Chemin de s'attacher d'une façon trop servile à la doctrine de l'Église : à leurs yeux, le Chemin serait trop romain. C'est ce que soulignait Gordon Urquhart en considérant le Chemin comme une « armada du pape »[58]. Expression reprise sous une forme à peine différente par le journaliste Henri Tincq qui rangeait le Chemin dans la catégorie des « fantassins »[62] de l’Église, alors que Laurent Frölich le qualifie de mouvement « intransigeant » et que Golias magazine le dénonce comme « fondamentaliste et même fanatique »[63]. Bref, le Chemin serait un mouvement « conservateur », aux ordres du pape, soumis aux règles morales édictées par le Vatican, comme en témoigne la réception sans réserve de l'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI, dans un esprit d'obéissance et de confiance, qui tranche avec les critiques de certains prêtres et laïcs. Ce radicalisme de la foi a été critiqué par des personnes qui, comme Gordon Urquhart, ont cherché à le disqualifier. Or, l'enseignement moral du Chemin sur l'amour et la régulation des naissances est en tout point conforme avec celui de l'Église[64]. Bref, pour nombre de « progressistes », le Chemin serait une formation trop légitimiste à l'égard du pape, trop conformiste et pas assez « critique ». Henri Bourgeois écrivait ainsi : « je me demande si [cette formation] (...) conduit à susciter des croyants libres et lucides »[65].

Sur l'organisation[modifier | modifier le code]

Le Chemin néocatéchuménal a connu quelques échecs d'implantation, souvent dû à une méconnaissance de sa substance.

En Angleterre. En 1996, l'évêque du diocèse anglais de Clifton, Mgr Mervyn Alexander a interdit la présence du Chemin néocatéchuménal à la suite d'une enquête défavorable dans trois paroisses où il était présent. Cependant, aujourd'hui le Chemin existe dans plusieurs paroisses anglaises notamment à Londres dans la paroisse St-Charles Borromeo.

Au Japon. Le Chemin y est présent depuis les années 1970. La contestation a commencé avec la présence du séminaire Redemptoris Mater fondé en 1990. Il n'y avait au Japon que deux séminaires diocésains et ce séminaire était donc le troisième du pays, ce qui posait la question du coût et de la place trop visible et trop importante de ce type de séminaire dans un pays où le catholicisme est marginal. Le séminaire a été officiellement fermé en 2009 après consultation et accord des autorités vaticanes[66]. La contestation s'est faite, ensuite, sur l'organisation particulière des communautés néocatéchuménales. Certains évêques japonais ont dénoncé un manque de transparence à leur égard sur la question financière et sur le rôle des laïcs étrangers dans les paroisses trop porté à l'évangélisation alors que les évêques attendaient d'eux de participer aux tâches ordinaires de la paroisse, en particulier l'accueil des migrants. En 2011, malgré l'opposition du pape, les évêques japonais ont interdit l'organisation des activités habituelles du néocatéchuménat. Mais ils n'ont pas renvoyé les « familles en mission » étrangères ni les prêtres du mouvement auxquels ils ont témoigné une reconnaissance personnelle, comme l'a fait Mgr Mizobe Osamu, évêque de Takamatsu[67] Mgr Ikenaga Jun, archevêque d’Osaka et président de la Conférence épiscopale du Japon, reproche au Chemin de ne pas être culturellement soluble dans son pays[68]. Les prêtres et les familles en mission au Japon poursuivent leur mission dans l'acceptation de la décision prise par les autorités diocésaines d'interdire les réunions et célébrations du Chemin.

Ces deux cas restent cela dit l’exception plutôt que la règle dans la mesure où, si des conflits peuvent survenir et si des oppositions peuvent s'exprimer dans des paroisses ceux-ci finissent par être régulées et ne se terminent pas par des décisions aussi radicales. L'historien Gérard Cholvy a montré que les difficultés d'implantation d'un nouveau mouvement ou d'une nouvelle organisation dans la paroisse sont « normales » car récurrentes dans l'histoire de l'Église : quand un nouveau groupe ou mouvement apparaît, il fait l'objet d'un rejet de la part des autres composantes de la paroisse[69]. Après les scouts, l'Action catholique, le Renouveau charismatique, c'est donc au tour du Chemin de susciter la controverse. Et comme l'ont fait tous les autres mouvements avant lui, le néocatéchuménat se réfère, lui-aussi, au pape qu'il invoque comme soutient face à ses détracteurs. Si les conflits sont dus aux « détrônés » ou au « déçus » des mouvements, ils sont également dus à l'attitude des membres de ces mouvements qui peuvent être mal comprise et blessante, comme l'avait déjà souligné le cardinal Ratzinger en 1998[70]. Les paroissiens peuvent donc parfois considérer les communautés comme des organisations élitistes et ressentir une forme de « complexe d'infériorité » de type spirituel, qui peut provenir du regard ou de propos maladroits de membres du Chemin. Dans son enquête pour le journal La Croix[71], la journaliste Claire Lesegretain a montré que l'implantation des communautés dans les paroisses alsaciennes se passe sans problème. Dans son article, elle souligne une contradiction : tantôt il est reproché aux membres du Chemin d'être trop discret dans la paroisse, de faire « bande à part » en quelque sorte, tantôt il leur est reproché d'être trop impliqués, de « noyauter » la paroisse.

Ce qui est souvent reproché au Chemin, c'est que les communautés célèbrent en petits groupes le samedi soir. Or, cette pratique est reconnue comme légitime et licite dans le Statut définitif du Chemin. Les eucharisties du Chemin néocatéchuménal sont désormais considérées comme faisant partie des offices de la paroisse, donc sont accessibles à tous les paroissiens.

La reconnaissance de leur Statut et du Directoire catéchétique par le pape leur apporte une garantie du point de vue doctrinal et un cadre général qui doit éviter certaines dérives de fonctionnement.

Le 1er février 2014, le Pape François a fait quelques recommandations lors d'un envoi en mission de familles du Chemin [72]:

« la liberté de chacun ne doit pas être forcée, et l’on doit respecter aussi le choix éventuel de celui qui, en dehors du Chemin, aurait décidé de chercher d’autres formes de vie chrétienne qui l’aident à grandir sans sa réponse à l’appel du Seigneur »
« La communion est essentielle : parfois il vaut mieux renoncer à vivre tous les éléments que votre itinéraire exigerait, en vue de garantir l'unité entre les frères qui forment l'unique communauté ecclésiale, avec laquelle vous devez toujours vous sentir en communion. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.camminoneocatecumenale.it/new/default.asp?lang=fr&page=statuto08
  2. Lettre 'Ogniqualvolta' de sa sainteté Jean-Paul II à Mgr Paul Josef Cordes, 30 août 1990
  3. http://www.religionenlibertad.com/articulo.asp?idarticulo=6261
  4. a, b et c http://www.observatoiredesreligions.fr/spip.php?article311
  5. a et b Source : « Le Chemin néocatéchuménal en mission à travers le monde », zenit.org, 18 janvier 2011
  6. El texto de la aprobación pontificia de las celebraciones del Camino Neocatecumenal
  7. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1IZf3Tmo4dU
  8. Urbi et Orbi, 03/02/2014.
  9. http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-demande-au-Chemin-neocatechumenal-de-respecter-la-liberte-de-ses-membres-2014-02-02-1100284 La Croix 02 février 2014
  10. Source ; Entretien de Kiko Arguello avec Luc Baresta paru dans France Catholique
  11. http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/laity/documents/rc_pc_laity_doc_20020701_cammino-neocatecumenale_fr.html
  12. Source : Intervention du père Mario Pezzi à la remise du Statut, 28 juin 2002
  13. Source : Lettre 'Ogniqualvolta' de sa sainteté Jean-Paul II à Mgr Paul Josef Cordes, 30 août 1990
  14. Source : d'après Discours du cardinal président James Francis Stafford, Porto San Giorgio, 30 juin 2002
  15. Décret du Conseil Pontifical pour les laïcs : Approbation ad experimentum des statuts du Chemin néocatéchuménal, 29 juin 2002
  16. Statut du Chemin néocatéchuménal, 29 juin 2002
  17. Source : d'après Discours du pape Jean-Paul II aux membres du Chemin néocatéchuménal, 24 janvier 1997
  18. Approbation définitive du Statut du Chemin néocatéchuménal, 13 juin 2008
  19. Statut du Chemin néocatéchuménal, 13 juin 2008
  20. Discours du pape Benoît XVI aux membres du Chemin néocatéchuménal, 17 janvier 2111
  21. Décret d'approbation du Directoire catéchétique, 26 décembre 2010
  22. Source : Statut du Chemin néocatéchuménal, article n° 35, §3, 11 mai 2008
  23. http://www.zenit.org/article-26673?l=french
  24. Source : Claire Lesegretain, Une initiation chrétienne à une foi adulte, lacroix.com, 1-03-2011
  25. Source : Claire Lesegretain, Néocatéchuménat : un parcours d'une vingtaine d'année, lacroix.com, 1-03-2011
  26. Source : Thierry Bizot, Jardin d'enfants, Réveil matin le blog d'un catholique anonyme, 28-02-2009 où il écrit tout le bien qu'il pense de ce mouvement qui lui a permis de redécouvrir la foi et dans lequel il n'a pas voulu continuer
  27. Source : Discours du pape Jean-Paul II à la communauté du séminaire Redemptoris Mater, 18 mars 2004
  28. Source : Le Séminaire Redemptoris Mater: dix ans de présence à Namur, 28 mai 2010
  29. Source : http://www.vicariatusurbis.org/Persona.asp?IDPERS=771
  30. Source : http://www.vicariatusurbis.org/Persona.asp?IDPERS=302
  31. Source : Biographie du recteur sur le site du Collège International Redemptoris Mater de Strasbourg
  32. Source : Un séminaire qui accueille des nouvelles communautés - Église catholique du Var, 10 mai 2008
  33. Photo : http://www.trinitabrescia.it/presbiteri_web/Presbiteri/donleonedonini.html
  34. Source : http://www.diocese-avignon.fr/spip/Deces-du-Pere-Paolo-Pressaco
  35. Source : http://php.alghero-bosa.chiesacattolica.it/modules.php?modulo=mackey_html&title=Sacerdoti&mid=16
  36. http://www.diocese-frejus-toulon.com/A-La-Seyne-sur-Mer.html
  37. http://www.diocese-frejus-toulon.com/l-Officiel-de-fevrier-2012.html
  38. Source : Claire Lesegretain, En France, le néocatéchuménat cherche à améliorer son image, lacroix.com, 1-03-2011
  39. Source : http://www.camminoneocatecumenale.it/new/papa.asp?id=70&a=53
  40. Source : http://www.camminoneocatecumenale.it/new/papa.asp?id=76&a=53
  41. Source : http://www.camminoneocatecumenale.it/new/papa.asp?id=78&a=53
  42. Source : http://www.camminoneocatecumenale.it/new/papa.asp?id=87&a=53
  43. Texte intégral de l'audience : Discours du pape Benoît XVI aux membres du Chemin néocatéchuménal, 12 janvier 2006
  44. Source : Discours du pape Benoît XVI aux membres du Chemin néocatéchuménal, 17 janvier 2011
  45. Urbi et Orbit, 03/02/2014.
  46. Source : zenit.org, 18 janvier 2011
  47. Lire : A.M. Leonard, Echos de Sydney
  48. cf: la critique de Mgr Luis Alberto Luna Tobar, archevêque de Cuenca (Équateur)
  49. Source : https://www.zenit.org/article-11899?l=french
  50. Voir Retour sur la polémique concernant la liturgie eucharistique dans le Chemin néocatéchuménal
  51. Voir Le Chemin néocatéchuménal réagit à la lettre du Saint-Siège, zenit.org, 11 janvier 2006
  52. Lire : Mgr Leonard, Le Chemin néocatéchuménal rappelé à l'ordre ?,24 janvier 2006
  53. Source : http://www.camminoneocatecumenale.it/fr/statuti1.asp
  54. pour comprendre le sens qu'en donne le Chemin voir Comment se déroule la communion dans le néocatéchuménat ?
  55. Source : Communiqué du Conseil Pontifical pour les Laics. Approbation des Célébrations du Chemin Néocathécuménal
  56. Voir : Discours du Pape Benoît XVI à la communauté du Chemin néocatéchuménal, vendredi 20 janvier 2012
  57. Source : P.C.L., « Le Chemin néo-catéchuménal, une hérésie encouragée par Rome », Courrier de Rome, Année XXIII, n°121 (311), février 1991
  58. a et b Gordon Urquhart, L'armada du pape, éditions Golias, 1999
  59. Source : Gordon Urquhart, L’Armada du pape, éd. Golias, octobre 1999, p.12
  60. Pour aller plus loin lire Le néocatéchuménat est-il hérétique ?
  61. Frédéric Mounier, Rome approuve le nouveau directoire catéchétique du Néocatéchuménat, lacroix.com, 23/7/12
  62. Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/les-huit-grandes-familles-de-l-eglise_472723.html
  63. Source : Christian Terras, Bruxelles : L'installation d'un nouveau séminaire du Chemin néocatéchuménal ou les nouveaux prêtres de Mgr Leonard, golias-editions.fr, 27 mai 2010
  64. Voir : L'ouverture à la vie et la régulation des naissances : l'enseignement du néocatéchuménat et de l’Église
  65. Source : http://www.theopratic.org/Note-sur-le-Neo-catechumenat
  66. Source : Céline Hoyeau, La présence du Chemin néocatéchuménal divise l'Église du Japon, La Croix, 17 janvier 2011
  67. « Considérés individuellement, les prêtres du Chemin, qui sont d’origine italienne, espagnole, latino-américaine ou autre, sont de bons prêtres et ne posent pas de difficulté. Ce qui pose problème, c’est le mode de fonctionnement du Chemin et la division que son action a créée dans les communautés paroissiales. » in Bulletin Église D'Asie, n° 548, 22-03-2011
  68. « La communauté néo-catéchuménale laisse apparaître dans toutes ses activités, quelles qu’elles soient, des caractéristiques communes, qui engendrent partout les mêmes effets pervers. Elle utilise la paroisse pour constituer un groupe qui se singularise en réunissant ses membres pour prier et célébrer la messe d’une façon qui leur est propre. Ils se comportent exactement comme si le bâtiment d’église leur appartenait, ce qui choque les autres paroissiens, qui sont pourtant la majorité. En introduisant dans la liturgie une musique et des comportements directement importés de l’étranger, en l’occurrence un modèle espagnol, ils heurtent la sensibilité culturelle de bon nombre de fidèles. Entre eux et les fidèles qui ne souhaitent pas les suivre, un fossé se creuse » in Bulletin Église D'Asie, n° 548, 22-03-2011
  69. Lire : Le Chemin néocatéchuménal et la paroisse : les tensions internes
  70. Source : Les mouvements d’Église et leur lieu théologique, 1998
  71. Lire : C. L., En France le néocatéchuménat cherche à améliorer son image, La Croix.com, 1 mars 2011
  72. Audience à la communauté du Chemin néocatéchuménal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]