United States Secret Service

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United States Secret Service
Logo du Secret Service
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Drapeau du Secret Service
Drapeau du Secret Service

Employés 6 700 (2014)
Budget annuel 1,8 milliards de dollars (2014)
Site web www.SecretService.gov
Protection de la voiture présidentielle en janvier 2005 par des hommes du Secret Service sur Pennsylvania Avenue lors de l'Inauguration Day.

L’United States Secret Service (USSS) ou simplement Secret Service est une agence gouvernementale dépendante du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (jusqu'en mars 2003, elle dépendait du Département du Trésor).

Elle a deux missions distinctes et très différentes :

  1. lutter contre la fausse monnaie et la fraude financière ;
  2. assurer la protection du président des États-Unis, du vice-président, de leur famille, de certaines personnalités (comme des candidats à la présidence ou à la vice-présidence, les anciens présidents, certains représentants officiels, des personnalités étrangères en visite aux États-Unis) ainsi que de leurs résidences officielles, comme la Maison-Blanche.

Le rôle du Secret Service, à sa création, était d'enquêter et de lutter contre la fausse monnaie, un problème majeur à la fin de la guerre de Sécession. L'agence a ensuite évolué en première agence de renseignement intérieur des États-Unis et première agence de contre-espionnage avec des agents agissant sous couverture d'où son nom. Beaucoup de missions de l'agence ont ensuite été reprises par les agences créées ultérieurement comme le Federal Bureau of Investigation (FBI), le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF), l'US Immigration and Customs Enforcement (ICE) et l'Internal Revenue Service (IRS).

Sa mission de protection du président des États-Unis lui fut confiée par le Congrès américain après l'assassinat du président William McKinley en 1901.

Rôles[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la mission première de l'agence est lutter contre les contrefaçons monétaires et de sauvegarder le système de paiement des États-Unis. Il s'agit notamment de lutter contre les crimes et délits comme la fraude aux institutions financières, les fraudes électroniques, l'utilisation ou la création de faux documents d'identité dans des buts de fraude financière, les accès frauduleux aux systèmes informatiques, les fraudes aux cartes de crédit, les transferts frauduleux de fonds électroniques, le blanchiment d'argent ou encore les arnaques financières comme la fraude 4-1-9. Le Secret Service lutte également contre les attaques informatiques contre le système financier et les infrastructures de télécommunications américains.

La seconde mission de l'agence est la protection[1] (la liste des personnalités à protéger est définie par la loi) :

  • du Président des États-Unis, du Vice-président (ou du responsable suivant dans l'ordre de succession présidentiel, si le Vice-président n'est pas en capacité ou si le poste est vacant), du Président-élu et du Vice-président élu ;
  • le premier cercle familial des personnalités pré-citées ;
  • les anciens présidents et leur conjoint (protection à vie sauf pour les conjoints divorcés ou remariés. De 1997 à 2013, la loi limita la protection des anciens présidents et de leur conjoint aux 10 années suivant leur départ de la Maison-Blanche. Le président Barack Obama signa en janvier 2013 une loi qui abrogea cette limite et rétablit une protection à vie[2] ;
  • la veuve ou le veuf d'un ancien(e) président(e) mort en service ou dans l'année qui a suivi la fin de son mandat et ce pour une période d'un an après le décès (le secrétaire à la Sécurité intérieure peut étendre cette durée de protection) ;
  • les enfants d'anciens présidents jusqu'à leur 16 ans ou 10 ans après la fin de la présidence ;
  • les anciens vice-présidents, leur conjoint et leurs enfants jusqu'à l'age de 16 ans jusqu'à 6 mois après avoir quitté la vice-présidence (le secrétaire à la Sécurité intérieure peut étendre cette durée de protection) ;
  • les chefs d'État ou de gouvernement étrangers, et leur conjoint, en visite aux États-Unis ;
  • d'autres personnalités étrangères particulières en visite aux États-Unis ou des représentants officiels des États-Unis mandatés par le Président pour des missions spéciales à l'étranger ;
  • les principaux candidats à la présidence et à la vice-présidence[3] ;
  • les conjoints des principaux candidats à la présidence et à la vice-présidence (dans les 120 jours précédents une élection présidentielle) ;
  • des personnalités désignées par un ordre exécutif du Président ;
  • les National Special Security Events, tels que désignés par le secrétaire à la Sécurité intérieure.

Tous ces personnes peuvent décliner la protection du Secret Service à l'exception du Président, du Vice-président (ou du responsable suivant dans l'ordre de succession présidentielle si le Vice-président est en incapacité ou que le poste est vacant), du Président-élu et du Vice-président élu[1].

En fonction des missions exercées par ces personnalités, cette protection peut être partagée. Ainsi quand Hillary Clinton devint la Secrétaire d'État des États-Unis en 2009, le Secret Service continua de la protéger à son domicile (comme épouse d'un ancien président) cependant le Diplomatic Security Service la protégeait lors de son travail comme secrétaire d'État, dont ses déplacements à l'étranger.

Le Secret Service collabore aussi avec le Diplomatic Security Service pour la protection des personnalités étrangères en visite ou présentes sur le sol américain. Il travaille avec l'armée, d'autres agences fédérales, les polices des États américains ou les polices locales pour la protection des voyages présidentiels par exemple lors de l'utilisation d'Air Force One ou de Marine One.

Le rôle de protection du Secret Service s'exerce aussi très en aval. Ainsi il enquête chaque année sur des milliers d'incidents, jugées comme menaces potentielles pesant sur le président américain. Menacer le Président est un crime fédéral selon le Code des États-Unis (voir (en) Threatening the President of the United States).

Dans le cadre de la protection des personnalités et de leur famille proche, le Secret Service peut collecter toutes les informations nécessaires auprès des différentes agences gouvernementales.

Disposant de moyens scientifiques importants, le Secret Service peut également aider les polices locales pour résoudre certains crimes.

Organisation[modifier | modifier le code]

En 2013, le Secret Service compte 6 700 personnes dont 4 400 agents assermentés (agents spéciaux et agents en uniforme). Il dispose de 136 bureaux à travers les États-Unis et dans différentes autres villes dans le monde, dont Montréal, Toronto et Vancouver ou Lyon (Interpol).

Son budget en 2013 est de 1,9 milliard de dollars.

Depuis mars 2013, le Secret Service est dirigé par Julia Pierson, première femme à être à la tête de cette agence.

Division en uniforme[modifier | modifier le code]

Le Président Barack Obama s'adresse aux agents de l'United States Secret Service Uniformed Division avant une photo de groupe au Portique Sud de la Maison Blanche, le 4 avril 2011.
Agents en uniforme du Secret Service.

La division en uniforme (Uniformed Division ou UD) participe aux missions de protection. Créée en 1922 comme la Police de la Maison-Blanche, elle fut complètement intégrée au Secret Service en 1930. Avec plus de 1 300 agents en 2010, l'Uniformed Division est responsable de la sécurité du complexe de la Maison-Blanche, de la résidence du Vice-président, du département du Trésor (part du complexe de la Maison Blanche) et des missions diplomatiques étrangères à Washington. Les agents de l'Uniformed Division mènent leur mission de protection sur des postes fixes, en patrouilles à pied, en vélo, à moto ou en voiture.

Cette division comprend 3 branches : la branche de la Maison Blanche, la branche des Missions diplomatiques étrangères et la branche de l'Observatoire naval (où se trouve la résidence du Vice-président)[4].

Les agents de la division fournissent également un support additionnel aux missions de protection du Secret Service au travers de groupes de soutien spécialisés :

  • l'unité anti snipers (Counter Sniper Unit ou CS), créée en 1971[5] ;
  • l'unité canine de détection d'explosifs (Canine Explosives Detection Unit ou K-9), créée en 1976[5] ;
  • l'équipe de réponse d'urgence (Emergency Response Team ou ERT), créée en 1992. Sa mission première est de fournir une réponse tactique aux intrusions ou aux autres risques de protection liés à la Maison-Blanche[5] ;
  • l'unité de soutien magnetométrique (Magnetometer Support Unit), créée pour s'assurer que toutes les personnes entrant dans les zones sécurisées par le Secret Service ne sont pas armées[5]. Cette unité fut mise en place pour accroitre la protection hors de la Maison-Blanche après la tentative d'assassinat du Président Ronald Reagan.

Les agents assignés aux CS, ERT et K9 sont désignés sous le vocable "Techniciens", reconnaissant leur niveau d'entrainement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Une voiture du Secret Service à proximité de la Maison Blanche.

Avec environ un tiers de la monnaie en circulation qui était de la monnaie contrefaite[6], la loi créant le Secret Service est signée par le Président Abraham Lincoln le 14 avril 1865, le jour de son assassinat[7] ; cinq jours plus tard, le général sudiste Robert E. Lee se rendait après la bataille d'Appomattox. Le service entre en fonction le 5 juillet 1865, à Washington, D.C. comme la « Secret Service Division » du département du Trésor avec pour mission l'éradication de la fausse monnaie. A cette époque, les seules autres agences fédérales chargées de faire respecter la loi étaient l'United States Park Police, l'U.S. Post Office Department's Office of Instructions and Mail Depredations (maintenant connu comme l'United States Postal Inspection Service) et l'U.S. Marshals Service. Les Marshals n'avaient les moyens humains pour enquêter sur tous les crimes à la loi fédérale aussi le Secret Service commença à enquêter sur tout, des meurtres aux attaques de banque en passant aux jeux illégaux. Après l'assassinat du président William McKinley en 1901, le Congrès américain demanda de manière informelle que le Secret Service assure une protection présidentielle. Une année plus tard, le Secret Service assuma la responsabilité à plein temps pour la protection présidentielle. En 1902, William Craig devient le premier agent du Secret Service à mourir en service dans un accident routier en conduisant le fiacre présidentiel.

Le Secret Service a été la première agence américaine de renseignement intérieur et de contre-espionnage. La collecte de renseignements intérieurs et la responsabilité de contre-espionnage furent ensuite dévolus au Federal Bureau of Investigation (FBI) après la création de celui-ci en 1908. Le Secret Service participa à l'arrestation de dirigeants sino-américains et à l'Internement des Japonais-américains au cours de la Seconde Guerre mondiale[8]. Le Secret Service ne fait pas officiellement partie de la Communauté du renseignement des États-Unis[9].

Tentative d'assassinat du Président Truman[modifier | modifier le code]

En 1950, le Président Harry S. Truman résidait à Blair House, maison située en face de la Maison-Blanche alors en cours de rénovation. Le 1er novembre 1950, deux nationalistes Portoricains, Oscar Collazo et Griselio Torresola, approchèrent de Blair House dans l'intention de tuer le président américain. Ils ouvrirent le feu sur l'agent Leslie Coffelt et d'autres officiers de la Police de la Maison Blanche. Bien que mortellement blessé à la poitrine et à l'abdomen par trois balles de 9 mm d'un Walther P38, l'agent Coffelt fit feu tuant Torresola d'une balle dans la tête. Jusqu'à aujourd'hui (2013), Coffelt est le seul membre du Secret Service à avoir été tué en protégeant un président contre une tentative d'assassinat (l'agent spécial Tim McCarthy qui se mit devant le Président Reagan lors d'une tentative d'assassinat le 30 mars 1981 et pris une balle dans l'abdomen, fut simplement blessé et se rétablit complètement). Collazo fut aussi blessé mais survécu à ses blessures. Il passa 29 ans en prison avant de retourner à Puerto Rico à la fin de 1979.

Années 1960[modifier | modifier le code]

L'agent spécial Clinton Hill sur la limousine présidentielle lors de l'assassinat de Kennedy.

Le 22 novembre 1963, le président John F. Kennedy est assassiné à Dallas par un Tireur embusqué. Le Secret Service est accusé par le chef de la police de Dallas Jesse Curry d'avoir négligé l'importance de sa protection[10].

En 1965, le Congrès autorise la protection des veuves des présidents américains.

Après l'assassinat du candidat à la présidence des États-Unis Robert Francis Kennedy, le 5 juin 1968, le Congrès a étendu le rôle du Secret Service à la protection des principaux candidats à la présidence et à la vice-présidence 120 jours avant les élections, aux anciens présidents jusqu'à maximum dix ans après la fin de leur mandat présidentiel, ainsi qu'à leurs enfants jusqu'à l'âge de 16 ans.

Années 1970[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre 1975, l'agent spécial Larry Buendorf empêche Lynette Fromme de tirer sur le président Gerald Ford à Sacramento.

Moins de deux semaines plus tard, à San Francisco, alors que le président Ford sort du Saint-Francis Hotem, dans le centre de San Francisco, Sara Jane Moore (en), au milieu de la foule de personnes venues voir le président, pointe un révolver et tire vers le président sans réussir à l'atteindre, un spectateur, un ancien Marine, Oliver Sipple (en), saisit le révolver et l'empêche d'ajuster le second tir.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Le 30 mars 1981, John Hinckley tire sur le président Reagan blessant ce dernier. L'agent Tim McCarthy s'interpose pour protéger le président et reçoit une balle dans l'abdomen[11], blessure dont il se remettra. Après cette tentative d'assassinat proche de réussir, le Secret Service va accroitre considérablement ses procédures de sécurité du Président.

En 1984, le Congrès américain vota le Comprehensive Crime Control Act qui étend la juridiction du Secret Service sur la fraude à la carte bancaire et la fraude informatique.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Depuis le Patriot Act, voté le 26 octobre 2001, le Secret Service combat aux côtés du FBI la criminalité informatique.

En 2003, l'agence fut rattachée au nouvellement créé Département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Scandale de prostitution lors du sommet des Amériques[modifier | modifier le code]

Juste avant l'ouverture du sommet des Amériques en Colombie[12] en 2012, des révélations de "mauvaise conduite" d'une partie des gardes du corps de Barack Obama apparaissent révélant la fréquentation des prostituées de Carthagène[13]. Suite à ce scandale, onze des agents sur place ayant eu recours à des prostituées sont rapatriés d'urgence et sont aussitôt suspendus de leurs fonctions, pour avoir apparemment violé le couvre-feu auquel ils étaient soumis et reçu des prostituées dans leurs chambres d'hôtel[14],[15].

Directeurs[modifier | modifier le code]

  1. William P. Wood (1865 - 1869)
  2. Herman C. Whitley (1869 - 1874)
  3. Elmer Washburn (1874 - 1876)
  4. James Brooks (1876 - 1888)
  5. John S. Bell (1888 - 1890)
  6. A.L. Drummond (1891 - 1894)
  7. William P. Hazen (1894 - 1898)
  8. John E. Wilkie (1898 - 1911)
  9. William J. Flynn (1912 - 1917)
  10. William H. Moran (1917 - 1936)
  11. Frank J. Wilson (1937 - 1946)
  12. James J. Maloney (1946 - 1948)
  13. U.E. Baughman (1948 - 1961)
  14. James J. Rowley (1961 - 1973)
  15. H. Stuart Knight (1973 - 1981)
  16. John R. Simpson (1981 - 1992)
  17. John W. Magaw (1992 - 1993)
  18. Eljay B. Bowron (1993 - 1997)
  19. Lewis C. Merletti (1997 - 1999)
  20. Brian L. Stafford (1999 - 2003)
  21. W. Ralph Basham (2003 - 2006)
  22. Mark Sullivan (2006-2013).
  23. Julia Pierson (depuis le 26 mars 2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « United States Code: Title 18, Section 3056 »
  2. Todd J. Gillman, « Obama signs lifetime Secret Service protection for George W. Bush, himself and future presidents », Trail Blazers Blog, The Dallas Morning News (consulté le 18 janvier 2013)
  3. USSS, « USSS Fiscal Year 2010 Annual Report » [PDF] (consulté le 8 juin 2012)
  4. « Uniformed Division », US Secret Service (consulté le 19 mars 2010)
  5. a, b, c et d « United States Secret Service: Uniformed Division », Secretservice.gov (consulté le 9 août 2012)
  6. « The United States Secret Service », Clinton2.nara.gov,‎ 1 juillet 1922 (consulté le 9 août 2012)
  7. (en) Joeseph Petro, Jeffrey Robinson, Standing Next to History, An Agent's Life Inside the Secret Service, New York, St. Martin's Press,‎ 2005 (ISBN 978-0-312-33221-1), p. 16
  8. 11 Asian L.J. 147 (2004), Foreword: Sixty Years after the Internment: Civil Rights, Identity Politics, and Racial Profiling; Tamaki, Donald K.
  9. Intelligence.gov
  10. Warren Commission Hearings, Testimony Of Jesse Edward Curry.
  11. « He Took A Bullet For Reagan », CBS News,‎ 11 juin 2004 : « 'In the Secret Service,' [McCarthy] continued, 'we're trained to cover and evacuate the president. And to cover the president, you have to get as large as you can, rather than hitting the deck.' »
  12. L'Amérique latine conteste Washington, Le Figaro, 13 avril 2012.
  13. Les gardes du corps d'Obama épinglés, Le Figaro, 14 avril 2012.
  14. Obama embarrassé par ses services de sécurité, Le Figaro, 15 avril 2012.
  15. Les agents d'Obama dans de beaux draps, Le Figaro, 27 avril 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]