Eric Shinseki

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Eric Shinseki
Portrait officiel d'Eric K. Shinseki, 2009
Portrait officiel d'Eric K. Shinseki, 2009
Fonctions
7e secrétaire aux Anciens combattants des États-Unis
21 janvier 200930 mai 2014
(5 ans, 4 mois et 9 jours)
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur James Peake
Successeur Robert McDonald
34e chef d'État-major de l'US Army
21 juin 199911 juin 2003
Président George W. Bush
Prédécesseur Dennis Reimer
Successeur Peter J. Schoomaker
Biographie
Nom de naissance Eric Ken Shinseki
Date de naissance 28 novembre 1942 (71 ans)
Lieu de naissance Lihue, Hawaii (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Indépendant
Diplômé de Académie militaire de West Point
Profession militaire (en retraite)

Eric Shinseki Eric Shinseki
Chefs d'État-major de l'US Army
Secrétaires aux Anciens combattants
des États-Unis

Eric Ken Shinseki, né le 28 novembre 1942 dans les Îles Hawaii est un général américain, secrétaire aux Anciens combattants des États-Unis dans l'administration Obama depuis le 20 janvier 2009. Il était, de 1999 à 2003, le 34e chef d'état-major de l' US Army, l'armée de terre américaine.

Il est né à Lihue sur l'île de Kauai dans ce qui est alors le Territoire d'Hawaii dans une famille de Nippo-américains. Entré dans l'académie militaire de West Point en 1965, il est le premier américain d'origine asiatique à avoir atteint le grade de général quatre étoiles dans l'histoire des États-Unis, ainsi que le premier américain d'origine asiatique à avoir dirigé une des quatre armes.

Sous sa direction, il a initié une transformation innovante mais controversée qui consiste à rendre l'armée de terre plus facilement déployable d'un point de vue stratégique et plus mobile en zone urbaine. À cette fin, il a créé les brigades de combat Stryker dotés de blindés légers à roue. Ce plan à long-terme s'appelle Objective Force et s'inscrit dans un schéma directeur appelé Future Combat System.

Le général Eric Shinseki est connu pour sa remarque devant la Commission des Forces Armées du Sénat avant le déclenchement de la troisième guerre du Golfe où il indiquait que les opérations d'occupation demanderaient « quelque chose de l'ordre de centaines de milliers de soldats ». Le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld et le sous-secrétaire Paul Wolfowitz ont publiquement désavoué son estimation.

Avec l'installation d'une guérilla permanente en Irak après la chute de Saddam Hussein, ces remarques d'Eric Shinseki sont souvent citées par ceux qui soutiennent que l'administration Bush n'a pas autorisé le déploiement d'un nombre suffisant de soldats. Dans un témoignage devant le Congrès en 2006, le général John Abizaid, commandant du CENTCOM, a donné raison aux estimations du général Shinseki[1].

Formations et responsabilités[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

  • Maîtrise en sciences (bachelor of Science Degree), United States Military Academy
  • Master en littérature anglaise (master of Arts Degree), Duke University
  • Armor Officer Advanced Course
  • United States Army Command and General Staff College
  • National War College

Responsabilités[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique décroissant, les derniers postes occupés sont :

  • 34e chef d'état-major de l' US Army
  • 28e vice chef d'état-major de l' US Army
  • Commandant en chef des forces américaines de l'armée de terre en Europe ; Commandant des forces alliées d'Europe Centrale ; Commandant (OTAN) de la Force de Stabilisation en Bosnie-Herzégovine.
  • Adjoint au chef d'état-major chargé des opérations et de la planification

Le général Shinseki a auparavant servi durant dix ans en Europe. Il a également été professeur d'anglais dans une école militaire.

Il a été blessé deux fois au combat et a perdu un doigt de pied à cause d'une mine terrestre lors de la guerre du Viêt Nam.

Décorations[modifier | modifier le code]

Eric Shinseki en 1999 alors qu'il était

Tensions avec Donald Rumsfeld[modifier | modifier le code]

Durant l'exercice de ses fonctions de chef d'état-major de l'US Army, Eric Shinseki a eu de nombreuses altercations publiques avec le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. Ces incidents sont souvent cités par les généraux à la retraite qui ont demandé la démission du secrétaire à la défense à qui ils reprochent le manque d'écoute, voire le mépris, vis-à-vis des militaires. Cependant, Eric Shinseki a toujours refusé de s'exprimer sur ces sujets et ce même plusieurs années après sa retraite.

Conflit de personnalité[modifier | modifier le code]

Eric Shinseki a une personnalité calme et réservée alors que Donald Rumsfeld a pour habitude de challenger et de rudoyer les officiers supérieurs. De fait, les deux hommes ne sont jamais entendus.

Port du béret noir[modifier | modifier le code]

Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld était opposé à la décision du général Shinseki de permettre à toutes les troupes de porter le béret noir autrefois réservé aux rangers.

Réduction des effectifs[modifier | modifier le code]

Shinseki était opposé aux décisions de réduction des effectifs de l'armée de terre. Sa position était à la limite de l'insubordination[2] mais il a réussi à faire voir son point de vue.

XM2001 crusader[modifier | modifier le code]

Rumsfeld a décidé d'annuler ce programme de modernisation de l'artillerie. Il a considéré qu'Eric Shinseki était trop obsédé à améliorer l'efficacité de l'armée sans tenir compte que la menace avait changé de nature et ne nécessitait pas d'améliorer la capacité de frappe de l'artillerie.

Choix du successeur d'Eric Shinseki[modifier | modifier le code]

Le secrétaire à la Défense a choisi le remplaçant de son chef d'état-major de l'armée de terre quatorze mois avant la date de départ[3]. Ce choix anticipé est inhabituel et marque l'impatience de Donald Rumsfeld à avoir Eric Shinseki s'en aller.

Différence de doctrine militaire[modifier | modifier le code]

Lors de l'élaboration du plan d'invasion de l'Irak, les deux hommes se sont opposés sur les moyens militaires à mettre en œuvre. Eric Shinseki souhaitait disposer de 500 000 et Donald Rumsfeld a accusé les militaires de se battre avec un état d'esprit d'autrefois. Il avait en effet prévu de mettre à disposition des moyens bien inférieurs. Le point d'apogée de ce conflit de point de vue s'est produit lors du témoignage d'Eric Shinseki devant la Commission des Forces Armées du Sénat à propos des effectifs nécessaires à une bonne occupation de l'Irak (cf. introduction).

Retraite du général Shinseki[modifier | modifier le code]

Le général Shinseki a terminé les quatre ans de son mandat, mais aucun directeur civil du secrétariat à la Défense n'est venu à la cérémonie de départ[4]. Ce fait illustre à quel point les tensions furent vives jusqu'au bout entre le chef d'état-major et l'équipe de Donald Rumsfeld.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 2008, le président élu Barack Obama déclare le prendre comme secrétaire aux Anciens combattants des États-Unis dans son futur cabinet présidentiel. Il est confirmé à ce poste par le Sénat dès le 20 janvier 2009, jour de l'investiture d'Obama et rentre aussitôt en fonction.

Le 30 mai 2014, empêtré dans un scandale touchant les hôpitaux gérés par son administration, il présente sa démission au président Obama. Celui-ci dit accepté avec un "regret considérable" la démission de son ministre des Anciens combattants mais concède que la poursuite de sa mission aurait constitué une source de confusion dans cette crise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Thomas E. Ricks et Ann Scott Tyson, « Abizaid Says Withdrawal Would Mean More Unrest », Washington Post,‎ novembre 2006 (consulté le 13 décembre 2006) : « General [Eric] Shinseki was right that a greater international force contribution, U.S. force contribution and Iraqi force contribution should have been available immediately after major combat operations. », p. A22
  2. Babbin, Jed "Purge of the Princelings?" National Review Online, 14 août 2003.
  3. Ricks, Thomas E. "Bush Backs Overhaul of Military's Top Ranks", Washington Post, 11 avril 2002. Page A01.
  4. Generals Speak Out on Iraq, NewsHour with Jim Lehrer, PBS, 13 avril 2006.