Religions en Inde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La diversité religieuse comme élément de fierté nationale : ici, panneau « Bienvenue au Penjab » au poste-frontière de Wagah entre l'Inde et le Pakistan.

L’Inde est le foyer de quatre religions  : l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et le sikhisme. Dans l'histoire du pays, la religion a souvent joué un rôle important et la diversité et la tolérance religieuses sont des traits significatifs de la culture indienne, aujourd'hui reconnus par la loi. L'immense majorité des Indiens se reconnaissent dans une religion et celle-ci joue souvent un rôle primordial dans leur vie.

Selon le recensement de 2001[1], l'hindouisme est de loin la religion la plus pratiquée : elle regroupe plus de 827 millions de fidèles, soit 80,5 % de la population. L'Inde compte 138 millions de musulmans, soit 13,4 % de la population. Les chrétiens, dont certains font partie des plus anciennes communautés chrétiennes du monde (chrétiens de saint Thomas), sont 24 millions (2,3 % de la population). Les Sikhs, qui habitent en majorité au Penjab, sont 19 millions (1,9 % de la population). Les bouddhistes sont 7,9 millions (0,8 % de la population) et les jaïns 4,2 millions (0,4 %).

Le zoroastrisme et le judaïsme ont également une longue histoire en Inde et comptent toujours plusieurs milliers de fidèles. Le pays accueille également la plus grande communauté bahá'ie au monde.

La diaspora indienne en Occident a popularisé certains aspects de la spiritualité hindoue, comme le yoga, la médecine ayurvédique, la divination, le végétarianisme, le karma et la réincarnation.

La Constitution fait de l'Inde une république laïque, interdit la discrimination fondée sur la religion et consacre la liberté de conscience. Mais le droit civil indien reconnait l'application du droit hindou ou de la charia pour les citoyens hindous ou musulmans respectivement et, de manière générale, la religion joue un rôle important dans la vie sociale. Les Indiens sont généralement tolérants vis-à-vis de la foi d'autrui. Cependant, les mariages inter-religieux restent rares et les tensions communautaires nées avant l'Indépendance ne sont pas entièrement retombées: elles continuent périodiquement d'agiter le pays, pouvant conduire à des émeutes et des morts, notamment entre hindous et musulmans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Évolution de l'hindouisme[modifier | modifier le code]

L'hindouisme est souvent considéré comme une des plus vieilles religions du monde. Les origines de l'hindouisme comprennent des éléments issus des croyances de la civilisation de l'Indus, qui existait de 3300 à 1700 avant notre ère. Le texte le plus ancien de l'hindouisme, le Rigveda, a été écrit pendant la période védique entre 1700 et 1100 avant JC. Les premières versions des poèmes épiques du Ramayana et le Mahabharata ont été écrits entre 500 et 100 avant notre ère, bien que ceux-ci ont été transmis oralement pendant des siècles avant cette période. Après 200, les écoles de pensées hindoues ont été codifiées dans la philosophie indienne: Samkhya, Yoga, Nyaya, Vaisheshika, Purva-Mimamsa et Vedanta.

Naissance du bouddhisme[modifier | modifier le code]

Gautama Buddha est né au sein du clan Shakya, juste avant la prise de pouvoir des Magadha (546-324 avant notre ère). Sa famille était originaire de ce qui est aujourd'hui le sud du Népal. Le bouddhisme en Inde a atteint son apogée pendant l'Empire Maurya, sous le règne d'Ashoka, qui se convertit au bouddhisme et unifia le sous-continent au IIIe siècle avant JC. Ashoka envoya des missionnaires qui propagèrent le bouddhisme à travers l'Asie. Cependant, après la fin de l'empire Maurya le bouddhisme déclina et fut supplanté à nouveau par l'hindouisme.

Introduction du christianisme[modifier | modifier le code]

Le christianisme a été introduit en Inde dès le Ier siècle par Saint Thomas, l'un des douze apôtres de Jésus Christ. Le christianisme est la première religion étrangère en Inde, elle a été propagée aux Indiens après avoir été initialement prêchée à la diaspora juive du Kerala. Le christianisme en Inde compte aujourd'hui différentes dénominations, comme le catholicisme romain, le christianisme orthodoxe et le protestantisme.

Introduction de l'islam[modifier | modifier le code]

L'islam est présent en Inde dès le VIIe siècle, via des marchands arabes, mais il se développe surtout après la conquête musulmane du sous-continent, sous le Sultanat de Delhi (1206-1526) et l'Empire Moghol (1526-1858).

Naissance du sikhisme[modifier | modifier le code]

Le sikhisme est fondé par le Guru Nanak (1469-1539). Ses prédications s'adressaient à tous les êtres humains indépendamment de leur religion, de leur caste ou de leur sexe. Le livre saint du sikhisme, le Guru Granth Sahib, a d'abord été compilé par le cinquième gourou sikh, Guru Arjan, d'après les écrits des cinq premiers gourous et des saints d'autres religions. Avant la mort de Guru Gobind Singh, le Guru Granth Sahib a été déclarée comme gourou éternel.

Aspects[modifier | modifier le code]

La religion joue un rôle majeur dans le mode de vie indien. Les rituels, le culte et les autres activités religieuses sont très importantes dans la vie quotidienne d'un Indien, et la religion aussi un des principaux éléments de la vie sociale. Le degré de religiosité varie selon les individus; dans les dernières décennies, l'orthodoxie religieuse et les observances sont devenus moins fréquents dans la société indienne, en particulier chez les jeunes citadins.

La plupart des Indiens se livre à des rituels religieux quotidiennement, comme des pujas ou des bains rituels pour les hindous ou les cinq prières quotidiennes pour les musulmans. Les habitudes alimentaires sont aussi influencées par la religion: ainsi on estime qu'un tiers des Indiens sont végétariens, notamment les hindous et les jaïns, mais également certains sikhs. L'hindouisme interdit la consommation de bœuf et l'islam de porc.

Conflits religieux[modifier | modifier le code]

Les relations entre les religions hindouiste et musulmane ne sont pas toujours sereines :

  • en 1947, les heurts entre les deux communautés avaient fait des milliers de victimes ;
  • en 1992, la destruction de la mosquée de Babri dans la ville d'Ayodhya avait entraîné des émeutes faisant plus de 2000 morts dans tout le pays ;
  • en 2002, suite à l’incendie, le 27 février, d’un train ramenant des pèlerins hindous, des extrémistes musulmans sont accusés, 2000 musulmans seront ensuite massacrés dans l'État du Gujerat. L'enquête conclura que l'incendie fut accidentel[2].
  • Le 7 mars 2006, la ville sainte de Bénarès connaît un triple attentat, revendiqué par le Lashkar-e-Qadar[3] ;
  • en juin 2005, quatre personnes ont attaqué les gardes du site religieux d'Ayodhya ;
  • le 8 septembre 2006, l’explosion de trois bombes près de la mosquée de Malegaon, dans l'État du Maharashtra, fait 37 morts[3] ;
  • le 25 août 2007, plusieurs attentats à la bombe, attribués aux islamistes, frappent la ville d'Hyderabad, tuant au moins 43 personnes[4] ;
  • le 13 mai 2008, plusieurs attentats dans la ville de Jaipur font au moins 80 morts et 200 blessés[5]. Une bombe a explosé dans un temple hindou. À la fin du mois d'août 2008, des hindous s'en prennent aux chrétiens dans l'état d'Orissa, à l'est du pays : les violences font 38 morts; 25 églises sont incendiées; plusieurs milliers de chrétiens doivent quitter leur village[6].
  • Le 26 novembre 2008, c'est Bombay qui est touchée par une série d'attaques fait au moins 100 morts, et environ 300 blessés[7]. Ces attentats sont revendiqués par l'organisation islamiste des Moudjahidines du Deccan.

Dialogue inter-religieux[modifier | modifier le code]

Théoriciens et acteurs du dialogue[modifier | modifier le code]

Hindous

Musulmans

  • Ahmed Deedat
  • Zakir Naik

Chrétiens

Bouddhistes

Dialogue christianisme-hindouisme[modifier | modifier le code]

En 1950, Jules Monchanin, prêtre de Lyon, et Henri Le Saux, moine bénédictin breton, fondent un ashram au lieu dit Shantivanam (le bois de la paix), sur les rives du fleuve Kavéry. Ils vivent à la manière des renonçants hindous et adoptent des noms sanscrits. L’ashram est dédié au Saccidânanda, c'est-à-dire, selon les Upanishad, au Brahma : Être, Pensée, Béatitude. Les deux ermites préparent ainsi la venue d’une spiritualité authentiquement indienne de la sainte Trinité. En 1968, leur succède un moine bénédictin anglais, Bede Griffiths.

Dialogue islam-hindouisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Census of India
  2. [1]
  3. a et b Ingrid Therwath, « Les principaux attentats en Inde depuis 2001 », dans Courrier international du 27-08-2007, [lire en ligne]
  4. « Une série d'attentats font au moins 43 morts dans le sud de l'Inde », dans Le Monde du 25-08-2007, [lire en ligne]
  5. Julien Bouissou, « Des attentats font 80 morts à Jaipur, centre touristique indien », dans Le Monde du 15-05-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 14-05-2008
  6. Henri Tincq, « Nouvelles violences anti- chrétiennes dans l'est de l'Inde », dans Le Monde du 29-08-2008, [lire en ligne]
  7. "Plus de 100 morts et des otages occidentaux dans une série d'attaques à Bombay", dans Le Monde du 26-11-2008, [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dialogue hindou-chrétien[modifier | modifier le code]

Jésus-Christ tel qu’il a été reconnu par des Hindous

  • ANIMANANDA (B.), The Blade, Roy and Son, Calcutta, 1947. (Sur bhawami Charan Banerji (1861-1907). Membre du Brahmo Samaj puis de l’Église de la « Nouvelle Dispensation », il rejoint l’Église chrétienne anglicane et se fait « sannyasi catholique » sous le nom de Brahmabandhab Upahdhyaya.)
  • AKHILANANDA, The Hindu View of Christ, Philosophical Library, New-York, 1949. (Swami Akhilananda (1894-1962) diffusa aux États-Unis le message de Sri Ramakrishna.)
  • DUPUIS (J.), Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 (2ème édition) (L’auteur décrit notamment « les différentes façons dont le néo-hindouisme tend à interpréter Jésus-Christ […] : le Jésus des Béatitudes [Gandhi]; le Christ de la bhakti [K.C. Sen] ; le Christ de la philosophie néo-vedantine [S. Radhakrishnan] ; le Christ-avatara [Swami Akhilananda]; le christ yogi [M.C. Parekh] ; le Christ de la mystique d’advaita [Brahmabandhab Upadhyaya] »C'est le livre de référence en français.)
  • GANDHI (M.K.), The Message of Jesus Christ, Bharatiya Vidya Bhavan, Bombay, 1963. (Le Mahatma (1869-1948), libérateur de l’Inde, a été profondément influencé par le discours de Jésus dans l’Evangile de Saint Mathieu (ch.5, v.1-12)).
  • MAUPILIER (M.), Les mystiques hindous-chrétiens (1830-1967), OEIL, Paris, 1985.
  • PAREKH (M.C.), Brahmarsi Keshub Chunder Sen, Rajkot, 1953.
  • PAREKH (M.C.), A Hindu’s Portrait of Jesus, Rajkot, 1953. (M.C. Parekh vécut de 1885 à 1967)
  • Radhakrishnan (S.), Eastern Religions and Western Thoughts, Allen and Unwin, London, 1939. (S. Radhakrishnan (1888-1975), philosophe, devint président de la République Indienne (1962-1967).)
  • SAMARTHA (S.J.), The Hindu Response to the Unbound Christ, Christian Litterature Society, Madras, 1974. (Livre de référence en anglais sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis)
  • SCOTT (D.C.), Keshub Chunder Sen, Christian Literature Society, Madras, 1979.
  • SHILPP (P.A.) (ed.), The Philosophy of Sarvepalli Radhakrishnan, Tudor, New-york, 1952.
  • SEN (K.C.), Lectures in India, 2 vols., Cassel, London, 1901-1904. (Keshub Chunder Sen (1838-1884), membre éminent du Brahmo Samaj, fonda l’Église de la « Nouvelle Dispensation »)
  • STAFFNER (H.), The Significance of Jesus Christ in Asia, Gujarat Sahitya Prakash, Anand, 1985.
  • THOMAS (W.M.), The Aknowledged Christ of the Indian Renaissance, SCM Press, londres, 1969. (Livre de référence sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis)

Jésus-Christ : vers une théologie chrétienne indienne

  • DUPUIS (J.), « The Use of Non-Christian Scriptures in Christian Worship in India », dans « Culte et rituel dans le christianisme et les autres religions », Studia Missionalia, vol. 23 (1974), p. 127-143.
  • DUPUIS (J.), Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, Ed. du Cerf, Paris, 1999, p. 225-230 ; 578-579 (sur la christologie de Raimundo panikkar), p. 406-422 ; 439-440 ; 456-460 (sur une christologie indienne).
  • FALLON (M.), « Le culte des images », dans : SMET (R. de) et NEUNER (J.) [éd.], La quête de l’éternel. Approches chrétiennes de l’hindouisme, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, p. 199-213.
  • FEDOU (M.), Regards asiatiques sur le Christ, Desclée, Paris, 1998.
  • PARRINDER (G.), Avatar and Incarnation, Faber and Faber, Londres, 1971.
  • VEMPENY (I.), Krsna and Christ, Gujarat Sahitya Prakash, Anand, 1988.
  • PANIKKAR (R.), Le Christ et l’hindouisme, une présence cachée, Ed. du Centurion, Paris, 1972 (trad. de The Unknown Christ of Hinduism, Longman, Darton, and Todd, Londres, 1964.) (L’auteur est né d'une mère catalane et catholique et d'un père indien et hindou)
  • PANIKKAR (R.), Le dialogue intrareligieux, Aubier, Paris, 1985.
  • SMET (R.), Essai sur la pensée de Raimundo Panikkar. Une contribution indienne à la théologie des religions, Centre d’histoire des religions, Louvain-la-Neuve, 1981.

Dieu Trinité et la Mystique hindoue

  • ACHARUPARAMBIL (D.), « Misterio trinitario e induismo » dans : AMATO (A.) [éd.], Trinità in contesto, LAS, Rome, 1994, p. 199-211.
  • BARZEL (B.), Mystique de l’ineffable dans l’hindouisme et le christianisme : çankara et Eckhart, Ed. du Cerf, Paris, 1996.
  • BRÜCK (M. von), The Unity of Reality, God, God-Experience and Meditation in the Hindu-Christian Dialogue, Paulist Press, New York, 1991.
  • CLOONEY (F.X.), Theology after Vedanta. An Experiment in Comparative Theology, State university of New York Press, Albany, 1993
  • COWARD (H.) [éd.], Hindu-Christian Dialogue. Perspectives and Encounters, Orbis Book, Maryknoll, New York, 1990.
  • CUTTAT (J.-A.), Expérience chrétienne et spiritualité orientale, Desclée de Brouwer, Bruges, 1965.
  • DUPUIS (J.), Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, Ed. du Cerf, Paris, 1999, p. 406-422. (Thèmes : Expérience de l’« advaita » et conscience de Jésus ; « Saccidananda » et la Trinité ; Complémentarité ou convergence ?)
  • PANIKKAR (R.), La Trinité : Une expérience humaine primordiale, Cerf « Parole présente », 2003

Les Ermites du Saccidânanda : Le Saux et Monchanin puis Griffiths

  • DUPUIS (J.), Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 (2ème édition) (Des pages riches sur l’expérience d’Abhishiktananda qu’il a bien connu (p. 89-115))
  • GOZIER (A.), Le père Le Saux à la rencontre de l’hindouisme, Ed du Centurion, Paris, 1982.
  • GRIFFITHS (B.), Expérience chrétienne et mystique hindoue, Albin Michel, Paris, 1995
  • JACQUIN (Fr.), Jules Monchanin, prêtre, Ed. du Cerf, Paris, 1996.
  • KALLIATH (A.), The Word in the cave. The Experimental Journey oh Swami Abhishiktananda to the Point of Hindu-Christian Encounter, Intercultural publications, New Delhi, 1996.
  • LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], Sagesse hindoue, mystique chrétienne, Éditions du Centurion, Paris, 1966.
  • LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], La rencontre de l’hindouisme et du christianisme, Ed. du Seuil, Paris, 1966.
  • LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], La montée au fond du cœur. Le journal intime du moine chrétien-sannyasi hindou, OEIL, Paris, 1986.
  • LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], Intériorité et révélation : essais théologiques, Ed. Présence, Sisteron, 1982.
  • MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Mystique de l’Inde, mystère chrétien, Fayard, Paris, 1974, ou « Hermès », Fata Morgana, 1999)
  • MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Théologie et spiritualité missionnaire, Beauchesne, Paris, 1985.
  • MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Lettres au Père Le Saux, présenté par Fr. JACQUIN, Ed. du Cerf, 1995.
  • TEASDALE (W.R.), Toward a Christian Vedanta: The Encounter of Hinduism and Christianity according to Bede Griffiths, ATC, Bengalore, 1987.

Dialogue hindou-musulman[modifier | modifier le code]