Putsch de la Brasserie
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
|
Cette page est en cours de réécriture ou de restructuration importante. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)
Un utilisateur prévoit de modifier cet article pendant quelques jours. Vous êtes invité à en discuter en page de discussion et à participer à son amélioration de préférence en concertation pour des modifications de fond.
Bandeau apposé par Couthon (lui écrire) |
Le putsch de la Brasserie fut une tentative de prise du pouvoir par la force en Bavière par Adolf Hitler, dirigeant du NSDAP, dans la soirée du 8 novembre 1923 ; y participèrent notamment Hermann Göring, Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Julius Streicher. Soutenue par le général Erich Ludendorff, et acceptée dans un premier temps, par plusieurs dirigeants bavarois importants, comme Gustav von Kahr, Otto von Lossow et Hans Ritter von Seisser, elle se termina dans la confusion et par un échec total des putschistes. Condamné à cinq ans de prison dont il ne purgea que moins de quatorze mois à la prison de Landsberg, Adolf Hitler mit son incarcération à profit pour rédiger Mein Kampf. Si l'épisode est en lui-même mineur dans l'histoire de la République de Weimar, il devint l'un des mythes fondateurs du régime nazi, qui organisa sa commémoration annuelle et érigea le Blutfahne au rang de symbole.
Sommaire |
[modifier] Le contexte
[modifier] Le parti nazi
Depuis le 29 juillet 1921, Adolf Hitler est le dirigeant incontesté du parti nazi : « il n'était alors qu'un agitateur de brasserie : une célébrité locale assurément, mais à peine connue ailleurs[1] ». Son parti est doté d'une aide paramilitaire depuis 1920, la section de gymnastique et de sport, rebaptisée Sturmabteilung en octobre 1921, créée et commandée par Ernst Röhm[2] : à l'instar de nombreuses autres organisations paramilitaires de droite et de gauche, elle entretient une violence politique endémique dans les premières années de la République de Weimar, notamment illustrée par l'assassinat de Walther Rathenau[3]. Hitler ne dédaigne pas de participer aux actions de sa milice : à la suite d'une rixe destinée à empêcher la tenue d'une réunion du chef du Bayersbund, Otto Ballerstedt, le 14 septembre 1921[4], il est condamné, en janvier 1922, à trois mois de prison dont deux avec sursis, celui-ci étant subordonné à sa bonne conduite future[5].
De 1921 à 1923, Hitler renforce son parti, notamment avec l'arrivée de Julius Streicher, chef d'une importante organisation nationaliste en Franconie, d'Hermann Göring qui prend la direction de la SA en 1922, de diplomate qui dispose d'un vaste cercle de relations et d'Ernst Hanfstaengl, qui assure le financement du parti : les fonds recueillis par ce dernier permettent notamment d'intensifier la propagande nazie via le Völkischer Beobachter[6]. Par l'entremise de Rudolf Hess, Hitler est reçu par Erich Ludendorff en 1921, puis, grâce à Göring, noue des contacts, peu concluants, avec Hans von Seeckt et Otto von Lossow[7].
La marche sur Rome menée par Benito Mussolini le 28 octobre 1922, persuade Hitler qu'il pouvait accomplir pour l'Allemagne ce que Mussolini avait fait pour l'Italie[8]. Cette conviction est renforcée par l'élan nationaliste qui suit l'occupation de la Rhénanie et de la Rhur par les troupes françaises, en raison du retard pris par l'Allemagne pour payer les réparations prévues par le traité de Versailles ; cette occupation suscite une vague d'unité nationale, une politique de résistance passive impulsée par le gouvernement de Wilhelm Cuno[9], et génère de nombreux affrontements et attentats, comme ceux commis par Albert Leo Schlageter. Craignant que l'attitude du gouvernement et la protestation populaire ne lui coupent l'herbe sous le pied, Hitler rend les « criminels de novembre » responsables de l'invasion de la Ruhr et interdit à ses partisans de participer à une résistance active menée sous l'égide de l'unité nationale[10]. L'occupation de la Ruhr permet toutefois au parti nazi d'augmenter ses effectifs de 35 000 recrues de février à novembre 1923 et fait naître les premiers soupçons d'un putsch[11].
La crise économique et l'inflation galopante font elles aussi le lit du parti nazi[Note 1] : en janvier 1923, un dollar vaut 17 972 marks, en août 4 620 455, en septembre 98 860 000, en octobre 25 260 280 000 et en novembre 4 200 milliards[12]. En 1923, le parti nazi est l'élément le plus important du paysage politique bavarois, non en raison de son importance numérique[Note 2], mais pour sa nature et son potentiel, son rôle de catalyseur et de sa capacité à la radicalisation[13] ; il est le parti le plus dynamique, le mieux adapté à un mobilisation populaire[14]. Le parti nazi n'a toutefois pas encore des moyens à la hauteur de ses ambitions : à l'initiative d'Hitler, il tente, avec d'autres organisations nationalistes regroupées au sein de l' Arbeitsgemeinschaft, d'empêcher par la force le défilé des forces de gauche à l'occasion du premier mai à Munich. Cette tentative se solde par un pieux échec : les milices de l' Arbeitsgemeinschaft, encerclées par la police, ne peuvent effectuer aucune action[15].
[modifier] La radicalisation en Bavière
Afin de rétablir l'ordre, le nouveau gouvernement de la république, conduits par Gustav Stresemann, accepte d'exécuter les obligations imposées à l'Allemagne après la première guerre mondiale, ce qui constitue une trahison pour les nationalistes[16]. Afin d'éviter un soulèvement, le gouvernement bavarois nomme, le 26 septembre 1923[17] Gustav von Kahr commissaire général, qui est soutenu par le chef de l'armée bavaroise Otto von Lossow, et le chef de la police, Hans Ritter von Seisser, qui interdisent une série de réunions prévues par le parti nazi le 27 septembre 1923 afin de renverser le gouvernement de Berlin[16]. L'imbroglio entre autorités fédérales et régionales, entre décideurs politiques et militaires se poursuit : alors que Stresemann demande en vain au président Friedrich Ebert de proclamer l'état d'urgence[18], la Reichswehr en poste en Bavière sous le commandement du général Von Lossow refuse d'obéir aux ordres et soutient Von Kahr[19]. Lossow refuse également d'appliquer l'ordre d'interdire le Völkischer Beobachter, l'organe du parti national-socialiste[20]. Von Seeckt projette de mettre sur pieds une « dictature légale » pour pallier la crise, ce que Stresemann refuse. Il perd l'appui de l'armée, Seeckt lui annonce : « Monsieur le chancelier, on ne peut mener la lutte avec vous ; nous n'avez pas la confiance des troupes »[21].
Les 1e et 2 septembre 1923 à Nuremberg, Adolf Hitler participe, aux côtés de Erich Ludendorff, au Deutscher Tag, durant lequel défilent pendant plus de deux heures 100 000 paramilitaires nationalistes, dont de nombreux membres de la Reichsflagge d'Ernst Röhm ; à la suite de ce rassemblement le NSDAP, le Bund Oberland et la Reichsflagge sont regroupés, à l'initiative d'Ernst Röhm[22], au sein du Deutscher Kampfbund (Ligue de comabat allemande), dont la direction militaire est confiée à Hermann Kriebel, la gestion à Max Erwin von Scheubner-Richter et la direction politique à Hitler, ce qui ne lui donne que peu de pouvoir réel[23]. La rumeur d'une marche sur Berlin se répand le 3 novembre[24]. Von Seeckt fait part au ministre de l'Intérieur qu'il ne tentera aucune action contre l'armée bavaroise : « La Reichswehr ne tire pas sur la Reichswehr »[25].
D'octobre à début novembre s'engagent des négociations en tout sens, qui mènent à un véritable imbroglio. Les autorités bavaroises nouent des tractations avec les milieux et organisations nationalistes berlinoises, comme le Stahlhelm, afin de renverser le gouvernement fédéral[26], ce qui n'empêche pas le chef de celui-ci, Streseman, de chercher le soutien des dirigent bavarois[27]. Ces contacts ne débouchent sur aucun résultat.
Mi octobre, Hitler rencontre Lossow, qui lors d'une réunion d'officiers a sévèrement critiqué le mouvement nazi ; il le fait changer de position, Lossow déclarant peu après, lors d'une nouvelle réunion d'officiers que la Reichswehr soutiendrait les efforts nationalistes d'Hitler. Le 24 octobre, Hitler expose ses vues politiques à Seisser, pendant qu'à son insu, Lossow négocie avec les responsables militaires des organisations nationalistes. Le 25 octobre, Hitler et le Dr. Weber, responsable du groupe paramilitaire Oberland, ont un entrevue avec Seisser et Lossow : Hitler leur expose son projet de mettre en place un directoire, dont il fera partie aux côtés de Ludendorff, Lossow et Seisser, mais sans Kahr ; il affirme également qu'il sait qu'il ne peut rien entreprendre sans le soutien de la police et de l'armée. Ces pourparlers se poursuivent quelques jours, eux aussi sans résultat[28].
Le 6 novembre, Kahr, Lossw et Seisser organisent, en l'absence d'Hitler, une réunion avec les responsables du Kampfbund, qui regroupe les milices nationalistes : ils y affirment leur volonté d'empêcher par la force toute tentative de putsch en Bavière. Cette position est confirmée le 8, lors d'une rencontre entre Kahr et Ludendorff : le renversement du gouvernement doit venir de Berlin et non partir de Munich[29].
[modifier] Le putsch
[modifier] Les préparatifs
Craignant d'être lâché par les paramilitaires en cas d'inaction contre le gouvernement fédéral ou pris de vitesse par les nouvelles autorités bavaroises[30], Hitler maintient ses contacts avec le triumvirat bavarois ; mais, fort du soutien de Ludendorff, dont l'incontestable savoir-faire militaire s'accompagne d'une niaiserie politique sans bornes[31], il décide de tenter un coup de force à une date dictée par l'urgence mais aussi d'une portée symbolique : le 9 novembre, date anniversaire de la proclamation de la république en 1918[32].
Le putsch est préparé par Hitler les 6 et 7 novembre ; le 7 au matin, il rencontre Weber, Ludendorff, Göring, Max Erwin von Scheubner-Richter et Kriebel, responsable militaire du Kampfbund. Le putsch doit se produire à Munich, mais aussi dans les principales villes bavaroises, Regensburg, Augsburg, Ingolstadt, Nuremberg et Würtzburg : les groupes armés nationalistes doivent y prendre le contrôle des gares, du télégraphe, du téléphone et des stations de radio, des bâtiments publics et des commissariats ; les dirigeants socialistes et communistes et les responsables syndicaux doivent être immédiatement arrêtés[33]. À Munich, les putschistes disposent d'au maximum 4 000 hommes dont moins de la moitié proviennent du parti nazi ou de la SA : en face d'eux, 2 600 policiers et soldats, mieux organisés et mieux armés que les putschistes et disposant de réserves[34].
La préparation du putsch fait naître de nouvelles rumeurs sur une tentative de prise du pouvoir, après celles qui ont couru en août et septembre : si Lossow les prend au sérieux et donne l'ordre à ses officiers supérieurs de réprimer tout coup d'état, en mentionnant spécifiquement Hitler comme en étant l'instigateur, Seisser, confiant dans les assurances qui lui ont été données par Ludendorff, ne prend pas position et Kahr, persuadé qu'Hitler et Ludendorff n'entreprendront rien sans l'avertir au préalable, demande que les mesures de sécurité pour la réunion du 8 novembre à la Bürgerbräukeller soient aussi légères et discrètes que possible[35].
[modifier] À la Burgerbräukeller
Le soir du 8 novembre 1923, vers dix-neuf heures[36], Kahr, accompagné de Lossow et Seisser arrive à la Bürgerbräukeller, une brasserie de Munich[37] , [Note 3]. Conformément aux instructions de Kahr, le dispositif policier est léger : douze officiers de la police criminelle sont présents dans la salle, trente membres de la Hauptwache (police de réserve) assurent le maintien de l'ordre à l'extérieur, le gros des forces de police étant stationné à plusieurs centaines de mètres. La salle est rapidement comble et ses portes sont fermées vers dix-neuf heures quinze [38] : le public comporte de hauts représentants des autorités politiques, policières et militaires bavaroises et des membres issus de la bourgeoisie et des professions libérales. Peu après vingt heures, Hitler arrive devant la brasserie dont les alentours sont remplis de curieux. Surpris par cette affluence, Hitler demande aux policiers présents de faire évacuer les lieux : ceux-ci appellent des renforts, font dégager les abords de la salle, puis renvoient les renforts dans leur cantonnement. Les premiers camions chargés de membres de la SA arrivent vers vingt heures dix, suivis, vers vingt heures trente, par des membres de la Stosstruppe[39].
Peu de temps après le début du discours de Kahr, peu après vingt heures trente, et alors qu'il prononce la phrase « Même l'homme le plus énergique, même s'il possède les pouvoirs les plus étendus, ne peut pas sauver le peuple, s'il ne reçoit pas du peuple un appui actif, inspiré par l'esprit national », il est interrompu par un grand tumulte. Dirigé par Adolf Hitler, un pistolet à la main, un groupe d'hommes en armes fait irruption dans la salle et place une mitrailleuse en batterie à l'entrée de celle-ci. Après s'être difficilement frayé un chemin au sein de la foule compacte, Hitler et une poignée de ses hommes s'approchent de l'estrade, sur laquelle monte Hitler après avoir ramené le silence en tirant un coup de feu en l'air[Note 4]. Vers huit heures quarante-cinq, il adresse quelques mots au public : « La révolution nationale a éclaté. La salle est occupée par six cents hommes armés. Si le calme ne s'établit pas immédiatement, une mitrailleuse viendra sur la galerie. Le gouvernement bavarois est renversé, un gouvernement provisoire est formé ».
Hitler entraîne von Kahr, Lossow et Seissler dans une pièce attenante, réservée par Hess[40], et leur explique qu'il compte prendre la tête d'un nouveau gouvernement avec comme objectif une marche sur Berlin pour renverser le gouvernement fédéral dont il assume la direction et dont font partie Luddendorff (qui n'est pas encore arrivé à la brasserie) à la tête de l'armée, Lossow comme Ministre de la Reichswehr, Seisser comme ministre de la police, von Kahr se voyant attribué le poste de régent de Bavière. S'engagent alors, dans un climat de forte tension et sous la contraintes des discussions confuses au cours desquelles les membres du triumvirat bavarois tergiversent et cherchent à temporiser. Après quinze minutes de discussion, l'absence d'accord n'empêche pas Hitler de retourner dans la salle principale de la brasserie, où l'ordre est assuré par Hermann Göring, pour déclarer à la foule qu'un accord sera obtenu dans les dix minutes qui suivent[41], puis de retourner négocier. Pendant ce deuxième entretien, des cris Heil! Heil! s'entendent venant de la grande salle, et Ludendorff fait son entrée dans la pièce où se tiennent les négociations. Il proclame son soutien au projet d'Hitler : « il s'agit de la patrie et de la grande cause nationale du peuple allemand et je ne peux que vous conseiller : venez avec nous, faites la même chose[42] ». Tour à tour, Lossow, Seisser et Kahr acceptent. Hitler annoncer là la salle la formation du gouvernement où il les assure qu'ils auront des postes importants dans ce nouveau gouvernement, au sein duquel Ludendorff se chargera des forces armées. Les nouveaux acolytes remontent à la tribune et s'assurent de leur soutien mutuel : Hitler enflamme la salle en prononçant un violent réquisitoire contre les criminels de novembre[32]. Le discours d'Hitler et les brèves allocution de Kahr, Lossow et Seisser suscitent un tonnerre d'applaudissements et l'approbation générale du public [43]. Celui-ci est ensuite autorisé à quitter la salle, à l'exception d'un groupe d'otages, dont des membres du gouvernement et les principaux dirigeants de la police munichoise, arrêtés par Rudolf Hess, à la demande d'Hitler[44].
[modifier] En ville
Si tout se passe comme prévu à l'intérieur de la brasserie, l'impréparation des putschistes se fait sentir à l'extérieur. Wilhelm Frick, chef de la section politique de la préfecture de police , réussit à paralyser l'action des forces de police, déjà largement acquises à la cause nationale[45], et Ernst Röhm occupe le Wehrkreis (quartier général du district militaire) vers vingt-deux heures[46], mais ne pense à en contrôler le central téléphonique qu'une heure et demi après ce qui permet aux autorités légales d'appeler des renforts militaires de province[47].
Confiant dans le ralliement de la Reichswehr, des autorités et de la population à son coup d'état et à son projet de marche sur Berlin, Hitler néglige de faire occuper systématiquement les centraux téléphoniques, les gares, les ministères et les casernes, qui restent donc sous le contrôle des autorités bavaroises[48].
Alors qu'Hitler se rend en ville pour y suivre le déroulement des opérations, Ludendorff autorise Kahr, Lossow et Seisser à rentrer chez eux. Ceux-ci en profitent pour renier leur soutien au putsch, obtenu selon eux sous la contrainte, et prennent contact avec l'armée, la police et les médias pour contrer l'action d'Hitler[32].
L'action des putschistes en ville est particulièrement confuse et mal organisée : le 3e bataillon du régiment SA de Munich se procure 3 000 fusils caché dans le monastère de la place Sainte-Anne, puis ne prend plus part à aucune action, à l'exception de l'un de ses pelotons.[49]. L'une des organisations participant au putsch, le groupe Oberland, échoue à investir la caserne du 19e régiment d'infanterie et à s'y emparer d'armes[50] et connait le même échec à la caserne du génie. Dans la nuit, et après son succès au Wehrkreiskommando, Röhm tente en vain de s'emparer du quartier général de la ville.[51]. Si la majorité des élèves de l'école d'infanterie se rallient au putsch, tel n'est pas la cas de la 7e division d'infanterie[52].
Réfugiés dans la caserne d'infanterie qui était l'objectif du groupe Oberland, Kahr, Lossow et Seisser envoient, peu avant trois heures du matin, un message de la Reichswehr à toutes les stations de radio allemandes désavouant la tentative de putsch ; von Lossow donne également des ordres à différentes unités de l'armée bavaroise de marcher sur Munich pour écraser le coup d'état[53]. Lorsque Gustav Stresemann prend connaissance des événements, il les condamne immédiatement[54] et déclare que toute aide aux putschistes est un acte de haute trahison.
[modifier] La marche sur la Feldherrnhalle et l'échec final
Le 9 novembre 1923, il est clair que les forces armées et la police sont restées loyales au régime légal[55] ; quant aux projets et tentatives de coup de force dans le reste de la Bavière, ils n'ont soit pas vu le jour, soit rapidement échoué[56].
En fin de matinée, Hitler et Ludendorff, perusadés que la Reichswehr ne tirera jamais sur le stratège de la première guerre mondiale[57] rassemblent 2 000 putschistes. Avec Hitler et Ludendorff à l'avant, les manisfestants s'avancent à douez de front, avec, en tête, les membres de la Stosstruppe, des SA et d'Oberland, suivis par des étudiants de l'école d'infanterie et les membres du corps de cavalerie de la SA, qui n'on jamais rçu d'ordre depuis le début de putsch[58]. Le défilé débute sous les acclamations de la foule, et passe sans encombre un premier barrage de police sur le Ludwigsbrücke surplombant l'Isar[59]. Peu après douze heures trente, à l'approche de la Feldherrnhalle, les manifestants sont confrontés à un deuxième cordon de police : dans des circonstances particulièrement confuses[Note 5], un échange de coups de feu éclate et les manifestants se débandent[60]. Göring est grièvement blessé à la jambe, Max Erwin von Scheubner-Richter tué et Hitler a l'épaule démise. On dénombre quatre victimes parmi les policiers et seize morts chez les putschistes dont seulement cinq membres de la Stosstrupp, la garde rapprochée du Führer, la future SS. C'est de cet épisode nait le mythe du leBlutfahne, drapeau qui aurait été taché par le sang de Ulrich Graf[Note 6], un des gardes du corps de Hitler lui aurait servi de bouclier, arrêtant de son corps les balles qui n'auraient pas manqué de tuer le Führer. La police arrête immédiatement, entre autres, Ludendorff et Streicher, alors que Göring parvient s'échapper. Hitler qui s'est enfui dès les premiers coups de feu[61], est arrêté le 11 novembre[32] dans la maison de campagne de Ernst Hanfstaengl, où il s'est réfugié .
Encerclé par la Reichswehr, dont des éléments sont arrivés d'Augsbourg, dans le bâtiment du commandement de la région militaire, Rhöm exige du général von Epp et du général von Danner, qui exigent sa reddition, un ordre de Luddendorf. Après avoir appris l'échec de la marche sur la Feldherrhalle et l'arrestation de Ludendorff, il accepte la demande de von Danner, qui lui propose que ses hommes puissent quitter la place avec les honneurs militaires ; désarmés, les putschistes quittent le bâtiment et seul Röhm est immédiatement arrêté[62].
Si le putsch est un échec total, Hitler « saura tirer les meilleurs enseignement de cette lamentable aventure. Il évitera à l'avenir de se donner une allure de putschiste et s'emploiera plutôt à mettre dans son jeu les puissances dirigeantes traditionnelles[63]. »
[modifier] Le procès
Le procès des dirigeants putschistes[64],[Note 7], accusés de haute trahison contre le gouvernement se déroule du 26 février au 1er avril 1924, en partie à huis-clos. Tant les juges que les procureurs manifestent une évidente sympathie à l'égard des accusés et déploient tous leurs efforts pour ne pas impliquer Ludendorff, le président du tribunal, Neithardt estimant qu'il est le seul atout de l'Allemagne ; des témoins essentiels ne sont pas invités à déposer et des pièces fondamentales ne sont pas produites. Ce climat permet à Hitler de transformer le procès en une opération de propagande et d'y prononcer de véritables discours politiques[65] ; « s'il s'est montré piteux face à la police, il [Hitler] révèle lors de son procès son écrasante supériorité oratoire ».
Hitler revendique sa totale responsabilité dans la tentative de coup d'état.
« Je ne suis pas venu au tribunal pour nier quoi que ce soit ou éviter mes responsabilités. [...] [Ce putsch] Je l'ai porté seul. En dernière analyse, je suis le seul à l'avoir souhaité. Les autres accusés n'ont collaboré avec moi qu'à la fin. Je suis convaincu que je n'ai rien souhaité de mal. Je porte les responsabilités pour toutes les conséquences. Mais je dois dire que je ne suis pas un criminel et que je ne me sens pas comme tel, bien au contraire »
— Adolf Hitler lors de son procès[66].
Les peines prononcées sont particulièrement mineures : Hitler, Pöhner, préfet de police, Kriebel et Weber sont condamnés à cinq ans de forteresse, avec déduction de leurs six mois de détention préventive ; les autres accusés, dont Ernst Röhm sont condamnés à des peines tellement légères qu'elles sont absorbées par leur détention préventive : il sont libérés sur parole à l'issue du procès. Ludendorff est acquitté.
Hitler sort de prison le 20 décembre 1924, mais reste interdit de parole en public.
[modifier] Les conséquences
Suite à la tentative de putsch, le NSDAP est interdit dès le 9 novembre, interdiction levée en avril 1925.
L'une des conséquences de la tentative de putsch est un changement de stratégie d'Adolf Hitler. Selon Georges Goriely, dans les années qui suivent, il évite de se donner une allure de putschiste et s'emploie plutôt à mettre dans son jeu les puissances traditionnelles[67]. Cette analyse est partagée par Robert O. Paxton : « le putsch manqué de la brasserie[Note 8] fut écrasé si ignominieusement par les patrons conservateurs de Bavière que Hitler se jura de ne plus jamais tenter de s'emparer du pouvoir par la force. Cela signifiait que les nazis allient devoir respecter, au moins superficiellement, la légalité constitutionnelle, même s'ils n'allaient jamais abandonner les violences ciblées qui étaient un élément central de leur pouvoir d'attraction, ni les allusions aux objectifs plus vastes qu'ils comptaient poursuivre une fois au pouvoir[68] ».
Il profite de son emprisonnement pour écrire Mein Kampf, dont il dédie le premier tome à ses compagnons tombés le 9 novembre.
[modifier] La commémoration
Après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, la propagande national-socialiste s'est appliquée à donner au Putsch une dimension héroïque. À partir de 1933 se déroulent chaque année à Munich des commémorations à la mémoire des victimes (dont Max Erwin von Scheubner-Richter) qui deviennent de véritables martyrs de l'Allemagne et du mouvement : « Notre mouvement est né de toute cette détresse, et il a donc dû prendre des décisions difficiles dès les premiers jours. Et l'une de ces décisions a été la décision de mener la révolte des 8 et 9 novembre 1923. Cette décision a échoué en apparence à l'époque, seulement, c'est du sort des victimes que le salut de l'Allemagne a pu venir »[69].
Hitler a dédié aux seize victimes de son parti (il les appelle les Blutzeuge, littéralement témoins de sang) le premier volume de son livre Mein Kampf. La médaille que le Führer décernera à tous ceux qui ont participé au Putsch, le Blutorden, sera la plus haute distinction du NSDAP. S'installe tout un mythe autour du Putsch. Le Blutfahne, littéralement drapeau du sang, qui désigne le drapeau porté par Andreas Bauriedl lors de la marche des putschistes est élevé au rang d'objet de culte. À partir de 1926, il est glorifié lors des congrès du parti et est utilisé pour consacrer les drapeaux du parti et les fanions de la SS. Jakob Grimminger qui avait participé au Putsch est le porteur officiel du Blutfahne[70]. « Elles [les victimes] deviennent le noyau d'un mythe qui joue un rôle significatif dans l'arrivée du parti [nazi] au pouvoir. A travers elles, un échec ignominieux est transformé en un glorieux défi à la tyrannie[71]. »
À Munich, sur la Königsplatz, Hitler fait ériger deux mausolées pour les seize putschistes tués. Leurs restes y sont transférés. Avec l'arrivée des troupes américaines, les deux constructions sont dynamitées. Il n'en reste plus que les socles aujourd'hui. Sur la Feldherrnhalle, Hitler fait poser une plaque devant laquelle est postée une sentinelle. Les passants doivent saluer la plaque du salut hitlérien à leur passage. La plaque est retirée en 1945. Depuis 1993, une autre plaque rappelle la mémoire des policiers tués.
Lors des commémorations, deux attentats contre le Führer se sont produits. Le premier a été commis le 9 novembre 1938 par le Suisse Maurice Bavaud lors de la marche du souvenir vers la Feldherrnhalle et le second un an plus tard par l'ouvrier Georg Elser dans la Bürgerbräukeller.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Sources
- Joseph Goebbels, Journal (1923-1933), Tallandier, Paris, 2006.
- Adolf Hitler, Mein Kampf, Les Nouvelles Éditions latines, 1934.
[modifier] Bibliographie
- Christian Baechler, L'Allemagne de Weimar, 1919-1939, Fayard, Paris, 2007, 483 p. (ISBN 978-2-213-63347-3)
- André Beucler, L'ascension d'Hitler. Du village autrichien au coup d'état de Munich, Paris, Éditions nationales, 1937.
- Georges Bonnin, Le putsch d'Hitler à Munich en 1923, Bonnin éditeur, Les Sables-d'Olonne, 1966, 230 p.
- (de) John Dornberg, Der Hitlerputsch. 9 November 1923, Langen Müller, 1998.
- Richard J. Evans, Le troisième Reich : L'avènement, Flammarion Lettres, coll. « Au fil de l'histoire », 2009, 800 p. (ISBN 978-2082101110)
- Joachim Fest, Hitler jeunesse et conquête du pouvoir, Gallimard, Paris, 1974.
- (en) Harold J. Gordon, Hitler and the Beer Hall Putsch, Princeton University Press, Princeton, 1972, 666 p. (ISBN 0-691-05189-5)
- Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, Éditions Complexe, coll. « La mémoire du sièce », Bruxelles, 1985
- Ian Kershaw, Hitler, tome 1, 1889-1936, Flammarion, Paris, 1999 (ISBN 978-2082125284)
- Ian Kershaw, Hitler : Essai sur le charisme en politique, Folio Histoire, 2001, (ISBN 978-2070419081)
- Ian Kershaw, Le Mythe Hitler, Flammarion, Paris, 1987.
- Lionel Richard, D’où vient Adolf Hitler ?, Autrement, 2000, (ISBN 978-2862609997)
- (de) Georg Franz-Willing, Putsch und Verbotszeit der Hitlerbewegung, November 1923 - Februar 1925, Preußisch Oldendorf: Schütz, 1977
[modifier] Notes et références
[modifier] Notes
- ↑ Elles suscitent également des insurrections menées par les communistes en Thuringe ou en Saxe, I. Kershaw, op. cit., p. 305
- ↑ D'après un rapport de police, il compte cependant, à l'été 1923, 35 000 membres à Munich et 150 000 pour l'ensemble de la Bavière ; à titre ce comparaison, la Bund Bayern und Reich dispose de 60 000 membres, nettement mieux formés militairement que ceux du parti nazi, H. Gordon, op. cit., p. 64 et 110
- ↑ Si le rapport de Lossow est considéré comme fiable par Bonnin en ce qui concerne les faits, il doit être manié avec une grande prudence lorsqu'il évoque l'attitude de son auteur et celle de von Kahr et Seisser
- ↑ Il n'est pas certain qu'Hitler ait été l'auteur du coup de feu, qui a peut-être été tiré par un des membres de son entourage
- ↑ . Si tous les auteurs s'accordent sur le fait que la fusillade a été déclenchée par un premier coup de feu isolé, ni le camp auquel appartenait le tireur, ni son identité ne sont établis avec certitude
- ↑ La question de savoir qui a protégé le Führer et taché le drapeau de son sang a fait par la suite l'objet d'âpres débats au sein du parti nazi
- ↑ Trois autres procès furent organisés contre des membres de la Stosstrup Hitler qui avaient attaqué le Münchener Post, des participants au putsch ayant volé des billets de banque et les responsables d'un vol d'armes au monastère Sainte-Anne, cf. Gordon, op. cit., p. 475
- ↑ ou pour Paxton, « la conspiration de l'escalier de service »
[modifier] Références
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Hitler-Ludendorff-Putsch ».
- ↑ Ian Kershaw, Hitler. 1889-1936, Paris, Flammarion, 2001, p. 260
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 265
- ↑ Richard J. Evans, Le troisième Reich. L'avènement, Paris, Flammarion, 2009, p. 236—239
- ↑ R. Evans, Le troisième Reich, p. 236
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 269
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 249, 273, 288
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 295-296
- ↑ R. Evans, Le troisième Reich, p. 240—242
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 291
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 293
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 290
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 304
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, Princeton, Princeton University Press, 1972, p. 49
- ↑ Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, Bruxelles, Éditions Complexe, 1982, p. 52
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 194-205
- ↑ a b Richard J. Evans, Le troisième Reich, p. 249—250
- ↑ I. Kershaw, Hitler, 1889-1936, p. 306
- ↑ (de)Felix Hirsch, Gustav Stresemann 1878/1978, Berlin Verlag, Berlin, 1978, p. 49
- ↑ F. Hirsch, op. cit., p.49.
- ↑ Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, Paris, Fayard, 1962, p. 19
- ↑ Christian Baechler, L'Allemagne de Weimar, 1919-1939, Paris, Fayard, 2007, p. 411-412
- ↑ R. Evans, Le troisième Reich, p. 247
- ↑ I. Kershaw., Hitler, 1889-1936, p. 302-303
- ↑ C. Baechler, L'Allemagne de Weimar, 1919-1939, p. 414
- ↑ C. Baechler, L'Allemagne de Weimar, 1919-1939, p. 415
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 246-251
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 258
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 252-255
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 255-258
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch,, p. 243-244
- ↑ Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, p. 52
- ↑ a b c d R. Evans, op. cit., p. 250-251
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 259-260
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 270-273
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 274-275
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 282
- ↑ Cette section est basée, sauf mention contraire, sur Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, Les Sables-d'Olonne, Georges Bonnin éditeur, 1966, p. 91-98, dont le récit se fonde sur le rapport rédigé par Lossow pour les autorités bavaroises en décembre 1923
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 282-283
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 283-284
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 286
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 287
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 95
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 289
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 290
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 98-102
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 124
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 294
- ↑ Joachim Fest, Hitler jeunesse et conquête du pouvoir, Gallimard, Paris, 1974, p. 224
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 292
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 102-106
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 294
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 302
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 95
- ↑ C. Baechler, L'Allemagne de Weimar, 1919-1939, p. 415
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 365
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 366-388
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 351
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 353
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 113-124
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 113-124
- ↑ Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, p. 53
- ↑ Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 124-127
- ↑ Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, p. 53
- ↑ Sauf mention contraire, la présente section est fondée sur H. Gordon, op. cit., p.479-485
- ↑ voir notamment, Georges Bonnin, Le putsch de Hitler à Munich en 1923, p. 148-162
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 482
- ↑ Georges Goriely, 1933. Hitler prend le pouvoir, p. 53
- ↑ Robert O. Paxton, Le fascisme en action, Paris, Seuil, 2004, p. 158 (ISBN 2020591928)
- ↑ (de)« Aus dieser ganzen Not ist unsere Bewegung entstanden, und sie hat daher auch schwere Entschlüsse fassen müssen vom ersten Tage an. Und einer dieser Entschlüsse war der Entschluss zur Revolte vom 8./9. November 1923. Dieser Entschluss ist damals scheinbar misslungen, allein, aus den Opfern ist doch erst recht die Rettung Deutschlands gekommen. » Discours d'Adolf Hitler du 9 novembre 1939 dans Bürgerbräukeller, cité dans : Philipp Bouhler: Der großdeutsche Freiheitskampf - Reden Adolf Hitlers vom 1. September 1939 bis 10. März 1940, Zentral-Verlag der NSDAP, Munich, 1940.
- ↑ (en)Brian L. Davis / Malcolm McGregor, Flags of the Third Reich Party and Police Units, Osprey Publishing, 1994, p.4.
- ↑ Harold J. Gordon Jr., Hitler and the Beer Hall Putsch, p. 365

