Rénovation nationale (Chili)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rénovation nationale.
Rénovation nationale
Renovación Nacional
Image illustrative de l'article Rénovation nationale (Chili)
Logo officiel
Présentation
Président Carlos Larraín Peña
Fondation 29 avril 1987
Siège Providencia, Santiago du Chili
Coalition Coalition pour le changement
Sénateurs
6 / 38
Députés
16 / 120
Idéologie Conservatisme
Libéral-conservatisme
Libéralisme classique
Affiliation internationale Union démocrate internationale
Couleurs Bleu et rouge
Site web www.rn.cl
Politique au Chili
Image illustrative de l'article Rénovation nationale (Chili)

Rénovation nationale (Renovación Nacional - RN) est un parti politique chilien de centre-droit, membre de l'Alliance pour le Chili, de l'Union démocratique internationale et de l'Union des partis latino-américains.

Partisan du libéralisme économique et d'une république décentralisée et laïque, RN est présidé par Carlos Larraín, successeur de Sergio Diez. Ses principaux représentants sont Sebastián Piñera, ancien sénateur et candidat à la présidence chilienne en 2005 et Andrés Allamand, cofondateur du parti.

Sebastián Piñera a été le candidat de Rénovation nationale, à l'Élection présidentielle chilienne de 2005. Qualifié pour le second tour du 15 janvier 2006, au détriment de son concurrent de l'Union démocrate indépendante, membre également de l'Alliance pour le Chili, il a ensuite été battu par Michelle Bachelet, candidate sociale-démocrate de la coalition de centre-gauche. Sebastián Piñera a été élu président en janvier 2010, face au centriste Eduardo Frei Ruiz-Tagle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Andrés Allamand, cofondateur du parti en 1987

Rénovation nationale est fondée le 29 avril 1987 par 351 militants issus de mouvements politiques conservateurs ou démocrate-chrétiens comme le Mouvement de l'union nationale (Movimiento de Unión Nacional), l'Union démocrate indépendante (UDI), le front national du travail (Frente Nacional del Trabajo) et par d'anciens militants ou élus du Parti national et du Parti démocrate-chrétien du Chili qui avaient soutenu et collaboré à la dictature militaire d'Augusto Pinochet.

Rénovation nationale est la continuité des partis les plus anciens de l’histoire du Chili. Il est principalement le successeur du Parti national auxquels s'ajoutent plusieurs adeptes du centre-droit démocratique. Contrairement à l'UDI qui sera son concurrent, RN est composée de plusieurs tendances politiques du centre droite à la droite libérale. Si RN cherche à se démarquer du général Pinochet et des abus de son régime, il veut valoriser son héritage économique et politique. Mais contrairement à la Démocratie chrétienne, qui fut alliée du Parti national durant la période 1972-1973, la RN maintient son appui au renversement du gouvernement de Salvador Allende qui était, selon elle, pleinement justifié par le contexte de l'époque et la très forte polarisation de la période 1970-1973[1].

Renovación Nacional fut à l'époque le premier nouveau parti politique constitué au Chili à la suite de la levée de l'interdiction des partis politiques par la dictature. Dirigé par Andrés Allamand et Ricardo Rivadenerira, avocat du conseil de défense de l'État, le parti compta plus de 60 000 membres à la fin de l'année 1987 en dépit de la défection des ultra-conservateurs de l'UDI. Favorable à une transition en douceur vers la démocratie, RN n'adopte pas de position consensuelle lors du référendum sur la prorogation des pouvoirs à Augusto Pinochet. Certains comme Piñera font campagne contre le maintien de Pinochet au pouvoir estimant que le pays est prêt pour une transition pacifique rapide à la démocratie alors que d'autres estiment que celle-ci sera tout autant possible avec son maintien au pouvoir.

À partir de 1988, la RN met fortement l’accent sur la transition démocratique, "sur la rencontre entre Chiliens et sur la double consolidation du système démocratique et du modèle socioéconomique hérité du régime militaire"[1]. La réalité des gouvernements de la Concertation à partir de 1990 représente le triomphe du discours de Rénovation nationale qui, de fait, n'hésite pas sporadiquement à passer des accords avec ses adversaires du centre-gauche, notamment durant la période où celui-ci est dominé par le parti démocrate-chrétien.

Membre de l'Alliance pour le Chili, le candidat de RN, Sebastián Piñera, s'est imposé avec 25,41 % des voix face à celui de l'UDI, Joaquín Lavín (23,22 %), lors de l'élection présidentielle de 2006 avant d'être battu au second tour par Michelle Bachelet, candidate de la Concertation des partis pour la démocratie.

Doctrine[modifier | modifier le code]

La RN est un parti classique de la droite libérale. Partisan du libéralisme économique et de la "stimulation de la liberté individuelle", l’entreprise privée est, selon son programme, "le pilier de base irremplaçable dans une société libre pour le développement économique et social, [car] son initiative, son dynamisme et sa capacité de création favorisent le progrès". Son discours sur la femme est moins « maternaliste » que celui de l’UDI[1].

Rénovation nationale est sociologiquement le parti des milieux d’affaires et de l’élite économique du pays[réf. nécessaire]. Oscillant entre 14 % et 18 % des votes, son discours pénètre par conséquent moins que celui de l’UDI dans les classes les plus populaires. Autrefois partenaire dominant de la coalition de droite pendant la transition démocratique, la RN est devenu le partenaire mineur de l’UDI jusqu'en 2005, année où Sebastián Piñera, qui avait voté No en 1988, coiffe au poteau Joaquim Lavin (UDI) lors du premier tour de l'élection présdidentielle. Situé à l'aile gauche de RN, Piñera est l'un des hommes les plus riches et puissants du Chili, combinant les pouvoirs économique, médiatique et politique. Cherchant ostensiblement à transgresser les frontières politiques établies depuis 1988, en allant chercher les voix du centre et des Démocrates-chrétiens[1].

Résultats électoraux de RN[modifier | modifier le code]

Députés[modifier | modifier le code]

Année (nombre total de députés) Nombre de députés Nombre de voix obtenus Pourcentage des suffrages
1989 (120) 29 1.242.432 18,28
1993 (120) 29 1.098.852 16,31
1997 (120) 23 971.903 16,77
2001 (120) 18 845.865 13,77
2005 (120) 19 920.524 14,12

Présidents[modifier | modifier le code]

Nom Période Observations
Ricardo Rivadeneira 1987 Ancien avocat du conseil de défense de l'État
Sergio Onofre Jarpa 1987-1990 Ancien président du Parti national de 1970 à 1973 et ministre de l'intérieur de 1983 à 1985. il sera sénateur pour la 7ème région de Maule de 1990 à 1994.
Andrés Allamand 1990-1999 cofondateur de RN député (1994-1998) et sénateur (2006-2014)
Alberto Espina 1999 Ancien député (1990-1994;1994-1998;1998-2002) et sénateur (2002-2010)
Alberto Cardemil 1999-2001 député de 1993 à 2005
Sebastián Piñera 2001-2004 Sénateur (1990-1998) et président de la République depuis 2010
Sergio Diez 2004-2006 Ancien sénateur (1994-2002)
Carlos Larraín 2006-actuel Conseiller municipal et ancien maire de Las Condes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pierre Ostiguy, La transformation de système des partis politiques chiliens, Politique et société, vol.24, p109-146

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :