Lou Castel

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Lou Castel

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Dans Les Poings dans les poches (1965)

Nom de naissance Ulv Quarzéll
Naissance 28 mai 1943 (71 ans)
Bogota (Colombie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne (naturalisé)
Profession Acteur

Lou Castel, de son vrai nom Ulv Quarzéll[1], est un acteur suédois naturalisé italien[2], né le 28 mai 1943 à Bogota (Colombie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Cosmopolite

Né d'un père suédois expatrié en Colombie et d'une mère irlandaise, il connaît une éducation cosmopolite : né à Bogota, il grandit en Jamaïque, à New York et à Stockholm. Il est apparu dans quantité de films (plus de 80) de nationalités, genres et budgets variés. Au cours de sa longue carrière il a joué tant en Italie qu'en Allemagne et en France.

Provocateur

C'est Luchino Visconti qui le fait débuter dans l'Italie des années 1960 mais c'est Marco Bellocchio qui le sacre star aussitôt après avec Les Poings dans les poches ; son rôle de bourgeois névrosé qui massacre sa famille marque durablement ses rôles au cinéma, puisqu'on en trouve des résurgences jusqu'à ses interprétations des années 1990, dans La Naissance de l'amour de Philippe Garrel et Irma Vep d'Olivier Assayas notamment. Par la suite, il choisit souvent des rôles sombres et torturés, parfois très négatifs. S'il incarne François d'Assise dès son deuxième film en vedette, dans les années 1970 on le voit dans des personnages d'inquiétants terroristes d'extrême gauche, dans plusieurs films tels que Nada ou Le Pont de Cassandra. Il retrouve d'ailleurs cet emploi en 1991 dans Year of the Gun et c'est ainsi qu'il frappe le plus le public.

Séduisant et inquiétant

Dans les années 1960, Lou Castel est employé de manière éclectique, alternant dans le cinéma italien films d'art et d'essai et films populaires. On le voit ainsi dans plusieurs westerns italiens : El Chuncho de Damiano Damiani et Tue et fais ta prière de Carlo Lizzani, sur lesquels il croise Klaus Kinski et Pier Paolo Pasolini. Il prête ensuite son physique au terrible César Borgia, a pour partenaires féminines Sylva Koscina et Carroll Baker, pour rivaux à l'écran Jean Sorel et Claude Rich, de parfaits jeunes premiers.

Au cours des années 1970 et 1980 il collabore à des films réalisés par des cinéastes de renom, comme Pasquale Festa Campanile et Mario Monicelli, Rainer Werner Fassbinder (Prenez garde a la sainte putain), les Français Claude Chabrol (Nada) et Jean-Charles Tacchella, Wim Wenders (L'Ami américain, La Lettre écarlate), Raoul Ruiz (L'Île au trésor), Michael Haneke, mais le ton général de ces films les plus connus est le plus souvent dramatique.

Confidentiel

Au cours de sa carrière, Lou Castel fréquente des univers très variés dans des films qui ont souvent effectué un parcours discret. Dans ses mémoires pourraient apparaître Farley Granger et Vittorio Gassman, Delphine Seyrig et Anita Ekberg, Victoria Abril et Lucia Bosé, Alida Valli, Joe Dalessandro et Jean-Pierre Léaud, plus récemment Isabelle Huppert et Faye Dunaway...

Il retrouve Marco Bellocchio en 1982 pour Les Yeux, la bouche (Gli occhi, la bocca), avant d'entamer sa collaboration avec Philippe Garrel dans Elle a passé tant d'heures sous les sunlights. Il oriente ensuite essentiellement sa carrière vers le cinéma d'auteur français. On le retrouve alors chez Siegfried dans Louise (take 2), Emmanuelle Bercot dans Clément ou Bertrand Bonello dans Tiresia.

Marginal

En 1984, dans un entretien accordé à Fabienne Pascaud pour Télérama (numéro 1816, 31 octobre) et intitulé "Les errances de Castel", l'auteur démarrait son article avec cette citation de Les Yeux, la bouche : "Les metteurs en scène ne m'appellent plus parce que je suis devenu trop gros." La journaliste décrit sa "mine renfrognée d'adolescent à problème sur laquelle le temps trop vite était passé" et continue sa description (qui ne correspond en rien à celle d'un acteur de Hollywood) : "La Longue veste blanche (...) est couverte de taches, comme exprès". Elle évoque une galerie de personnages tardifs : "l'enfant du placard" de Benoît Jacquot, le "rôdeur bizarre" dans L'Ami américain, "l'amoureux fou et secret" de Violanta.

Castel confie dans le même article que ses "activités politiques d'extrême gauche" (qui lui ont valu d'être expulsé d'Italie en 1972) "ont dérangé sa carrière". Il s'affirme comme une conscience nécessaire dans ce milieu, entre "illusions perdues" et "violence souterraine", "comédien-poète, à la présence animale et mystérieuse" s'enthousiasme Fabienne Pascaud.

En 2005 Lou Castel interprète Jean-Jacques Rousseau dans Étoile violette. Puis il tourne aux côtés de Luis Rego dans le premier film du cinéaste expérimental Joseph Morder, El cantor.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lou Castel - Biographie
  2. Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : les acteurs