Guillaume le Maréchal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir son fils Guillaume le Maréchal (2e comte de Pembroke)

Guillaume le Maréchal (William Marshal en anglais) (vers 11451219, Caversham), 1er comte de Pembroke, est un chevalier anglais et un tournoyeur réputé. Il est surnommé « le meilleur chevalier du monde ». Sa vie a donné lieu à une célèbre biographie de l'historien Georges Duby, centrée sur sa loyauté à l'égard de ses suzerains ennemis, les rois d'Angleterre et de France.

Gisant de Guillaume le Maréchal en l'Église du Temple à Londres, Grand-Bretagne

Biographie[modifier | modifier le code]

Chevalier anglo-normand, il est le fils né en Angleterre de Jean le Maréchal et de Sybille de Salisbury, sa seconde épouse. Le surnom de Maréchal remonte à son grand-père Gilbert le Maréchal, maréchal de la cour du roi Henri Ier Beauclerc, charge familiale héréditaire.

Guillaume fait son apprentissage en Normandie avec Guillaume de Tancarville, qui est le cousin de sa mère, chambellan d'Angleterre, les Tancarville assurant la charge héréditaire de chambellans en chef du duc de Normandie. Il entre ensuite au service de Patrice de Salisbury, son oncle maternel. Il se fait remarquer en défendant vaillamment Aliénor d'Aquitaine dont le convoi, qu'il escortait, fut attaqué par le seigneur de Lusignan. Son oncle meurt au cours de l'affrontement.

Guillaume le Maréchal est chargé de l'éducation du roi Henri le Jeune († 1183). En 1173-1174, il le suit dans la révolte de celui-ci contre son père Henri II d'Angleterre. Pendant plusieurs années, il mène une bande de chevaliers réunis autour du jeune roi de tournoi en tournoi dans le Nord de la France actuelle. À la mort de ce dernier, il escorte son corps à Rouen ou il va être enterré en la cathédrale Notre-Dame. Puis il part deux ans en croisade. Il rejoint alors l'ordre du Temple, dans un engagement devenu réalité à sa mort. Il est de retour en 1187, quelque temps avant la défaite de Hattin. Bien qu'il n'existe aucun document d'époque en référence à cette période, les techniques de construction des châteaux employées par Guillaume le Maréchal principalement à Pembroke[1] montrent qu'elles ont été inspirées par ce qu'il a observé en Terre Sainte[2].

Guillaume le Maréchal était l'un des plus grands tournoyeurs de son temps (Historia Major of Matthew Paris, Cambridge, Corpus Christi College Library, vol 2, p. 85.)

Le roi Henri II le prend alors à son service. Il lui accorde le fief de Cartmel dans le Lancashire. Il est l'un des derniers fidèles du vieux roi dans la lutte de ce dernier contre ses fils, au premier chef desquels le jeune Richard Cœur de Lion.

En 1189, Henri II lui avait promis la « pucelle de Striguil », promesse confirmée par Richard Cœur de Lion. Il épouse donc Isabelle de Clare (vers 11721220), fille de Richard de Clare dit Strongbow († 1176), comte de Pembroke et de Buckingham.

Isabelle était la petite-fille de Diarmait MacMurrough, roi de Leinster, et aussi l'arrière-petite-fille de Robert de Beaumont, comte de Meulan, et de sa deuxième épouse Élisabeth de Vermandois, de la maison capétienne. Isabelle lui apporte tous ses titres et terres : le comté de Pembroke, la moitié de l'honneur Longueville et près du quart de l'Irlande.

Régent d'Angleterre, il bat le les troupes françaises à la bataille de Lincoln au cours de laquelle il tue le comte Thomas du Perche. Il est alors âgé de plus de 70 ans.

Le grand chevalier mourut le [3], sa femme Isabelle mourut un an plus tard. Sur son lit de mort, il avait pu encore s'ennorgueillir d'avoir capturé plus de 500 chevaliers au cours des différents tournois auxquels il avait pris part[4].

C'est en apprenant la nouvelle de sa mort que son ennemi et suzerain, le roi de France Philippe Auguste, demanda aux chevaliers de sa cour de porter un toast à la mémoire de son plus formidable adversaire, en lequel Guillaume des Barres reconnut le « meilleur chevalier du monde »[5].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Blason de Guillaume le Maréchal

Il épousa Isabelle de Clare (vers 11711220), fille de Richard de Clare dit Strongbow († 1176), comte de Pembroke et de Buckingham. Ils eurent cinq fils et cinq filles. Leurs fils n'eurent aucune descendance :

Sa devise était : « Dieu aide le Maréchal ».

Ses armes sont : parti d'or et de sinople, un lion de gueules brochant sur le tout [6].

La biographie de Guillaume le Maréchal émane principalement de l’Histoire de Guillaume le Maréchal, œuvre de 19 214 vers, en couplets rimés octosyllabiques, rédigée peu de temps après sa mort à la demande de son fils, en anglo-normand, à partir du témoignage de son écuyer Jean D’Erlay.

Précédé par Guillaume le Maréchal Suivi par
nouvelle création
Comte de Pembroke
1189-1219
Guillaume le Maréchal le jeune

Guillaume le Maréchal dans la fiction[modifier | modifier le code]

Bande dessinée
Cinéma

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pembroke Castle, http://www.castlewales.com/pembroke.html
  2. William Marshal Earl of Pembroke, Catherine A. Armstrong, 1998, http://www.castlewales.com/marshall.html
  3. William Marshal Earl of Pembroke. Catherine A. Armstrong, Édition spéciale. Seneschal Press. 2007
  4. Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Age, Paris, ed. Autrement, 2010.
  5. Georges Duby, Guillaume le Maréchal ou le meilleur chevalier du monde, 1re édition chez Fayard, 1984, p. 37.
  6. Early Blazon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Duby, Guillaume le Maréchal ou le meilleur chevalier du monde, 1re édition chez Fayard, 1984.
  • Paul Meyer, Histoire de Guillaume le Maréchal, Paris, Société de l’Histoire de France, 1891-1901, avec une traduction partielle des sources originales en français moderne.
  • Catherine A. Armstrong, William Marshal Earl of Pembroke, Édition spéciale, Seneschal Press, 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Age, Paris, ed. Autrement, 2010.