Senior

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Le mot senior (parfois orthographié sénior[1])[N 1] signifie étymologiquement « plus âgé ». C'est un mot latin comparatif de senex signifiant « âgé ». Senior s'oppose dans ce sens à junior.

Le mot senior est fréquemment employé dans le monde du travail pour désigner les personnes en activité professionnelle qui sont en deuxième partie de carrière[2].

L'emploi des seniors est fortement lié à l'équilibre des régimes de retraite. C'est devenu un enjeu politique à tel point que l'Union européenne fixe des objectifs de taux d'emploi pour les seniors.

Âge à partir duquel une personne est considérée comme appartenant à la catégorie des séniors[modifier | modifier le code]

La définition est liée à l’âge, mais où commence la limite varie de façon subjective selon le contexte. Le mot « senior » est quelquefois synonyme de « personne âgée ». Mais le plus souvent, en particulier dans le monde du travail, le terme est employé pour des personnes ayant seulement plus de 45 ou 50 ans. Dans le sport, les seniors sont encore moins âgés.

Les sociologues, comme Vincent Caradec ou Serge Guérin, montrent que la notion de senior est largement liée au regard que la collectivité porte sur la prise d'âge. Ils explicitent combien l'âge évolue en fonction des contextes sociaux.

Une nouvelle définition est apparue récemment pour prendre en compte l'évolution des modes de vie des seniors et l'allongement des temps de la retraite : on parle de « jeune senior » ou « jeune retraité » pour faire référence aux personnes dans la cinquantaine ou soixantaine. Ainsi Serge Guérin propose le terme de Boomers Bohèmes (BooBos)[3], pour marquer que les jeunes seniors se distinguent fortement (physiquement, moralement et socialement) de leurs aînés. Ils forment un nouveau type sociologique de seniors.

L'usage du mot « senior » s'est imposé dans la langue du travail et de la politique comme une circonlocution permettant d'éviter l'usage direct des mots « âgé » ou « vieux », comme on parle de personne âgée et non de vieillard. Au Québec, on emploie le mot « aîné » pour désigner cette notion. Cette substitution traduit un embarras caractéristique de la société occidentale contemporaine adepte du jeunisme, pour laquelle l'idée de vieillesse, connotée négativement, n'évoque plus nécessairement la sagesse ni ne suscite le respect, à l'opposé des traditions encore en vigueur dans d'autres civilisations.

L'accord national interprofessionnel du 13 octobre 2005 fixe comme limite l'âge de 45 ans[4]. Les organismes de recherche d'emploi en France fixent souvent cette limite à 50 ans.

Les Seniors et le bénévolat[modifier | modifier le code]

Les seniors constituent un réservoir important dans le monde du bénévolat, les plus de 65 ans ont un taux d’engagement de 51%[5]. Les Senior expert bénévole(s) sont regroupés dans quatre associations :

  • OTECI (Office Technique d’Études et de Coopération Internationale)[6],
  • ECTI[7],
  • AGIR[8],
  • EGEE[9]

Au niveau européen, les associations de Seniors Experts Bénévoles sont regroupées au sein du CESES[10]. Le CESES est constitué de 21 organismes de type associatif, de 14 pays de la Communauté Européenne et qui comprend environ 24 000 bénévoles[11].

L'emploi des seniors[modifier | modifier le code]

Depuis que les entreprises ont commencé à rencontrer des difficultés économiques dans les années 1980, à la suite des deux chocs pétroliers (1973, 1979), elles ont pris l'habitude de préparer des « plans sociaux », consistant souvent à mettre en préretraite des salariés n'ayant pas encore atteint l'âge légal de la retraite[12]. En évitant les licenciements « secs », elles préservaient leur réputation. Elles accroissaient la proportion des juniors et espéraient de la sorte y gagner en productivité. Macroéconomiquement parlant, on a espéré que cette pratique libérerait des emplois pour les plus jeunes et résoudrait le problème du chômage. Avec le recul, on a constaté que le revenu des seniors passés en préretraite était financé par les caisses de retraite au lieu d'être financé par l'assurance chômage, que les entreprises perdaient souvent des compétences qui leur étaient utiles, et que cela ne résolvait pas pour autant le problème du chômage, qui est resté à un haut niveau. L'effet le plus alarmant est aujourd'hui le déséquilibre des régimes de retraite, ceux-ci, dans des régimes de retraite par répartition, étant financés par une plus faible proportion d'actifs, pour une proportion croissante d'inactifs liée également au vieillissement démographique.

Aujourd'hui, tous les pays occidentaux cherchent à augmenter l'âge légal de départ en retraite, afin de réduire le déficit des régimes de retraite. Ils encouragent pour cela l'emploi des seniors. C'est le cas en France[13].

Avec un taux d’emploi de 37,8 % pour les 55-64 ans en 2005, la France se situe très en dessous de la moyenne européenne (42,5 %) et loin de la cible de 50 % en 2010 fixée au niveau communautaire[14]. Face à ce constat, le Gouvernement a pris en 2008 un ensemble de mesures en faveur de l'emploi des seniors[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En français, avec ou sans accent, le mot s'écrit de la même façon au masculin et au féminin et prend régulièrement un s au pluriel aux deux genres.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Guérin, L'invention des seniors, Hachette Pluriel, 2007
  • Serge Guérin, La nouvelle société des seniors, Michalon, 2011
  • Éric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot, (2007), Philosophie des âges de la vie, Grasset, rééd. Hachette Pluriel, 2008.
  • Jean-Pierre Wiedmer, Enfin senior! [1]