Banyuls-dels-Aspres

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Banyuls-dels-Aspres
Blason de Banyuls-dels-Aspres
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Céret
Canton Céret
Intercommunalité Communauté de communes des Aspres
Maire
Mandat
André Marie
2008-2014
Code postal 66300
Code commune 66015
Démographie
Gentilé Banyulencqs, Banyulencques
Population
municipale
1 217 hab. (2011)
Densité 116 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 34′ 00″ N 2° 52′ 05″ E / 42.5666666667, 2.86805555556 ()42° 34′ 00″ Nord 2° 52′ 05″ Est / 42.5666666667, 2.86805555556 ()  
Altitude Min. 41 m – Max. 124 m
Superficie 10,53 km2
Localisation

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Banyuls-dels-Aspres est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Orientales en région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Banyulencs.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Situation de la commune en Roussillon

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Banyuls-dels-Aspres[1]
Villemolaque Saint-Jean-Lasseille
Tresserre Banyuls-dels-Aspres[1] Brouilla
Montesquieu-des-Albères Villelongue-dels-Monts

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Banyuls-dels-Aspres est situé sur la D.40.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En catalan, le nom de la commune est Banyuls dels Aspres[2].

La première mention du lieu date de 819, sous la forme Villa Balnelonis[3] : Villam Balnelonis cum ipso stagno[4]. La forme latine balneolum renvoie à balneum (les bains) et stagno à étang, en l’occurrence ici, une référence à l’étang auprès duquel était situé le village primitif (comme pour Banyuls-sur-Mer et comme Banyoles, près de Gérone)[5]. Cet étang est aujourd'hui asséché[3].

Les mentions suivantes donnent Bagnules en 934 et Banuls en 1028[3].

La forme composée avec l'ajout de Aspres est relevée dès le XIIe siècle (Banyuls de Asperis, 1186)[3],[4] et s'est généralisée à partir du XIVe siècle. Il s'agissait de différencier le village de la commune relativement proche de Banyuls de la Marenda (Banyuls-sur-Mer)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village[modifier | modifier le code]

Pendant la période gallo-romaine, le site de Banyuls-dels-Aspres était sur la Via Domitia.

À l’origine du village de Banyuls-dels-Aspres, il faut attendre la conquête des territoires de l'actuelle France par Charlemagne en 811. Dès que Charlemagne récupère le Roussillon, il le place dans son système féodal et le divise en comtés et marches. Le sud de la plaine est intégré au comté de Besalú.

Auparavant dominée par une aristocratie locale d’origine tribale ou wisigothique, l’indépendance que manifeste la région oblige rapidement les Carolingiens à mettre en place des comtes d’origine franque, dominés par Guifred le Velu, comte de Barcelone, à l’origine de la Catalogne. De cette aristocratie franque est originaire la famille de Banyuls que l’on retrouve comme seigneurs de Banyuls depuis l’origine.

Rien ne subsiste du village initial. Les vestiges des remparts encore visibles sont plus récents (XIIe/XIIIe siècles). Des fouilles pratiquées en 1873 ont mis en évidence que le village primitif ne se trouvait pas au même emplacement que le village actuel, mais au lieu-dit la Vila Vella, mentionné dans un document datant de 1411, qui se situe au nord, entre Banyuls et Saint-Jean-Lasseille. Les lieux se présentaient vraisemblablement ainsi : d'abord l'étang (sans doute asséché vers la fin du Moyen Âge), puis une butte, motte castrale, sur laquelle était bâtie le château de la famille de Banyuls[6]. Au pied de la butte, le village avec son église et son cimetière (mis au jour lors des fouilles de 1873).

La seigneurie de Banyuls[modifier | modifier le code]

Les plus anciens écrits mentionnant la seigneurie de Banyuls datent du XIIe siècle. Deux frères, Bernard Ier de Banyuls et Pierre Ier de Banyuls sont cités dans divers documents datés de 1132, 1134 et 1164. Le cinq des nones d'octobre 1132, ils apposent leur signature, au bas de l'acte de donation d'un manse (petit domaine féodal) adjacent à la localité de Banyuls-dels-Aspres, qui fut consenti aux templiers du Mas Deu. On sait que leur père était déjà seigneur de Banyuls-dels-Aspres. Le 10 juillet 1150 à la mort de ce dernier, Pierre Ier et Bernard Ier signent une convention afin de délimiter les propriétés de chacun, issues d’un honor que leurs parents viennent de leur transmettre en héritage, de part et d’autre du « chemin franc » reliant La Cusa à Perpignan.

Le village a une grande importance durant le haut Moyen Âge, la famille de Banyuls devenant de plus en plus importante au fil du temps. Il suit l’histoire du Roussillon, passant du royaume de Majorque au XIVe siècle, puis revenant dans le giron du royaume d'Aragon.

Les seigneurs de Banyuls-dels-Aspres sont ensuite dans l’ordre :

  • Pons de Banyuls (mort avant 1172) ;
  • Ramon de Banyuls (Raymond II de Banyuls), cavaller, commissaire du roi de Majorque Jacques Ier, chargé du ressort judiciaire sur les vallées de Ribes.
  • Dalmau de Banyuls (Dalmace Ier de Banyuls), décédé en 1345, gouverneur et capitaine-général de Ferrare de 1309 à 1313, condottiere au service de la République de Venise, conseiller du roi Sanche de Majorque, lieutenant du roi à Majorque, chancelier du royaume, il obtient, en plus de Banyuls, de Jacques II de Majorque, 12 janvier 1339 ainsi qu’à ses descendants, la haute justice sur Saint-Jean-Lasseille. Une cérémonie de prise de possession a lieu appliquant la charte royale durant laquelle il fait planter des fourches patibulaires pour marquer cette prise de droit ;
  • Dalmau de Banyuls (Dalmace II de Banyuls), également seigneur de Nyer, lieutenant du royaume de Majorque ;
  • Dalmau de Banyuls (Dalmace III de Banyuls), également seigneur de Nyer, de Porcinyans et de La Rocha en Conflent, mort en juin 1408 ;
  • Joan de Banyuls (Jehan II de Banyuls) marié en 1419, mort en Italie ;
  • Francesch de Banyuls (François Ier de Banyuls), seigneur de Banyuls-dels-Aspres et de Saint-Jean-Lasseille, propriétaire des scribanias [7] de Céret (marié en 1455).

Les Banyuls avaient des liens étroits avec un petit monastère qui se trouvait au sud du territoire, près du Tech. Il s'agissait de Fontclara, dont les bâtiments furent détruits par le tremblement de terre de Catalogne le 2 février 1428 puis emportés par une crue du Tech au XVe siècle. En compensation, les religieux obtinrent le droit de s'installer dans la nouvelle église du village, construite entre 1424 et 1427.

La famille de Banyuls garde le fief de Banyuls-dels-Aspres jusqu’en 1461, date à laquelle Francesch de Banyuls alors seigneur de Banyuls-dels-Aspres et de Saint-Jean-Lasseille, se fait confisquer tous ses biens par le roi de France Louis XI qui profite de la crise de succession du royaume d’Aragon pour annexer (temporairement) la Catalogne et la Cerdagne.

La seigneurie passe alors aux mains d’Auger de La Coste. Elle est ensuite vendue et achetée par Llorens Paulet (Laurent Paulet), bourgeois et consul de Perpignan.

Au XVIIe siècle, elle devient possession du monastère de Montserrat.

Fin de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

A la Révolution, de seigneurie, Banyuls-dels-Aspres est transformée en municipalité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 en cours André Marie DVG  

André Marie a parrainé la candidature de Philippe de Villiers à l'élection présidentielle de 2007[8]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie ancienne[modifier | modifier le code]

La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).

Évolution de la population
1365 1378 1515 1553 1643 1709 1720 1730 1767
45 f 36 f 30 f 15 f 43 f 40 f 32 f 53 f 280 H
1774 1789 - - - - - - -
53 f 50 f - - - - - - -
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS,‎ 1986, 378 p. (ISBN 2-222-03821-9))

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 217 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
146 268 319 380 427 442 472 531 513
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
542 501 504 535 617 744 748 750 756
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
887 889 870 846 769 749 759 668 695
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
738 724 683 660 850 1 007 1 136 1 172 1 217
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10])
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Le village dispose d'une école maternelle (4 classes) et d'une école primaire (5 classes). Les élèves du secondaire sont dirigés vers le collège d'Elne ou vers les établissements de Perpignan.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête patronale : 30 novembre ;
  • Fête communale : 1er dimanche d'octobre[11].

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 25 147 €[12].

Emploi[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de la ville, d'argent aux trois fasces de sable, restent inspirées de celles de la famille de Banyuls(Fascé d'argent et de sable).

Armes de Banyuls-dels-Aspres

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent aux trois fasces de sable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le site Histoire du Roussillon
  • Le site de Jean Tosti
  • Histoire du Roussillon et Œuvres posthumes de Jean de Gazanyola, augmenté des notes recueillies et classées par Clément de Lacroix
  • Histoire de la maison des chevaliers de Banyuls, barons de Nyer, marquis de Montferré, seigneurs de La Rocha, Porcinyans, Fornols, Puig, Réal, Odeillo, Leca, Millepetit 1132-1922, par M. l'abbé Jean Capeille, curé à Banyuls-dels-Aspres

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. (ca)(fr)Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone,‎ 2007 (lire en ligne)
  3. a, b, c et d Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales,‎ 1985, 579-1133 p. (ISBN 2904610014)
  4. a et b Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Les noms de lieux des Pyrénées-Orientales, Editions Sud-Ouest,‎ 2009, 191 p. (ISBN 9782879019888)
  5. a et b Jean Tosti.com
  6. Mentionné dans Histoire de la maison des chevaliers de Banyuls, barons de Nyer, marquis de Montferré, seigneurs de La Rocha, Porcinyans, Fornols, Puig, Réal, Odeillo, Leca, Millepetit 1132-1922, par M. l'abbé Jean Capeille, curé à Banyuls-dels-Aspres
  7. les scribanias sont les greffes
  8. Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. Michel de La Torre, Pyrénées-Orientales : Le guide complet de ses 224 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France »,‎ 1990 (ISBN 2-7399-5066-7)
  12. « Fichier RFDM2010COM : Revenus fiscaux localisés des ménages - Année 2010 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er février 2013).