Manuel Godoy

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Manuel Godoy
Illustration.
Fonctions
Secrétaire d'État espagnol
Monarque Charles IV
Prédécesseur Pedro Pablo Abarca de Bolea y Ximénez de Urrea
Successeur Francisco de Saavedra y Sangronis
Biographie
Nom de naissance Manuel Godoy y Álvarez de Faria
Date de naissance
Lieu de naissance Badajoz (Espagne)
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité espagnole
Conjoint 1°. María Teresa de Borbón y Vallabriga
2°. Josefa de Tudó y Catalán
Enfant(s) Premier lit :
Carlota Luisa de Godoy y Borbón
Deuxième lit :
Manuel de Godoy y Tudó
Luis de Godoy y Tudó
Profession Député
Homme d'État
Militaire

Manuel Godoy
Chefs du gouvernement espagnol

Manuel Godoy y Álvarez de Faria, prince de la Paix et de Bassano, duc d'Alcudia et de Sueca, est un courtisan et un homme politique espagnol, né le à Badajoz (Espagne) et mort le à Paris (France).

Il est deux fois secrétaire d'État (chef du gouvernement), mais suite aux difficultés tant intérieures qu'extérieures, il ne parvient pas à empêcher l'invasion de l'Espagne et l'abdication de Charles IV d'Espagne. Napoléon Ier méprisait cet homme qui faisait de l'Espagne un allié incertain comme le montrent la campagne du Portugal en 1801 ou l'appel à prendre les armes contre la France au moment de la bataille d'Iéna [1]

Naissance et premières années[modifier | modifier le code]

Manuel Godoy est le fils de José de Godoy y Sánchez de los Ríos et de Maria Antonia Justa Álvarez de Faria y Sánchez Sarzosa d'origine portugaise.

Né le 12 mai 1767 dans la calle Santa Lucía à Badajoz dans une famille pauvre, il s'engage à 17 ans dans la garde royale et est nommé dans les Gardes du Corps à Madrid comme son frère. Le roi Charles III d'Espagne exilera ce dernier de la cour pour ses avances à la princesse des Asturies, Marie-Louise de Parme).

Un jour d'escorte sur le chemin de Ségovie, le cheval de Manuel se cabre et le jette au sol et il remonte aussitôt, attirant ainsi par son éclat l'attention du prince et de son épouse. À 21 ans, il est présenté officiellement aux princes des Asturies (titre porté par l'héritier du trône d'Espagne). Doté d'une belle conversation et d'un certain charme, il s'attire l'affection et l'amitié et est rapidement le favori du futur Roi Charles IV d'Espagne et l'amant de sa femme, Marie-Louise de Parme.

Le 30 décembre 1788 (16 jours après l'accession au trône du prince des Asturies), il est nommé cadet surnuméraire au Palais royal, en mai 1789 il est promu colonel de cavalerie, en novembre 1789 chevalier de l'ordre de Santiago, en août 1790 commandeur dans le même ordre, en février 1791 aide de camp, en mars gentilhomme de la cour, en juillet lieutenant général et chevalier Grand-Croix de l'ordre de Charles III, en 1792 duc d'Alcudia avec la grandesse d'Espagne, en novembre la Toison d'or et au printemps de 1793 le commandement en chef. Suivront les titres de duc de Sueca, marquis d'Alvarez, sieur de Soto de Roma.

Secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

En 1788, Charles IV d'Espagne monte sur le trône et nomme Godoy au poste de secrétaire d'État (chef du gouvernement) en 1792, en remplacement du comte d'Aranda.

Sa première décision est d'essayer de sauver Louis XVI. Sa tentative échoue et un conflit éclate avec la France avec quelques succès et rapidement des défaites qui se termine par le traité de Bâle. Il reçoit alors le titre de prince de la Paix (Príncipe de la Paz en espagnol).

Il renforce les liens avec la France par le traité de San Ildefonso.

En 1797, la reine Marie-Louise de Parme organise un mariage pour Manuel Godoy, dont elle espère qu'il l'attirera loin de sa maîtresse Pepita Tudó, et en même temps agira comme une couverture pour ses propres relations avec Manuel Godoy.

María Teresa de Bourbon, la cousine de Charles IV et la fille de son oncle Louis Antoine de Bourbon (vivant en exil et déchu pour avoir renoncé à poursuivre une carrière ecclésiastique), est choisie pour être l'épouse de Manuel Godoy. Même si elle n'a pas encore rencontré Manuel Godoy, Maria Teresa accepte immédiatement le mariage qui assure la restauration de la fortune de sa famille.

Il épouse María Teresa de Bourbon le 21 octobre 1797 dans l'Escorial à Madrid. De cette union nait une fille unique Luisa Carlota Manuela de Godoy.

Godoy reçoit un énorme règlement financier dans le cadre du mariage, mais il continue à faire vivre sa maîtresse Pepita Tudó dans la même maison que son épouse.

Après la défaite navale du cap Saint-Vincent, Manuel Godoy doit démissionner en 1798 mais reste toutefois influent.

Il revient aux affaires en 1801[2] et s'allie avec la France pour envahir le Portugal, allié de l'Angleterre. Cette guerre est connue sous le nom de guerre des Oranges qui aboutit à la capitulation du Portugal. Les intérêts de l'Espagne sont sacrifiés au traité d'Amiens en 1802. L'opposition au roi Charles IV d'Espagne grandit.

Il réussit à maintenir une certaine neutralité de l'Espagne, mais s'allie de nouveau avec la France et la marine espagnole alliée à la marine française subit une nouvelle défaite navale à Trafalgar.

Malgré tout, sa relation avec Napoléon Ier ne faiblit pas et aboutit au traité de Fontainebleau en 1807 qui organise le démembrement du Portugal au profit de l'Espagne, de la France et de Godoy. La zone sud du Portugal serait revenue à Godoy et sa famille comme principat de los Algarves.

En mars 1808, une révolte populaire à Madrid renverse Charles IV d'Espagne au profit de son fils Ferdinand VII d'Espagne et essaye de tuer Godoy. Napoléon Ier fait sauver Godoy par Joachim Murat en l'envoyant en France et ne reconnait pas Ferdinand VII d'Espagne. Après l'entrevue de Bayonne en 1808 où Charles IV d'Espagne échange son trône devenu ingouvernable contre des terres et des revenus en France et où Ferdinand renonce à ses prétentions à la couronne d'Espagne contre celle de Ligurie, Napoléon Ier désigne son frère Joseph Bonaparte comme roi d'Espagne, mais un soulèvement populaire général des Espagnols entraîne une longue et sanglante guerre entre les deux anciens alliés.

Exil[modifier | modifier le code]

Le Portrait de Manuel Godoy par Francisco Goya au lendemain de la Guerre des Oranges (1801). C'est pour le « Prince de la Paix » que le peintre réalisa La Maja nue (1797-1800) et La Maja vêtue (1800-1805), portraits provocateurs de la maîtresse et future femme de Manuel Godoy Pepita Tudó.
Tombe au Père-Lachaise (45° division)

Godoy passe les années suivantes en exil avec Charles IV d'Espagne, Marie-Louise de Bourbon Parme, sa fille Luisa Carlota Manuela de Godoy issue de son premier mariage, Pepita Tudó sa maîtresse, et leur fils Manuel Godoy (son épouse María Teresa de Bourbon l'a depuis longtemps quitté). Ils vivent pendant plusieurs mois, à Fontainebleau, puis à Compiègne, puis à Aix-en-Provence. En octobre 1808 ils arrivent à Marseille où ils passent les quatre années suivantes. En juillet 1812 ils s'installent à Rome où ils vivent dans le Palazzo Barberini.

En avril 1814 Ferdinand VII d'Espagne est restauré en tant que roi d'Espagne (il a vécu pendant six ans en France). Il refuse de permettre à Godoy de retourner en Espagne, et le pape Pie VII exile Godoy et sa maîtresse Pepita Tudó à Pesaro. Pendant les Cent-Jours, Charles IV d'Espagne et Marie-Louise de Bourbon Parme fuient la France pour Vérone, où ils sont rejoints par Godoy et Pepita Tudó. Godoy demande à l'empereur François Ier d'Autriche à Vienne, le droit d'asile, mais Ferdinand VII d'Espagne refuse.

Après la défaite de Napoléon, Charles IV d'Espagne, Marie-Louise de Bourbon Parme et Pepita Tudó retournent à Rome, mais le pape demande que Godoy continue de vivre à Pesaro. En septembre 1815 Charles IV d'Espagne et Marie-Louise de Bourbon Parme demandent au pape de déclarer nul le mariage entre Godoy et María Teresa de Bourbon. Godoy est autorisé à rentrer à Rome, mais dans le but de préserver les apparences Pepita Tudó et son fils Manuel Godoy déménagent à Gênes. Ferdinand soudoie la police pour qu'elle expulse Pepita Tudó et sa famille de Gênes, la même chose se produisant à Livourne. Enfin, elle trouve un foyer à Pise.

En mars 1818, le plus jeune fils de Godoy, Luis Godoy meurt. En octobre, il est lui-même atteint du paludisme. Il reçoit les derniers sacrements de l'Église, mais guérit de son mal. À la fin de l'année, Marie-Louise de Bourbon Parme attrape une pneumonie, Charles IV d'Espagne est absent à Naples, à l'époque, mais Godoy reste près de son lit jusqu'à sa mort le 2 janvier 1819. Cinq jours plus tard, Charles IV d'Espagne écrit à Godoy, lui demandant de quitter le Palazzo Barberini à Rome, mais deux semaines plus tard, Charles IV d'Espagne meurt à Naples.

Ferdinand VII d'Espagne continue à interdire à Godoy de retourner en Espagne et s'assure qu'il ne reçoit pas de pension de l'État. Il ne permet pas non plus à la fille de Godoy Luisa Carlota Manuela de Godoy de se marier dans une maison souveraine, mais accepte son mariage en 1821 avec Don Camillo Ruspoli, le fils cadet d'une famille princière romaine.

En 1828, l'épouse de Godoy María Teresa de Bourbon meurt à Paris. Le 7 février 1829 Godoy épouse sa maîtresse de longue date Pepita Tudó même s'ils avaient secrètement effectué une cérémonie de mariage des années plus tôt (22 juin 1797 au Prado[réf. nécessaire]). Ils déménagent à Paris en 1832 où ils vivent dans la pauvreté à l'hôtel Le Peletier d'Aunay rue des Mathurins grâce à une pension de cinq mille francs que lui octroie Louis-Philippe Ier.

En 1836, Godoy publie ses mémoires, Charles IV d'Espagne lui avait demandé de ne le faire qu'après la mort de son fils Ferdinand VII d'Espagne (décédé en 1833). Pepita Tudó, retourne en Espagne dans l'espoir de récupérer les biens familiaux.

En 1847, le gouvernement espagnol rend une partie de ses biens et restaure les titres de Godoy.

Il meurt à Paris le 4 octobre 1851. Il est tout d'abord enterré dans l'église Saint-Roch, mais l'année suivante il est transféré au cimetière du Père-Lachaise[3].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Mariages[modifier | modifier le code]

De cette union naît : Luisa Carlota Manuela de Godoy.

  • Il épouse Josefa de Tudó y Catalán le 7 février 1829 (sa maîtresse de longue date même s'ils avaient secrètement effectué une cérémonie de mariage des années plus tôt (22 juin 1797 au Prado).

Ils ont eu pour enfants :

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • ses mémoires : Cuenta dada de la vida politica de D. Man. Godoy, principe de la Paz, o sean memorias criticas y apologeticas (Madrid, 1836-1838, 5 vol. in-8, et 1842, 6 vol. in-8; trad. en français, Paris, 1836-1838, 4 vol.)
  • Godoy, Manuel de. Memoirs of Don Manuel de Godoy, Prince of the Peace, Duke del Alcudia, Count d'Everamonte, &c. London: R. Bentley, 1836.
  • C. Seco, Edición a las Memorias del príncipe de la Paz, Biblioteca de Autores españoles, t.88. Madrid, 1935.
  • E. Rúspoli. Edición abreviada de las Memorias de Godoy. La esfera de los Libros, Madrid, 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Godoy, Manuel de. (2005). Encyclopædia Britannica.
  • A. Thiers. Histoire du Consulat de de l'Empire. Livre XXIX (1849)
  • Chastenet, Jacques. Godoy, Master of Spain, 1792–1808. London: Batchworth Press, 1953.
  • Hilt, Douglas. The Troubled Trinity: Godoy and the Spanish Monarchs. Tuscaloosa, Ala.: University of Alabama Press, 1987.
  • D'Auvergne, Edmund. Godoy, The Queen's Favorite. London: Paul, 1910.
  • A. Muriel, Memorial histórico español, ts. XXIX-XXXIX. Madrid, 1893-1894.
  • J. Pérez de Guzmán, Estudios de la vida, reinado, proscripción y muerte de Carlos IV y María Luisa. Madrid, 1908.
  • Marqués de Villaurrutia, La reina María Luisa esposa de Carlos IV. Madrid, 1927.
  • C. Pereyra, Cartas confidenciales de la reina María Luisa y de don Manuel de Godoy. Madrid, 1935.
  • Emilio La Parra López, Manuel Godoy: la aventura del poder. Pólogo de Carlos Seco Serrano, Barcelona: Tusquets, 2002
  • E. Rúspoli, Godoy: La lealtad de un gobernante ilustrado. Ed. Temas de Hoy, 2004.
  • J. Belmonte y P. Leseduarte, Godoy. Historia documentada de un expolio. Bilbao, Ediciones Beta Milenio III, 2004.


Romans
  • Benito Pérez Galdós, El 19 de marzo y el 2 de mayo. Madrid, 1873.
  • J. L. Gil Soto, La traición del rey. Ed. Styria. Barcelona, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Thiers, Le Consulat et l'Empire, vol. 3, Paulin,‎ 1845, 570 p. (lire en ligne), p. 163
  2. Même si Pedro Cevallos est officiellement Secrétaire d'État, c'est Godoy qui détient la réalité du pouvoir
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 374-375

Article connexe[modifier | modifier le code]