Marché aux puces

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Clients dans un marché aux puces du quartier de Berkersheim à Francfort-sur-le-Main (Allemagne).

Un marché aux puces est un marché en plein air ne vendant pas d'alimentation. On parle aussi familièrement des Puces.

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

Selon une première version, un militaire observant les étalages des échoppes du haut des fortifs de Paris vers 1880 se serait écrié : « Ma parole, c’est le marché aux puces ! ». Selon une version plus vraisemblable, les puces sont à l'origine une expression péjorative associée aux vieux vêtements pleins de vermine vendus par les chiffonniers, « puces comprises ». L’expression devient rapidement populaire et apparaît dès 1900 sur les légendes des cartes postales représentant des vues de la Porte de Clignancourt ou de l’avenue Michelet[1].

Puces parisiennes[modifier | modifier le code]

Les puces parisiennes puisent leurs origines dans les marchés au Moyen Âge qui ont lieu dans le centre de la ville mais les récupérateurs, chassés de ces lieux, s'établissent vers l'extérieur de Paris pour former de petits marchés constamment en évolution, tels le « marché des Patriarches » créé aux alentours de 1350[2]. Richelieu interdit en 1635 ce commerce de récupération à l'intéreur de la capitale pour privilégier le commerce d'objets neufs. Les petits marchés de friperie et de bric-à-brac où se vendent des objets usés plus accessibles au peuple se développent à la périphérie, notamment sur les fortifs à partir des années 1840 qui permettent aux marchands (ces récupérateurs étant appelés "crocheteurs"[3], "chiftires"[4], "biffins" ou plus poétiquement "pêcheurs de lune") de s'installer sans payer d'octroi[5].

Puces de Saint-Ouen[modifier | modifier le code]

Marché Dauphine aux puces de Saint-Ouen.
Entrée des puces de Saint-Ouen.

Le marché aux puces de Saint-Ouen naît officiellement en 1885 bien qu'il soit déjà un marché occupé par les gens du voyage : des chiffonniers de Paris s’y installent car la biffe bruyante incommode les parisiens et l'arrêté préfectoral relatif à l'enlèvement des ordures ménagères d'Eugène Poubelle en 1884 (création de la poubelle) les prive de leur matière première qui s'entassait avant dans les rues[5]. Il est la plus importante concentration d'antiquaires et de brocanteurs du monde, totalisant près de 11 millions de visiteurs par an parmi lesquels on croise beaucoup de touristes étrangers et même très souvent des célébrités.

Il se tient tous les samedis, dimanches et lundis et est desservi par la station de métro Porte de Clignancourt (ligne 4), ainsi que par bus. Du fait de cette fréquence élevée, il n'est plus depuis longtemps constitué que de professionnels louant leur emplacement avec des baux d'une durée minimale de 3, 6 ou 9 ans.

Il compte plusieurs marchés, dont le marché Biron, le marché Vernaison, le marché Malik, le marché Dauphine, le marché Paul-Bert, le marché Serpette (ces deux derniers ont été, entre 2005 et 2014, la propriété du Groupe Grosvenor qui gère les actifs de Gerald Cavendish Grosvenor, duc de Westminster ; ils appartiennent maintenant à un entrepreneur français)[6].

En marge du marché d'antiquités, de foisonnants commerces de vêtements et d'articles de fantaisie occupent les rues environnantes. Il est également le terrain de ventes de certains « vendeurs à la sauvette ».

Puces de Vanves[modifier | modifier le code]

Le marché aux puces de la Porte de Vanves se tient à Paris, av. Georges-Lafenestre et av. Marc-Sangnier, dans le 14e arrondissement de Paris. Il est ouvert chaque samedi et dimanche matins.

Il compte 400 marchands, qui présentent : meubles et objets 1900, Art déco, des années 1950 et 1970, curiosités, art populaire, vêtements et textiles anciens, dentelles, meubles de métiers, arts de la table, verrerie, argenterie, bijoux classiques et fantaisie, arts de l'Afrique et de l'Orient, lustres et lampes, tableaux et gravures, objets de salles de bains, appareils photos et phonographes, mobilier de jardin, rotin, livres….

Puces de Montreuil[modifier | modifier le code]

Il existe aussi un marché aux puces à Montreuil depuis 1860[7].

Puces ailleurs en France[modifier | modifier le code]

Puces du Canal, à Lyon[modifier | modifier le code]

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Deuxième marché aux Puces de France, avec ses 400 marchands et ses milliers de visiteurs chaque semaine. L’arrivée des Puces au Canal s’est faite le 25 septembre 1995, mettant un terme aux puces « baladeuses ». Installées à l’origine place Rivière, elles durent quitter leur site historique pour des raisons urbanistiques au début des années 1970. Elles s’installèrent alors à la Feyssine. Mais la construction du périphérique nord, dont le tracé passait par là, condamna ce site. Dans un premier temps, les puces mirent le cap à l’ouest en direction des anciens docks de Vaise, eux aussi promis à un bel avenir urbanistique puisque la Ville de Lyon avait prévu de faire de ce haut lieu de l’industrie lyonnaise un pôle d’accueil pour des entreprises spécialisées en nouvelles technologies. Exit donc les puces qui auraient pu continuer à jouer les baladeuses sans l’initiative heureuse de Denise David qui, assistée d'amis professionnels, dénichèrent le Canal. Outre l’espace qu’il permettait, l’endroit présentait aussi l’avantage d’être voisin de la Feyssine, dont les plus vieux chineurs gardaient la nostalgie. 18 ans donc que le canal est devenu le lieu mythique de la brocante à Lyon et en Rhône-Alpes.

Les Puces du Canal de Lyon-Villeurbanne connaissent un récent changement de direction, de ce fait, de nouvelles impulsions de développement ont vu le jour sous la direction de Jacques Chalvin et Stéphan Blanchet. Le coup d'envoi a été lancé le week-end du 5 octobre 2013 par l'anniversaire des "Puces" qui soufflait ses 18 ans. Cette émancipation, inhérente à la majorité des Puces, s'est déclarée par l'inauguration officielle du Village des Containers, nouveau pôle d'animation qui s'ajoute à la cartographie existante des 400 marchands présents tout les dimanches. Les Puces grandissent, se transforment, et ont pour volonté de ponctuer l'année par des événements mensuels fédérateurs et originaux.

Puces de la Madrague-Ville, à Marseille[modifier | modifier le code]

Le Marché aux puces de Marseille, dit « de la Madrague-Ville », est situé dans le quartier des Crottes, dans le 15e arrondissement. C'est un immense lieu où différents hangars dédiés notamment aux meubles de brocante et aux produits de seconde main s'ouvrent sur une place commune. Un dernier hangar rempli de fruits et légumes provenant des quatre coins du monde permet même d'y faire son marché.

Autres puces[modifier | modifier le code]

Il existe également de nombreux autres marchés aux puces dans tout le reste de la France, comme à Nîmes, Orléans, Montpellier, Toulouse, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le saviez-vous ? D’où vient le nom « marché aux Puces » ?, Site officiel de l'Office de tourisme de Saint-Ouen
  2. Dossier : Le quartier de la rue mouffetard
  3. Ils crochettent les poubelles
  4. Petite histoire de la récupération
  5. a et b Jean Bedel, « La folle histoire des marchés aux puces », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 16 janvier 2013
  6. Le Monde 15 juillet 2012
  7. « Les puces de Montreuil ouvrent demain », sur Le Parisien,‎ 10 novembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Helft, Vive la Chine ! Mémoires d'un antiquaire, Rocher,‎ 1955
  • Hervé Sciardet, Les marchands de l'aube, Economica, 2003
  • Jean Bedel, Saut de Puces à Saint-Ouen, Monelle Hayot,‎ 2012, 173 p.