Georg Solti

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Georg Solti

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Georg Solti en 1965.

Nom de naissance György Stern
Naissance 21 octobre 1912
Budapest
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès 5 septembre 1997 (à 84 ans)
Antibes
Drapeau de la France France
Activité principale Chef d'orchestre
Activités annexes Pianiste
Formation Académie de musique Franz-Liszt
Maîtres Kodály, Bartók, Dohnányi, Weiner

Georg Solti, né György Stern le 21 octobre 1912 à Budapest et mort le 5 septembre 1997 à Antibes, est un chef d'orchestre hongrois, naturalisé britannique et anobli par la reine Élisabeth II en 1972.

Débuts[modifier | modifier le code]

Georg Solti (ce nom veut dire « habitant de Solt », petite ville au sud de Budapest ; il a été choisi par son père en 1919, lorsque le Régent Horthy ordonna aux Juifs d'adopter un nom hongrois) étudie le piano et la composition avec Kodály, Bartók, Dohnányi et Weiner à l'Académie de musique Franz-Liszt. Il devient ensuite répétiteur à l'Opéra d'État de Budapest, mais n'a pas le droit d'y diriger en raison des lois antisémites en vigueur. Il est employé comme répétiteur par Bruno Walter et Erich Kleiber et tente ensuite sa chance en Allemagne, à Karlsruhe et à Mannheim, mais en est vite chassé. Assistant de Toscanini au Festival de Salzbourg en 1936 (La Flûte enchantée), il y retourne en 1937. Malgré les lois antisémites, il parvient à diriger à l'Opéra de Budapest en 1938 (Les Noces de Figaro) - une seule fois - l'avancée de l'armée allemande sur Vienne étant annoncée pendant l'entracte. En 1939, il s'enfuit en Suisse, où il lui est interdit de travailler. Il y donne néanmoins quelques cours de piano et fait deux apparitions à l'Opéra de Genève en tant que chef remplaçant (Werther).

Munich et Francfort[modifier | modifier le code]

Il remporte néanmoins le premier prix de piano du concours international de Genève en 1942 et, en octobre 1946, à la suite d'une représentation de Fidelio, devient directeur musical de l'Opéra de Munich, débutant le 1er novembre par une exécution du Requiem de Verdi. Le premier opéra donné sous sa direction est Carmen, donné le 1er janvier 1947. Lors des répétitions de Der Rosenkavalier en 1949, il sympathise avec Richard Strauss et dirige le trio de ce même opéra lors des funérailles du compositeur en septembre de la même année. À Munich il s'est tout de suite fait la réputation d'un chef particulièrement dynamique et imaginatif. De 1952 à 1961, il est directeur de l'Opéra de Francfort où il débute également en dirigeant Carmen. Sa réputation et son répertoire ne cessent de s'agrandir. En plus des opéras de Mozart, Verdi, Wagner et Strauss, il donne Cardillac de Hindemith, Œdipus Rex de Stravinsky, Pénélope de Rolf Liebermann (avec qui il se lie d'amitié), Les Contes d'Hoffmann et Boris Godounov.

Covent Garden de Londres[modifier | modifier le code]

En 1949, Solti enregistre deux symphonies de Haydn avec le London Philharmonic Orchestra ; c'est le début d'une longue association, il sera son directeur musical entre 1979 et 1983. Il débute au Festival de Salzbourg (Idomeneo), à l'invitation de Fürtwängler, en 1951. Il est aussi directeur musical de l'orchestre de Dallas (1960-61). Il est nommé directeur musical (1961-1971) du Royal Opera House de Covent Garden à la suite d'une production très réussie de Der Rosenkavalier avec Elisabeth Schwarzkopf. Ensuite il crée A Midsummer Night's Dream de Britten, dans une production de John Gielgud, avant de prendre ses fonctions officielles en octobre 1961 avec Iphigénie en Tauride de Gluck. Au cours des dix années de son règne, et malgré la présence à la galerie d'une claque antisémite, Solti hisse Covent Garden au sommet des opéras européens. La première britannique de Moses und Aron et la première londonienne de Die Frau ohne Schatten ainsi que A Midsummer Night's Dream et Billy Budd, tous deux en première londonienne, ont été parmi ses grandes réussites. Avant de quitter Covent Garden, il prend le poste de directeur musical du Chicago Symphony Orchestra (1969) et aussi de l'Orchestre de Paris, ainsi que celui du conseiller artistique au Palais Garnier, sur l'invitation de Rolf Liebermann. Il y dirige Les Noces de Figaro (mise-en-scène Giorgio Strehler), Otello et les deux premiers volets du Ring de Wagner. Au Festival de Bayreuth en 1983, il dirige La Tétralogie dans son intégralité, mise en scène par Peter Hall. Il est nommé directeur artistique du Festival de Pâques de Salzbourg (1990-92).

Chicago[modifier | modifier le code]

De 1969 à 1991, il est chef principal de l'Orchestre symphonique de Chicago. Grâce à lui cet orchestre, en difficultés depuis la mort de Fritz Reiner, va s'affirmer comme un des plus grands du monde, notamment après sa première tournée mondiale en 1971. L'ère Solti se termine en 1991 par une version de concert de "Otello" avec Pavarotti. De 1971 à 1975, il est directeur musical de l'Orchestre de Paris ; de 1979 à 1983, directeur et ensuite chef émérite du London Philharmonic. Pendant l'ère Liebermann, il est conseiller musical au Palais Garnier où il dirige les Noces de Figaro, mis en scène par Giorgio Strehler. En 1993 et 1994, il est directeur musical du Festival de Pâques de Salzbourg. En 1947, Solti signe un contrat à vie avec Decca Records, où paraîtront tous ses enregistrements (plus de trois cents au total), son premier (l'ouverture Egmont de Beethoven) et son dernier (la 5e Symphonie de Mahler) ayant été faits avec l'Orchestre de la Tonhalle de Zurich, à l'exception de quelques œuvres de Verdi, enregistrées pour RCA.

En 1994, il crée le Carnegie Hall Project avec un orchestre de jeunes dont les premiers pupitres sont tenus par des solistes prestigieux. En 1995, il fonde le World Orchestra for Peace, recrutant des musiciens des plus grands orchestres du monde. Valery Gergiev sera son successeur, à la demande explicite de Solti. À soixante-dix ans, Sir Georg se remet au piano, jouant notamment la Sonate pour deux pianos et percussion de Bartók aux côtés de Murray Perahia. Sir Georg Solti meurt une semaine jour pour jour avant l'interprétation du Requiem de Verdi qu'il devait donner aux Proms de Londres. La tombe de Sir Georg se trouve à côté de celle de Béla Bartók dans le cimetière Farkasreti à Buda[1]. Sir Georg s'est toujours souvenu de ses débuts difficiles. Il a personnellement payé les études de nombreux jeunes et, juste avant de mourir, a fait don de trois pianos de concert à l'Académie Franz Liszt de Budapest. En 1990, au lendemain de la destruction d'habitations d'immigrés turcs en Allemagne, Sir Georg Solti a emmené le London Symphony Orchestra afin de donner un concert pour financer leur reconstruction[2].

tombe de Georg Solti au cimetière de Farkasrét à Budapest

Style[modifier | modifier le code]

Pour Solti, une interprétation passe d'abord par une reproduction aussi proche que possible des intentions du compositeur telles qu'elles sont indiquées dans la partition. L'exactitude, notamment rythmique, est primordiale pour lui. Son oreille exceptionnelle ainsi que sa connaissance des possibilités de chaque instrument et son sens de l'équilibre de la masse orchestrale font qu'il est particulièrement à l'aise dans les grandes fresques romantiques et post-romantiques. Son souci de la précision n'en fait pas pour autant un musicien froid : "Solti a une âme profondément lyrique," a dit Sir Peter Hall.

Créations[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

La discographie de Sir Georg Solti s'étend de Bach (Passion selon St Mathieu) et Händel (Le Messie) jusqu'à Michael Tippett. Il a enregistré l'intégrale des opéras de Richard Wagner (excepté Les Fées, La Défense d'aimer et Rienzi), l'intégrale des symphonies de Beethoven, de Schumann, de Brahms, d'Anton Bruckner, de Mahler et d'Elgar, ainsi que six des quinze opéras de Richard Strauss, les opéras de maturité de Mozart ainsi que Moïse et Aron d'Arnold Schönberg, neuf opéras et le Requiem de Giuseppe Verdi ainsi que Fidelio de Ludwig van Beethoven et Eugène Onegin de Tchaikovsky. Son dernier enregistrement constitue un hommage à sa Hongrie natale : la Cantata profana de Béla Bartók et le Psalmus Hungaricus de Zoltán Kodály y encadrent une œuvre de son premier maître, Léo Weiner. Son tout dernier concert, la 5e de Mahler avec l'orchestre du Tönhalle de Zurich, a également été enregistré.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (nommé à titre honoraire en 1971[3], il le devint de plein droit avec prédicat de Sir le 3 février 1972 quand il fut naturalisé britannique[4]).
  • Sir Georg Solti détient le record du plus grand nombre Grammy Awards. Il en a reçu 31 en son nom, dont un pour l'ensemble de sa carrière. 6 autres sont allés à l'ingénieur du son et 1 à un soliste sur des enregistrements qu'il a réalisés. Il a été nommé en tout 74 fois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 'Find a Grave' Memorial Site
  2. Solti 'Solti on Solti', Londres 1997
  3. (en) List of honorary British knights and dames - Entertainment and arts
  4. London Gazette : n° 45628, p. 3569, 02-02-1972

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]