Chemin de fer du Blanc-Argent

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Chemin de fer du Blanc-Argent
Ligne de Le Blanc à Argent-sur-Sauldre
via Romorantin et Salbris
Un autorail X 74500 du Blanc-Argent.
Un autorail X 74500 du Blanc-Argent.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Le Blanc, Mézières-en-Brenne, Buzançais, Écueillé, Valençay, Romorantin-Lanthenay, Salbris et Argent-sur-Sauldre
Historique
Mise en service 1901 – 1902
Fermeture 1951 – 1988 (fermeture partielle)
Concessionnaires PO (1893 – 1906)
Compagnie du Blanc-Argent (à partir de 1906)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 600 000 (Salbris au Blanc)
693 000 (Salbris à Argent)
Longueur 191 km
Écartement Voie métrique (1,000 m)
Électrification

Non électrifiée

Pente ou rampe maximale 15 ‰
Nombre de voies Voie unique
(Anciennement à voie unique)
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) Compagnie du Blanc-Argent
(Keolis)
Trafic TER
Schéma de la ligne

Le Chemin de fer du Blanc-Argent ou BA est une ligne de chemin de fer française à écartement métrique et à voie unique partiellement déclassée. Elle relie Le Blanc, dans le département de l'Indre à Argent-sur-Sauldre, dans le département du Cher, tous deux en région Centre.

Il constitut les lignes no 600 000 et no 693 000, du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ligne est issu du Plan Freycinet où elle portait le no 92[1]. La ligne est concédée à titre définitif par l'État à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), par une convention signée entre le Ministre des travaux publics et la compagnie, le 28 juin 1883. Cette convention est approuvée par une loi, le 20 novembre suivant[2]. Les travaux de construction ont commencé en 1899, et la ligne fut mise en service progressivement par sections  :

Les sections extrêmes ont été progressivement fermées au trafic[3] :

Le BA dans sa partie désaffectée, entre Aubigny-sur-Nère et Salbris.
Le BA dans sa partie désaffectée, entre Aubigny-sur-Nère et Salbris.

La section de ligne située dans le département de l'Indre (de Luçay-le-Mâle à Argy), est inscrite aux monuments historiques[4].

Le trafic des marchandises, qui nécessitait un transbordement à cause de la différence d'écartement, a cessé en 1988. Toutefois, la section d'Argy à Buzançais a été mise à voie normale, pour permettre la desserte d'un silo, situé à proximité de la gare d'Argy, à partir de la ligne de Tours à Châteauroux.

Dans le cadre de la fercamisation, le trafic marchandise est suspendu, le 15 janvier 1989.

Propriété de Réseau ferré de France, la ligne est exploitée par la Compagnie du Blanc-Argent, pour le compte de la SNCF. Cette compagnie fut longtemps une société à capitaux familiaux avant d'être rachetée en 2000 par Keolis, (filiale de la SNCF), dans le cadre du service TER de la région Centre.

Cette ligne est aujourd'hui réduite à la section de Salbris à Valençay, via Romorantin-Lanthenay.

Elle est en contact avec le réseau à voie normale à Salbris (ligne des Aubrais - Orléans à Montauban-Ville-Bourbon) et à Gièvres (ligne de Vierzon à Saint-Pierre-des-Corps).

La section de Valençay à Luçay-le-Mâle fut suspendu au trafic de voyageurs, au mois d'octobre 2009. La suspension au trafic fut prise dans le cadre d'un contrôle technique, assuré par la SNCF et RFF.

Le 13 juin 2010, dans le cadre de décisions de sécurité de la part de la SNCF, le trafic fut limité temporairement à 40 km/h, sur l'ensemble de la ligne, au lieu des 70 km/h habituels[5].

Le 2 décembre 2011, RFF et la région Centre se sont mis d'accord sur le financement de la modernisation de la ligne, avec un coût estimé de 13,6 millions d'euro (la région Centre fournira 8,85 millions d'euro, RFF 4,5 millions, et une contribution locale 0,25 million). La modernisation consistera en une réhabilitation et modernisation des voies, pour permettre des vitesses jusqu'à 70 km/h. Elle inclut la réutilisation de 38 km de voies, qui étaient utilisées par la LGV Atlantique[6].

Un accord entre la Région et RFF, prévoit le retour de la vitesse à 70 km/h en septembre 2012[7].

Tracé et profil[modifier | modifier le code]

Depuis le 7 janvier 2013, les autorails du Blanc-Argent circulent sur une voie régénérée, à 70 km/h[8].

La signalisation lumineuse a été introduite pour l'exploitation en « navette », avec les carrés no 11 et no 14 à Romorantin-Blanc-Argent.

Gares ferroviaires[modifier | modifier le code]

L'ancienne gare du Blanc.
L'ancienne gare du Blanc.

Gare en services[modifier | modifier le code]

Gares fermées ou désaffectées[modifier | modifier le code]

Dessertes[modifier | modifier le code]

La desserte est assuré en deux parties entre Salbris et Valençay, avec Romorantin-Blanc-Argent, pour gare centrale. Les trains circulent désormais en service « navette » entre Romorantin-Blanc-Argent et Valençay ou Romorantin-Blanc-Argent et Salbris. Un changement à Romorantin est nécessaire pour parcourir la ligne de bout en bout[9].

Matériels et trains utilisés[modifier | modifier le code]

Matériel d'origine[modifier | modifier le code]

Locomotives à vapeur[modifier | modifier le code]

À l'origine, des locomotives de type 030 tender assuraient la traction des trains. Ces machines pesaient 15,5 tonnes et étaient timbrées à 10 kg.

Elles ont été fournies par deux constructeurs : les Ateliers du Nord de la France à Blanc-Misseron, pour les 21 à 28 en 1901, numéros de construction 253 à 260 et par la maison Buffaud & Robatel à Lyon, pour les 29 à 36, en 1902.

Voitures voyageurs[modifier | modifier le code]

  • 8 voitures 1re classe, no A 1 à 8.
  • 38 voitures 2e classe, no B 21 à 58.
  • 10 voitures 1re et 2e classe, no AB 81 à 90.

Wagons marchandises[modifier | modifier le code]

  • Wagons couverts : K 201 à 275 (1902-1908).
  • Wagons couverts : K 276 à 285 (1922).
  • Wagons tombereaux : I 301 à 325, puis TK 301 à 325 (1902).
  • Wagons tombereaux : I 326 à 335, puis TK 326 à 335 (1922).
  • Wagons plats : H 401 à 415, puis N 401 à 415.
  • Wagons plats : H 416 à 420, puis N 416 à 420.
  • Wagons plats : HH 421 à 456, puis N 421 à 456.
  • Wagons plats : HHf 457 à 460, puis N 457 à 460.
  • Wagons plats à traverse pivotante : L 501 à 510 et L 601 à 602.

Wagons spéciaux[modifier | modifier le code]

  • Wagon plat : (groupe désherbeur) N420.
  • Wagon grue : Z-1.

Matériel complémentaire[modifier | modifier le code]

Le locotracteur 14 stationné à la gare de Romorantin-Blanc-Argent.
Le locotracteur 14 stationné à gare de Romorantin-Blanc-Argent.
L'autorail De Dion, no ZZ13, ex Tramway du Loiret, recarrossé par Heuliez.
L'autorail Verney X 212 stationné à gare de Romorantin-Blanc-Argent.
L'autorail Verney X 212 stationné à gare de Romorantin-Blanc-Argent.
Le fourgon DF-51 ex POC à Romorantin-Blanc-Argent.
Le fourgon DF-51 ex POC à Romorantin-Blanc-Argent.

Des locomotives à vapeur ont été acquises en seconde main :

Des locotracteurs ont été construits sur châssis de locomotives :

  • locotracteur 11, ex CFD, locomotive no 8 (1946), 8-2 (1952) BA, préservé GECP ;
  • locotracteur 12, ex CFD, locomotive no 2 (1945), 20-2 1952 BA, préservé Train du Bas-Berry ;
  • locotracteur 13, Ateliers du BA Romorantin, 04 (1953), ex locomotive no 25, Blanc-Misseron, no 257 (1901) ;
  • locotracteur 14, Ateliers du BA Romorantin, 12 (1953), ex locomotive no 28, Blanc-Misseron, no 260 (1901).

Des autorails ont été acquis en seconde main :

  • autorails De Dion-Bouton 181 à 183 puis ZZ 11 à 13, recarrossés par Heuliez (acquis auprès des tramways du Loiret) ;
  • autorails De Dion-Bouton type MZ 21 à 24 moteur Willème 6cyl-150cv (acquis auprès des auprès des tramways de l'Ain) ;
  • autorails Billard type A 80D , 31 , 32 et 311 , 312, ex CFD Charentes puis Yonne (acquis auprès auprès des CFD) ;
  • autorails Verney X 211 et 212, remorque 703 (acquis auprès du PO-Corrèze) ;
  • autorails De Dion-Bouton type OC2 X201 à 206 (acquis auprès du réseau Breton).

Des autorails ont été acquis livrés neuf :

  • autorail Renault-Scémia type SC4, 1925, à 2 essieux ;
  • autorails Verney (X 221-224, 1950, remorques 701-702) ;
  • autorails CFD Socofer (X 241-42, rénové en 2009, par le technicentre industriel de Nevers) ;
  • autorails articulés CFD (X 74501 à 74505).

Des voitures ont été louées en 1940, à la société générale des chemins de fer économiques, (réseau de l'Allier) :

  • 11 voitures Bf 211-212, 219-224, 351-353 ;
  • 6 voitures ABf 57-62 ;
  • 13 voitures ABDf 111-123.

Seules 15 voitures seront affectées au BA :

  • ABDf 111-112, 119, renumérotées ABDf 121 à 123 ;
  • Bf 211-212, 220-221, 223-224, 353, renumérotées Bf 61-67 ;
  • ABf 57-61, renumérotées ABf 91-95 ;
  • Bf 219 & 222 ;
  • ABDf 113-118, 120-123, ABf 4, Bf 351-352.

Les ABf 57-61 sont vendues au chemin de fer Valmondois-Marines. 13 Bf 219 & 222 sont vendues à la Kriegsmarine, pour desservir la base navale de Lorient, sur les voies des Chemins de fer du Morbihan. Des fourgons Dp 51, 57 & 58 ex PO-Corrèze

Des wagons plats à bogies ont été acquis auprès du Réseau Breton :

  • HM 2006 ;
  • HM 2007 ;
  • HM 2014 ;
  • HM 2016 ;
  • HM 2017 ;
  • HM 2019 ;

Des wagons couverts, acquis au PO-Corrèze, série 100. Des wagons tombereaux, acquis auprès de la SE Centre, numérotés TK 336 à 350. Des wagons tombereaux, acquis au PO-Corrèze, numérotés TK 351 à 367. Des wagons plats, acquis auprès de la SE Centre, numérotés dans la série H 601 à 651.

Matériel actuel[modifier | modifier le code]

Les autorails X 74500 stationné en gare de Salbris.
Les autorails X 74500 stationné en gare de Salbris.

En 2003, la desserte était assurée par cinq autorails neufs construits par CFD à Bagnères-de-Bigorre, numérotés X 74501 à 74505. Ils matérialisent la volonté du conseil régional du Centre, de maintenir cette ligne en service. Le nouveau matériel propose un confort équivalent aux autorails X 73500, avec notamment la climatisation.

En 3 mai 2010, les deux autorails de la série X 240, baptisés respectivement « Romorantin-Lanthenay » et « Valençay » ont fait leur réapparition sur la ligne en service commercial.

En 2014, seuls deux autorails sont nécessaire pour l’activité commerciales, suite à la mise en place, du service « navette ».

Train touristique du Bas-Berry[modifier | modifier le code]

L'action d'une association créée en 1989 : la SABA (Société pour l'Animation du Blanc Argent), a permis de sauvegarder la voie de Luçay-le-Mâle à Buzançais, fermée en 1988, puis de mettre en circulation dès 2003, un train touristique. Actuellement, le Train du Bas-Berry a son origine en gare d'Argy, puis traverse Pellevoisin, Heugnes, Écueillé, la base de loisirs de la Foulquetière et enfin la gare de Luçay-le-Mâle[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ 1879, p. 6 - 12 (lire en ligne).
  2. « N° 14217 - Loi qui approuve la convention passée le 28 juin 1883, entre la Ministre des travaux publics, et la compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ 1884, p. 352 - 359 (lire en ligne).
  3. a et b Site non officiel du Blanc-Argent : Un peu d'histoire, consulté le 21 février 2009.
  4. « Ligne à voie ferrée métrique le Blanc-Argent (ou B.A.), sur le tronçon Luçay-le-Mâle - Argy », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Ligne Le Blanc-Argent : la colère des usagers », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Indre,‎ 14 juin 2010 (lire en ligne).
  6. Site de Railway Gazette : RFF to upgrade Blanc-Argent metre gauge line, consulté le 16 février 2014.
  7. « Le Blanc-Argent : la bataille du rail s’achève », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Loir-et-Cher,‎ 3 décembre 2011 (lire en ligne).
  8. « Le Blanc - Argent reprend sa vie du rail », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Loir-et-Cher,‎ 8 janvier 2013 (lire en ligne).
  9. « Blanc-Argent : quatre postes menacés », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Loir-et-Cher,‎ 4 décembre 2012 (lire en ligne).
  10. Site du Train du Bas-Berry : Historique de la ligne, consulté le 21 février 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Henri Domengie, Les Petits trains de jadis : le Sud-Ouest, Éditions du Cabri Bernard Collardey, Le Blanc-Argent : un héritier du PO entre Brenne et Sologne, Rail Passion (hors série),‎ juin 2010 (ISSN 12613665), p. 26 à 52

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]