Jean-Marie Messier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Messier, J2M et JMM.

Jean-Marie Messier, dit « J2M »[1], né le 13 décembre 1956 à Grenoble, est un homme d'affaires français, qui a notamment été à la tête du groupe Vivendi.

Son ascension sociale et sa chute lui ont valu une grande notoriété. Il a été membre du club Le Siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Polytechnicien (X1976), énarque et inspecteur des Finances, après un poste de directeur de cabinet (1986-1988) de Camille Cabana, ministre délégué chargé de la Privatisation, Jean-Marie Messier occupe celui de conseiller technique chargé des privatisations au cabinet d'Édouard Balladur. En 1989, il devient banquier d'affaires chez Lazard[2].

Il aurait été repéré par Guy Dejouany, alors PDG de la Compagnie générale des eaux (CGE). En 1994, il est nommé directeur général de la CGE. Il succède à Guy Dejouany, à son départ en 1996.

Vivendi[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1990, Jean-Marie Messier accompagne la CGE dans sa transformation et la renomme Vivendi. La stratégie est alors la maîtrise « du contenu et du contenant », Vivendi souhaitant contrôler à la fois les canalisations (eau, câbles de communication) et ce qu'elles véhiculent (eau, flux d'informations).

Le groupe est alors très présent dans la communication avec Havas, Canal+ et SFR et prétend profiter pleinement de la bulle internet.

Il rachète les actifs de Seagram (boissons, alcools, divertissement — dont les studios Universal) via un échange d'action dans lequel la famille Bronfman, propriétaire de Seagram, prend 8 % du capital du groupe français. Il revend les actifs dans les alcools de Seagram pour la somme de 8,2 milliards de dollars à Diageo et Pernod Ricard.

En septembre 2001, il s'installe à New York dans un appartement sur Park Avenue payé 17,5 millions de dollars par Vivendi Universal[3]. En 2002, Vivendi s'enfonce dans les difficultés, et déclare des pertes records qui sont mises « hors bilan » (car correspondant à des dépréciations d'acquisitions payées en titres Vivendi), les plus importantes jamais enregistrées par une société basée en France.

Au même moment, Messier décide de se séparer de Pierre Lescure, patron fondateur de Canal+, et lance un plan de licenciement. Au siège de Vivendi, le conseil d'administration, sous l'impulsion de Claude Bébéar (fondateur d'AXA), se désolidarise de Messier[4] ; les salariés de la chaîne manifestent contre cette décision[4]. De plus, des propos de Messier sur l'exception culturelle française[5] ont mis à mal ses relations avec les milieux artistiques : il doit se faire discret au Festival de Cannes[4], et Bertrand Cantat, dont le groupe est pourtant édité chez Vivendi, lui adresse un discours cinglant lors des Victoires de la musique 2002[6].

En juillet 2002, Jean-Marie Messier doit démissionner. Ses indemnités conventionnelles de 20 millions de dollars sont l'objet d'un contentieux judiciaire. Jean-René Fourtou, ancien PDG d'Aventis, reprend en main le groupe.

Encensé par la Presse française dans les années 1990, Jean-Marie Messier est, par la suite, vivement critiqué par celle-ci qui lui reproche le coût des acquisitions dans le divertissement[7], notamment dans les sociétés Seagram et Universal Studios en 2000 et celle du bouquet USA Network en 2001, acquisitions qui dilapident en quelques années la trésorerie accumulée par la CGE[8].

Après Vivendi[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, Jean-Marie Messier vit entre New York et Paris et dirige une entreprise de conseil, Messier Partners, fondée avec une associée, la femme d'affaires franco-marocaine Fatine Layt. Une société employant, semble-t-il, une quinzaine de personnes.

Début 2007, il devient actionnaire et administrateur du groupe Rentabiliweb, dirigé par Jean-Baptiste Descroix-Vernier, aux côtés de groupe Arnault SAS et de Stéphane Courbit (ex patron d'Endemol). La société, basée en France, fait plus d'affaires en France qu'aux États-Unis. Aussi réside-t-il à Paris trois semaines par mois depuis la rentrée 2008.

Séparé de son épouse Antoinette Fleisch, Jean-Marie Messier a cinq enfants ; il vit essentiellement entre ses résidences de Paris et du Connecticut et s'est remarié avec Christel Delaval[9], ex-épouse de Didier Schuller, sa compagne depuis sa séparation d'Antoinette Fleisch.

Jean-Marie Messier fait aussi, en 2009, son retour sur la scène médiatique, notamment avec la publication d'un livre, Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête, et par de nombreuses interviews. Cela donne lieu à des polémiques, notamment pour ses critiques et ses leçons quant à la gestion de la crise.

Condamnations judiciaires[modifier | modifier le code]

À la mi-juin 2004 à Paris, Jean-Marie Messier a de nouveau affaire à la justice dans le cadre de l'enquête sur les comptes de son ancienne entreprise. Il est placé en garde à vue, soupçonné « d'abus de biens sociaux et de manipulation de cours ». Afin de préserver l'action Vivendi Universal d'une forte chute les jours suivant le 11 septembre 2001 (du 17 septembre au 2 octobre plus précisément), le groupe a racheté de nombreuses actions, ce qui est interdit dans les 15 jours précédant une publication de résultats. Pour le moment, ses administrateurs ne sont pas mis en cause.

Le 7 décembre 2004, Jean-Marie Messier est condamné à une amende d'un million d'euros pour avoir « délibérément diffusé […] des informations inexactes et abusivement optimistes » alors qu'il dirigeait Vivendi Universal.

Le 21 janvier 2011, il est condamné à trois ans de prison avec sursis pour sa gestion du groupe[10].

Le 22 septembre 2011, Jean-Marie Messier est débouté par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour son action judiciaire en diffamation intentée, en 2009, contre les éditions Albin Michel, leur président Francis Esménard et le journaliste-écrivain Jean Montaldo, signataire du livre Lettre ouverte aux bandits de la Finance le mettant en cause, au même titre que les grands acteurs et spéculateurs, français et étrangers, « dont l'avidité et la cupidité viennent de précipiter le monde dans la plus grande destruction de valeurs de tous les temps. » En outre, le même jugement « condamne Jean-Marie Messier à payer à Francis Esménard et Jean Montaldo [des] dommages et intérêts pour abus de constitution de partie civile[11]. »

Le 19 mai 2014, Jean-Marie Messier est condamné par la cour d'appel de Paris à dix mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour abus de biens sociaux à l'occasion de son départ du groupe vivendi en 2002[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et ironiquement « J6M » - Jean-Marie Messier, Moi-Même, Maître du Monde - par les Guignols de l'Info.
  2. Article de Zonebourse.
  3. (en) Molloy, Joanna, « An Even Messier Tale: Anthea Liontos », New York Daily News,‎ 2 août 2005.
  4. a, b et c Jean-Marie Messier : les six mois de chute, Le Monde, 1er février 2007, consulté le 13 juin 2012.
  5. L'exception culturelle française est morte, Libération.fr, 18 décembre 2001, consulté le 13 juin 2012.
  6. Noir Désir persiste et signe, LCI, 14 mars 2002, consulté le 13 juin 2012.
  7. Messier, la folie des grandeurs en procès, Gilles Wallon, 20minutes.fr, 2 juin 2010
  8. La dernière heure de Vivendi ?, Cédric Pietralunga, Le Monde.fr, 29 août 2012
  9. http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/dossier/300390167/300390167-les-sept-vies-de-jean-marie-messier-99922.php, Les Echos, Florence Renard-Gourdon, Les sept vies de Jean-Marie Messier, 27janvier 2011
  10. Le Figaro, 21 janvier 2011.
  11. 17e chambre correctionnelle de Paris le 22 septembre 2011, N° affaire : 0923923031.
  12. http://www.liberation.fr/economie/2014/05/19/affaire-vivendi-peine-allegee-en-appel-pour-jean-marie-messier_1020903

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Messier, Mon vrai journal, 2002
  • Pierre Briançon, Messier Story, Grasset, 2002
  • Jean Montaldo, Le Marché aux voleurs, Albin Michel 2003
  • Martine Orange et Jo Johnson, Une faillite française, Albin Michel, 2003
  • Martine Orange et Jo Johnson, The Man Who Tried To Buy The World, Penguin, 2004
  • Jean Montaldo, Lettre ouverte aux bandits de la Finance, Albin Michel, juin 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]